Étique psychanalytique et accidents du transfert
Monique Lauret, psychiatre, psychanalyste, membre de la SPfetde la Fondation Européenne de la psychanalyse, présidente de Psycha 31, membre du comité de rédaction de La Clinique lacanienne. Elle estl'auteure de L'énigme de la pulsion de mort. Pour une éthique de la joie, Put, 2014; La conscience de l'humain. Dialogue entre psychanalyse et pensée chinoise, L'Harmattan, 2021 ; Lacan, Mencius. La route chinoise de la psychanalyse, Campagne Première, 2022. Avec les contributions de : Paul-Laurent ASSOUN, Patrick De NEUTER, Brigitte DOLLE-MOsNGUJW, Claire GILLIE, Monique LAURET, Laurent LEMOINE, Arthur MARY, Jean-Jacques MOSCOVITZ, Daniel SIBONY.

ETHIQUE PSYCHANALYTIQUE ET ACCIDENTS DU TRANSFERT

L'éthique, une question fondamentale en psychanalyse, mise en exergue par Freud et Lacan. Elle consiste essentiellement en un «jugement sur notre action » disait ce dernier, car elle concerne la responsabilité du psychanalyste dans son désir d'analyste. Le psychanalyste accompagne et guide un autre en souffrance à accéder à une part de réel concernant sa vérité intérieure par un travail de désaliénation. Le moteur essentiel à l'humanisation de la psychiatrie et au travail psychique qui peut se mettre en œuvre à partir de la rencontre avec un soignant, c'est le transfert. Le transfert est aussi une véritable relation de confiance qui s'instaure avec le psychanalyste qui, par le biais de cet amour de transfert, va pouvoir aider à la guérison en revisitant l'histoire infantile du sujet.

Le transfert est à la fois le levier de guérison de la névrose, mais aussi quelquefois son plus grand obstacle. Lacan avait évoqué le désir de l'analyste en tant que « désir averti », un désir plus fort que les autres désirs qui peuvent animer l'analyste, mais un désir qui doit être éclairé quant au respect de la dignité d'un sujet. Cet ouvrage collectif va tenter d'en cerner le maniement, les difficultés et quelquefois les impasses dans ce que l'on peut appeler « Les accidents du transfert».