Le CIPA poursuit sa recherche autour de la thématique de la fragilité des sens au langage et l’oriente pour l’année 2020 sur le « manque à être », cette précarité existentielle qui nous est propre et dès l’origine nous pousse vers la nécessité de donner du sens à la vie à commencer par le langage : de l’hallucinatoire à la figuration, à la représentation symbolique avec le mot, et la parole, comme medium. Nous aborderons le langage dès les premières traces de l’humanité à travers ses représentations pariétales, engrammes, restés présents en nous, à notre insu, indicibles, mais toujours prêts à resurgir, constituant un socle métaphorique de la subjectivité. Ces signifiants se déploient secondairement dans des représentations psychiques et leurs traductions figurées à l’origine du récit mythique, inducteur de séparation, confrontant à un « manque-à-être » Dès les premiers balbutiements de la langue à l’origine de la constitution de la psyché, se dessinent, du signe au mot, les prémices de la narrativité, qui se manifestent dans la langue des signes où le corps tout entier devient langage verbal, là où l’œil remplace l’oreille et la vue supplée l’ouïe. Autant d’espaces dans lesquels se met en scène la narrativité qu’elle soit préverbale ou verbale, et dont le moteur, « le manque à être », pousse à construire, à rencontrer l’autre, à se confronter à la complexité des discours dans le monde. Que devient la langue lorsqu’elle ne peut plus servir de véhicule pour rencontrer l’autre, lorsqu’on a tout perdu ? La faille originelle resurgit alors avec violence. Et le trauma atteint des espaces sensibles propres à chacun, mais aussi des espaces sensibles qui appartiennent à l’humanité. La conjonction de ces deux espaces est à considérer dans son exploration clinique et sa reconstruction possible dans le social, avec les aléas du politique qui la gouvernent.
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