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Lacrima par F Duplex
Lacrima par F Duplex
Jusqu'au 1er juin 2025
- Les 18 et 19 décembre 2024 – Le Tandem, Douai
- Du 7 janvier au 6 février 2025 – Odéon - Théâtre de l’Europe, Paris
- Du 13 février au 21 février 2025 – Les Célestins, Lyon
- Du 26 au 28 février 2025 – Théâtre National de Bretagne, Rennes
- Les 14 et 15 mars 2025 – Théâtres de la Ville du Luxembourg
- Les 20 et 21 mars 2025 – Théâtre de Liège
- du 28 au 30 mars 2025 – Centro Dramático Nacional, Madrid
- du 22 au 25 mai 2025 – Festival TransAmérique (Montréal – Canada)
- du 30 mai au 1er juin 2025 - Carrefour international de théâtre (Québec – Canada)
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De : Caroline Guiela Nguyen - · Mise en scène : Caroline Guiela Nguyen
- · Avec : Dan Artus, Dinah Bellity, Natasha Cashman, Michèle Goddet, Charles Vinoth Irudhayaraj, Anaele Jan Kerguistel, Maud Le Grévellec, Liliane Lipau, Nanii, Rajarajeswari Parisot, Vasanth Selvam
LACRIMA
Lacrima est une pièce qui s’est jouée en Avignon 2024 reprise par théâtre de l’Odéon aux ateliers Berthier à Paris jusqu’au 06 février 25, avant qu’elle ne parte en tournée en France et à l’étranger.
Cette pièce au titre puissant est de Caroline Guiela NGuyen. C’est autrice metteuse en scène nous avait déjà impressionnés par une grande fresque humaniste, Saïgon.
Sémiologiquement « Lacrima » nous renvoie à trois occurrences, le crime La-crim-a, d’une part, de l’autre, Lacrima-Christi, « Les larmes du Christ » occurrence qui évoque le drame de la passion christique. Enfin, Lacrima-Christi est aussi le nom d’un vin italien, nectar des Dieux. Dans la première comme la seconde occurrence, il y a souffrance, il y a violence, presque crime.
La première scène s’ouvre sur un atelier de haute couture ou trône une robe de mariée de toute beauté destinée à la princesse d’Angleterre. Toute ressemblance avec des personnages ayant existé n’est pas fortuite.
La fabrique du Voile – véritable pièce précieuse, en dentelle s’organise entre Londres, Alençon et l’Inde et sera le sujet de ce qui se joue.
Caroline, Nguyen, cultive l’art des déplacements. Cette fois, ce ne sont pas le Vietnam, l’Indochine, mais Londres, l’Australie, les ateliers de dentelles d’Alençon, l’Inde. On apprend que fabriquer un Voile que la mariée portera en tout et pour tout une vingtaine de minutes, va demander des centaines d’heures de travail au brodeur qui œuvre en Inde, ce pays où désormais se fabrique la dentelle. Ce détail mais on sait que le diable s’y cache, a longtemps été tenu caché par les maisons de haute couture.
L’ambiance tragique est révélée d’emblée sans qu’on puisse imaginer ce qui fait le corps de la pièce. La première d’atelier, en France, vient de faire une tentative de suicide, elle est comateuse. Il s’agit de la scène inaugurale, le lever de rideau. Peu importent les sacrifices de ceux qui sont engagés au prix de leur santé voire de leurs vies. Le brodeur travaille sans répit malgré un glaucome sévère évolutif. À Alençon, ce sont des dégâts collatéraux, le mari de la responsable d’atelier- celle qu’on découvre inanimée, fait une décompensation paranoïaque, leur adolescente s’agite bruyamment dans l’atelier, etc. Les thèmes de la filiation, des secrets de famille et du secret professionnel à propos de la création du voile, les relations conjugales et parentales sont abordés dans une très belle analyse psychopathologique… Point de psy ici, nous sommes au théâtre, le rendu est très fort. L’autrice insiste sur contraste cruel entre un protocole hyperexigent avec la légèreté de l’attitude de celle qui passe la commande. Celle-ci, suppose-t-on, sans doute ignorante des drames qui se jouent pour la confection de cet objet sacré, le ton n’en est pas moins insupportable.
L’autrice dans un entretien raconte qu’elle a pensé lors de la création : « Et si ce spectacle était l’histoire de toutes celles et tous ceux qui touchent la robe, et qui, comme dans les contes sont maudits ? ». Cela n’est pas sans m’évoquer une phrase de Lacan, dont j’ai perdu la référence: Derrière la beauté, l’horreur.
À côté de l’abbaye Notre-Dame des moniales Bénédictines d’Argentan, dans l’Orne, se trouve la Maison des Dentelles, y sont exposés soixante-seize type différents de dentelles, dont le point d’Argentan, et le point d’Alençon: une technique de dentelle à l’aiguille. À Partir d’un tout simple et seul fil de coton, se tissent des arabesques et ainsi se monte la pièce ouvragée. Le travail titanesque était réalisé, bien autrefois, par de jeunes religieuses ainsi que des fillettes placées dans des couvent, parfois de jeunes handicapées sourdes-muettes.
En conclusion Citons l’autrice: « L’apnée est si courante chez les dentellières qu’elle entraîne des phlébites ou de grand dysfonctionnement cardiaque, le sang ne circule plus. C’est pour cette raison que les dentellière veillent les unes sur les autres, quand l’une d’elle arrête de respirer, nous déposons doucement une main sur son épaule pour la sortir délicatement de sa concentration et lui dire : « attention, respire»
Entretien Caroline Guiela Nguyen .
Françoise Duplex
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