Dates:
Samedi, mars 16, 2019 - 09:00 - Dimanche, mars 17, 2019 - 13:00

Adresse

Ecole normale supérieure, salle Jean Jaurès
29, rue d'Ulm
75005 PARIS
France
Adresse du site Web: Organisateur(s) du congrès:
QUATRIEME GROUPE (Organisation psychanalytique de langue française)
email: contact:

Secrétariat : 01 55 04 75 27

Déroulement:

Samedi 16 mars 2019, de 9h à 18h Dimanche 17 mars 2019, de 9h30 à 13h00 Droit d'entrée : 120 € et 40 € pour les étudiants (sur justificatif)

DESTIN D'UN IDEAL : Lorsqu’en 1969 les principaux fondateurs du Quatrième Groupe conçoivent une nouvelle organisation psychanalytique – de langue française -, ils ont une idée de ce à quoi celle-ci est destinée. Leur acte est porté, sous-tendu, déterminé par un idéal, un projet, une rêverie. Les premiers textes publiés à ce sujet en témoignent. Certains anticipent la création : « Comment peut-on ne pas être persan ? », de Piera Castoriadis-Aulagnier, paraît en octobre 1968 dans le N° 8 de la revue L’Inconscient, dont le thème est « Enseignement de la psychanalyse ? » ; d’autres ensuite participent de la fondation en explicitant ses enjeux essentiels, dans les N°1 (« La formation du psychanalyste », octobre 69) et N°2 (« Historique et didactique », février 70) de la revue Topique , sous les signatures de Jean-Paul Valabrega (« La psychanalyse savante », N°2), François Perrier (« Sur la psychanalyse didactique », dans le N°1 puis dans le N°2), Nathalie Zaltzman (Nathalie Perrier à l’époque, « Histoire critique des institutions psychanalytiques », N°2) et, bien sûr, Piera Castoriadis-Aulagnier, (« Sociétés de psychanalyse et psychanalyste de société », N°1). Dans ce dernier article, Piera Castoriadis-Aulagnier dénonce le « rêve... d’un recours aux sciences les plus prisées.. », celles dont « on attendra la preuve par neuf de nos opérations ». Ce propos date d’avril-mai 1969, il est d’une actualité saisissante. Pour elle, il s’agit de s’écarter à la fois d’une mathématisation illusoire de la psychanalyse (Lacan) et des « modèles d’une adaptation sociale conforme à des normes établies » (« ego-psychology ») : actualité saisissante, encore une fois. Elle évoque aussi le risque de sociétés analytiques prétendant détenir la seule vérité qui soit, contrairement aux autres... De cet article comme des textes mentionnés plus haut, il serait intéressant de dégager l’idéal qui en porte le sens et justifie leur publication : les principaux auteurs qui ont pensé et écrit ces lignes ont ce faisant transmis une représentation, assez précise, assez différente, de l’institution analytique, de la formation du psychanalyste et de la pratique analytique et, bien entendu, de la transmission. La question se pose donc de ce que cette transmission a tracé au cours de ces 50 dernières années, autrement dit, quel a été le destin de l’idéal de 1969. L’expérience singulière que nous en avons faite chacun et chacune pourrait donner lieu à une communication, tant selon l’idéal poursuivi que du point de vue de l’engagement personnel que cela demande. Ensuite, la question du destin de cet idéal – tel quel, ou selon quelle évolution, transformation, dénaturation, ou quel remaniement – pour les 50 années à venir oblige le Quatrième Groupe actuel à envisager son destin, tant vis à vis des idéaux des autres sociétés analytiques que par rapport à la transmission qu’il lui incombe d’assurer, à la conception et à la pratique de la formation des analystes, sans oublier la pratique analytique elle-même. Cette perspective concerne en premier lieu la génération suivante, donc les participants actuels et à venir, c’est-à-dire les jeunes : les discours fondateurs du Quatrième Groupe s’adressaient déjà à la génération suivante. Que pourrions-nous en dire à ce jour ? Quelle représentation avons-nous de l’avenir de la psychanalyse ? Sans doute faudrait-il en appeler à la « fonction historienne » (Piera Aulagnier) de notre « Nous » ( un « Je institutionnel » ?) pour dégager ce qui, d’une part, revient à l’idem – ce en quoi le Quatrième Groupe demeure le même au fil du temps – et ce qui, d’autre part, tient à l’ipséité (cf. le concept d’ « identité narrative » de Paul Ricoeur), différence entre ce que nous sommes (idem) et qui nous sommes (ipséité) : cinquante ans après, le « Nous » du Quatrième Groupe a changé, il n’est pas le même et son « identité narrative » poursuit son évolution, son « récit » ne cesse d’en remanier les traits. En ce sens, nous ne pouvons omettre la question de ce que nous devenons, de qui nous devenons. Qui désirons-nous devenir ?... Si ce questionnement advient lors du cinquantième anniversaire du Quatrième Groupe, il est aussi un hommage à Eduardo Colombo qui, par la voix d’Héloïse Castellanos-Colombo, le dimanche 25 mars 2018, nous a transmis le témoignage d’un investissement sans faille dans l’idéal représenté par le Quatrième Groupe.