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obsession et contrainte psychique, aujourd'hui

Un cas pour la psychanalyse : le Cas Paramord[1]

 

 

 

 

 

Le geste éditorial est rare : les éditions Ithaque publient à nouveau le récit très détaillé d’une cure psychanalytique après l’avoir déjà intégralement publié il y a de cela à peine quatre années. Le récit de la cure de Paramord que propose ce livre figurait en effet déjà comme épilogue de l’imposant essai que le même auteur, le psychanalyste Pierre-Henri Castel, avait publié en 2011 et 2012 et qui traitait de l’histoire des obsessions et de la contrainte psychique intérieure ainsi que de leurs traitements de l’Antiquité à nos jours[2].

Il y a donc dans cette importante ré-édition  une intention que n’épuise certainement pas celle de vouloir alerter les psychanalystes sur l’intérêt anthropologique du cas. Le cas Paramord est suivi d’une postface conséquente sur laquelle nous reviendrons mais nous commencerons d’abord par évoquer notre étonnement (et notre enthousiasme, ne le taisons pas) devant cette initiative qui fait glisser un texte de la collection Philosophie, anthropologie, psychologie que dirige justement P.-H. Castel à la collection Psychanalyse des éditions Ithaque dirigée, elle, par Ana de Staal.

 

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Le cas Paramord ? Mais qui est donc ce Paramord ? Et qu’a-t-il dit ou fait de si exceptionnel pour que son psychanalyste, P.-H. Castel, en ai fait cas, en ai fait un cas pour la psychanalyse –aujourd’hui? Est-ce un de ces patients comme on en croise parfois qui nous apparaît être un témoin privilégié, voire un symptôme, de nos difficultés actuelles à vivre dans la société individualiste dite post-moderne qui est la nôtre ? Est-ce quelqu’un dont la vie empêchée permet de disserter à loisir sur les peines et les embarras de nos contemporains? Souffre-t-il de vivre dans ce régime dit d’«autonomie-condition» qui nous régit, concept que l’auteur a développé avec d’autres[3] en contrepoint de l’«autonomie-aspiration» qui fut notre destin pendant les décennies précédentes, dans ces temps où l’autonomie était conçue comme une conquête de l’existence et non comme une condition pour vivre en société? Sa cure révèle-t-elle et illustre-t-elle mieux que toute autre un certain nombre de ces nouveaux maux psychiques qui nous étreignent, invisibles autrement, en particulier cette honte de soi et pour autrui qui tenaille un certain nombre d’entre nous plus fortement encore que l’ancienne culpabilité ? Paramord concentrerait-il enfin et illustrerait-il tout ce que l’auteur a réfléchi et entendu sur son divan ? P.-H. Castel aurait-il alors choisi cette cure simplement parce qu’elle fait écho aux travaux qu’il mène depuis plus de 20 ans dans les champs de la psychopathologie, de la psychanalyse et de la psychiatrie[4] ?…

Chacune de ces questions (faites d’autant d’affirmations …) mériterait sans doute un développement. Cette note pourrait d’ailleurs y être consacrée car cela éclairerait d’une assez bonne façon ce livre déstabilisant car il n’est guère courant de rencontrer un livre consacré à un seul cas. Cela permettrait aussi de resituer l’ouvrage au cœur d’un débat bien connu et bien balisé, celui ouvert par ces nombreux collègues psychanalystes qui cherchent à poser la psychanalyse aujourd’hui et à lui redonner quelques couleurs, à chanter sa théorie, sa praxis et ses évolutions dans un monde qui lui est, c’est une litote, quelque peu rétif. La relation très précise et suffisamment circonstanciée de la cure de Paramord à laquelle s’est livré P.-H. Castel rendrait d’ailleurs cette tâche tout à fait possible.

Mais voilà, contrairement à ce que laissait peut-être penser sa première publication –mais c’était déjà à tort-, le récit de cette cure ne nous laisse pas nous engager sur la voie de l’exemplarité du cas Paramord et je souhaite montrer ici que la portée de ce livre est d’une autre nature que les questions somme toute assez triviales précédemment listées. Celles-ci cherchent en effet toujours plus ou moins à interroger la pertinence de la psychanalyse aujourd’hui. Ce n’est pas le propos de ce livre, d’autant qu’on connait malheureusement à peu près toutes les réponses qui viendraient sous la plume : oui, la psychanalyse est bien une discipline vivante et exigeante et oui, elle pourra traverser les résistances que le monde d’aujourd’hui lui oppose, patiemment, ne serait-ce que parce qu’elle sait s’ouvrir aux nouvelles pathologies, aux nouvelles façons de vivre, et même, oui, s’il le faut, en s’éloignant des canons de la cure-type, en réservant le divan, en étant moins longue, et pourquoi pas moins chère, plus ouverte, moins dogmatique et au final plus sympathique et plus humaine…Voilà ce que ne conclut pas ce livre, nous y reviendrons également.

L’envoi de P.-H. Castel pour introduire son cas en 2012 était pourtant clair : « je vais maintenant m’inclure dans le tableau totalisant que j’ai construit. Car c’est en abandonnant tout surplomb, comme dit Mauss, qu’on peut se percevoir historiquement engendré en même temps que l’objet qu’on observe [5]» écrivait-il. Il indiquait ce qui était la pointe de la rédaction de cette cure : sa propre inclusion dans le tableau. Cela suffit me semble-t-il à ouvrir le passage qui va du travail anthropologique et des nécessaires illustrations qui l’accompagnent à la psychanalyse, à sa théorie et à sa pratique. « Le cas Paramord » est donc avant tout et très simplement le récit d’une cure psychanalytique. S’il tient comme « cas » pour la psychanalyse, ce n’est pas d’abord par son exemplarité mais bien parce qu’il fait entendre de très près ce qu’est une psychanalyse. N’a-t-il pas d’ailleurs déjà été reçu et critiqué comme tel par des collègues qui s’interrogeaient, non sur l’originalité de la symptomatologie de Paramord ni sur sa modernité (sur la question de la honte, par exemple, si bien mise en évidence par P.-H. Castel chez Paramord comme honte du patient de lui-même autant que honte pour autrui, pour son père en l’occurrence, qui est admirablement dépliée dans le livre et renvoie explicitement, cela est admis, aux pathologies d’aujourd ‘hui) mais bien sur la valeur psychanalytique du document [6]?

En intégrant la collection « psychanalyse », le récit de cette cure rappelle et démontre cette inclusion du psychanalyste dans la psychanalyse qu’il dirige. Celui-ci n’est jamais en dehors, jamais surplombant. On comprend alors que Le cas Paramord va ouvrir ses lecteurs à ce qui est souvent un des éléments les plus opérants dans toute cure mais qui reste habituellement caché dans l’exposé clinique, à savoir la façon dont un psychanalyste est engagé et affecté par les cures qu’il dirige.

Nous pouvons maintenant présenter le cœur de cet ouvrage : la relation, par son psychanalyste, de quatre années de la psychanalyse d’un homme de 50 ans, enferré dans une incapacité à agir, dévoré par le doute permanent sur la moindre de ses pensées, venu s’épancher sur le divan, à longueur de séances et plusieurs fois par semaine, sur indication d’un psychiatre que l’on imagine volontiers assez dépité de n’être parvenu à sortir cet homme intelligent de son marasme existentiel malgré les nombreux traitement allopathiques essayés. Et ce qui retient tout de suite l’attention du lecteur, c’est que ce cas ne « tombe » pas sous la théorie de son psychanalyste[7].

La lente et progressive mise au jour de son mentisme, de ses doutes obsessionnels, de son sentiment intérieur profond d’être en permanence dans l’imposture ne fait que désarmer peu à peu et de plus en plus le psychanalyste de ses quelques repères : le père , dont le patient attend la mort, n’est pas plus un obstacle qu’une voie d’identification, la mère est autant le poison que l’antidote, le roman familial reconstruit par le patient ne donne que des fausses clés et des fausses pistes à l’analyste, si bien que le livre (la cure ?) finit par ne plus exposer que la défaite progressive de la théorie analytique elle-même, jusqu’au point où P.-H. Castel est amené à proposer quelque chose comme un « complexe de Cham »[8]  en lieu et place du complexe d’Œdipe avec lequel il a conscience de bien mal saisir ce qui se passe pour son patient…Mise en abîme de l’empêchement de penser et d’agir, celui-ci a concerné autant l’analyste que son patient.

Qu’on en juge ! Ce récit fourmille d’annotations dans lesquelles l’analyste se montre désorienté : « Je mis un long moment à saisir que ce n’était pas tant mes interprétations qui perturbaient [son] jeu, que le silence » (p61)  « je suis frappé du fait que ce qui me parait aujourd’hui franchement erroné ou excessivement partiel me semblait à l’époque se nourrir de tous les mouvements transférentiels de Paramord » (p 71) « Pourquoi avoir à ce point tenté de faire rentrer ce cas dans un cadre oedipien ? » « Mon désarroi provenait aussi du fait que l’Oedipe noue avec une économie de moyens remarquables l’objet interdit, la libido et les identifications inconscientes. S’il se dérobe, que mettre à sa place ? » (p75).

Evoquant le sentiment permanent d’imposture dans lequel est pris son patient,  P.-H. Castel note que le patient habité par un tel sentiment se moque bien de ce que l’Autre pense et qu’il juge de toutes façons « impuissant à le soulager »,  voire «  nuisible », « surtout s’agissant d’un analyste et de ses dangereuses tentatives de réparation symbolique, “dons” écrasants dont on ne sait pas davantage, du reste, quoi faire » (p95). Voilà de quoi invalider la psychanalyse pour un bon moment ! Seuls semblent surnager dans le long récit de cette cure et dans la façon de parler de Paramord ces mots d’autonomie, d’autocontrôle, d’autoproduction de soi, d’autocensure, d’autoperceptions ou encore d’autocontraintes qui caractérisent Paramord aux yeux de son psychanalyste, qualifient son emprisonnement mais ne lui sont d’aucune utilité pour l’avancée du traitement.

Et pourtant, contre toute attente tant le jeu est fermé, voici que le nœud se desserre peu à peu au long de la cure, non pas d’une façon soudaine ou spectaculaire à l’occasion d’un lapsus révélateur ou d’une saisissante mise au jour d’un signifiant refoulé, mais à la suite d’un cheminement marqué autant par les rêves de l’analyste que par ce que P.-H. Castel désigne au final comme un partage d’émotion. « Dans tout cela, c’est moins le contenu dénotatif de mes interprétations qui importait, ou la matérialité signifiante de mes formules, que l’émotion partagée » (p 68). C’est-à-dire peut-être que la façon dont l’analyste s’approche de son patient, s’apponte à lui, est décisive et plus opérante en tous cas que ses tentatives de saisie théorique.

C’est cela, Le cas Paramord, le livre, c’est le récit de cette rencontre d’un psychanalyste avec un patient qui lui apprend à nouveau son métier, qui lui résiste, qui l’oblige en l’occurrence à éprouver le transfert non comme un « transfert sur » sa personne mais comme un « transfert dans » son propre appareil psychique, qui l’amène à co-ré-inventer avec lui un mythe, une construction qui leur parle plus directement de ce qu’ils vivent en séance que toute autre conception théorique aboutie et validée. Ainsi se définit progressivement le travail psychique du psychanalyste tel que le vit et le conçoit l’auteur, comme un travail «qui absorbe, volontairement peut-être mais aussi et surtout inconsciemment ce qui a été expulsé en lui parce que l’analysant ne parvenait pas à l’élaborer de son côté pour des raisons qui sont les vraies raisons de sa détresse » (p 77). La force de ce texte est bien résumée dans cette dernière remarque qui dit l’engagement du psychanalyste, autant que la promesse de la psychanalyse, seule discipline sans doute à pouvoir penser objectivement la nature d’une telle détresse.

Ecrivant cela, je comprends maintenant ce qui a poussé P.-H. Castel à développer une longue post-face pour cette publication. Il ne suffisait pas en effet de poser l’importance de l’émotion partagée, de la co-construction dans l’analyse, de la communication « d’inconscient à inconscient »  etc. pour rendre compte de cette cure. Le travail auquel il a été amené rend nécessaire d’en donner raison, d’en éprouver la valeur relativement à la théorie psychanalytique telle qu’elle s’est développée et déployée depuis plus de cent ans à partir de la méthode association libre/ écoute flottante inaugurée par Freud.

Ce sera donc l’objet de la postface intitulée « une hirondelle ne fait pas le printemps » qui suit le cas Paramord et dans laquelle l’auteur développe avec l’érudition qu’on lui connait les questions qui sont posées séance après séance au psychanalyste qui écoute son patient. Les auteurs convoqués sont bien sûr S.Freud, M.Klein, J.Lacan et W.R.Bion avec lesquels P.-H. Castel chemine depuis si longtemps, mais ce sont aussi ces « post-bioniens » contemporains bien peu connus en France que sont C.Bollas, T.Ogden ou encore A.Ferro. Cette post-face, pour être une réflexion théorique argumentée, peut aussi être lue tout simplement comme « l’après-coup », le « nachträglich » de la cure : P.-H. Castel s’y aventure, toujours avec générosité et rigueur, dans des questions importantes et passionnantes, certaines encore peu défrichées par ses prédécesseurs. Je pense par exemple à cette question des émotions partagées en séance et de leur valeur dans le traitement et dont il démontre qu’elles peuvent se concevoir comme de quasi « actes de langage » (p142) ou encore à cet état psychique de « rêverie » de l’analyste induit par la méthode qu’il définit rien moins que comme un état austère, ascétique, comme une « attitude épistémique » (p150). Parti d’un long travail de réflexion sur la méthode association libre/ attention flottante, troublée, si je puis dire, par la place reconnue aux émotions partagées, P.—H. Castel ( se référant à nouveau aux travaux de Bion ainsi qu’à l’intuitionnisme en mathématiques de Poincaré) en arrive à penser ce qu’il appelle l’ « intuitionnisme psychanalytique » (p151) au sein duquel l’analyste et son patient à la fois « créent et trouvent »[9]. L’interprétation retrouve alors sa valeur de construction : il s’agit «d’une façon désintéressée, donc non empathique, et sans considération des liens de causalité, de produire (c’est-à-dire à la fois d’engendrer et de rendre manifeste) dans sa vérité immanente, l’ordre inapparent des associations, à partir d’un certain « fait choisi » » (p 152). C’est bien toute la psychanalyse entendue comme la façon dont un psychanalyste se tient auprès d’un patient qui se trouve enrichie par ce travail conceptuel.

Vient alors cette réflexion que l’auteur amorce à la toute fin de son essai : il se demande quel est le mouvement qui permet à l’analyste de s’approcher, de se rapprocher jusqu’à ce point de son patient, sans que celui-ci s’enfuie… D’où nait-il ? De quelle forme d’amour est-il fait ? Quelle est donc aujourd’hui l’offre du psychanalyste ? Les voies de travail ouvertes ici sont à peine ébauchées, « j’ouvre là un chantier immense » écrit Castel, mais elles donnent déjà beaucoup à penser dans le contexte d’aujourd’hui où la demande d’analyse ne sait plus comment se dire, ne se dit plus comme avant en tous cas. Peut-être que travailler à penser à nouveau son offre permettra-t-il au psychanalyste de l’entendre, cette demande. Et la cure de Paramord éclaire la parole qui est en son principe sous une lumière nouvelle : la parole qui circule dans une cure (notamment celle de l’interprétation) « représente ou décrit peu ; elle fait faire, fait voir, fait ressentir (elle affecte). Son moyen c’est donc moins le symbole que la parabole » (p 158). En quelques lignes qu’il faut absolument lire, Pierre-Henri Castel renverse alors nombre de perspectives : délaissant la recherche de causes cachées sous la parole, ce n’est plus la valeur de la psychanalyse pour telle ou telle indication, pour tel ou tel symptôme ou dans telle ou telle configuration socio-psychologique qui est travaillée, c’est son offre pour tous, c’est sa possibilité même qu’il interroge.

 

Aucun de ces développements ne cherche à « refonder » la psychanalyse comme on a pu le lire[10] mais ils accompagnent les transformations qu’elle doit subir, que les patients qui s’y prêtent lui font peu à peu subir et qui lui permettent, encore aujourd’hui, d’être porteuse d’espoir et de liberté pour ceux qui s’y aventurent.

 

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« Freud, il veut me refiler une famille [11]» disait Henri Michaux qui n’acceptait pas qu’on lui fasse penser quoique ce soit qui ne soit de son crû, il avait de l’avance sur son temps… 

« Castel, il veut me refiler l’Œdipe » a sans doute pensé un moment Paramord qui doutait de tout ce qu’il pouvait penser, et plus encore peut-être de tout ce qui pouvait lui être donné à penser…

Il aura fallu quatre longues années d’une psychanalyse somme toute assez ordinaire, à raison de quatre séances par semaine, pour que la ténacité de Paramord à refuser la présence de son analyste à ses côtés finisse peu à peu par céder, notamment parce que des émotions ont été partagées en séance, et parce que des rêves ont été rêvés par l’un et par l’autre. Ce temps a rendu possible des mouvements psychiques inattendus qui ont amené P.-H. Castel à se retrouver successivement délogé puis relogé comme psychanalyste de son patient. Ce temps a été nécessaire pour qu’il renonce, lui, l’analyste, à résister à l’être, analyste, pour son patient en même temps que ce dernier renonçait à invalider toute possibilité de changer et de croire- un peu- dans sa capacité à affronter « le Mal qui vient [12]». Ce résultat, aussi modeste soit-il –et l’on peut rappeler ici que P.-H. Castel a toujours plaidé pour une psychanalyse « mineure »[13]-, valait bien qu’un livre lui soit entièrement consacré, le livre d’un psychanalyste d’aujourd’hui[14].

Thierry de Rochegonde

Psychologue en hôpital de jour de psychiatrie adulte

Psychanalyste

 

[1] Pierre-Henri Castel, Le cas Paramord, Obsession et ontrainte psychique aujourd’hui, éd. Ithaque, mai 2016

[2] Pierre-Henri Castel, La fin des coupables suivi de le cas Paramord, éd. Ithaque, octobre 2012

[3] Voir A. Ehrenberg, La société du malaise, éd. Odile Jacob, janv. 2010, en particulier le chap 5 « De l’autonomie comme aspiration à l’autonomie comme condition » p190 et suiv.

[4] Voir son site intitulé  philosophie de l’esprit, psychologie, psychanalyse  à l’adresse  pierrehenri.castel.free.fr .

[5] Voir La fin des coupables…, déjà cité,  p 461

[6] Voir J. Allouch., De quelques préalables au cas Paramord, Paris, déc. 2012, accessible sur le site jeanallouch.com. L’auteur intente un « procès  en psychanalyse » à P.-H. Castel, procès auquel cette seconde publication est une puissante réponse

[7] Nous sommes très loin de ces « vignettes cliniques », dénoncées par G. Le Gaufey, qui polluent la recherche en psychanalyse, très loin de ces « petits récits dont raffole aujourd’hui le monde psy, où des “cas” viennent exemplairement se ranger sous les auspices d’une théorie plus obsédée par sa propre transmission que par son rapport incertain et heurté à la pratique ». Voir Guy Le Gaufey, Le Pastout de Lacan, EPEL, juin 2006, p13 et pp 123 à 127

[8] « Cham est maudit parce que la vérité désormais dérisoire de la fécondité de tout père ne lui a pas échappé. Il a dévoilé publiquement le grand secret : que Noé a perdu la puissance phallique de transmettre une vie bénie par la promesse faite à Abraham.[…] Cham, c’est alors n’importe qui, qui met à nu la misère de la vie sexuelle d’un père », in Le cas Paramord, p 88

[9] Castel fait ici explicitement référence à la caractérisation par Winnicott de l’objet transitionnel (p152)

[10] Voir la  critique pour le prix oedipe des libraires 2017  rédigée par L. Le Vaguerèse et accessible sur le site oedipe.org

[11] Cité par Jean-Pierre Martin dans sa biographie d’Henri Michaux, Henri Michaux, Ed. Gallimard, oct. 2003,p 13

[12] A la toute fin de la postface, P.-H. Castel invite son lecteur à se demander ce que la psychanalyse peut  élaborer face à la pulsion de mort telle qu'elle se décline aujourd’hui et « où puiser l’énergie qu’il va [lui] falloir pour affronter le Mal qui vient ». L’auteur fait référence à l’envoi terrible de son précédent essai sur le mal et la perversion publié sous le titre « Pervers, analyse d’un concept suivi de Sade à Rome » chez Ithaque en septembre 2014 

[13]Voir  A quoi résiste la psychanalyse ?, PUF, coll. Science, histoire et société, nov. 2006, pp168 et suiv.

[14] Olivier Grignon distinguait souvent les « livres de psychanalyse » des « livres de psychanalystes ». « La bonne théorie » écrivait-il « c’est celle qui éclaire et rend raison de ce que nous faisons subjectivement quand nous inventons » in Y-a-t-il encore une place pour la psychanalyse ? Intervention aux 39ème journées nationales de la psychiatrie privée, Dinan, oct 2010, accessible sur le site du Cercle Freudien, p14.