L'État veut-il instaurer un « gouvernement des âmes » ? Depuis
le 13 octobre 1999 des députés tentent d'encadrer la conduite des
psychothérapies, de les catégoriser et d'y assimiler la psychanalyse.
Les raisons invoquées sont connues : lutte contre l'influence des
sectes et des charlatans, droit à l'information des patients, exercice
illégal de la médecine.
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En fait, confrontée à l'augmentation des dépenses de santé,
l'autorité politique commande des expertises, recherche des
alternatives, notamment aux médicaments, dans un contexte de crise
de la psychiatrie publique et de la médecine de ville. L'État, depuis
les drames du sang contaminé et de l'amiante, peine à sécuriser les
procédures de l'expertise scientifique dite collective qui montrent
d'inquiétantes défaillances pour guider ses choix en matière de
santé.
Ce livre a pour objet la nécessité de réformer les procédures de
l'expertise dite collective, de l'ouvrir au débat citoyen, d'alerter des
dangers des technologies comportementales présentées comme des
aiternatives au nom de la science, et de leurs présupposés
idéologiques. Fidèles à la pensée de Thucydide, les auteurs n'ont
pas d'autre but que de cultiver l'attention de tous sur un malaise au
sein du processus démocratique et le rôle obscur du scientisme dans
la Cité.