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Dans les pas de Dan Brown

S’il s’agissait d’un ouvrage critique sur le travail de Freud je l’aurais sûrement acheté et lu, ce livre ! Hélas, ce n’est pas le cas. Rien, au feuilleté du bouquin ne permettant de valider les citations faites, ni d’en restituer le contexte ni d’apprécier le rapport du texte français avec le texte allemand de l’auteur Freud, je lui ai appliqué une méthode de turbo-lecture afin d’en saisir le ton : celui d’un bavardage emporté et dénonciateur. J’ai ensuite regardé et écouté les vidéos disponibles sur le net, afin de recueillir « la confession » du signataire.

Le Freud de quelqu’un qui s’est imposé la lecture à marche forcée de son œuvre en y consacrant ses vacances – le malheureux ! – et en ajoutant au pensum des pages de Freud celles « sur » Freud – n’est pas le Freud avec qui je converse depuis ma jeunesse, avec qui je me dispute, dont je préférerais qu’il fût moins petit bourgeois dans sa culture et sa morale.

Pendant dix-neuf ans j’ai lu quelques textes de Freud avec les étudiants en psychiatrie dans le cadre de leur formation de spécialité en Centre Hospitalier Régional Universitaire. Une étudiante canadienne me dit à la fin de l’année :

« J’aime bien le Freud que vous enseignez. Vous insistez souvent sur les contradictions, les inachèvements, sa façon d’avancer une hypothèse et puis de lui faire jouer un rôle axiomatique… Au Canada, on nous enseigne un Freud beaucoup plus cohérent, moins critiquable, apparemment plus solide. » C’était il y a seize ans.

Michel Onfray répète que dix personnes en France ont intérêt à ce qu’on ne connaisse pas vraiment Freud. N’est-il pas là l’émule de Dan Brown : « on vous cache quelque chose ; l’institution garde un secret » ? Il y aurait un complot et nous en serions les trompés ou, si l’un des dix, les trompeurs ! Cette façon de regarder de haut au nom de ceux d’en bas est déplaisante.

Freud écrivait à Jung le 26 juin 1907 : « Rien ne sert ici que continuer à travailler ; ne pas gaspiller trop d’énergie à des réfutations, laisser agir la fécondité de nos conceptions contre la stérilité de celles que nous combattons. »Ca me convient mieux et je continue la conversation…

Françoise Wilder

Françoise wilder

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