Soumis par Anonyme (non vérifié) le

Soumis par Un psychanalyste psychiatre. (non vérifié) le jeu 26/11/2009 - 00:00

Permalien

J'ai été très déçu par ce livre, qui mélange des genres difficilement conciliables, l'essai clinique et le roman. L'auteur ne semble pas s'appuyer sur un effet d'après-coup de l'écriture des situations analytiques qu'elle décrit. Elle reste comme fascinée, transportée, captivée - ce sont ses propres termes- par le dire des analysants, ce qui laisse peu de chances et de place pour des effets structurants de l'analyse. Quant à son plaidoyer pour dénoncer le traitement des états maniaques, qui seraient juste proches de l'état amoureux, il est caricatural et pathétique pour le coup. Ecrire que la manie recèle une "extraordinaire réserve de douceur, d'intelligence, de bonté, de créativité", est un défi de funambule, une belle manière de nier la souffrance des personnes ayant des troubles bipolaires...Un auteur explique récemment combien sa créativité était vaine en état maniaque ou mélancolique, et qu'il était prolixe seulement quand il allait bien, sous traitement...Un livre qui se perd donc dans la féerie des contes et dans le "il était une fois.." et laisse dubitatif quant à l'écoute de l'analyste, même si inévitablement l'écriture "ramasse" forcément un peu la description. Analyser, est-ce possible lorsqu'on se laisse séduire et qu'on y va de ses propres fantasmes ou projections?