Groupe de lecture des revues de psychanalyse juin/juillet 2006

Ont été revus ce mois-ci :

La cause freudienne, n° 62, « Savoir y faire avec son symptôme », mars 2006, 175 p.

figures de la psychanalyse – Logos ♦ Ananké, n° 12, « La structure et la névrose », Ramonville St-Agne, Érès, 2006, 216 p.

Revue de Psychothérapie Psychanalytique de Groupe, n° 45, « La groupalité et le travail du lien». 2005, Ramonville St-Agne, Érès, 216 p.

Adolescence, n° 55 « Parentalité », Le Bouscat, l’Esprit du temps, printemps 2006, 262 p.

Journal Français de Psychiatrie, n° 24, « Le corps et ses marques », numéro coordonné par Michel Jeanvoine, Ramonville St-Agne, Érès, 2006, 56 p.

L'inactuel : psychanalyse et culture, n°13, « Moments excitants à penser », Circé, 2005, 212 p.

Études Freudiennes, n°38, « Destins de la bisexualité », printemps 2005, 246 p.

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« Savoir y faire avec son symptôme », La cause freudienne.

Ce numéro de la revue de l’association L’École de la Cause freudienne est présenté sous l’angle actuel des attaques menées contre la psychanalyse1. Yves Depelsenaire, en manière d’introduction, évoque également « ce qui nous attend » en matière de législation avec l’arrivée prochaine, à l’heure où il écrit, des décrets d’application de la loi sur la santé mentale. La psychanalyse visée serait celle que défend l’auteur, toujours « antiadaptative, antiségrégative et antiscientiste ».

L’actualité est aussi, hélas, celle du rapport de l’INSERM sur les troubles du comportement, relayée par le ministre de l’Intérieur, qui engage à classer les sujets à risque dès le plus jeune âge. La psychanalyse a une autre conception du traitement du malaise dans la civilisation. Marie-Hélène Brousse produit un texte qui fait passage entre l’actualité abordée dans la première rubrique et le thème qu’annonce le titre. Ce thème est traité dans un premier temps par six articles courts. On a ainsi dans cette première partie un aspect patchwork assez plaisant parce que l’articulation entre les textes est bien assurée. M-H. Brousse s’attache à discriminer symptôme et sinthome. Le sinthome, ce concept lacanien élaboré au cours du séminaire éponyme n’est pas de l’ordre du réel. Il ressortit au symbolique et à la contingence. Plusieurs définitions sont là proposées, qui ne laisseront pas de rendre perplexe tout lecteur novice de Lacan. Il se reportera à la deuxième partie de la revue, constituée par la publication de deux leçons du séminaire de Jacques-Alain Miller, l’une sur Le sinthome, l’autre reproduisant l’introduction à son « cours » de cette année, et par deux textes qui reprennent des interventions à des Journées de l’Ecole de la Cause, « Les leçons du sinthome ».

Deux textes plus conséquents et bien documentés suivent. L’un visite d’abord les différentes théories cognitivistes depuis des éléments historiques, puis en établit un état des lieux (Philippe La Sagna : « Controverses sur le mental »). Deux conceptions du cerveau sont proposées, selon que le mental est défini en termes biologiques ou en termes de computer. Des questions portant sur son existence, l’identité entre état mental et état cérébral sont au centre des débats. Suffit-il de croire à l’état mental pour qu’il existe ? Quelle serait sa loi ? Après avoir exposé les théories l’auteur fait un saut en donnant le symptôme comme « ce qui marque la place d’un vouloir jouir » (selon Jacques-Alain Miller). La perspective d’une réduction par les neurosciences du mental au physique est assez terrifiante pour qu’on soit reconnaissant à l’auteur de nous avoir balisé le terrain. Pour lui le corps n’est pas dirigé par des mécanismes neuronaux, mais donne une substance au sujet : la substance jouissante. « La pensée vient du corps quand il est saisi par le langage. C’est pour cela qu’elle est aussi un affect » (un affect qui vient de l’Autre). Une chute un peu brutale fait référence au titre de la revue en ce que dans l’analyse, « savoir y faire avec son symptôme suppose de partir non de la pensée mais de ce que le sujet a déjà commencé d’écrire avec son symptôme ».

Le deuxième texte, d’Eric Laurent (Blog-notes : psychopathologie de l’évaluation »), fait le point sur la prééminence du souci économique dans le champ de la santé, qui relègue toutes préoccupations éthiques. L’OMS a réussi à faire entrer les psychothérapies dans la rhétorique de l’évaluation. Les biais méthodologiques employés par l’INSERM ont permis de soutenir l’identité entre psychothérapie et médicament, alors même que d’autres études disqualifient la thérapie cognitivo-comportementale, les effets de la TCC étant dans certains cas justes supérieurs à ceux produits par les placebos. Les différents types d’évaluation des psychothérapies sont passés en revue et étudiés. En France l’évaluation des « psychopathies », l’évaluation des troubles de conduite chez l’enfant ont pour but une prise en charge, la perspective étant de surveiller et punir, dès qu’on peut identifier une personnalité dite « anti-sociale » chez l’enfant.

On a ici rendu compte de l’essentiel de cette livraison, complétée par de courtes chroniques aux thèmes variés. L’intérêt majeur réside dans une présentation minutieuse de théories et de pratiques qui s’opposent à la psychanalyse et la combattent. Pour ceux qui souhaitent la défendre, qui en sont les praticiens, qui en ont une expérience ou qui sont questionnés par elle, il est nécessaire de savoir d’où viennent ces attaques et quelles sont leurs visées. Bien au-delà de notre discipline, leur menace concerne les fondements de toute société dite libre.

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« La structure et la névrose », figures de la psychanalyse

« Que sont devenues nos névroses ? » telle est la première phrase de l’éditorial (non signé) du numéro de cette revue. « La structure et la névrose » fait écho à ce que certains ont proposé pour un colloque en 2004 « Actualités de la structure ». Cela confirme qu’il y a bien à être vigilant sur le terrain du psychique, face à la pharmacologie et aux psychothérapies comportementalistes, cognitivistes…

« Aujourd’hui le structuralisme ? » d’Olivier Douville est une ouverture précieuse par ses réflexions historiques, pour s’interroger sur « l’actualité et l’avenir de la structure en psychopathologie et en psychanalyse ».

Dans la suite du traitement du thème, deux auteurs (Maria Cristina Poli et Gisèle Chaboudez) traitent d’un même concept, celui d’aliénation. Celui-ci est peu mis en avant (du moins en psychanalyse) alors qu’il permet à Jacques Lacan de construire « le concept propre de sujet » dans un premier temps et devenir dans un deuxième temps « le point d’articulation entre la clinique et l’analyse du lien social ». Ceci pour l’article de MC Poli. Quant à G. Chaboudez, c’est sur le terrain de la logique que le concept d’aliénation est travaillé. D’un point de vue clinique, aliénation rime avec séparation : séparation précoce dans l’hystérie, séparation tardive dans l’obsession. Ce que l’auteur résume ainsi : « trop peu de plaisir dans l’aliénation de l’hystérie, trop de plaisir dans celle de l’obsessionnel ».

Alain Vanier, toujours soucieux d’être moderne, c’est-à-dire d’être dans le temps au moment où on parle, voit en la névrose obsessionnelle, la névrose idéale, tout comme le fut naguère, la névrose hystérique. Pourquoi ? La névrose obsessionnelle « semble liée à cet affaiblissement de la fonction du père, à cet apparent déclin du religieux ». Si l’hystérique fait son miel de son rapport aux nouvelles figures de maîtrise, l’obsessionnel s’isole sous « la domination des petits leaders » alors que l’hystérique non seulement s’en accommode mais aussi déplore « la disparition d’un vrai [maître] ».

Enfin pour conclure la réflexion sur la structure et la névrose, Patrick Landman avec l’article « Les entretiens préliminaires » écrit que ceux-ci sont un moment d’évaluation. Ce dernier mot a vu son utilisation, depuis quelques années, chargée d’une connotation aux antipodes de ce qui caractérise la psychanalyse. P. Landman ne s’en tire pas trop mal. Selon lui, soit l’évaluation, en se rapprochant du modèle médical, est de « type diagnostique » ce qui pour le psychanalyste est une évaluation diagnostique de structure et non de maladie, soit elle est évaluation de « la possibilité d’un travail du côté du futur analysant ou aussi du côté de l’analyste ». On sait bien que la cure psychanalytique d’un névrosé se dirige différemment de celle d’un psychotique. Pour l’auteur, avec les entretiens préliminaires, il s’agit pour l’analyste et pour l’analysant de « tester [sic, ajouté par nous] son propre désir de s’engager ».

Nous connaissons la bonne qualité de cette revue. C’est pour cela que nous regrettons que le sujet principal n’ait pas donné lieu à plus de développements : n’aurait-il pas fallu solliciter au-delà des trois contributions (reprise d’interventions du colloque de 2004 tenu par l’association Espace Analytique) sur les six présentées à la lecture ? *****

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« La groupalité et le travail du lien », Revue de Psychothérapie Psychanalytique de Groupe.

Ce numéro édité sous l'égide de la Société française de psychothérapie de groupe et de la Fédération des associations de psychothérapie analytique de groupe présente un dossier intéressant et solide sur la groupalité et la pathologie du lien.

La notion de groupe suscite souvent bien des méfiances et des passions chez les psychanalystes. Elle recoupe l’étude de trois champs :

L’étude du groupe en tant que tel dans le prolongement des recherches de Freud, Bion, Pichon-Rivière. Le groupe dispose de structures, d’organisations et de processus psychiques qui lui sont propres : il y a alors une construction psychique propre au groupe.

Le rapport du sujet au groupe comme objet d’investissements pulsionnels et de représentations inconscientes. Dans ce cas le groupe est la scène sur laquelle s’externalisent des formations psychiques et des processus psychiques qui appartiennent aux sujets qui composent ce groupe.

Les effets du groupe sur la psyché du sujet, ce qui pose la question des rapports entre l’espace interne de chaque sujet et l’espace commun partagé par plusieurs sujets dans le groupe (notamment la famille qui constitue la matrice dans laquelle se construit la vie psychique du sujet).

Ce numéro permet de saisir une partie des articulations que les psychanalystes théoriciens du groupe ont su réaliser ces dernières années.

Il s'ouvre sur un article théorique de René Kaës intitulé « Groupes internes et groupalité psychique : genèse et enjeux d’un concept » où celui-ci reprend le fil de ses travaux sur les «groupes internes ». Ce concept qualifie, pour lui, les formations intrapsychiques, plus ou moins complexes, dotées de fonction de liaison entre des pulsions, des objets, des représentations et des instances, l'ensemble formant un système fixe de type transformationnel. Ce système est propre à chaque sujet, mais il est aussi transversal aux sujets assujettis à leurs liens de famille ou de groupe.

René Kaës déroule ainsi l'analyse du fantasme en le traitant comme un groupe interne originaire, il rappelle sa structure « distributive, permutative et dramatique » gouvernant « les agencements de places et d’organisations psychiques corrélatives ».

Le concept de groupalité psychique ouvre une perspective en décrivant des structures générales de liaisons inhérentes à la vie psychique, sous l'effet d'une activité constante de la psyché : celle d'associer de la matière psychique, d'en combiner les éléments, de les transformer et de les organiser en ensemble de complexité variable. À partir de là l'auteur avance deux propositions :

- La groupalité psychique est constamment mobilisée dans les groupes : «Tous les emplacements subjectifs que l'organisation groupale détermine, toutes les contraintes et tous les contrats psychiques qu'elle impose, toutes les formations de la réalité psychique qu'elle génère et qu'elle gère selon son ordre… sont dans des rapports de correspondance, de coïncidence, de complémentarité ou d'opposition chez chacun des sujets du groupe ».

- Les groupes internes sont les organisateurs psychiques inconscients qui sont au principe de la formation de l'appareil psychique groupal : « le sujet du groupe est sujet de ces groupes internes où se tiennent les représentants de plus d'un Autre

Pour reprendre l'orthographe utilisée par R. Kaës, même si visiblement il ne l'emploie pas dans le sens que lui a donné J. Lacan

». R. Kaës conclut son article en affirmant que ce qui était déjà là, chez le sujet, « comme prédisposition à associer et dissocier, à combiner et à exclure, soutiendra du dedans la structuration de ses groupes internes par étayage sur la réalité psychique du groupe ».

Bernard Duez lui s'intéresse au « transfert comme paradigme processuel de la groupalité psychique ». Il montre par exemple, que les habitudes et les civilités sont d'une certaine façon les traces de la confrontation du sujet à ses angoisses agonistiques en présence de l'autre, voire du fait de l'autre ; elles sont les conséquences de la contrainte au transfert que l'immaturité originaire de l'enfant lui impose. Il avance que les habitudes, qu’il distingue des rituels, apparaissent comme les rejetons d’une pulsion de mort intriquée. « Le cadre, les habitudes et mêmes les conventions sont une sublimation de la pulsion de mort qui s‘appuie sur le but du retour à l’immobile pour fournir au sujet un fond de constance suffisamment sécurisante » C’est la raison pour laquelle les sujets dérangés dans leurs habitudes ou dans leurs conventions sociales peuvent avoir des réactions d’une violence qui sidère tant l’intrus que le sujet.

Jean Rouchy parle du groupe d'appartenance comme d’un « chaînon manquant» dans la théorie et la clinique psychanalytique. Il en met les conséquences en perspective. Il montre que celles ci ouvrent de nouvelles voies

sur l'identification comme processus groupal

sur la représentation,

sur le groupe auquel il fait jouer le rôle d’un espace transitionnel entre l'individuel et le collectif,

sur le groupe d'appartenance primaire et l'individuation.

« Apport de la clinique des groupes à la métapsychologie : le concept d'auto-engendrement » tel est le titre de l’article de Jean Bernard Chapelier qui s’intéresse à la genèse de l’hétérosexualité à l’adolescence. Il s'appuie sur le travail de Paul-Claude Racamier pour montrer comment ce fantasme « d'être à soi même son propre et unique engendreur » dénie en même temps, la castration, la scène primitive, la différence des sexes. Le fantasme d’auto engendrement, remplaçant la tant redoutée scène primitive, pourra être cette matrice symbolique permettant le passage d’une groupalité de type familial à une groupalité plus sociale ». L’instauration puis l’élaboration de ce fantasme sont favorisées à l’adolescence par la participation à des groupes de pairs qui facilite pour une part le « besoin homophilique » du sujet. En quittant un groupe familial dénié pour un groupe fraternel, puis pour un groupe associatif l’adolescent va pouvoir accepter son hétérosexualité en la vivant comme homogénérationnelle.

Danilo Martucelli qui est chercheur au CNRS montre les transformations contemporaines du rapport groupal au lien social : la désillusion face au collectif qui s'illustre dans les moments de communion collective forte et intense, mais brève et condamnée à la chute et dans le règne du qualitatif avec le primat de l'intuition et l'importance des ambiances, qui augmentent la sensibilité individuelle aux qualités de l'expérience groupale. Il souligne aussi que, via le langage de la civilité, le conflit social est de plus en plus évacué au profit d'un ensemble de frictions relationnelles sans que cela puisse résoudre la question de la bonne distance à trouver dans le rapport aux autres.

Plusieurs autres articles de ce numéro développent différentes approches cliniques des groupes tant dans le cadre thérapeutiques qu'institutionnel. Au total cela donne un numéro intéressant qui fournit des pistes de réflexions stimulantes.

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« Le corps et ses marques », Journal Français de Psychiatrie

Le corps et ses marques, le titre annonce bien qu’à la question de définir qu’est-ce qu’un corps, l’humain ne saurait répondre par la seule évidence biologique et physiologique. Et si nous exigeons tous d’avoir un corps, c’est sans doute car rien n’est plus difficile, scandaleux et mortifère que de n’être qu’un corps. La philosophie, depuis Aristote, a insisté sur la dimension d’appropriation du corps par l’individu, en soulignant à quel point la reconnaissance de son identité, de son image était dépendante du regard de face, tenu pour propre à l’espèce humaine.

Un corps est là qui ne prend forme humaine que dans un jeu de rencontres avec l’altérité. Le corps tel que nous l’entendons usuellement est un terme équivoque. Il désigne tantôt l’organisme, tantôt le terrain subjectif par excellence, celui où le sujet se replie parfois.

Le titre de ce numéro prend son point de départ de ceci que le corps trouve sa consistance à être marqué, « mordu » et entamé par le discours et par la trace. Qu’il se relie ainsi à des antécédences et des traditions, ou alors qu’il se présente comme le lieu d’un pur présent sur lequel se dépose des insignes des néo-appartenances communautaires se donnant pour inédites.

La nécessité subjective de marquer le corps renvoie à la nécessité singulière et collective de connaître les limites du corps, là où le corps commence et prend fin. Cette limite est le fait de discours et d’usage, elle est aussi la cartographie intime de chacun entre cuir et chair, entre plaisir et déplaisir, entre douleur et extase.

L’actualité d’un tel numéro ne se cantonne pas à l’illustration de tels rappels, que d’autres comme Gilles Deleuze dans Le pli ont su très clairement formuler2.

Cette actualité provient, soutient Michel Jeanvoine dans sa « Présentation », de la question que posent aux psychanalystes les nouveaux usages du corps, ces nouvelles techniques de marquages. Quelle est la fonction de ces traces laissées sur le corps ? S’agit-il de nouveaux cultes du corps qui mettent en avant une idéalité matériellement réalisable de l’apparence pour laquelle chacun est sommé d’être son propre tailleur ? S’agit-il d’une façon neuve aussi de vouloir recevoir une marque d’un Autre dont la définition n’est pas réductible à celle qu’en donnent les idéalités anciennes, communautaires et/ou religieuses ? On saura gré à ce numéro du Journal Français de Psychiatrie d’avoir su poser de façon très claire le large éventail de ces questions qui, à bien les entendre, concernent autant le clinicien que l’anthropologue.

Venons-en à présenter les contributions les plus novatrices dans la logique de leur argumentation et la précision de ce qui les articule les unes aux autres.

« Avoir un corps ? » : par cette question, Valentin Nusinovici explore les aléas de la construction de ce sentiment d’identité tressé au bonheur qu’éprouve l’individu à avoir un corps fiable. Avoir un corps est un dit qui concerne non seulement les informations et messages émotionnels divers qui semblent émaner du corps, mais renvoie aussi à la façon dont chacun s’invente son corps et se le fabrique. Si le fantasme est la voie royale (et logique) qui conjoint matérialité du corps et substance jouissante, le rêve post-moderne, ne serait-il pas au fond d’avoir un corps sans rien céder de la jouissance ? Alors « Que rêver de mieux : un sujet absolument libre, débarrassé de ce corps par lequel tout le mal arrive…, et ne perdant rien de la jouissance que le corps seul permet ». Cet article mérite d’être détaillé encore car il expose une logique qui sera, peu ou prou, celle sur quoi reposent les parts les plus cohérentes de ce numéro de JFP. En effet, les avatars contemporains des rapports du sujet au corps (à son corps » écririons-nous par facilité) semblent dessiner un orbe précisément isolé par l’auteur, où, à un extrême, le sujet tend à se désarrimer de son corps, ou à l’inverse, à ne plus se distinguer de lui. La première solution est folle, la seconde perverse. Le plus important étant de situer quelques-unes des diverses façons par lesquelles elles se combinent entre elles.

C’est au tranchant d’un tel programme de travail que nous lirons quelques-unes des contributions suivantes. Roland Chemama expose comment des individus cherchent à aller directement vers des modes de jouissance qu’ils supposent possibles, ce en dehors de la jouissance phallique. Ce qui ne peut aller considérer que la promesse de jouissance que distille jusqu’à la nausée le monde marchand et libéral n’est que ruse grossière. Il s’agit le plus souvent d’une course à des usages réputés neufs des plaisirs et des corps là où s’estompe les forces interdictrices de la loi sexuelle. Il n’en reste pas moins nécessaire de préciser que le plaisir ne vaut pas, fort heureusement, comme jouissance mais comme défense et rempart contre la jouissance. Quoi qu’il en soit du sort qui peut être rigoureusement réservé à l’incidente théorique que nous venons de formuler, force est de constater que l’ensemble des discours sur la jouissance, le droit au plaisir, que la prolifération des usages des corps comme matériel privé pour la construction du soi, constituent un ensemble de glissements anthropologiques propres à notre époque et qui façonnent autrement les discours qui relient chacun à l’usage de son corps. Pour le dire au plus vif, le corps est-il de l’ordre de la propriété moïque de la personne ou est-il de l’ordre de la responsabilité du sujet ?

C’est sur ce point que ne peuvent que diverger les lectures anthropologiques et psychanalytiques, astucieusement réunies ici, et, ce, pour une raison claire et bien énoncée par Didier Robin : penser la jouissance revient à poser une question très simple, celle de situer à qui appartient chaque corps humain ? La notion psychanalytique de jouissance déborde l'ensemble du corpus anthropologique traitant des usages et des techniques du corps. On doit à Nicole Anquetil une méditation un peu anxieuse sur les nouvelles mises en scène du corps, surtout les mises en scène chorégraphiques, où il lui semble voir se profiler le risque d’une dilution de la position du spectateur en pur regard fasciné devant un corps dénudé, qui aurait en lui-même un savoir, ou même un langage qui ne lui viendrait plus de l’Autre, mais qui aurait valeur d’Autre parce que déjà-là et à lui-même immanent.

Dany-Robert Dufour avec une grande rigueur de démonstration nous redit qu’une des conséquences de notre néoténie3 initiale est que l’homme habite un milieu fait de langage et d’usages symbolisants de sa corporéité. Il habite un territoire coextensif à sa parole. Il serait alors possible dans le fil de son exposé de supposer que si ce territoire est mis à mal, voire à sac, que si les pouvoirs de la parole déclinent, alors se mettront en place des usages du corps de plus en plus voués à célébrer l’auto-fondation, loin de la nécessité de faire pont et lien avec l’autre. Point de vue qui découle aussi du texte dense et éclairant de Jean-Louis Chassaing à propos des inscriptions corporelles. Sa question est dialectique. Il explique que marquer le corps c’est aussi s’en démarquer. Reste entière la question du statut de cette marque. Vise-t-elle à marquer en quoi tel ou tel sujet, tel ou tel groupe, est le plus fidèle dépositaire d’une marque universelle le liant à un absolu radical ? et s’inaugurent alors des compétitions farouches pour faire reconnaître le caractère universel de cette marque, là s’ombiliquent les guerres des rêves, des cultures, des légitimités. Avec cela, qui complique le tout, que si la marque prend la forme d’un trait d’une lettre alors elle s’ouvre à l’équivoque et son effet identitaire et identifiant reste incertain et sans relâche à prouver

Nous nous montrerons plus réservé quant à la belle moisson de courts textes traitant exclusivement du tatouage et qui ne s’inscrivent pas dans une solide argumentation psychanalytique. À côté d’un travail érudit de Marie-Noëlle Ottino-Garanger portant sur le tatouage dans les Iles Marquises, nous retrouvons quelques banalités déjà exprimées ça ou là. Mais avant de décréter que le tatouage est l’imposition d’une marque, encore faut-il au clinicien explorer ce qui prédomine dans le rapport du sujet à « son » tatouage : est-ce le signe qui se dépose sur son corps, l’excitation que cela produit, où cela se situe-t-il dans un registre plus régressif où il s’agit de combattre l’informe du corporel en fabriquant une zone sensible, qui verrouille dans les profondeurs de la chair les sensations incohérentes et inchoatives ?

Nous ne saurions clore ce compte-rendu sans signaler le très bref entretien mené par la rédaction avec Marcel Czermak. Ce dernier, fidèle à sa clinique des grandes psychoses, illustre comment certains fonctionnements de l’oralité (mais il peut en être de même d’autres fonctionnements pulsionnels) sont commandés non par le besoin ou l’habitude, mais par des hallucinations intimantes. Ce qui, de façon extrême certes, repose et replace bien le corps au champ de l’Autre, de son discours et de son intentionnalité à notre égard.

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« Moments excitants à penser », L'inactuel

Ce numéro de L'inactuel propose de penser contre l’air du temps. L’avant propos de Marie Moscovici annonce la couleur, il va être question de crise, de déclin. Dans un environnement qui nous surinforme nous sommes mutilés de nos capacités de curiosité et d’excitation véritables. Nous avons là des textes de plusieurs auteurs dont les noms évoquent un certain prestige. On sera attentifs à ceux qui, tout en partant de leurs travaux, privilégient le thème annoncé. Les articles, dont la qualité est inégale, donnent un ensemble très disparate. Ils demandent tous une lecture soigneuse.

Chez Antonia Soulez, philosophe et spécialiste de Wittgenstein, la question d’un adjuvant, excitant à penser, est introduite. Elle fait une démonstration de la manière de poser la question et de la dédoubler. Ce stimulus est-il extérieur ou se trouve-t-il à l’intérieur du penser ? Elle aimerait que l’identité du penser et du stimulus apporte réponse, même si elle prend acte d’un épuisement de la motivation pour la littérature et la philosophie.

Alain Touraine fait en sociologue le constat d’un monde dans lequel « la modernisation économique ne dépend plus de l’Etat ». Le triomphe du capitalisme signe une impossibilité de se définir par les relations sociales ; il en résulte une obsession de l’identité. Dans un deuxième temps le texte tente de promouvoir l’idée d’un appel aux droits de l’homme, singulièrement dans le cadre de revendications relatives au domaine culturel. Mais les arguments qu’il avance dans son constat ne permettent guère d’espérer en des sujets redevenus acteurs, alors même qu’il nous a montré la difficulté de résister à l’effacement que produit l’enfermement dans des communautarismes.

Le titre de Pierre Zaoui est là pour illustrer le thème « Penser contre son temps ». La naissance de penseurs les plus novateurs serait-elle favorisée dans les périodes de crise ? Et ces mêmes penseurs ne sont-ils pas toujours inactuels ? Il nomme trois positions, « Penser hors de son temps, penser contre le temps ou penser contre son temps ». Le penser contre le temps est celui de Nietzsche : l’intempestif évite de se fondre dans la pensée commune. Cependant l’exigence d’inactualité ne doit pas pour l’auteur inciter à ne plus « croire en aucune actualité consistante », ce qui nous déchargerait de penser l’époque. « S’interroger et problématiser » reste « un devoir et une position ». Il revisite les textes de Nietzsche pour affirmer enfin qu’on n’a pas à céder à la tentation de la mélancolie. La pensée qui se veut inactuelle ne s’en tient pas au diagnostic, elle doit permettre de « s’arranger de son temps sans s’y résoudre ».

Laurent Jeanpierre emprunte à François Hartog 4 le néologisme de présentéisme, censé qualifier et dénoncer le primat de l’actualité. Le capitalisme a changé le rapport au temps, qui est devenu « mesure de la valeur-travail [orienté vers le futur et attaché à l’idéologie du progrès ». Les références de l’auteur sont dans un premier temps marxistes et catastrophistes, dans la ligne de Guy Debord. C’en est bien fini d’une espérance sans faille dans l’avenir. Les tentatives d’analyse que l’auteur produit ensuite des effets du capitalisme sur le temps sont nourries de citations si nombreuses qu’on a du mal à y discerner un fil et à comprendre ce qu’il entend comme remède à y porter, soit « une déconstruction du temps chronologique, et une reconstruction des pratiques qui le font exister ».

On en terminera avec l’article de Frédéric Gros qui regarde l’actuel depuis la promotion de la figure de la victime. Il donne un historique de la punition depuis l’époque classique, en allant au-delà des thèses de Foucault dans Surveiller et punir

Gallimard, 1975.

. Il ne s’agit pas pour l’auteur de soulager la souffrance de la victime par la souffrance du puni, mais de « transformer la souffrance en malheur ». S’il y a de l’inactuel dans ce texte, c’est bien dans le fait de s’en prendre à « une articulation directe de la punition sur une demande de la victime ». Ainsi la conclusion met en valeur le travail du juge, qui est de permettre la reconstitution d’un récit, nous dirions sa mise en paroles. L’exposition publique de ce récit permet à la victime d’articuler sa souffrance sur ce récit et non plus sur la peine subie.

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« Parentalité », Adolescence

Le terme de parentalité est apparu sous la plume de René Clément : « Parentalité et dysparentalité » en 1985 dans la revue Le groupe familial 5. Philippe Gutton le définit ici comme « l’ensemble des processus psychiques conscients et inconscients concernés par les expérience de parenté ». Il reprend la distinction de Maurice Godelier entre parenté et parentalité « la parenté est fondamentalement un univers de liens généalogiques, à la fois biologiques et sociaux entre des individus de même sexe ou de sexe différents et appartenant à la même génération ou à des générations différentes qui se succèdent dans le temps »6. La parentalité s’intéressera aux liens des générations différentes : « elle est un travail psychique de création en cours dont l’œuvre est ici l’enfant imaginaire/réel ».

Cette livraison porte plus particulièrement sur l’étude théorico-clinique des expériences ou des moments de parentalité tels qu’ils apparaissent dans le récit d’une vie (en particulier dans la cure) en réfléchissant sur ce qui se passe dans l’inconscient pour que naisse et s’élabore le désir d’enfant.

Pour P. Gutton l’expérience de parentalité « se développe tel le narcissisme primaire à partir d’un incréable archaïque énigmatique » pour s’engager dans la conflictualité œdipienne. C’est une création dans laquelle la filiation et l’affiliation sont en jeu. Ce travail individuel « est incité et limité par l’expérience du couple géniteur ».

Monique Bydlowski lui objecte que le concept de parentalité est discutable dans la mesure où il ne prend pas en compte la différence entre crises parentales maternelles et paternelles spécifiques que traversent chacun des deux parents à l’occasion d’une naissance : elle préfère donc parler de « parenté maternelle et de parenté paternelle ». Mais de ce fait elle refuse le terme de parentalité !

De leur côté Myriam Boubli et Brigitte Effrat-Boubli considèrent la parentalité comme un processus, en grande partie inconscient, qui part de fondement archaïques primordiaux pour aboutir à la mise en place d’un lien social. C’est ce qui permet, en évitant le risque d’un système de liens parasitiques, le développement en interrelation des partenaires, la triangulation œdipienne et la construction d’une identité sexuée pour l’enfant. À un niveau plus organisé, le processus de parentalité favoriserait, selon elles, l’accès par la sublimation, à la socialisation et à la créativité.

Philippe Jeammet, dans un remarquable article, intitulé « Réflexions sur la parentalité » part du constat que la libéralisation de la société occidentale a fait perdre un certain consensus sur les règles éducatives qui s’interposaient en tiers entre le désir des parents et ceux des enfants ; cette perte, qui est bénéfique a bien des égards, a l’inconvénient de susciter un rapproché de type incestuel entre les partenaires et de favoriser un investissement narcissique entre eux, brouillant les limites. L’adolescent va chercher à échapper au désir des parents par ce qui est de l’ordre de l’opposition, de l’insatisfaction, de la provocation et potentiellement de la destructivité. « Ça c’est moi » peut alors dire le jeune parce que cela met l’adulte en échec et dans l’impuissance. L’adolescent cherche à échapper à l’angoisse d’abandon par l’inquiétude qu’il suscite ainsi qu’à l’angoisse de fusion et d’intrusion que pourrait susciter le plaisir partagé. Face à cette situation P. Jeammet estime qu’il faut libérer la confiance des adultes dans leur capacité à être parent tout en les dissuadant de tout vouloir contrôler et de se culpabiliser dès qu’une difficulté surgit. Par contre face à une difficulté durable qui renforce une dépendance pathogène à l’adulte et la nécessité de s’opposer pour se différencier au détriment de ses compétences, il conseille à la fois une limite ferme posée par les parents au comportement destructeur et une ouverture à des tiers pour sortir de la confrontation stérile.

Ce numéro comporte deux articles intéressants sur la filiation adoptive et son interrogation à l’épreuve des mutations identitaires propres à l’adolescence. Il se termine par un dossier sur les adolescentes enceintes qui pose la question de l’antinomie entre la grossesse centré sur la maternité et les processus adolescents qui mettent en jeu l’intégration du corps sexué. N’y aurait il pas alors risque d’une fin prématurée du processus d’adolescence ? Dans ce cadre l’article d’Ignacio Melo interroge la spécificité du désir d’enfant à cet âge à partir de l’expérience d’une consultation psychiatrique auprès d’adolescentes demandeuses d’IVG.

Celui d’Alberto Konichekis questionne l’influence du culturel sur le tissage des liens précoces. Patrick Cauvin, Sylvie Bérard et Elyane Allari, de leur côté, réfléchissent sur la distance mère-bébé à la pouponnière. Ils remarquent que le nourrisson y est souvent investi comme un « objet de transition », servant à sa mère de support transitoire à ses imagos parentales en cours de désidéalisation, dans un processus de post-adolescence non achevée : il en résulte une « assignation à résidence » comportementale et affective pour le bébé qui devra se montrer conforme aux attentes maternelles s’il veut s’épargner la brusque expérience d’un désinvestissement maternel défensif.

Ce numéro, comme la plupart de ceux de cette revue qui a maintenant vingt-trois ans constituera un bon outil de réflexion et de travail pour ceux qui sont engagés à un titre ou à un autre dans l’accompagnement de l’adolescence.

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« Destins de la bisexualité », Études Freudiennes

Ceux qui voudraient s’informer de ce que la biologie pourrait avoir à dire de la bisexualité chez les animaux et se convaincre avec Claude Aron de sa parfaite « naturalité »7 ;

ceux qui auraient raté ou ceux qui, la mémoire étant ce qu’elle est, auraient envie de retrouver trace des journées consacrées par les Études Freudiennes en 1996 (aux « Destins de la bisexualité », journées au cours desquelles fut mis en débat l’ouvrage dudit biologiste ;

ceux qui n’auraient pas lu Érotique du deuil au temps de la mort sèche,8 où Jean Allouch montre en quoi Lacan, par son interprétation de Hamlet,9 a renouvelé la théorie du deuil, lequel serait moins un travail qu’un acte ;

ceux qui n’auraient pas lu Généalogie du masculin10 où Monique Schneider soutient que « le masculin [est] habité, par le maternel ;

ceux qui n’auraient pas lu Éros aux mille et un visages

Paris, Gallimard, 1996.

de Joyce McDougall, et ses étonnantes vignettes cliniques ;

ceux qui seraient ignorants de comment Wladimir Granoff a travaillé la question du féminin dans l’œuvre freudienne et le subtil éclairage qu’il a porté sur la façon dont Freud avait logé « la bisexualité à l’abri dans [son] amitié » pour Fliess11 ;

ceux qui auraient raté le numéro d’hommage que l'inactuel avait consacré au même W. Granoff peu après sa mort en l’an 200012 et ceux qui seraient en attente du « Temps des cerises », la conférence (dont on annonçait déjà la parution prochaine) où il interrogeait avec passion le destin de la psychanalyse en pourfendant ceux qui la fossilisaient ;

ceux-là trouveront grand intérêt à parcourir ce 38e numéro des Études Freudiennes sous-titré « Destins de la bisexualité » ;

les autres mesureront le temps qui passe en relisant Le Désir et le féminin13 et en méditant sur la façon dont la question de la bisexualité psychique se voit renouvelée par les travaux plus récents d’une Judith Butler14 ou par les recherches du mouvement Queer dont se font régulièrement écho les éditions E.P.E.L.

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Le groupe de lecture des revues de psychanalyse réunissait ce mois-ci Gérard Albisson, Olivier Douville, Marie-Claude Labadie, Laurent Le Vaguerèse, José Morel Cinq-Mars, Françoise Petitot et Frédéric Rousseau.

  • 1.

    Le livre noir de la psychanalyse : vivre, penser et aller mieux sans Freud , sous la dir. de C. Meyer, Éd. des Arènes, 2005.

  • 2.

    Gilles Deleuze, Le pli, Paris, Minuit, 1988.

  • 3.

    La néoténie décrit, en biologie du développement, la conservation de caractéristiques juvéniles chez les adultes d'une espèce, ou le fait d'atteindre la maturité sexuelle par un organisme encore au stade larvaire. Ces phénomènes sont plutôt observés chez des amphibiens et des insectes, pour lesquels on parle de pédogénèse.

    Le terme néoténie a été proposé par le biologiste Kollmann dans plusieurs articles écrits en 1883 et publiés en 1884 ou 1885. Le mot est la juxtaposition du préfixe neo, signifiant nouveau, et du grec teinein, signifiant étendre.

    Cette idée a été appliquée à l'Homme qui possède des caractéristiques communes avec de jeunes primates. En psychanalyse, La théorie de la néoténie, ou prématuration, citée par Lacan dans La Troisième - qui en faisait la raison dans le réel du rapport imaginaire de l'homme à son corps - fut développée par Louis Bolk en 1926 in Das Problem der Menschwerdung et reprise depuis [1977-1980] par S.J.Gould. Elle postule que l'homme naît prématuré, inadapté, et que seules ses constructions symboliques (langagières), permettent sa survie.

  • 4.

    Régime d'historicité. Présentéisme et expérience du temps. Le Seuil , 2003.

  • 5.

    FNEPE éditeur

  • 6.

    M. Godelier, Métamorphoses de la parenté, Paris ,Fayard, 2004.

  • 7.

    La Bisexualité et l'ordre de la nature, Paris, Odile Jacob, 1996.

  • 8.

    Paris, E.P.E.L., 1995.

  • 9.

    Le Désir et son interprétation, 1958-59, inédit

  • 10.

    Paris, Aubier, 2000.

  • 11.

    Du titre d’un chapitre de La Pensée et le féminin, Paris, Minuit, 1976.

  • 12.

    « En lisant Wladimir Granoff », n° 6, printemps 2001, Belfort, Circé.

  • 13.

    Wladimir Granoff et François Perrier, Paris, Aubier, 1979

  • 14.

    Troubles dans le genre(GEnder Trouble), préface d’Éric Fassin, Paris, La Découverte, 2005.