Fonctions et champ de la voix en psychanalyse

psychanalyse

Jacques Nassif est philosophe et psychanalyste. Il a notamment publié : Martin l'archange (Gallimard, 1985), Le Bon Mariage, l'appareil de la psychanalyse {Aubier, 1992), Freud, l'inconscient {Galilée, 1977; coll. « Champs », Flammarion, 1992), et Comment devient-on psychanalyste ? {Ères, 1999).

Lécrit, la voix

Fonctions et champ de la voix en psychanalyse

La psychanalyse, a-t-on coutume de dire, serait
née de l'abandon de l'hypnose, donc du renon-
cement au pouvoir de la voix. Pour Freud, lui
succède le texte du rêve qui, déchiffré dans la
cure, fait de l'inconscient une chose qui s'écrit.
Lacan dénude la voix comme cause du désir, le
dire comme seul avènement de la vérité ; mais,
à son tour, il refoule sa propre découverte en
rêvant d'un langage sans parole : l'écrit.

Pourtant, comme l'atteste le retour à la voix
qui s'annonce dans ce livre, c'est bien elle seule
qui, dans la cure, ouvre l'accès à l'inconscient.
C'est elle seule qui se fait entendre dans toute
lecture, que ce soit celle du rêve, de la séance
ou de ces œuvres littéraires qui, loin d'effacer le
pouvoir de la voix, comme l'ont toujours fait les
récits de cas cliniques (impossible d'entendre la
voix de l'Homme aux rats ou de l'Homme aux
loups), restituent l'effet de la voix même, comme
révélation du monde et de la vie.

L'enjeu est de taille, on le voit, puisqu'il s'agit de
rien moins que du fondement de la psychanalyse
elle-même et de la possibilité de sa transmission.

Couverture : Rembrandt dit « Aux yeux hagards », 1630
Amsterdam, Rijksmuseum-Stichting
©AKG.

Prix France : 22 €