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Les chatouilles

 

Il est toujours périlleux de vouloir faire d’un film le support d’une cause, ici, on l’aura compris des abus sexuels à l’encontre des enfants. Tiré d’une pièce montrée à Avignon, celui-ci n‘échappe malheureusement pas à la règle. Aidée par une « psy » dont on se demande où les réalisateurs ont bien pu trouver le modèle (encore que sur ce « marché » on trouve malheureusement de tout), l’actrice adulte nous raconte ce que fut sa vie après avoir été séduite et violée par un ami de sa famille alors qu’elle avait 7 ou 8 ans et ce durant plusieurs années.

 

Les premières images du film racontent ces scènes de séduction, l’invitation du séducteur au silence et à la complicité de sa victime et par là même l’impossibilité de l’enfant de raconter à son entourage ce qui s’est passé. Ces images et ce récit plongent volontairement le spectateur transformé en voyeur dans un profond malaise.

 

L’histoire, si on a bien compris, est en fait racontée et jouée par Andréa Bescond, actrice seule en scène au théâtre et qui ici joue son propre rôle. Celui de sa « psy » consiste uniquement à l’écouter et à la pousser à dire à ses parents et à ses proches ce qui s’est passé puis dans la foulée à porter plainte. Ce processus est ainsi supposé la sortir d’un état d’autoaccusation et de destruction d’elle-même dans la drogue et les excès divers, la danse seule ayant eu pour elle fonction de support narcissique.

 

On comprend assez bien que c’est là une position assez communément admise par la société et les conseils en ce sens ne manquent habituellement pas aux victimes. On peut seulement espérer que ceux qui sont en position d’écouter et d’aider les enfants devenus adultes et qui racontent sur un divan ou ailleurs ce qui leur est arrivé, ne se contenteront pas de ces propos dont le simplisme saute malheureusement aux yeux et où on ne trouvera aucun travail scénaristique pour sauver le tout.

Comments (1)

LES CHATOUILLES, UN FILM D’ANDRÉA BESCOND
Ce fut d’abord un spectacle de théâtre, que je n’ai pas vu. Et en 2018, un film. Ne partageant pas le point de vue de LLV, je souhaite vous dire dans ces quelques lignes comme je l’ai reçu et notamment comment j’y ai trouvé quelque chose d’analytique. L’aurai-je rêvé ?
J’ai vu ce film comme un témoignage, le témoignage d’un parcours singulier. Qu’il puisse inviter d’autres personnes à trouver leur propre parcours, c’est certain (c’est le propre de toute œuvre), mais je ne pense pas que ce film soit un film à thèse qui inviterait toutes les personnes concernées à dire à leur famille ce qui s’est passé et à aller au tribunal. Rien n’est dit de tel et ce que j’ai pu rencontrer dans ma pratique me laisse penser qu’une fois de plus, c’est au cas par cas.
Je considère ce film comme le récit d’un parcours où tous les personnages sont vus à travers les yeux et les oreilles et le corps de celle qui témoigne par ses dires, ses rêves et sa création chorégraphique. Et si, à la fin, on entend la mère évoquer sa propre souffrance, c’est sans doute parce qu’A.B. est alors capable de l’entendre.
J’ai vu la rencontre d’A.B. avec la psy comme une belle histoire d’adresse qui ne laisse pas à celui - celle sur qui il y a du transfert la possibilité de se défiler. Non, elle ne pourra pas l’envoyer à une « spécialiste » de ces questions. « Trop tard, tu es dépositaire de ce qui était jusque-là un secret, tu dois
m’accompagner » dit en substance A.B. et la psy « va suivre » comme elle peut. J’ai vu la danse comme un exemple de la manière dont on peut aussi faire de la création avec ce qui vous est arrivé. Pas seulement un exutoire, pour elle qui danse depuis l’âge de 3 ans, mais une élaboration qui se transmet.
Ce film est une œuvre singulière, pleine d’humour, un peu « déjantée », déconcertante par moments, je ne suis pas sûre d’avoir tout suivi (c’est le cas de la psy aussi).
Devrions-nous nous étonner qu’Andréa Bescond, une fois le chemin fait, lait eu le désir d’en témoigner ?
Claire Colombier

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