Dans ses premiers écrits techniques (1903/1904) Freud faisait de l’anorexie une contre-indication pour la toute nouvelle pratique analytique : « On ne recourra pas à la psychanalyse s’il s’agit d’éliminer rapidement des phénomènes menaçants, par exemple dans un cas d’anorexie hystérique ». Ce qui ne l’empêchera pas plus tard (1914) de nous donner cette indication princeps : « Il est bien connu que dans des années largement postérieures, chez les jeunes filles au temps de la puberté ou peu après, il existe une névrose qui exprime par de l’anorexie l’Ablehnung, le refus du sexuel ».
Aujourd’hui, plus d’un siècle après, alors que les anorexiques semblent avoir épousé l’air du temps dans des formes plurielles, où en sommes-nous ? Que pouvons-nous avancer – puisque nous nous y risquons – sur le traitement psychanalytique des anorexies ? Comment lire la structure en cause ? Quels sont les mécanismes à l’œuvre ? Que dire de la difficulté de la mise en place du transfert et de son maniement ?
Les apports décisifs de Lacan concernant le type d’objet et de jouissance en jeu, ainsi que le rapport particulier au Un, à l’image et au corps, sont autant de balises solides pour nous orienter dans ces prises en charge difficiles où le risque vital est souvent présent. Mais comment les rendons-nous opératoires ? D’où parle une anorexique ? Que nous oblige-t-elle à inventer, s’il est vrai qu’il s’agit de faire face par l’affemmement à un impossible de structure ?
Autrement dit, comment nous débrouillons-nous avec une anorexique sur le divan ? Et comment font les autres cliniciens ?
Organisateurs : Marc Darmon, Angela Jesuino, Jean-Paul Beaumont, Nathalie Delafond, Thatyana Pitavy, Jean-Pierre Rossfelder, Thierry Roth

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