Après les douze heures passées (8 et 9 mars) au Colloque FERENCZI avec les invités de Pierre Sabourin et du Coq Héron, le travail de Patrick Raffin me parait intéressant. On ne quitte pas si facilement les exposés des invités du colloque. L'activité serait du côté de Ferenczi? et l'orthodoxie du côté de Freud?.. Notre réalité est-elle binaire ?
La culture hongroise affirmée autour de Ferenczi, son intimité longue avec Freud, puis notre censure historique de cette dimension de Freud opérée par Jones selon PR, nous intéressent.
PR invite toute l'Ecole hongroise, dont Mélanie Klein revue par Winnicott…dans une exploration moins binaire de la généalogie de notre pensée (traçabilité dit-on). PR situe le risque de l'aplatissement politique et scolaire. Et PR prétend se soigner, et nous avec, de ce savoir scolaire. Au moyen de nous ressourcer depuis la mise au travail de notre Moi corporel. Ici et maintenant. Pour Milner c'est notre antidote face à la glaciation solaire. La source de vie de nos pratiques soignantes et pédagogiques. Notre Préoccupation Soignante Primaire selon Winnicott.
PR nous proposera d'en débattre depuis notre sur-prise dans l'expérience de découvrir une technique active non psychanalytique , la mindfulness. Il s'agit d'un apprentissage actif de la conscience depuis le Moi corporel . Le titre choisi par PR, être seul en présence de quelqu'un, entend pourtant rapprocher ces deux techniques. Depuis cette expérience fondatrice du Moi qui leur est commune, être seul en présence de quelqu'un, dont Winnicott a établi la place organisatrice dans le développement de l'Homme..
PR rappelle que cette expérience est déjà décisive dans la relation d'apprentissage (M Milner), et dans la relation mère-enfant d'avant le langage. Winnicott a proposé d'y reconnaître la matrice de l'amitié "..et peut-être du transfert".
Pour accentuer la rupture de cette déclaration, aussi inassimilable par les viennois que par les kleiniens,
Winnicott a forgé le concept inorthodoxe d'une Ego-relatedness.
ET si ça n'était pas assez , il a rivé le clou pour que nul ne banalise son article comme une simple intégration du point de vue déjà inorthodoxe de Hartmann (la neutralisation du Moi).
Il clôt son article en mettant au monde ce couple métapsychologiquement scandaleux :
ego-relatedness/orgasme du Moi.
Ce qui est rigoureusement inacceptable comme tel par qui aurait été encore capable en 1960 d'une Controversie sur un point de doctrine métapsychologique, a été historiquement censuré via l'adoption sans autre considération de ce qui va de soi seulement pour les autres disciplines toujours dominantes. Les Psychologues comme les médecins reconnaissent sans peine le contraste clinique spectaculaire entre la capacité de l'enfant suffisamment sain de développer une "relation au Moi" dépourvue de cette agitation qui, au contraire, signe son échec chez les enfants traumatisés.
Cela ne fait pas le début d'une pensée psychanalytique. Et le fait que Winnicott ait qualifié cette agitation d'orgastique a été simplement scotomisé par nos politiques. Winnicott , notre révolutionnaire dans la métapsychologie, a été embaumé et adoré comme "un génie clinique inimitable.. pas très doué pour la métapsychologie".
"..Mais ça n'empêche pas d'exister...". Nos patients adultes continuent de se diriger parfois vers d'autres types d'orgasme que le génital.
On le voit nous reprenons içi les travaux sur la petite enfance et leur usage quotidien dans la psychanalyse des adultes.
Patrick RAFFIN
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