Soumis par Anonyme (non vérifié) le

La théorie freudienne échappe à Freud qui ne l'a jamais reçue comme un objet fini, car aussi longtemps qu'il fut vivant il en était l'acteur et l'auteur.
Il n'est pas question de l'analyse de l'œuvre, pas plus que d'une biographie émotionnelle à la manière de celle qu'Anne Bermann produisit sur Marie Bonaparte, ou Jones sur Freud (panegyrique). Ici, il est question d'histoire des idées, replacer la biographie de Freud dans l'histoire des idées, situer le récit de notre histoire dans notre présent, tel est l'enjeu du livre : la prise de distance est respectueuse, car personne ayant lu l'œuvre de Roudinesco ne peut supposer un instant, qu'elle fut anti freudienne, ni même qu'elle put ne pas prendre parti. En revanche, dans le temps qui est le notre, toute notation affective dans le texte serait versé par les censeurs du côté de la complaisance coupable. La clinique psychanalytique et la beauté de son acte, se passent désormais dans les catacombes, les contre comme les pour s'adonnent à la psychologie et aux psychothérapies… C'est le temps des psychologues orienté.