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Avanim

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Michale est une jeune femme d'une trentaine d'années, mariée, et mère d'un jeune garçon. Elle travaille avec son père dans un cabinet comptable de Tel-Aviv qui a notamment pour clients des institutions religieuses orthodoxes. Son quotidien se partage entre son enfant, son époux, son travail, et son amant. Le jour où elle apprend la mort tragique de ce dernier, sa vie bascule.Site officiel :http://www.sddistribution.fr/

Réalisé par Raphaël Nadjari    Voir tout le casting...

Avec Asi Levi, Uri Gabriel, Florence Bloch

Film français, israélien.  Genre : Drame

Durée : 1h 50min.  Année de production : 2004

Elle est jeune, belle, elle vit au milieu du quartier Hatikva – l'espoir en hébreu-à Tel-Aviv, un quartier ou vivent simplement des gens simples d'origine séfarade venus d'Égypte ou de Turquie. Ce quartier est le symbole de tout ce que rejette l'establisment ashkénaze, c'est un quartier pauvre.

La situation de Michale est d'une extrême banalité. Elle vit dans un quartier animé, chaleureux. Ses proches, son père, son mari, sont des gens sympathiques, compréhensifs mais qui vivent en vase clos .

Dès le début du film Mikale court, une course épuisante pour tenter de concilier l'inconciliable, continuer de vivre comme avant alors qu'elle a déjà entrepris, en menant sa liaison avec son amant, le voyage qui la mène au-delà de cette barrière invisible qu'est « l'amour communautaire », l'amour du quartier, de tout ce qui fait encore son quotidien.

Mikale est toujours en retard, inscrivant dans le temps le décalage qui peu à peu s'instaure entre sa vie d'avant et sa vie future, déjà là (on songe à Sautet) et lorsque son amant est tué dans un attentat, la violence politique se répercute comme une onde de choc sur sa vie et fait tout exploser rompant les liens qui la rattachent encore au passé..

Mikale est prisonnière de l'atmosphère chaleureuse qui l'entoure et d'autant plus prisonnière qu'aucune violence n'est vraiment visible, au moins pour qui accepte les règles de la communauté. Tout est bien plus feutré, insidieux. Il n'y a pas de violence plus grande que celle de l'amour ni de plus difficile à affronter. Tant que Mikale accepte de se plier aux apparences, la violence reste sous-jacente. Pour qu'elle éclate au grand jour, il faudra qu'elle accepte de déchirer les liens qui l'attachent encore à son passé.Quitter son mari, quitter son travail , quitter son père : impossible de choisir l'un et pas l'autre tout se tient. Elle doit faire d'un seul coup le grand saut, trancher dans le vif de sa vie.

Quitter le quartier c'est quitter sa vie, ses compromissions, aller au-delà de cet amour qui l'enferme. Un ailleurs existe, elle le sait, elle est déjà en route lorsque le film commence , mais sait-elle qu'elle violence elle va déclencher, quelle violence elle devra affronter et dans laquelle elle va entraîner une autre femme qui comme elle se bat pour son indépendance ?. Sans doute pas, mais une fois la machine lancée, rien ne pourra l'arrêter.

Avanim est superbement interprété. Les acteurs sont tous excellents.Les dialogues inventés au fur et à mesure par les acteurs au court du tournage sonnent juste. Les bons films aujourd'hui ont du mal a passer la troisième semaine. Plus de 100 films doivent sortir entre mars et avril. Alors si vous voulez voir Avanim n'attendez pas trop.