Le DSM (Diagnostic and statistical manuel of mental
disorders), classification des maladies mentales
élaborée par l'Association des psychiatres américains,
s'est imposé depuis une trentaine d'années comme
la référence mondiale unique. Les auteurs, qui ne
réfutent pas l'intérêt des classifications, dénoncent
les effets de cette position hégémonique qui appauvrit
la pratique clinique et stérilise la recherche. Ils contestent
la validité scientifique et clinique des catégories
du DSM ainsi que leur inflation, inutilement coûteuse
et dangereuse, spécialement pour les enfants étiquetés
précocement de façon abusive.

L'adoption du DSM au titre de référentiel universel
conduit à des pratiques réductrices peu respectueuses
des personnes en souffrance et signe une régression
de la pensée, sommée de se plier à des normes
diagnostiques et thérapeutiques sous contrôle politique
et économique, et sous influence des entreprises
pharmaceutiques.

Les auteurs appellent à une mobilisation des cliniciens,
psychiatres, psychologues et psychanalystes de tous
horizons, pour défendre le retour à une clinique du sujet
et à la pluralité des références en santé mentale.

Jean-Claude Aguerre, Guy Dana, Marielle David, Tristan Garcia-Fons,
Nicolas Gougoulis, Thierry Jean, François Kammerer, Patrick Landman,
Claude Léger, François Leguil, Michel Patris, Gérard Pommier,
Jean-François Solal, Dominique Tourrès-Gobert, Alain Vanier.

Avec la participation de Jean Garrabé, Bernard Golse, Roger Misés