C’est un fait : parmi tous ceux qui viennent un jour rencontrer un analyste, tous ne feront pas une analyse, voire même une demande d’analyse. On peut y trouver beaucoup de raisons pragmatiques : c’est cher, ça dure longtemps, le résultat thérapeutique est incertain. À ces lieux communs, on peut objecter avec des arguments sérieux et cela a déjà été fait de nombreuses fois avec succès.
Mais n’est-il pas plus intéressant de se pencher sur celles et ceux qui font réellement une analyse ? Ont-ils une singularité qui les distingue d’entrée ? Un goût particulier pour le savoir ? Un don de ou pour l’inconscient ? Des pulsions spéciales ? Une envie de venir à bout du symptôme ? Une prédisposition à la passion transférentielle ? Qu’est-ce qui les conduit à accepter un dispositif aussi contraignant, même s’il repose sur une liberté fondamentale, celle de la parole dans l’association libre ? Qu’est-ce qui les pousse à mettre en jeu l’amour, soit le plus intime, au prix de la dépendance du transfert dont ils se plaignent souvent ?
Les exposés de cas cliniques, faits par les enseignants et les participants à ce séminaire, dessineront des portraits d’analysants aujourd’hui. Nous essaierons de retrouver, pour ceux qui y ont assisté, l’esprit de notre groupe d’étude de cas difficiles des années précédentes : en axant le travail et le débat sur les difficultés posées par le cas, les obstacles à la cure, sans craindre de nous interroger sur les échecs, comme le suggérait Freud dans « L'analyse avec fin et l'analyse sans fin ». Les exposés de cas alterneront avec la projection et le commentaire de films de la série « La vie normale », montrant des entretiens d’un psychanalyste et d’un patient hospitalisé, tournés à l’EPSM d’Armentières.
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