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Lost in cognition
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Ce livre examine les prétentions du nouveau paradigme de
la psychologie a se proposer comme modèle d avenir pour
les disciplines cliniques, et par là, venir à bout de la psychanalyse. Quel est ce changement de paradigme? C'est le
cognitivo-comportementalisme. D'où vient-it Des Etats-
Unis. Jusqu'aux années soixante, la psychologie comporte-
mentale avait joui d'un certain prestige. Elle s'est trouvée
disqualifiée par l'objection du linguiste Noam Chomskv:
aucun apprentissage ne pourrait jamais rendre compte delà
compétence linguistique. Celle-ci devait être innée. La psy-
chologie comportementale mit trente ans à se revêtir
d'habits neufs. Ees avancées de la biologie, de la neurologie,
et de la nébuleuse qui en a résulté sous le nom de neuros-
ciences le lui ont permis.
Sous le nom de cognitivisme comportemental, une nouvelle
réduction de l'expérience humaine à l'apprentissage a fait
retour.
A partir de la psychanalyse d'orientation lacanienne, ce
livre soutient une thèse opposée. Lmconscient ne relève
d'aucun apprentissage. Il est ce qui manque ou excède tout
apprentissage possible. L'inconscient est un mode de la pensée délivrée de l'apprentissage comme de la conscience.
C'est son scandale et sa particularité.
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Lost in cognition*. L’actualité de l’orientation lacanienne dans la psychanalyse est saisie par cette formule qui relie des éléments épars, aussi dispars que le sujet (et voilà « tout Lacan » reparcouru), l’Autre (celui qui existe, celui qui n’existe pas), l’évaluation (cette tentation des déçus de la rigueur supposée scientifique au sens de la science expérimentale), l’angoisse et le transfert, tenus par l’éthique du désir.
Donner chance à l’aventure freudienne, cerner les contours, les conditions de son nouveau départ avec rigueur n’est imaginable qu’à condition de renouveler la traduction de chacun des termes qui, piliers d’abord d’une théorie devenue peu à peu hégémonique dans les années sixties, sont devenus les socles creux de malentendus stériles.
Cette pulsation aussi familière qu’inquiétante, et si freudienne, il s’agit de la traiter encore, en écartant les sirènes de l’herméneutique infinie et de la résorption de la psychanalyse dans l’intraduit supposé collectif, non moins que celles de la psychanalyse cognitive, que sa bonne foi rendrait plus impardonnable encore de pactiser avec un prétendu sujet neuronal.
La voie de la responsabilité du sujet à l’endroit des désordres dont il se plaint, balisée par l’étrange indifférence en politique dont Lacan dit quelques mots, comment la frayer à nouveaux frais ?
Jacques-Alain Miller faisait en 2004 l’hypothèse d’une réunion du champ freudien par fragmentation.
À qui profite, de fait, l’émiettement de nos « chapelles » ? La diversité de nos styles de vie, la varité de nos goûts ne pourraient-elles devenir pour tout un chacun qui endossant le signifiant « lacanien », consent à en faire l’épreuve de sa vie (« son ineffable et stupide existence ») la marque capitale d’un mouvement de pensée aujourd’hui qui, à rebours des tentations visées plus haut, formeraient avec l’éthique singulière de la psychanalyse le laboratoire du malaise dans l’économie de la civilisation occidentale ?
L’école de la biendisance est encore à venir. Gageons que les ombres animées par Balzac dans son Envers de l’histoire contemporaine n’ont pas dit leur dernier mot.
*Eric Laurent, Lost in cognition, éditions Cécile Defaut, Nantes, 2008.
Nathalie Georges Lambrichs
9 décembre 2008