- Œdipe
- Prix
- Vidéos
- Lire
- Actualités
- Critiques
- Dossiers
- Grande traversée - Moi, Sigmund Freud
- Lettre de démission de l'Ecole Freudienne de Paris J. Favret-Saada
- Hyperactivité de l'enfant
- Loi du 5 juillet 2011 : interview
- Décrets relatifs à l'usage du titre de psychothérapeute
- L'affaire Onfray
- Mai 68 : sommaire
- Dossiers Interview de jacques Sedat à propos de la parution des travaux de François Perrier
- Le cas 'Richard'
- Chronologie
- Autisme et Psychanalyse
- Colloque : « Du Séminaire aux séminaires. Lacan entre voix et écrit »
- Documents concernant Jacques Lacan
- Livres de psychanalyse
- Revues de psychanalyse
- Newsletters
- Enseignements
- Adresses
- Questions
- Loisirs
Le pouvoir des commencements
Acheter ce livre
Qu'en est-il de l'autorité dans un monde où l'arrachement à
la tradition et au passé a pris valeur de mot d'ordre? Que
devient l'autorité lorsqu'elle se trouve confrontée à l'indivi-
dualisme et à l'égalisation démocratique et que de surcroît le
futur - comme c'est le cas aujourd'hui - se dérobe à toute
espérance ?
L'autorité ne se confond pas avec le pouvoir. Elle appelle la
reconnaissance plus qu'elle ne requiert l'obéissance. Elle se
déploie dans la durée alors que le pouvoir est d'abord lié au
parcage de l'espace. Parce qu'elle assure la continuité des
générations, la transmission, la filiation, tout en rendant
compte des crises qui en déchirent le tissu, elle est une
dimension fondamentale du lien social.
Si pour nous l'autorité est encore porteuse de sens, ce n'est pas
parce qu'elle se réclame d'un monde vétusté, mais parce qu'elle
nous fait naître neufs dans un monde plus vieux que nous.
Qu'est-ce que l'aurorité, sinon le pouvoir des commencements,
le pouvoir de donner à ceux qui viendront après nous la capa-
cité de commencer à leur tour ? Ceux qui l'exercent — mais ne
la détiennent pas - autorisent ainsi leurs successeurs à entre-
prendre quelque chose de nouveau, c'est-à-dire d'imprévu.
Commencer, c'est commencer de continuer. Mais continuer,
c'est aussi continuer de commencer.
Myriam Revault d'Allonnes est philosophe, professeur des
universités à l'École pratique des hautes études (section des
sciences religieuses). Elle a notamment publié Ce que
l'hommefaità i'homme. Essai sur le mal politique (Seuil, 1995,
Flammarion, «Champs», 1999), Le Dépérissement de la poli-
tique (Aubier, 1999, Flammarion, «Champs», 2002), Fragile
Humanité (Aubier, 2002).