Rêve
J'ai fait un rêve dans lequel les tours de l' Amérique étaient représentées par d' immenses phallus attaqués en leur extrêmité. Puis, tout ce qu'il y avait d'érigé et de petits autres disparaissait. La foule se figeait, les corps tombaient en cendres.
Dans un second temps le président des Etats Unis et le "milliardaire" se retrouvaient seuls dans un espace désertique de dunes aux formes féminines et s'étreignaient comme soulagés. Ils disaient, si je me souviens bien:"enfin seuls".J'avais l'étrange impression que ces deux hommes réalisaient un désir homosexuel refoulé une fois débarassés de toute entrave et de tout témoin.
Sur le moment, j'ai trouvé mon rêve ridicule, puis, j'ai pensé que dans tous ces conflits délirants le chef préserve toujours le chef tout en laissant croire qu'il est son pire et seul ennemi. J'ai pensé aussi à tous ces petits autres instrumentalisés au service d'une paranoïa sans limite. Ainsi serons-nous tous victimes du surgissement dans le réel d'un impossible à dire ? Le peuple par l'amour qu'il voue à son maitre n'est-il pas un rival pour le maitre d'en face qui le voulant laisse croire qu'il lui en veut.
Pour le maitre, l' unique objet du ressentiment devient, en miroir, le maitre opposé, cet autre Grand-Soi, jumeau en toute-puissance. Il le devient d'autant plus que, s'il a le droit d'aimer, le maitre ne peut que refouler ses désirs pour un membre de son peuple ( femme ou maitresse ) car il subira la vengeance populaire de la foule meurtrie et rongée par la jalousie. L'ex-président américain en fit dernièrement les frais. Pour faire un vrai psychotique de celui qui en avait pris le chemin il suffit parfois d'interdir la névrose.
![[Oedipe.org]](http://www.oedipe.org/img/oe.gif)





