Acte, politique, éthique
La psychanalyse freudienne et lacanienne constitue la référence fondamentale du Cercle freudien, faut-il le rappeler. Cette référence, elle s’est, cependant, constituée au cours d’années traversées par de nombreux changements sociaux, culturels, politiques, et par des bouleversements tant durant le siècle de Freud que celui de Lacan.
Ainsi « aimer et travailler », tels que Freud pouvait les penser comme finalité d’une cure, ont été bouleversés. Quant aux désirs, ils en ont été forcément affectés et marqués. Les changements culturels, sociaux et politiques, changements qui affectent la langue elle-même, touchent directement la psychanalyse. Décriée au profit de diverses et nombreuses pratiques dites thérapeutiques, force est de constater que ces dernières obéissent aux ordres de l’adaptation. Elles ne peuvent que produire de la déliaison sociale, juste de l’un, de l’autre, de par la manière dont elles (mal)traitent le symptôme.
Certes, il ne s’agit pas de rêver à une psychanalyse pure, une psychanalyse alors figée dans sa théorie. Il ne s’agit pas non plus pour les psychanalystes de s’adapter à l’expression contemporaine des plaintes, mais de les prendre en compte de telle sorte qu’elles deviennent des demandes. Prendre acte des effets du « discours capitaliste » relève d’une nécessité non seulement pour que la psychanalyse résiste, mais plus encore pour qu’elle évolue.
Il s’agit de maintenir aujourd’hui le discours analytique, le discours de l’analyste lequel marque la responsabilité de l’analyste dans son acte. Il se doit d’occuper cette place de semblant s’il veut maintenir la vérité en sa structure de fiction et soutenir l’impossible qui permet à un discours de faire lien social. Espérer un vivre ensemble, peut-être là réside le politique de la psychanalyse ? En quoi l’acte analytique permet-il à un sujet de se penser autrement ? D’acquérir un jugement. Un acte pris dans le politique.
Que la psychanalyse, dès le début, ait été une praxis, c’est-à-dire la mise en acte du transfert et son efficace, n’implique évidemment pas de prôner l’étude de cas comme outil privilégié. Il conviendrait néanmoins d’interroger, à partir de ce que Freud et Lacan nous ont transmis, nos hypothèses fondamentales dans l’actuel de la clinique du transfert. Ainsi de la règle fondamentale dans ses deux exigences : l’association libre côté patient/l’attention dite flottante côté analyste et l’analyse de l’analyste. Il nous faut supporter que notre propre métapsychologie puisse être mise en question par les changements sociétaux qui affectent le sujet aujourd’hui.
Pourquoi insister sur cet aspect ? Parce que c’est en interrogeant sans relâche notre théorisation et les effets qui en découlent quant à notre pratique que nous pourrons prendre nos distances avec les effets du « discours de la performance » et ses visées adaptatives ou éviter de tomber dans des élaborations ou théorisations produites pour elles-mêmes, nous assujettissant à notre propre jouissance. Là où il ne s’agit pas de proposer un discours d’expertise– lequel supposerait l’analyste dans une position de surplomb, discours d’imposture faisant de lui un complice –, penser l’acte analytique aujourd’hui, puisque c’est de lui que l’analyste tire son statut, revenir sur ce qui nous permet de rester analyste et soutenir notre position, tels sont les axes de travail que nous vous proposons.
Les dates des mercredis et le programme de chaque soirée peuvent se trouver sur le site du Cercle freudien à l'adresse suivante www.cerclefreudien.org
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