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Mahler rencontre Freud
Envoyé par: Caicedo Henri (164.2.255.---)
Date: Mon 21 September 2009 10:30:28
Hier soir à l’auditorium du Louvre, en avant-première, j’ai assisté à la projection du film « D’un pas mesuré, la Cinquième de Mahler », réalisé par Pierre-Henry Salfati en co-production avec Arte.
Résumé de sa présentation :
« Durant l’été 1910, Gustav Mahler se trouve dans un état de dépression profonde à la suite d’une drame personnel.
Alma, son épouse, menaçait de l’abandonner pour aller vivre avec son amant, l’architecte Walter Gropius.
Mahler voyait se briser sa vie tant sur le plan sentimental qu’artistique. Il décide de consulter Sigmund Freud, qu’il rejoint à Leyde au terme d’un long périple ferroviaire.
La promenade psychanalytique dure quatre heures… Pourtant le « miracle » eut lieu, Sigmund Freud transforma la vie de Mahler tant sur la plan affectif que créatif…
… Le scénario s’appuie notamment sur une lettre de Freud à sa disciple Marie Bonaparte. Le père de la psychanalyse y livre son diagnostic sur les rapports complexes que Mahler entretenait avec l’image de sa mère et celle de sa femme Alma… »
Le réalisateur nous confiait que Freud n’était pas un mélomane et que Mahler n’aimait pas la psychanalyse mais qu’ils partageaient des origines juives.
Ce film, qui dure 60 minutes, n’est pas destiné aux salles de cinéma mais sera diffusé sur Arte sans qu’on ait su nous dire quand. Vraisemblablement au début de l’année 2010.
Si j’ai connaissance de la date, je vous tiendrai au courant.
Bien cordialement
Henri Caicedo
Résumé de sa présentation :
« Durant l’été 1910, Gustav Mahler se trouve dans un état de dépression profonde à la suite d’une drame personnel.
Alma, son épouse, menaçait de l’abandonner pour aller vivre avec son amant, l’architecte Walter Gropius.
Mahler voyait se briser sa vie tant sur le plan sentimental qu’artistique. Il décide de consulter Sigmund Freud, qu’il rejoint à Leyde au terme d’un long périple ferroviaire.
La promenade psychanalytique dure quatre heures… Pourtant le « miracle » eut lieu, Sigmund Freud transforma la vie de Mahler tant sur la plan affectif que créatif…
… Le scénario s’appuie notamment sur une lettre de Freud à sa disciple Marie Bonaparte. Le père de la psychanalyse y livre son diagnostic sur les rapports complexes que Mahler entretenait avec l’image de sa mère et celle de sa femme Alma… »
Le réalisateur nous confiait que Freud n’était pas un mélomane et que Mahler n’aimait pas la psychanalyse mais qu’ils partageaient des origines juives.
Ce film, qui dure 60 minutes, n’est pas destiné aux salles de cinéma mais sera diffusé sur Arte sans qu’on ait su nous dire quand. Vraisemblablement au début de l’année 2010.
Si j’ai connaissance de la date, je vous tiendrai au courant.
Bien cordialement
Henri Caicedo
Re: Mahler rencontre Freud
Envoyé par: Pendanx Daniel (---.w92-129.abo.wanadoo.fr)
Date: Mon 21 September 2009 17:23:52
Pour peut-être mieux mesurer les limites de ce « miracle » évoqué ci-dessus par M Caicedo, je recommande la lecture de l’article de Jacquelyne Poulain-Colombier, « Presto – les deux patients musiciens de Freud », sur le site Le chaudron psychanalytique.
J’en profite pour signaler, sur ce même site, l’article d’Andrea Sabbadini, psychanalyste britannique, « Attaché au mât. Réflexions sur l’abstinence en psychanalyse » ; c’est un texte où le sexuel est à mes sens le sexuel (freudien), un texte que je rapproche de ce que me semble-t-il déploie Marc Bonnet sur ce forum, de cette expérience d'où il vient à écrire (ce "d'où "est à mes yeux une ligne de passe), sur un autre fil : « La différence entre l'analyste par exemple et le pervers, c'est qu'à la fin de la partie, l'analyste rend son désir à l'analysé, le pervers s'en sert. Le savoir est nouage de la subjectivité dans son désir d'impossible.
Pervers, un impuissant de l'impossible ? »
Valas, je crois que c’était sur ce site, avait eu un jour ce mot (je cite de mémoire) : « l’analyste qui passe à l’acte dans l’analyse, n’est (dans cette occurrence) qu’un impuissant »
J’ajoute, il y aussi des passages à l’acte politiques avec les analysants et les élèves, qui sont des équivalents «sexuels»…
Bordeaux, le 21 septembre
Daniel Pendanx
J’en profite pour signaler, sur ce même site, l’article d’Andrea Sabbadini, psychanalyste britannique, « Attaché au mât. Réflexions sur l’abstinence en psychanalyse » ; c’est un texte où le sexuel est à mes sens le sexuel (freudien), un texte que je rapproche de ce que me semble-t-il déploie Marc Bonnet sur ce forum, de cette expérience d'où il vient à écrire (ce "d'où "est à mes yeux une ligne de passe), sur un autre fil : « La différence entre l'analyste par exemple et le pervers, c'est qu'à la fin de la partie, l'analyste rend son désir à l'analysé, le pervers s'en sert. Le savoir est nouage de la subjectivité dans son désir d'impossible.
Pervers, un impuissant de l'impossible ? »
Valas, je crois que c’était sur ce site, avait eu un jour ce mot (je cite de mémoire) : « l’analyste qui passe à l’acte dans l’analyse, n’est (dans cette occurrence) qu’un impuissant »
J’ajoute, il y aussi des passages à l’acte politiques avec les analysants et les élèves, qui sont des équivalents «sexuels»…
Bordeaux, le 21 septembre
Daniel Pendanx
Re: Mahler rencontre Freud
Envoyé par: Caicedo Henri (---.fbx.proxad.net)
Date: Mon 21 September 2009 21:31:08
En écho à la remarque de M. Pendanx, le mot « miracle » apparaît tel quel dans la programmation de l’auditorium du Louvre pour la saison 09-10 et donc ce n’est pas de moi.
J’ai su qu’une pièce de théâtre sur la rencontre entre Freud et Dali avait été créée et c’est HYSTERIA, une pièce anglaise de Terry Johnson, mise en scène par John Malkovich, au théâtre Marigny, dans une adaptation de Lulu et Michael Sadler, avec Pierre Vaneck, Marie Gillain, Vincent Elbaz, Roger Dumas.
Se joue actuellement au théâtre Montparnasse une pièce sur Freud et Jung, PAROLE ET GUERISON, je cite le commentaire du Pariscope :
« En 1905, Sabina Spielrein devient à la fois la patiente et la maitresse du docteur Jung qui expérimente avec elle une toute nouvelle méthode thérapeutique révolutionnaire, inventée par Freud : la psychanalyse. D’abord dans un rapport de filiation intellectuelle, Jung se détache peu à peu de son mentor… »
Drôle de façon de présenter Freud comme un « mentor ».
Je sais que d’autres pièces où l’on joue Freud ont existé mais je n’ai pas à présent les références.
Qu’est-ce qui se joue dans ces mises en scène ?
Henri Caicedo
J’ai su qu’une pièce de théâtre sur la rencontre entre Freud et Dali avait été créée et c’est HYSTERIA, une pièce anglaise de Terry Johnson, mise en scène par John Malkovich, au théâtre Marigny, dans une adaptation de Lulu et Michael Sadler, avec Pierre Vaneck, Marie Gillain, Vincent Elbaz, Roger Dumas.
Se joue actuellement au théâtre Montparnasse une pièce sur Freud et Jung, PAROLE ET GUERISON, je cite le commentaire du Pariscope :
« En 1905, Sabina Spielrein devient à la fois la patiente et la maitresse du docteur Jung qui expérimente avec elle une toute nouvelle méthode thérapeutique révolutionnaire, inventée par Freud : la psychanalyse. D’abord dans un rapport de filiation intellectuelle, Jung se détache peu à peu de son mentor… »
Drôle de façon de présenter Freud comme un « mentor ».
Je sais que d’autres pièces où l’on joue Freud ont existé mais je n’ai pas à présent les références.
Qu’est-ce qui se joue dans ces mises en scène ?
Henri Caicedo
Re: Mahler rencontre Freud
Envoyé par: Cappe Nathalie (---.w83-199.abo.wanadoo.fr)
Date: Tue 22 September 2009 10:15:50
Pour vous répondre, Henri :
-Une rencontre imaginaire entre Hitler et Freud : "Vienne 1913", d'Alain Didier-Weill. Texte disponible aux "Carnets de la psychanalyse"/2003, puis 2004.
L'argument de la pièce part de cette étrangeté historique, de cette question : Que se noue-t-il en effet de si particulier à Vienne en 1913 pour que s'y déroule à la fois et la naissance de la psychanalyse - par essence anti-totalitariste - et la naissance du nazisme ?
On y retrouve Klimt (ça fait plaisir), Jung (plutôt inquiètant..), des syndicalistes, une mère frigide et incestueuse, un fils de famille bourgeois tenté par l'anti-sémitisme qui va s'allonger chez Freud, un prêtre...
Jouée plusieurs fois en différents lieux.
Nathalie.
-Une rencontre imaginaire entre Hitler et Freud : "Vienne 1913", d'Alain Didier-Weill. Texte disponible aux "Carnets de la psychanalyse"/2003, puis 2004.
L'argument de la pièce part de cette étrangeté historique, de cette question : Que se noue-t-il en effet de si particulier à Vienne en 1913 pour que s'y déroule à la fois et la naissance de la psychanalyse - par essence anti-totalitariste - et la naissance du nazisme ?
On y retrouve Klimt (ça fait plaisir), Jung (plutôt inquiètant..), des syndicalistes, une mère frigide et incestueuse, un fils de famille bourgeois tenté par l'anti-sémitisme qui va s'allonger chez Freud, un prêtre...
Jouée plusieurs fois en différents lieux.
Nathalie.
Re: Mahler rencontre Freud
Envoyé par: Caicedo Henri (---.ap-hop-paris.fr)
Date: Tue 22 September 2009 13:06:42
J'ai retrouvé encore une référence de pièce autour de Freud.
La Damnation de Freud
Tobie Nathan, Isabelle Stengers et Lucien Hounkpatin, tous trois ethnopsychiatres, ont axé leurs recherches autour des troubles identitaires rencontrés par les familles migrantes. La Damnation de Freud, est une pièce de théâtre qu’ils ont écrite ensemble, une sorte de duel initiatique entre Sigmund Freud et un sorcier Yoruba, tirailleur sénégalais nommé Ekudi.
Huis Clos psychanalytique. Il s’agit d’une confrontation entre deux mondes. Celui de la psychanalyse, à ses débuts, au moment où Freud, son fondateur, en élabore les premières théories et celui d’un guérisseur Yoruba qui, grâce au pouvoir des initiés, est l’héritier d’un savoir transmis depuis la nuit des temps. Cette fiction est imaginée par le petit-fils du sorcier Ekudi (Greg Germain), qui retrouve la trace de cette thérapie dans les archives de Freud, à Washington. Chacun, à son insu, deviendra un sujet d’étude pour l’autre.
Choc des cultures et électrochoc
Progressivement, au cours d’une séance d’hypnose, au fur et à mesure qu’Ekudi retrouve la parole, Freud, lui, perd ses repères. Il ne peut admettre que les fondements mêmes de la psychanalyse soient ébranlés par un homme aux pouvoirs occultes. Pour Ekudi, le seul moyen d’avancer ou de se projeter dans l’avenir, c’est de savoir d’où l’on vient. La quête des origines est sa préoccupation majeure. Ekudi oblige Freud (Serge Feuillard) à se remettre en question et à faire exploser son vernis mental, où rien n’existe en dehors de ses théories. Toute croyance précédant l’ère de la psychanalyse n’étant pour lui qu’obscurantisme.
Comment des travaux aussi révolutionnaires pour sonder l’âme humaine, peuvent-ils rivaliser avec des cultes aussi archaïques que ceux utilisés par le guérisseur ? Vaudou, Yoruba, gri-gri, koris, amulettes se confrontent aux concepts de névrose, psychose, complexe d’OEdipe ou transfert. Puis troublé par la logique du guérisseur, Freud va remonter à ses origines judaïques, pour explorer son comportement vis-à-vis de sa fille, Anna (Sarah Bromberg). Ensuite, il fera disparaître toute trace de ces travaux, ne pouvant admettre d’avoir mis en péril les fondements mêmes de la psychanalyse, en privilégiant l’irrationnel au profit de la réflexion.
Science contre sagesse
La mise en scène de Greg Germain est claire et lisible, laissant passer des bribes d’humour dans les brèches du discours freudien. Au centre de la scène, le divan mythique de Freud recueille les secrets d’un autre monde, réceptacle d’une culture de l’oralité où le visible et l’invisible seront racontés par le tirailleur échoué là comme une pirogue, à la dérive entre deux continents. Le continent de la Science et celui de la multiplicité des croyances animistes. Il est vrai qu’il faut replacer la pièce dans le contexte de l’époque, car la notion du bon sauvage, qui sert de sujet d’étude au maître de la psychanalyse, peut paraître caricaturale. Ce qui donne la force à la mise en scène c’est le dramatique retournement de situation.
Le plus perturbé, finalement c’est Freud, car ses théories ne supportent pas la confrontation avec d’autres mondes. Tout se passe comme si son savoir était un privilège acquis pour accéder au pouvoir. Alors que pour le sorcier Yoruba, le seul pouvoir qui compte, c’est celui de la transmission.
Cordialement
Henri C.
La Damnation de Freud
Tobie Nathan, Isabelle Stengers et Lucien Hounkpatin, tous trois ethnopsychiatres, ont axé leurs recherches autour des troubles identitaires rencontrés par les familles migrantes. La Damnation de Freud, est une pièce de théâtre qu’ils ont écrite ensemble, une sorte de duel initiatique entre Sigmund Freud et un sorcier Yoruba, tirailleur sénégalais nommé Ekudi.
Huis Clos psychanalytique. Il s’agit d’une confrontation entre deux mondes. Celui de la psychanalyse, à ses débuts, au moment où Freud, son fondateur, en élabore les premières théories et celui d’un guérisseur Yoruba qui, grâce au pouvoir des initiés, est l’héritier d’un savoir transmis depuis la nuit des temps. Cette fiction est imaginée par le petit-fils du sorcier Ekudi (Greg Germain), qui retrouve la trace de cette thérapie dans les archives de Freud, à Washington. Chacun, à son insu, deviendra un sujet d’étude pour l’autre.
Choc des cultures et électrochoc
Progressivement, au cours d’une séance d’hypnose, au fur et à mesure qu’Ekudi retrouve la parole, Freud, lui, perd ses repères. Il ne peut admettre que les fondements mêmes de la psychanalyse soient ébranlés par un homme aux pouvoirs occultes. Pour Ekudi, le seul moyen d’avancer ou de se projeter dans l’avenir, c’est de savoir d’où l’on vient. La quête des origines est sa préoccupation majeure. Ekudi oblige Freud (Serge Feuillard) à se remettre en question et à faire exploser son vernis mental, où rien n’existe en dehors de ses théories. Toute croyance précédant l’ère de la psychanalyse n’étant pour lui qu’obscurantisme.
Comment des travaux aussi révolutionnaires pour sonder l’âme humaine, peuvent-ils rivaliser avec des cultes aussi archaïques que ceux utilisés par le guérisseur ? Vaudou, Yoruba, gri-gri, koris, amulettes se confrontent aux concepts de névrose, psychose, complexe d’OEdipe ou transfert. Puis troublé par la logique du guérisseur, Freud va remonter à ses origines judaïques, pour explorer son comportement vis-à-vis de sa fille, Anna (Sarah Bromberg). Ensuite, il fera disparaître toute trace de ces travaux, ne pouvant admettre d’avoir mis en péril les fondements mêmes de la psychanalyse, en privilégiant l’irrationnel au profit de la réflexion.
Science contre sagesse
La mise en scène de Greg Germain est claire et lisible, laissant passer des bribes d’humour dans les brèches du discours freudien. Au centre de la scène, le divan mythique de Freud recueille les secrets d’un autre monde, réceptacle d’une culture de l’oralité où le visible et l’invisible seront racontés par le tirailleur échoué là comme une pirogue, à la dérive entre deux continents. Le continent de la Science et celui de la multiplicité des croyances animistes. Il est vrai qu’il faut replacer la pièce dans le contexte de l’époque, car la notion du bon sauvage, qui sert de sujet d’étude au maître de la psychanalyse, peut paraître caricaturale. Ce qui donne la force à la mise en scène c’est le dramatique retournement de situation.
Le plus perturbé, finalement c’est Freud, car ses théories ne supportent pas la confrontation avec d’autres mondes. Tout se passe comme si son savoir était un privilège acquis pour accéder au pouvoir. Alors que pour le sorcier Yoruba, le seul pouvoir qui compte, c’est celui de la transmission.
Cordialement
Henri C.
Re: Mahler rencontre Freud
Envoyé par: Caicedo Henri (---.fbx.proxad.net)
Date: Thu 14 January 2010 08:25:54
Bonjour,
Je viens de savoir que le film sera diffusé sur Arte le lundi 25 janvier à 22 h 10.
Il faudra cependant attendre un peu pour confirmer qu’il sera bien à l’écran.
Cordialement
Henri
Je viens de savoir que le film sera diffusé sur Arte le lundi 25 janvier à 22 h 10.
Il faudra cependant attendre un peu pour confirmer qu’il sera bien à l’écran.
Cordialement
Henri
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