Peut-on comprendre cliniquement la très vive sensibilité de certains adolescents, souvent très jeunes, à l’appel d’un fanatisme religieux qui les capte parfois très loin de leur culture d’origine, que celle-ci soit familiale ou relève d’une pratique religieuse tempérée?

Pourquoi pour certains, cette radicalisation restera à l’état de discours, dont seul l’entourage fera les frais, tandis que pour d’autres, il s’agira de partir en terre lointaine, et de joindre les actes aux paroles ?

Peut-on parler de crise d’identité au singulier, ou de crises des identités, dans la mesure où leur comportement déstabilise et interroge l’ensemble du groupe social que nous formons ?

S’agit-il d’une modalité moderne du malaise dans la civilisation, relevant des répercussions sociales de la mise à mal de la fonction paternelle dans notre société, ou d’un symptôme inédit, reflet de l’affirmation nécessaire d’une subjectivité à l’adolescence ?