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La part du rêve dans les institutions
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Dans tous les pays du monde, lorsque le vigneron élève son vin dans une barrique, la porosité du bois qui en constitue les parois laisse s'évaporer
une partie des liquides dans une proportion que l'on ne saurait négliger.
On appelle cette évaporarion : « la part des anges ». Jour après jour, le
paysan compense cette part des anges en ajoutant du vin. On appelle cette
compensation : l'« ouillage ». La plupart des grands vins qui réjouissent nos
cœurs sont nés dans ces conditions. Une institution de soin, médico-
sociale ou d'éducation, c'est un être vivant comme l'est aussi un vin. Ici les
anges sont les rêves, et si les institutions écartent cette part du rêve, cette
part offerte au rêve, elles s'étiolent, se referment, et ne produisent plus les
effets escomptés. Ce rêve, c'est la régulation qui le fournit ou plutôt qui
l'entrerient. Si aucun régulateur ne vient plus accomplir cet ouillage dans le
tonneau institutionnel, alors la pratique s'évente, s'aigrit, er finalement se
mue en vinaigre. Pour vivre, une institution a besoin de cette part du rêve
qui semble être une perte de prime abord ; mais cette perte est indispensa-
ble, à l'instar des vins les plus précieux, pour lui assurer structure et qualité.
Cette perte est en définitive un gain.
Voilà l'état d'esprit qui m'a guidé pour écrire ce livre. J'ai voulu analyser les
rouages de ce que l'on appelle régulation, supervision, ou encore analyse des
pratiques selon deux points de vue différents : rendre compte d'une prati-
que d'une part, sans toutefois tomber dans la banalité du simple témoi-
gnage ; et proposer des supports théoriques pour en éclairer les bases, pour
tenter d'écrire les prémisses d'une théorie de la régulation.