SHOAH/ISRAËL — NOM SACRÉ/NOM MAUDIT. GÉNÉALOGIE DE LA HAINE/TRANSMISSION DE LA MÉMOIRE ET DU TRAUMATISME
Sous la présidence :
des Présidents Jean-François Bensahel et Jean-François Guthmann
Avec :
les Éditions IN PRESS, l’OSE, AKADEM
Sous la direction :
du Dr. Patrick Bantman et du Prof. Michel Gad Wolkowicz
Comité scientifique : Georges Bensoussan, Michaël Bar Zvi, Simone Wiener,
Jacques Tarnéro, Jean-Jacques Moscovitz, Denis Charbit, Jacques Amar, Georges-
Elia Sarfati, Claudine Cohen, Marc Cohen, Patrick Landman, Jacques Jungman, Guy
Dana, Nora Markman, Irène Kaganski
ARGUMENT GÉNÉRAL DU COLLOQUE
L’importante mobilisation, le vif intérêt et les résonances qu’ont suscités les deux colloques, « L’Intergénérationnel en psychiatrie et psychopathologie aujourd’hui », qui s’est tenu les 6-7-8 Mai 2013 au Musée Eretz Israël à Tel Aviv, et « La Présence de la Shoah et d’Israël dans la pensée contemporaine », qui s’est déroulé les 29-30-31 Octobre 2013 à l’Université de Tel Aviv, nous ont amenés à organiser une continuité à la réflexion, aux communications et aux riches échanges, à Paris. D’autant que l’insistante actualité, agressions, actes meurtriers, guerre, la substance obsessionnelle de la couverture médiatique et la nature violentes des discours et des manifestations qui s’y réfèrent en activent les points aveugles et les problématiques.
Un colloque en deux parties nous réunira, une journée sur « L’Intergénérationnel et la transmission du traumatisme », la deuxième sur « Présence de la Shoah et d’Israël dans la pensée contemporaine — Perspectives théoriques et analytiques », selon des abords multiples, psychanalytique, psychiatrique, historique, philosophique, religieux, géo-politique, littéraire et artistique.
Le lien entre les deux démarches est double ; il est constitué par la place qu’a pu prendre la compréhension des liens intergénérationnels dans une clinique contemporaine confrontée à la question des traumatismes et des catastrophes comme la Shoah, et par l’actualité de la haine et de la délégitimation d’Israël.
La première journée abordera la transmission de la mémoire et du traumatisme, tant individuelle que collective, notamment dans les familles qui ont connu les persécutions, les exils, les déportations, les disparitions...
La seconde journée s’attachera d’une part à dégager la construction du symbolique, de la pensée juive, et de la transmission, et d’autre part la généalogie de l’antisémitisme et de la diabolisation du nom d’Israël, dans la diversité de leurs modalités d’expression, de manifestations, de propagation jusque dans la modernité.
La réflexion sur cette articulation requiert un abord pluridisciplinaire des représentations de la Shoah et du Nom d’Israël dans l’imaginaire européen, aujourd’hui et de leur étrange centralité dans la mythologie et le politique.
Conjointement dans le travail clinique auprès des patients et de leurs familles, nous observons régulièrement les effets de la transmission psychique entre les générations. Les nouvelles formes de transmission que nous constatons aujourd’hui sont-elles liées à la difficulté de s’inscrire dans la différence des générations ?
Comment, dans cette perspective, penser les processus de construction et de transmission, de la mémoire et du traumatisme de la destruction des Juifs d’Europe ; ainsi que ceux de la répétition compulsive et grégaire de la haine ?
Tels sont les points de convergence des deux démarches initiées en Israël, qui seront déclinés sur deux jours.