Mot d'esprit yiddish et inconscient

Né à Paris en 1951, Max Kohn est psychanalyste membre d'Espace analytique et maître de conférences habilité à diriger des recherches à l'université Paris Diderot. Membre de l'unité de recherche rattachée au CNRS « Psychanalyse et pratiques sociales » (FRE 2788), il est aussi psychanalyste à la Maison de la mère et de l'enfant à Paris (Fondation Albert-Hartmann, Société Philanthropique). Lauréat du Prix Max Cukierman en 2006.

« Un homme vient pour la première fois chez son nouveau docteur.

—Je vois des petits points (pintelekh) devant mes yeux, lui dit-il.

— Tu as déjà vu un docteur ?

—Non. rien que des petits points. » [Forverts n° 31576, 18 no-
vembre 2005)

Le patient est malade des yeux. Il voit des petits points, c'est-à-dire
l'essentiel, le pintele, le petit point juif, dos pintele yid. Il ne voit pas
un docteur, il n'est pas malade. Il voit le secret du yiddish, un certain
ton qui doit être juste, une mélodie, un phrasé, un tempo, un équilibre
du lien social qui doit supporter la déliaison des représentations, une
certaine musique dans la relation à l'autre. L'analyse du vits produit
un retour du sujet de la parole sur la langue qu'il parle, et la possibilité d'analiser le transfert à une langue. Il s'agit de pouvoir se taire
dans une langue que l'on ne sait pas parler.

Ce livre présente des analyses de mots d'esprit yiddish qui concernent la transmission de la psychanalyse.