"Le mariage ou l'institution-symptôme"
4e Colloque organisé par l’axe “ Corps, pratiques sociales et anthropologie psychanalytique” du CRPMS, UFR d'Etudes Psychanalytiques, Université Paris Diderot, Paris 7.
Argument: Le mariage à l’épreuve de la psychanalyse. Faut-il une épreuve de plus à l’institution conjugale, qui n’en manque pas ? Celle-ci du moins permettrait de dégager la signification inconsciente de l’union institutionnalisée entre homme et femme, qui en éclaire la fonction sociale et symbolique. Il aura fallu l’actualité de la réforme de l’institution conjugale, qui redouble “ l’un avec l’une ” par “ l’un avec l’un ”, pour réactiver une question structurale. D’où le triple propos de cette journée :
1/ Revisiter le corpus freudien pour s’aviser qu’il y a bien une théorie freudienne du mariage, méconnue, des “ théories sexuelles infantiles ” jusqu’à la place du mariage dans la “ morale sexuelle civilisée ” et le malaise dans la culture. Trajet qui permet d’éclairer ce que l’on peut tenir pour la doctrine psychanalytique du mariage mise à l’épreuve un siècle après, mais fournissant la boussole permettant de s’y orienter, au-delà d’une cacophonie idéologique certaine.
2/ Reconsidérer la question du couple et du fameux “ impossible du rapport sexuel ”, pour situer la portée du mariage comme institutionnalisation de l’impossible. C'est une clinique du conjugal qui est requise, afin d'explorer sa contradiction vivante, tension permanente entre contestation et idéal, plus résistant qu’on ne le pense. Le désir de mariage en ses vicissitudes -- de l’adultère au divorce -- requiert en ce sens une approche clinique, en mettant l’accent sur le lien à la féminité -- de la “ scène de ménage ” à la “réconciliation sur l’oreiller ”…
3/ Dégager une anthropologie psychanalytique du mariage, comme tentative d’une socialisation du sexuel et de régulation de la culpabilité : grandeur et misère de l’institution conjugale qui, de contrainte et obligation, devient un droit, suprême paradoxe, dans le discours socio-politique et fait de l’homosexuel (le) le symptôme du mariage – ce qui requiert a contrario une théorie analytique du lien hétérosexuel en ses dimensions passionnelle et/ou conjugale… Le mariage pourrait donc bien être l’institution-symptôme, à la fois observatoire du "symptôme à deux ” et ce qui dévoile l’institution comme symptôme du sexuel.
Soumis par
Elizabeth Kaluaratchige
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