Si, comme nous le recommandait Lacan, on ne veut pas « ramer sur le sable » avec les personnes dites psychotiques, encore faut-il pouvoir préciser « quelques phénomènes élémentaires » pour pouvoir écouter cet inconscient à ciel ouvert.
En effet, si le temps de l’Inconscient est d’une (in)actualité chez le névrosé, qu’en est-il d’un inconscient structuré comme un langage dont la référence aux processus de métaphorisation se trouve en difficulté ?
On sait combien ce qui réapparait dans le réel n’est pas lié au temps chronologique mais au déclenchement d’un certain type de rencontres avec le signifiant dans ce qu’on appelle les « phénomènes élémentaires »1. Par conséquent la psychose se situe plus du côté de l’atemporalité que de l’inactualité.
A ce sujet on peut se référer notamment aux scandales récents produits par certains passages à l’acte violents de patients pour lesquels il n’y avait en effet pas de possibilité prédictive …
Aussi l’atemporalité du psychotique pose la question de la responsabilité du sujet par rapport à son inconscient.
Cette atemporalité n’est pourtant pas du même registre dans les psychoses infantiles et qui plus est dans l’autisme ; c’est pourquoi nous n’avons pas de temps à perdre.
L’analyste ne se trouve-t-il pas pris alors dans une autre dynamique de cure ?
1. J. Lacan, Séminaire III – « Les Psychoses », séance du 23/11/1955.