Du livre de Michel Onfray ... Suite...
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par
Nathalie Georges
, (02/05/2010)
L’arrivée du dernier bolide médiatique anti-freudien sur le marché du livre aura produit dans le champ freudien les meilleurs effets : catalysant les haines stupides, il aura aussi réuni des analystes très divers et éloignés parfois les uns des autres)(comme Roland Gori, Jacques-Alain Miller, Elisabeth Roudinesco et bien d’autres), des non-analystes (Bernard-Henri Lévy entre autres) qui sont, grâce à cet ouvrage, sur le même bord : éveillés et attentifs, ils mettent au point toutes sortes de stratégies, en effet, pour ne pas sombrer sous la vague cognitivo-comportementaliste [...]
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par
Joseph Gazengel
, (02/05/2010)
Peut être parce que je suis tombé tard dans l'analyse, je ne crois pas du tout que la psychanalyse ait à adopter une position défensive. Pour moi le tranchant n'en est pas émoussé et il reste des terres à défricher avec les outils qu'elle nous a légués. Si vous pensez vraiment qu'il faut réagir aux différents pamphlets dont elle est l'objet, répondez en montrant la psychanalyse en marche, la psychanalyse en invention... l'instrument qui nous permet de penser plus loin notre monde en mutation permanente et rapide - qui nous permet aussi de penser le passé d'il y a soixante ans avec l'espoir d'en écarter la répétition... [...]
- Camera Obscurapar Guy-Félix Duportail , (02/05/2010)
Camera obscuraMichel Onfray dans « Le crépuscule d'une Idole, l'affabulation freudienne », aborde la psychanalyse de la même façon que son Traité d'athéologie a considéré les trois monothéismes, comme autant d’occasions d’hallucinations collectives. Nous sommes donc d’emblée prévenus : en des temps de nihilisme, la psychanalyse est la religion de l’époque d’après les religions. Elle est donc la nouvelle cible de Onfray. La vie d’explorateur de Freud, la scientificité de la psychanalyse, ses guérisons, son rôle émancipatoire de la vie sexuelle, son rôle critique dans la société, tout cela ne relèverait que d’un arrangement frauduleux des faits, d’une réécriture moralisante de l’histoire, bref, d’une affabulation. Pour dissoudre celle-ci, Onfray s’est doté d’un outil. Quel est-il? S’appuyer sur la préface du Gai Savoir de Nietzsche pour en faire un « discours de la méthode ». Comme le miroir inverse la gauche et la droite, ladite méthode apparaît comme une machine à inverser le haut et le bas. Le procédé est simple: toute idée ou doctrine (toujours prétendument haute) exprime en vérité le corps de son auteur. En outre, tout corps se réduit in fine à ses besoins physiologiques ou instincts (toujours bas). La machine à renverser l’idole est alors prête à fonctionner. Toute « carte postale » freudienne (entendons, selon Onfray, tout cliché ou image pieuse, en lesquels consisterait l’affabulation comme totalisation des clichés) aura sa « contre carte postale », c’est-à-dire sa remise à l’endroit. Soit l’exemple de la carte postale suivante: « le complexe d’Œdipe est universel ». Réduit au corps de son auteur, cela nous donne : «la psychanalyse est une discipline vraie et juste tant qu’elle ne concerne que Freud et personne d’autre ». L’universalité prétendue de l’oedipe deviendrait donc une affabulation d’artiste ou de philosophe rentré, dont la vérité serait singulière. En fait, ce serait Freud et lui seul qui aurait voulu coucher avec sa mère et tuer son père. Le complexe d’oedipe serait donc un tropisme existentiel de la vie du seul Sigmund Freud, un schéma individuel que ce dernier aurait voulu étendre à l’humanité toute entière, à l’instar de saint Paul à la suite de sa vision du Christ. La thèse générale de Michel Onfray repose donc sur une hypothèse simple voire simpliste: « La psychanalyse constitue l’exégèse du corps de Freud – et rien d’autre ». Le diagnostic corrélatif tombe alors comme un couperet: Freud, quand il prétend faire de la science, prend son cas pour une généralité. Autrement dit, il nous berce d'illusions dont il est grand temps de se débarrasser. Car le cas est grave, le sujet d’énonciation de la proposition « le complexe d’oedipe est universel » est un corps freudien agité de passions tristes, très tristes même. Ce corps serait toxique. L’envie, la jalousie, la passion de l’inceste, le désir de tuer, le disputent à l’ambition, à la falsification et au mensonge. Le corps de Freud serait donc une « chambre obscure » (sic), « pleine de rats crevés, de serpents vindicatifs, de vermines affamés… » (sic), dont Nietzsche, notons-le en passant, aurait la « clé ». Contre le récit de la légende dorée, Onfray se propose même d’exhiber des preuves factuelles pour toutes ces passions sombres et ratages divers du « chamane viennois ». Freud aurait ainsi entretenu des relations incestueuses avec ses filles, souhaité la mort de son fils à la guerre, trahi ses amis, commis l’adultère avec sa belle sœur pour laquelle il se serait fait ligaturer les canaux spermatiques en vue de meilleures performances sexuelles, aurait poussé sa fille Anna vers l’homosexualité, se serait compromis avec les fascistes, sans parler de ses échecs thérapeutiques, etc… [...]
- Onfray singe de Zarathoustrapar Francis Drossart , (03/05/2010)
ONFRAY, SINGE DE ZARATHOUSTRA Lors d'un épisode de Ainsi parlait Zarathoustra , le prophète se voit barrer l'entrée d'une ville par un « bouffon écumant, mains écartées, que le peuple appelaitle Singe de Zarathoustra ».Nouvel avatar de ce bouffon écumant, le pseudo-philosophe Onfray s'est mis en tête aujourd'hui de barrer à qui veut l'entendre l'accès à la psychanalyse, par ses éructations sur Freud ( « Pourquoi dans cette vase viendrais-tu patauger ? ») Parti en guerre il y a quelque temps pour une réhabilitation du paganisme se parant des plumes de la Naissance de la tragédie, il emprunte ces temps-ci le chapeau du Gai Savoir pour appliquer à Freud (plutôt que de s'appliquer à lui-même) la maxime selon laquelle « tout système philosophique ne serait que la biographie de son auteur » ». [...]
- APPROCHE – FREUDIENNEpar Raphael Draï , (02/05/2010)
APPROCHE – FREUDIENNE ? - DU CAS ONFRAYAprès s’en être pris au « Dieu des monothéistes » dans son « Traité d’athéologie » – excusez du peu – Michel Onfray s’attaque maintenant résolument à Freud. Aussitôt quelques hebdomadaires et journaux , perdant le sens des proportions , n’hésitent pas à titrer « Onfray déboulonne Freud ». Rien que cela. Par suite , l’une des meilleures spécialistes et de Freud et de l’histoire de la psychanalyse, Elisabeth Roudinesco vient d’écrire une longue et substantielle réfutation de la dite tentative d’extermination en s’interrogeant , avec pertinence, sur le fait se savoir si les nécessités marchandes pour ne pas dire mercantiles propres à l’édition française justifiaient une pareille tentative de la part d’un esprit qui se voudrait iconoclaste mais dont il est à craindre qu’il ne soit que prédateur. Un prédateur d’envergure si l’on en juge par l’importance de son auditoire. Mais sans doute est- ce à celui- ci qu’il convient de s’adresser dans le complet respect de la liberté de penser laquelle implique la liberté de critiquer, certes, mais aussi , en cas de besoin, celle de critiquer le critique. [...]
- A propos de Michel Onfraypar Anne Djamdjian , (16/05/2010)
A propos de Michel OnfrayComprendre Michel Onfray n’a pas grand intérêt. Sauf pour lui. On dit souvent qu’il n’y a que la vérité qui blesse. Alors de quelle vérité s’agit il ? Ce qui nous enseigne quelque chose n’est pas le Monsieur qui a ses raisons, sa demande, son délire, ses butées, son sourire narquois, sa mèche romantique et ses jolies lunettes. Mais les irritations que ces 700 pages de papier à couverture hollywoodienne produisent. Dans les médias, un peu, il faut bien générer de l’audience et vendre du papier, mais surtout chez les psychanalystes. [...]
- Au professeur Sigmund Freudpar Frédéric de Rivoyre , (05/05/2010)
Au professeur Sigmund Freud Maresfield gardens 20, Londres, Royaume UniCher professeur,Si je me permets de troubler votre repos mérité, c’est que j’ai de réelles raisons de le faire.Depuis presque soixante-dix ans que vous avez laissé la tâche à vos successeurs de poursuivre votre travail de recherche dans le domaine psychique, plusieurs générations de psychanalystes se sont succédé et nous continuons de transmettre les enseignements précieux que vous nous avez légués. Nous avons, j’en suis sûr, réalisé de véritables avancées dans le champ de la psychanalyse avec les enfants ainsi que dans celui du traitement des psychoses. Ceci, en particulier grâce à un certain Jacques Lacan qui s’est attelé au travail de relecture de votre œuvre avec beaucoup de talent. Mais nous avons encore beaucoup à découvrir, le travail d’investigation est loin d’être terminé, il se pourrait même,que le champ que vous avez ouvert soit un des plus riches gisements de découvertes du XXI ème siècle ! [...]
- Patrick Declerckpar La psychanalyse sans illusion, par Patrick Declerck
le Monde 22 04 2010 La psychanalyse sans illusion, par Patrick DeclerckDe Michel Onfray, Le Crépuscule d'une idole : titre glorieux, clin d'oeil nietzschéen. Mais attention : nietzschéisme fréquentable, nietzschéisme de bon aloi, et tout de marketing bien verni. Nietzschéisme d'entre la poire et le fromage, de mauvais rires et de ces salons où, faute de penser, l'on cause toujours. Pauvre Nietzsche... [...]
- Onfray et Freud...par Nilks The Coubert
Michel Onfray, je vous dois de stimulantes lectures depuis des années, de bons moments à vous écouter depuis Caen et ce jour une surprise... « inattendue ». Comment imaginer qu’en ce moment si riche en actualité les hebdomadaires fassent la une avec Sigmund Freud ? Et Vous ??? [...]
- Roland Goripar Gilbert Charles
La bataille fait rage dans le monde des psys après la publication du dernier livre de Michel Onfray, brillant brûlot contre Freud. Le psychanalyste Roland Gori réplique en dénonçant une vision réductrice de la santé mentale.La bataille fait rage dans le monde des psys après la publication du dernier livre de Michel Onfray, brillant brûlot contre Freud [...]
- Pour Sigmund Freudpar Bernard-Henri Lévy , (02/05/2010)
Bernard-Henri Lévy : Pour Sigmund Freud(Le Point, Bloc-notes du 29 avril 2010) Michel Onfray se plaint d’être critiqué sans être lu ?Eh bien, donc, je l’ai lu.Je l’ai fait en m’efforçant, autant qu’il est possible, de laisser de côté les camaraderies anciennes, les amitiés communes ainsi que, mais cela allait de soi, le fait que nous soyons, tous deux, publiés par le même éditeur.Et la vérité oblige à dire que je suis sorti de cette lecture plus consterné encore que ne le laissaient présager les quelques comptes rendus dont, comme tout le monde, j’avais pu avoir connaissance.Non que je sois de ceux pour qui l’« idole » Freud doive être intouchable : de Foucault à Deleuze, Guattari et d’autres, beaucoup s’y sont frottés et, sans être d’accord avec eux, je n’ai jamais nié qu’ils aient fait avancer le débat.Ce n’est pas davantage le ressentiment antifreudien, voire la colère, voire même la haine, qui, comme je l’ai lu ici ou là, créent, pour moi, le malaise dans ce « Crépuscule d’une idole » : on fait de grands livres avec la colère ! et qu’un auteur contemporain mêle ses propres affects à ceux d’un glorieux aîné, qu’il se mesure à lui, qu’il règle ses comptes avec son œuvre dans un pamphlet qui, dans la chaleur de l’affrontement, apporte des arguments ou des éclairages nouveaux, cela est, en soi, plutôt sain – et Onfray l’a d’ailleurs fait, souvent, ailleurs, et avec un vrai talent.Non.Ce qui gêne dans ce « Crépuscule », c’est qu’il est, soudain, banal, réducteur, puéril, pédant, parfois à la limite du ridicule, inspiré par des hypothèses complotistes aussi abracadabrantes que périlleuses et assumant, ce qui est peut-être le plus grave, ce fameux « point de vue du valet de chambre » dont nul n’ignore, depuis Hegel, qu’il est rarement le meilleur pour juger d’un grand homme ou, mieux encore, d’une grande œuvre…Banal : j’en prends pour seul exemple la petite série de livres (Gérard Zwang, Pierre Debray-Ritzen, René Pommier) auxquels Onfray a d’ailleurs l’honnêteté de rendre hommage, à côté d’autres, en fin de volume et qui défendaient déjà la thèse d’un Freud corrupteur des mœurs et fourrier de décadence.Réducteur : il faut avoir le cœur bien accroché pour supporter, sans rire ou sans effroi, l’interprétation quasi policière que fait Onfray du beau principe nietzschéen qu’il connaît pourtant mieux que personne et selon lequel une philosophie est toujours une biographie cryptée ou déguisée (en gros : si Freud invente le complexe d’Œdipe, c’est pour dissimuler, p. 111, ses pensées ulcérées à l’endroit de son gentil papa et pour recycler, p. 505, ses non moins vilaines pulsions en direction de sa maman).Puéril : le regret (p. 477) de ne pas avoir trouvé, dans « les six mille pages » des œuvres complètes, cette « franche critique du capitalisme » qui eût comblé d’aise le fondateur de l’Université populaire de Caen.Pédant : les pages (73-76) où il se demande, gravement, quelles dettes inavouables le fondateur de la psychanalyse aurait contractées, mais sans vouloir le reconnaître, auprès d’Antiphon d’Athènes, d’Artemidore, d’Empédocle ou de l’Aristophane du « Banquet » de Platon.Ridicule : c’est la page où, après de douteuses considérations sur son probable recours à l’onanisme, puis une non moins curieuse plongée dans les registres d’hôtel, « luxueux pour la plupart » (p. 162), où le Viennois aurait abrité, pendant des années, ses amours coupables avec sa belle-sœur, Onfray, emporté par son élan de brigadier des mœurs, finit par le soupçonner d’avoir engrossé ladite belle-sœur alors parvenue à un âge où ce genre de bonheur n’arrive, sauf dans la Bible, que fort rarement.Le complot : c’est, comme dans « Da Vinci Code » (mais la psychanalyse, selon Onfray, n’est-elle pas l’équivalent d’une religion ?), l’image fantasmée de gigantesques « containers » d’archives enterrés, en particulier, dans les caves de la bibliothèque du Congrès de Washington et au seuil desquels veilleraient des milices de templiers freudiens aussi cupides, féroces, rusés, que leur maître vénéré.L’œil du valet de chambre, enfin : c’est la méthode, toujours bizarre, qui consiste à partir des supposées petites faiblesses de l’homme (son habitude, p. 169, de choisir lui-même, allez savoir pourquoi ! le nom de baptême de ses enfants « en rapport avec sa mythologie personnelle »), de ses non moins supposés travers (désir de gloire, cyclothymie, arythmies cardiaques, tabagisme, humeur vacillante, petites performances sexuelles, peur des trains – je n’invente rien, ce catalogue de « tares » se trouve aux pages 102 et 157 du livre), éventuellement de ses erreurs (telle dédicace à Mussolini, connue depuis toujours mais qu’Onfray semble découvrir et qui, tirée de son contexte, le plonge dans un état de grande frénésie) pour conclure à la non-validité de la théorie dans son ensemble : le sommet est, d’ailleurs, atteint quand, à la toute fin (p. 522), il s’appuie carrément sur le livre de Paula Fichtl, c’est-à-dire sur les souvenirs de la propre femme de chambre, pendant cinquante ans, de la famille Freud puis de Freud lui-même, pour dénoncer les accointances avec le fascisme autrichien de l’auteur de « Moïse et le monothéisme ».Tout cela est navrant.J’ai peine, en tous les sens du terme, à retrouver dans ce tissu de platitudes, plus sottes que méchantes, l’auteur des quelques livres – entre autres, « Le ventre des philosophes » – qui m’avaient, il y a vingt ans, paru si prometteurs.La psychanalyse, qui en a vu d’autres, s’en remettra. – Michel Onfray, j’en suis moins sûr. 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- Pour la psychanalyse freudienne comme "psychologie littéraire"par Anne E. Berger (Professeur de littérature française et d'études de genre - Université Paris 8 et Cornell University). , (03/05/2010)
Fabula.orga recherche en littérature\ATELIER DE THÉORIE LITTÉRAIRE : POUR LA PSYCHANALYSE FREUDIENNePour la psychanalyse freudienne comme «psychologie littéraire». \b Un point de vue, par Anne E. Berger (Professeur de littérature française et d'études de genre - Université Paris 8 et Cornell University).\ [...]
- Un beau paquet-cadeau : Onfray, Mijolla, Van Rillaer & Copar Anthony Ballenato , (18/05/2010)
Anthony BallenatoUn beau paquet-cadeau : Onfray, Mijolla, Van Rillaer & CoAlain de Mijolla admet volontiers fuir les polémiques. Malheureusement, il s’est retrouvé servi comme jamais avec la sortie quasi concomitante de son almanach Freud et la France (P.U.F.) et du brûlot de Michel Onfray – Le crépuscule d'une idole. L'affabulation freudienne (Grasset). Lancée telle une formidable machine de guerre par Grasset et Le Point, on redoutait que notre bon Alain ne finisse sous les roues de la bête du fast-food à penser… [...]
- Attaques sur Freud ou la philosophie au bulldozer Libération 3 05 2010par Etienne Balibar, Alain Badiou, Michel Deguy, Jean-Luc Nancy , (05/05/2010)
Libération 3 05 2010Par ETIENNE BALIBAR, ALAIN BADIOU, MICHEL DEGUY, JEAN-LUC NANCY Ce qui nous gêne dans le récent assaut mené contre Freud n’est pas qu’on nous propose critique et discussion, tant historique que théorique. C’est plutôt qu’en vérité la charge massive et qui se veut accablante fait disparaître son objet même. «Freud», ce n’est ni simplement une vie, ni simplement une doctrine, ni simplement une éventuelle secrète contradiction des deux. Freud, c’est un travail de pensée, c’est un effort - particulièrement complexe, difficile, jamais assuré de ses résultats (moins sans doute que la grande majorité des penseurs, théoriciens, philosophes, comme on voudra les nommer) - et c’est un effort tel qu’il n’a pas cessé d’ouvrir, au-delà de Freud lui-même, un foisonnement de recherches dont les motifs ont été de très diverses manières de demander : «Au fond, de quoi s’agit-il ? Comment peut-on travailler plus avant cette immense friche ?» [...]
- Réponse à Michel Onfraypar Pierre Delion , (02/05/2010)
Pouvoir débattre de la psychanalyse et de ses limites en matière de système psychopathologique et/ou de réussite thérapeutique est une des possibilités offertes par le débat démocratique. A condition de le faire de façon informée et rigoureuse. Mais profiter de son aura médiatique pour en abuser et transformer le toujours nécessaire débat en caricature est une lâcheté. Et la démocratie actuelle, ravagée par sa dérive médiatique simplificatrice, n’a pas besoin de ce coup de pied de l’âne. [...]
- Un psychanalyste se révolte contre l'air du tempspar Alain Amselek , (30/05/2010)
Un praticien se révolte contre l'air du temps*Onfray mieux de se taireParAlain AMSELEK***Article publié dans Mediapart le 16 mai 2010 et dans le Nouvel.obs.com**Auteur de la trilogie du Livre Rouge de la psychanalyse :« L’écoute de l’intime et de l’invisible », 2006, éditions du CERP [...]
- Un non évènementpar Fernando de Amorim , (05/05/2010)
Un non évènement Monsieur Onfray n’a pas lu les œuvres complètes du père de la psychanalyse. Je dis cela en ma qualité de lecteur, studieux, assidu et quotidien de Freud depuis trente ans. J’ai lu, je lis, Freud avec plaisir en français et je bavarde avec son texte, histoire de m’ôter des doutes, dans les versions espagnole, anglaise, portugaise et, bien évidemment, allemande. Mais cela encore n’est pas suffisant. [...]
- Que faire face à ça ?par Jean-Claude Aguerre , (07/06/2010)
Beaucoup a été dit à propos de l’ouvrage de M. Onfray. Dans la presse et sur internet , un foisonnement d’articles dénoncent sans appel la fatuité du « brûlot ». A ma connaissance, hormis des auteurs du Livre Noir, personne n’est venu le défendre. Les imprécations et les cris de rage de l’auteur face à ses détracteurs signent l’évidence de sa mauvaise foi. Et pourtant le livre est là. Il s’empile dans les grandes librairies et fort de sa surmédiatisation, on peut lui prédire des centaines de milliers de ventes. Le danger ne viendra probablement pas de ses lecteurs. Je m’autorise à penser que ceux qui en auront entrepris la lecture, hormis les inconditionnels de l’anti-psychanalyse qui y trouveront une grande jouissance, ne seront guère convaincus. Mais ce livre est-il fait pour être lu ? N’est-il pas encore plus efficace à simplement alimenter une rumeur ? Il est certainement très triste que l’emprise de l’esprit pepole de notre époque domine largement notre société, mais qu’y faire ? Quelle efficacité à opposer des arguments raisonnés à la bêtise médiatisée ? On entend déjà, des remarques comme : « Il paraît que Freud était un menteur, un faussaire, un charlatan ect». Le « il paraît » mutant rapidement en affirmation. Ne pas lire le livre d’Onfray permettra au café du commerce (là ou circule ce qui tient lieu de vérité), à la vulgate, d’affirmer péremptoirement que Freud est antisémite et la psychanalyse inefficace, mieux peut-être que si elle l’avait lu. [...]
- Onfray moi peurpar Bernard Maris , (02/05/2010)
22 avril 2010Bernard Maris : Onfray moi peur A priori un garçon qui publie un « Traité d’athéologie », crée une université populaire de philosophie, prône le retour des jardins ouvriers, écrit pour Siné-hebdo et divulgue de la philosophie plutôt que des prospectus publicitaires a quelque chose de sympathique. Qu’on se rassure, je n’ai pas l’intention de défendre Freud le misogyne ou Lacan le cupide, mais une question m’a toujours profondément troublé : faut-il vivre ce que l’on dit ? Toi qui défends le populo et détestes les bourgeois, pourquoi évites tu le métro aux heures de pointe, aimes tu les bons restaurants et les bons vins, les belles maisons et les beaux tableaux ? Puisque tu dis quelque chose, alors fais-le. Tu te dis révolutionnaire ? Pars sur les routes, rejoins mère Thérésa ou les surréalistes, lutte pour les sans papiers et prend les armes contre Total.C’est un peu la question que pose Onfray dans Libé (1), celle de lacheté et de la « collaboration » de Freud – accessoirement celle de la nullité de la psychanalyse, mais c’est beaucoup moins intéressant : après tout, qu’un type préfère se payer une psy à 450 euros la séance (le tarif de Freud) plutôt qu’une voiture de sport, tant mieux, même si c’est un placebo ça crée moins de CO2.Mais auparavant retenons que selon Onfray, Freud, à travers le complexe d’Œdipe, a raconté sa propre histoire. So what ? A travers le meurtre du père et la culpabilité des fils, fondant la société, il a raconté ses fantasmes. So what ? En quoi cela enlève-t-il de la force au complexe d’Œdipe ou au meurtre fondateur de la culture et de la société, qui éblouit en son temps Keynes et aujourd’hui René Girard ?Plus grave est la question de Freud antisémite caché et pleutre avoué.Dans « Malaise dans la civilisation » , Freud fait deux remarques qui font malaise. D’abord il parle de la « bienfaisante sélection naturelle », ce qui en des temps d’eugénisme et de racisme a un petit goût de cendre, et surtout est d’une insigne stupidité scientifique : l’espèce humaine est précisément l’espèce qui ne subit plus la sélection naturelle, la lecture par Freud de Darwin fut trop rapide. Ensuite il évoque avec une certaine admiration la termitière comme fruit d’une longue sélection naturelle, comme aboutissement en quelque sorte, ce qui scientifiquement est une autre niaiserie, mais philosophiquement est gênant : la métaphore de la termitière est celle de l’Etat nazi et de son chef tout puissant. Reste que « Malaise dans la civilisation » est l’un des plus beaux textes produits par l’humanité. Idem « Totem et Tabou ». Idem « Moïse et le monothéisme ». Freud raciste ?On peut très facilement construire un Karl Marx chrétien. On a raison de le faire, et je le ferai volontiers. Karl Marx chrétien-athée ( qui est un oxymore du même tabac que Freud antisémite) n’interdit pas à la théorie de la plus-value d’être la grande théorie économique, qui enfonce toutes les pseudo lois économiques produites par les économistes. Que Marx ait exploité ses filles et engrossé sa servante (un peu dégeulasse pour un défenseur du peuple, non ?) n’enlève pas une once de poids révolutionnaire à ses écrits.Mais, pire que raciste et eugéniste, Freud antisémite ? A propos de « Moïse et le monothéisme », Onfray écrit (2) : « C’est donc dans ce contexte d’antisémitisme forcené que Freud s’attaque à Moïse ! son ouvrage passerait pour antisémite sous toute autre signature. » Freud démontre que Moïse était égyptien, que le culte du dieu unique vient d’Akénaton, que la circoncision existait chez les Egyptiens, étant le peuple élu les juifs ont une bonne opinion d’eux-mêmes, cqfd : Freud est antisémite. On pleure ou on rit ?En son temps Jean-Edern Hallier crachait par terre en croisant un chilien chassé par Pinochet. Sous-entendu, tu t’es tiré camarade, au lieu de battre avec la résistance chilienne. Hallier était le dernier autorisé à donner des leçons à quiconque et moins que tout aux chiliens, et, en tant qu’intellectuel couard, il aurait du ramasser tous les mégots jetés par tous les réfugiés politiques de la planète. Chez Onfray est gênante la leçon donnée soixante quinze ans plus tard au père Freud sur son courage politique. Freud, dont on brûla les livres en mai 1933 en même temps que les écrits d’Einstein (« Au moins je brûle en bonne compagnie, dit Freud ; un an auparavant il avait cosigné « Pourquoi la guerre ? » avec Albert), aurait du aller casser la gueule aux incendiaires ? A-t-il collaboré avec l’Institut Goering ? Soutenu Dolfuss, comme le dit Onfray ? Quatre de ses cinq sœurs moururent en camp (peut-être cela satisfit-il sa « misogynie »). En 34 il écrivait : « Le monde devient une prison, sa pire cellule est l’Allemagne ». Qui peut nier qu’Hitler persécuta les psychanalystes ? Lui-même, atteint d’un cancer resta en Autriche jusqu’en 1938. Avant son départ pour Londres, la Gestapo lui demanda de signer une lettre disant qu’il avait été bien traité. Il signa et ajouta : « Je recommande volontiers la Gestapo à tous. » Rions un peu avec les antisémites. [...]
- Pourquoi il faut défendre Freud au XXIème sièclepar Clotilde Leguil , (30/05/2010)
Paru dans Marianne du 8 au 14 mai 2010Rubrique Carte blanche Pourquoi il faut défendre Freud au XXIème siècleClotilde LeguilEtait-il bien nécessaire de lire les Œuvres complètes de Freud – 20 volumes, 600 pages comme il est rappelé partout dans la presse – pour écrire le tome II du Livre noir de la psychanalyse ? L’indigestion explique sans doute le style propagandiste adopté par l’auteur du Crépuscule d'une idole, l'affabulation freudienne. Si vous avez aimé Le Livre noir de la psychanalyse au point d’en redemander (cela fait quand même 818 pages…), alors vous aimerez le dernier livre d’Onfray, parce qu’y transpire le même ressentiment à l’égard de Freud et de son invention. Mais si vous voulez apprendre quelque chose sur la psychanalyse, sur Freud, ses questionnements, ses impasses, son cheminement, ouvrez seulement un texte de Freud, Le Malaise dans la civilisation par exemple, et vous découvrirez pourquoi le message freudien n’est pas du tout conforme aux exigences marchandes, manageriales et techno-scientistes de notre société. Vous découvrirez alors pourquoi déboulonner Freud à l’heure du cognitivo-comportementalisme qui conçoit l’être humain comme un rat devant s’adapter à son environnement, c’est tout simplement se ranger du côté des fanatiques de l’évaluation quantitative en vue d’éliminer de la planète de tous ceux qui souffriraient un peu trop, ne trouvant pas dans l’hédonisme le remède à leurs maux. [...]
- Nietzsche à la sauce noire des Thérapies cognitivo-comportementalespar Clotilde Leguil , (30/05/2010)
Lettre ouverte à Michel OnfrayPour Le Nouvel Âne n° 10, février 2010Nietzsche à la sauce noire des TCC Clotilde Leguil« Nous autres sommes l'exception et le danger – nous autres avons éternellement besoin de nous défendre ! – or, il y a certainement quelque chose à dire en faveur de l’exception, pourvu qu'elle ne veuille jamais devenir la règle. Nietzsche, Le gai savoir, Livre deuxième, §76, p. 105, trad. G. Colli et M. Montinari, Gallimard, Folio essai, 1985.» [...]
- Cher Michel Onfray,par Gérard Haddad , (12/05/2010)
Cher Michel Onfray,J'ignore si mon nom vous dit quelque chose, et sans doute ne m'avez-vous jamais lu.J'ai par contre, il y a quelque temps, lu, avec sympathie, un de vos livres. Vous y racontiez ce vœu de votre père, agriculteur, de voir le pôle Nord, et ce vœu, avec un amour filial, vous l'avez exaucé quand vos finances vous l'ont permis. J'ai trouvé à ce souvenir, pardonnez-moi, un parfum freudien. Je crois en effet que, dans votre étude approfondie de l'œuvre de Freud, quelque chose d'essentiel vous a échappé. C'est que cette œuvre est tout entière construite autour de l'amour du père, amour premier. Je vous renvoie au chapitre 7 de son œuvre, Psychologie des groupes. Le même Freud avait depuis longtemps énoncé cette vérité vérifiable, que j'ai en tout cas vérifiée dans mon existence, la mort du père est sans doute la plus grande douleur qu'un homme peut éprouver. [...]
- Michel Onfray : un retour de l’obscurantismepar Jean-Daniel Causse , (02/05/2010)
Michel Onfray : un retour de l’obscurantismeQue retenir de la petite polémique suscitée par le livre de Michel Onfray sur Freud –Le crépuscule d'une idole. L'affabulation freudienne – qui a été fort bien orchestrépar tout un appareil médiatique ? Que dire du brûlot d’Onfray dont on saisit sans [...]
- Plaidoyer clair et direct pour ceux qui sont contre ceux qui sont contre Michel Onfraypar Pierre-Henri Castel , (12/05/2010)
Plaidoyer clair et direct pour ceux qui sont contre ceux qui sont contre Michel Onfray On ne peut, je crois, éprouver qu’un très profond malaise devant ce déchaînement de passions collectives, pour ou contre Freud, auquel nous assistons depuis quelques semaines. Cet embarras est double, moral et intellectuel. Je serais bien surpris que personne ne les partage. [...]
- De l'obscurantisme contemporainpar Alain Badiou , (12/05/2010)
De l'obscurantisme contemporain, par Alain BadiouLE MONDE | 07.05.10 | 14h31omment nommer les extraordinaires constructions intellectuelles que sont les oeuvres de Darwin, de Marx et de Freud ? Elles ne sont pas strictement des sciences, si même la biologie, y compris contemporaine, se pense dans le cadre darwinien. Elles ne sont pas non plus des philosophies, si même la dialectique, ce vieux nom platonicien de la philosophie, a reçu avec Marx une impulsion neuve. Elles ne sont pas réductibles aux pratiques qu'elles éclairent, même si l'expérimentation vient confirmer Darwin, si la politique révolutionnaire tente de vérifier l'hypothèse communiste de Marx et si la cure psychanalytique installe Freud aux lisières toujours mouvantes de la psychiatrie. [...]
- Nietzsche contre Onfraypar Nunzio d'Annibale , (12/05/2010)
Nietzsche contre Onfray« Sur la pulsion de mort, Freud a écrit des pages d'une importance majeure dans Au delà du principe de plaisir... » Michel Onfray in Féerie Anatomiques, P.406. Je vais essayer de donner un angle légèrement différent à cette triste affaire. [...]
- Se croire casseur d'idolespar Janine Abécassis , (12/05/2010)
Se croire casseur d'idoles, par Janine AbécassisLEMONDE.FR | 07.05.10 | 15h12 • Mis à jour le 07.05.10 | 17h55Après son Traité d'athéologie (Grasset, 2005) marqué par des ignorances évidentes et des contresens en matière de religion, Michel Onfray revient sur la scène avec sa critique de Freud (Le Crépuscule d'une idole, Grasset, 2010). [...]
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