Argument :
Le principe de cette journée repose sur le grand intérêt que présente l’après-coup d’une rencontre et des communications et échanges auxquels elle a donné lieu : il s’agit de respecter ce « temps pour comprendre » (Lacan), c’est-à-dire le processus conduisant à penser er repenser ce qui a eu lieu, pour laisser advenir une perception différente ou, même, une idée nouvelle et inattendue.
Ainsi a-t-il fallu laisser passer un peu de temps pour qu’apparaisse enfin, par exemple, le retournement (pas si) tranquille opéré par Paul Fournel qui, du roc, fait une lecture d’emblée inverse de celle des intervenants qui le précèdent jusqu’alors : il commence son propos par « Le vélo est mon roc ».
Le roc est sans doute cet infantile immuable sur lequel, obstacle, viennent se heurter les efforts des psychanalystes – mais il est tout autant cet infantile immuable qui assure au sujet sa permanence d’être, sa « résistance » ainsi que l’étudie Nathalie Zaltzman dans « La résistance de l’humain » (P.U.F., Paris, 1999). La « résistance » pouvant donc s’entendre selon la même équivocité que le « roc », aussi bien obstacle au changement que point d’appui fondamental.
Sur le même thème du « Roc des passions », mais dans un contexte historique ultérieur au bénéfice duquel d’autres perspectives seront apparues, nous serons amenés à entendre la pensée après-coup de Christianne Rousseau ouvrant sur la passion prise dans sa phase de passivité tandis que Patrick Mérot se centrera sur l’après-coup de la passion. Nathalène Isnard nous invitera, avec Chagall, à explorer les modes de traitement de la souffrance engendrée par la passion et Rolland Géadah, partant de la conception philosophique de la passion, interrogera les actions des passionnés sur le versant de leur excès suivant les axes métapsychologiques et thérapeutiques.
De larges temps de discussion avec la salle seront prévus, le matin comme l’après-midi, favorisant la possibilité de repenser ensemble notre thème, trois mois après notre première rencontre.