Trop souvent le concept freudien de démenti, die Verleugnung, est abordé comme mécanisme de défense du sujet pervers et, de ce fait, est généralement condamné.
Mais Freud n’a pas réservé le démenti à ce seul mode d’assujettissement. Il l’applique tour à tour à la perversion, à la psychose et à un clivage de structure – dépassant les formes d’assujettissement.
Ce clivage ne remet-t-il pas en question la toute symbolisation possible du vécu d’un humain et n’ouvre-t-il pas une voie pour se demander ce qu’il en est de sa pré-histoire ?
Lacan, après Freud, a eu du démenti une approche plurielle. Ses différentes thèses s’imbriquent sans s’exclure. S’il a d’abord fait l’éloge du démenti pervers, il en est revenu parlant alors de «louche refus».
La polarité de ce concept va du mentir, dans un sens assez particulier qui est non pas de dire le faux mais de dire quelque chose qui n’a aucun rapport avec la réalité, jusqu’à une mise en lumière du «mirage de la vérité». Ceci n’implique pas une mise hors circuit de la vérité, mais seulement de la prétention à dire le vrai sur le vrai, c’est en ce point que se justifie l’expression démenti du réel.
Au cœur de l’acte analytique, le démenti du réel n’ouvre-t-il pas une voie possible à un au-delà de la castration et ne questionne-t-il pas la jouissance comme pas toute phallique?
Intituler ce colloque « Dé-menti », c’est donc mettre en exergue un dire «non» au langage qui aurait la prétention de tout dire.
Participation aux frais : 40 euros et 20 euros (Tarif réduit)