spectacle/cinema

Cinema
Village, visages
Agnès Varda et JR, Villages visages De l’émotion qui ne serait pas du pathos Quoi de plus difficile à définir que l’émotion et plus encore l’émotion esthétique ? Beethoven était extrêmement fâché contre Goethe qui lui avouait avoir « pleuré » en écoutant l’une de ses œuvres : « les artistes sont de feu, ils ne pleurent pas » [1] . Beethoven détestait les Viennois qui larmoyaient au concert, détestait ce sentimentalisme. Il voulait que l’on écoute et comprenne sa musique, que l’on ressente un autre type d’émotion qui ne relèverait pas du pathos mais inciterait à l’action...
everything
Everything, everything (et Winnicott aussi, j’ajoute) Film nord-américain de Stella Maghie Avec Amanda Stenberg, Nick Robinson, Anika Noni Rose Pour célébrer l’approche des vacances, j’ai choisi un film que je supposai léger et qui peut-être l’est. Cela ne m’a pas évité de me trouver au cœur d’une expérience assez bizarre. En entrant dans la salle, j’ai bien vu ici et là des groupes de filles, par cinq, par dix. À la fin du film, en me préparant à partir, j’étais entouré d’une centaine de filles. Dans la salle pleine, il n’y avait quasiment que des filles. Nous étions tout au plus trois ou...
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l'amant double
L’Amant Double (un film sur les psys) de François Ozon avec Jérémie Renier, Jacquelinne Bisset et Marine Vacht, Marine Vacht, Marine Vacht, et Marine Vacht C’est « l’histoire d’un mec » C’est l’histoire d’un mec qui. Qui ici est une fille, donc c’est l’histoire d’une mec. La fille, c’est Marine Vacht, présente dans la quasi-totalité des plans de ce film. Elle va mal, elle a mal au ventre. Son médecin lui dit que c’est psy. Donc elle va voir un. C’est marqué en bas de son immeuble. PSYCHIATRE. Elle n’a pas un rond, mais c’est un immeuble de luxe, un bureau de luxe, un psy de luxe. Ce n’est pas...
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Chez nous Lucas Belvaux
/*--> */ Nul doute que ceux qui ont vu ou verront le film de Lucas Belvaux, Chez nous , n’en ressortent avec un trouble et des pensées nombreuses. La salle était bien remplie, dimanche dernier, à l’Utopia, et si quelques applaudissements ont éclaté à la fin, ainsi que des commentaires : « pas de ça chez nous ! », j’étais pour ma part trop affectée pour y prendre part et surtout pour adhérer à quoi que ce soit. C’est un sentiment de désolation, qui m’habitait. Je me sentais triste parce que je ne vois pas...
Silence de Martin Scorcese
Martin Scorsese, Silence Le nouveau film de Martin Scorsese, Silence, revisite des images bien connues, celles des films japonais de Mizoguchi, par exemple, celles des films de mission, et tout l’intérêt est de croiser des imaginaires pour repenser aussi bien les images et les représentations de la foi, que ce que le cinéma peut en montrer. Ce n’est pas une expérience différente de celle qu’un Tarentino proposait dans Django unchained , croisant les images du western et celles plus rares de l’esclavage, qui n’avaient jamais été rapprochées, et donnant à voir,...
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la la land
La la land , de Damien Chazelle (2017), un film éblouissant ? J’évite, par principe, de parler de films ou de livres que je n’ai pas aimés, me contentant de penser que je suis passée à côté d’une œuvre qui, tout simplement, ne m’a pas touchée. Cependant, quand un film est reçu avec une telle unanimité et des critiques aussi dithyrambiques, on peut oser quelques réserves. Ce que je préfère, dans ce film, c’est son titre qu’on peut entendre comme L.A, L.A land, le film de Los Angeles (L.A en anglais), et de son mythe, le refrain, lalala, des rêves et des chansons sentimentales et...
Un mort, sa fiancée, son fantôme Ce qui m’intéresse, c’est de montrer des personnages qui se trompent, qui ne sont pas attirés par la bonne personne. François Ozon Lire les lignes ci-dessous est vivement déconseillé à qui n’a pas encore vu Frantz de François Ozon. Procéder autrement reste certes possible, mais au prix de ne plus pouvoir se laisser transporter. Jusqu’il y a peu, la guerre était pensée en tant que conflit de deux entités semblables, ainsi la concevait la stratégie pensée scientifiquement. À juste titre, n’était-ce pas le cas de...
De Philippe Lioret Mathieu, un jeune homme de 30 ans cadre commercial, séparé de sa compagne, reçoit un jour un appel du Canada. Un homme, qu’il ne connaît pas cherche à avoir son adresse pour lui adresser un paquet provenant, soi-disant de son père biologique qui vient de mourir, un père dont il ne connaît que l’existence, sa mère, décédée elle aussi, ne lui ayant jamais révélé l’identité de ce dernier. Mathieu ne voulant pas s’en tenir là décide de partir pour Montréal à la recherche certes de ce père mais surtout de sa famille et en particulier de ses deux frères dont bien entendu il ne...
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Soirée difficile au Jean Eustache. Je savais que je n’aimerais pas ce film, mais puisqu’il est « plébiscité », qu’il reste à l’affiche tout l’été, qu’il n’y a rien d’autre à faire, je me décide enfin à aller voir La Tortue rouge. Cela commence à 19h40, en soirée donc, et la salle est cependant très animée par la présence de familles et d’enfants qui bruissent : bavardages et gazouillements charmants, papiers froissés, bonbons sucés, pop-corn qui craque sous la dent ! Légère angoisse, mais bon, ce n’est pas encore le film ! Générique, premières images et toujours la rumeur de voix et papiers...
Chantal Akerman n’a plus d’adresse. Akerman, première approche J’avais vu Jeanne Dielman, 23 Quai du commerce, 1080 Bruxelles, à sa sortie, et bizarrement en compagnie de ma mère qui, étant bonne ménagère s’écriait, exaspérée en voyant Delphine Seyrig nettoyer sa baignoire : « il y a longtemps que j’aurais fini ! ». Je ne sais plus si nous sommes restées jusqu’à la fin… Maman (qui est décédée depuis, ce qui me relie davantage à Chantal Akerman qui témoigne, dans son dernier film de sa relation avec sa mère, du vieillissement et de la disparition quasi progressive de celle-...

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