Dates

Vendredi, mars 24, 2017 - 09:00 - Dimanche, mars 26, 2017 - 14:45

Adresse du site Web

Organisateur(s) du congrès

QUATRIEME GROUPE (OPLF)

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Secrétariat du IVème Groupe : 01 55 04 75 27

Déroulement

Inscriptions :
- Individuelles : 110€
- Etudiants (sur justificatif) : 40€

Avant le 15 mars 2018 ,
au Secrétariat du IVème Groupe
19 Bd Montmartre, 75002 Paris

LE ROC DES PASSIONS
L’image du « roc » apparaît sous la plume de Freud en 1937, au terme de son article « L’analyse avec fin et l’analyse sans fin » (in Résultats, idées, problèmes, t. II, 1921-1938, P.U.F., Paris, p. 231-268), pour signifier ce à quoi le processus analytique se heurte, une résistance telle que « tout reste en l’état ». Pour Freud, la résistance majeure est déterminée par le refus du féminin et l’angoisse de castration et le « roc », « roc d’origine », c’est le « biologique » (le corps ?).
L’image du « roc » fait retour dans le N°17 de Topique, (avril 1976), intitulé « Le roc du primaire », dont les articles tentent une élaboration psychanalytique de la dépression et de l’angoisse de mort. Ainsi, le « roc » serait cet objet fixe et minéral sur lequel viendraient casser les flots associatifs, sans rien changer à l’immuable infantile : la question de l’inanalysable se pose ici.
Le « roc des passions » reprend donc la même question du point de vue, cette fois, de ce qui fixe l’être humain au-delà ou en deçà de toute raison, pour l’enfermer dans une jouissance aliénante, une pulsionnalité impérieuse ou une répétition d’actes vains. Dans le processus analytique, tout semble « rester en l’état » à cet endroit où le « roc », immobile, demeure indifférent à tout.
Au cours de ces Journées, la question sera abordée selon plusieurs versants, d’autant que, du singulier au pluriel, de la passion aux passions, s’ouvre une riche polysémie qu’il vaut la peine d’explorer.
Avec deux exposés, nous évoquerons l’inanalysable auquel chacun dans sa pratique se heurte, selon des cliniques du transfert différentes et souvent surprenantes.
Nous aurons un aperçu du rapport entre les passions et le Droit, rapport complexe, propice au débat et à la réflexion. Que la loi tend-t-elle à tenir, juguler, réguler des effets des passions humaines, c’est une question qui sera soulevée.

Les passions dans leurs dimensions institutionnelles et politiques nous conduiront à une autre forme de l’inanalysable, à une réflexion sur les passions collectives et groupales et sur les fanatismes.
Nous parlerons aussi des passions comme ce « roc » sur lequel la raison et la morale se brisent, depuis des temps immémoriaux, ce que le théologien a tenté de formaliser en termes de péchés capitaux.
L’analyse d’enfant ouvrira une perspective sur le rapport de l’enfant à l’infantile, à la violence de l’infantile que l’analyste tente de mettre en forme.
L’écrivain nous fera part du regard littéraire qu’il porte sur l’humanité et ses passions, ou sur la passion de l’homme pour l’objet qui l’aliène
D’une manière générale, on pourra finalement se demander si l’homme est susceptible de renoncer à ses passions ou, du moins, de les transformer ou sinon toutes, du moins seulement quelques-unes, ou bien une seule, rien qu’une ? Ou aucune ? Et ce sera la discussion de clôture.

Les deux journées seront ponctuées de la lecture, par un comédien, d’extraits de textes classiques où s’expriment les passions humaines.