Dans un pays très attaché à sa gastronomie, l’anorexie et la boulimie
bouleversent notre relation affective à la nourriture. Si ces symptômes évoquent
tout d’abord une réaction à notre société de consommation, leurs racines sont
plus anciennes. Ainsi les Romains de l’Antiquité interrompaient leurs banquets
par des vomissements provoqués afin de poursuivre leurs orgies. Plus tard, au
XIIIe siècle, des jeunes femmes mystiques pratiquaient un jeûne extrême afin
d’accéder à la sainteté. Ce n’est qu’au XIXe siècle que l’anorexie est désignée
comme maladie mentale.
Aujourd’hui, la médiatisation de femmes très maigres, ou à l’inverse fières de
leur obésité, séduit des adolescentes en butte à leur féminité. Au-delà de cette
mouvance sociale, quel est le message délivré par ces jeunes femmes à travers
leurs symptômes ? Anorexie et boulimie sont-elles toujours associées ?
Comment repérer l’entrée en maladie, chez des personnes qui disent ne pas
souffrir, ou qui dissimulent leurs troubles alimentaires ? Alimen-taire justement,
qu'est-ce qui n'en finit pas de se taire au point que le corps en vienne à parler ?
Des cliniciens s’invitent à la table pour témoigner de leur expérience auprès
d’êtres en souffrance corporelle et psychique, et montrer comment la
psychothérapie ou psychanalyse peut dénouer ces maux. Nous vous attendons
nombreux vendredi 5 octobre 2012 pour participer à ce débat ouvert aux
personnes souffrantes et leurs familles, aux associations et aux professionnels.
Soumis par
marie-hélène viel
le