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De mères en filles
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Celles qui parlent sur nos divans sont d'abord des "filles". Filles qui nous parlent de leur mère et de la femme, voire de la fille qu'elle n'a pas toujours su, ou put être. C'est pourtant celle-ci qu'elles recherchent parfois désespérément, pour être elles-mêmes filles et femmes avant que d'être mères. C'est avec une femme, une amante et non avec une mère que commence
l'histoire de chacun, une femme qui reconnait dans l'homme qu'elle aime un père pour son enfant.
Si les statuts de mère, de fille et de femme sont inséparables, ils ont pourtant des spécificités différentes qui, dans leurs interactions, se complètent. C'est ainsi que ces histoires, ces statuts, s'intriquent dans une relation très précoce entre mère et fille pour que puisse advenir la "féminité" qui se concrétise dans l'envie d'enfanter, de créer, ne fut-ce seulement que dans le fantasme.
C'est en retrouvant son "double" dans cette relation précoce de complétude narcissique et féminine, que la mère pourra transmettre à sa fille son identité sexuelle. C'est dans ce double, qui est à la fois le même et différent, que la fille "sait" très tôt et en toute certitude "être" comme sa mère. C'est dans cette relation que l'envie d'enfanter prend "forme" bien avant que la fille
n'ait envie, plus tard, d'un pénis -ou tout au moins de ce qu'il peut procurer pour garder son premier objet d'amour.
Ce mouvement, qui aspire à un idéal, est plus de l'ordre de "l'idéal du moi" que du "principe de réalité". Beaucoup de femmes-mères, de "mères-féminines" tendent vers lui et tentent de l'atteindre sans l'identifier; mais trop souvent certaines perturbations (intrapsychiques, familiales et/ou évènementielles) prises dans l'ambivalence, viennent contrecarrer ce développement psycho-sexuel.
Et pourtant, ce peut être une très belle histoire d'amour.
Annick Le Guen
Psychanalyst