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Le silence en psychanalyse
Envoyé par: Rapczyk (---.44.80-79.rev.gaoland.net)
Date: Wed 22 July 2009 11:46:11

Bonjour,

Je recherche des livres et articles sur le thème du silence en psychanalyse. je m'intéresse en particulier à l'Ecole anglaise et notamment à Winnicott et je me demandais si celui-ci avait écrit sur cette question.
Merci d'avance




Modifié 1 fois. Dernière modification le 05/11/09 08:59 par Rapczyk .


Re: Le silence en psychanalyse
Envoyé par: Maelstrom (---.29.93-79.rev.gaoland.net)
Date: Tue 3 November 2009 15:09:24

Je vois que personne n'a répondu à votre question pour l'instant.
Balint évoque cette question notamment dans le défaut fondamental au travers d'un exemple clinique
tentant de bien articulier la pertinence et le sens du silence.

D'autre part, même si ce n'est pas au coeur de l'ouvrage à proprement parler, je vous recommande de
Winnicott le fragment d'analyse, qui mérite autant d'intérêt que les 5 psychanalyses de Freud.

Bien à vous.



Re: Le silence en psychanalyse
Envoyé par: Rapczyk (---.158.91-79.rev.gaoland.net)
Date: Tue 3 November 2009 17:05:21

merci pour ces références


Re: Le silence en psychanalyse
Envoyé par: Vincent seguret Vincent (---.w86-202.abo.wanadoo.)
Date: Wed 4 November 2009 12:25:24

Bonjour,

Si nous ne sommes pas en mesure de fournir des références sur le silence, c'est peut-être parce que le silence n'existe pas en psychanalyse. Spontanément, et naïvement, nous pourrions décrire une séance comme une alternance de bruits et de silences. Ce n'est pas faux, si on réduit l'écoute analytique à une simple histoire sensorielle, un problème auditif. mais vous imaginez bien que la pauvreté de cette description ne mènerait pas bien loin (quoique, dans certaines analyses de psychotiques, où les mots sont traités comme des choses, il peut être fécond d'essayer de les entendre avant tout comme des bruits). Au fil de la clinique, ce que nous pourrions désigner comme silence est toujours relatif à la situation générale d'une part, et d'autre part s'entend de manière plurielle : aucun silence ne ressemble à un autre, le silence est souvent extrêmement significatif.
Portez attention à des expressions du type : "faire silence" ("faire taire tout ce bruit au dehors"). Ce n'est pas la même chose que cet arrêt de la parole qui accompagne un moment de sidération , par exemple après une interprétation particulièrement tranchante. Là, le patient ne fait rien du tout, il est en arrêt. Que fait-il à ce moment là ? Est-ce la manifestation d'une vigilance accrue ("on entre dans un terrain glissant, on m'attend au tournant, vaut mieux que je n'en dise pas plus") ? Ou bien ce gamin interloqué qui a besoin d'un peu de temps pour "prendre conscience" des faits qu'il vient soudainement de constater (vous avez des gamins qui restent comme ça dans ce retrait interloqué durant des mois). Ou bien, ce qui serait plus proche de la sidération proprement dite, un patient transformé en pierre, médusé, qui tente de prendre la fuite devant cette nouvelle pensée qu'il ne saurait penser, en train par exemple d'essayer de produire une hallucination (par exemple, "aller marcher dans le désert de Gobi" - je donne là un exemple tiré de ma propre clinique).
Mais il arrive aussi que ce moment de silence soit non pas tant une durée qu'un espace (par exemple, l'espace nécessaire au confort du patient, un lieu où il puisse s'installer confortablement, comme ce patient qui commence chaque séance par dix minutes de silence, parce que c'est ce dont il a besoin pour commencer à parler, etc.)
Sans parler des silences lourds de menace, avec ces effets anxiogènes, paranoïsants, plus ça fait silence, plus ces pensées non pensées, non prises en charge dans une parole, s'évacuent dans le cabinet de l'analyste, comme autant de missiles potentiellement persécuteurs, et deviennent des choses propres à être hallucinées par exemple, ce que Bion décrit très bien dans Transformations (voire notamment les transformations dans l'hallucinose).
Nous aurions aussi, dans le même registre de description, ces silences qui pointent l'absence de quelque chose, ou pour le dire en termes bioniens : une non-chose, "la place où la chose était" - dont la présence paradoxale peut s'avérer donner lieu à des expériences terrifiantes (des "terreurs sans nom").
Bon je pourrais continuer comme ça longtemps.
Le truc que je veux montrer là, c'est que le silence, à mon avis, est au mieux un thème de recherche, mais je ne crois pas que les psychanalystes pensent quoi que ce soit "a priori" du silence. Parce que LE silence, hé bien on ne peut pas en dire grand chose en soi. Des silences par contre oui, on peut causer, que ce soit en relevant leur négativité, mais aussi dans le même temps tout ce qu'ils charrient significativement.
Alos, tout de même, pour répondre à votre question.. j'ignore dans quelle cadre vous menez cette recherche, mais il y aurait une belle recherche à mener en tous cas : comme l'indiquait Maelstrom, en allant voir du côté des récits cliniques (à défaut d'avoir sa propre clinique), et en essayant de relever cette pluralité de silences, cette richesse que tous ces récits recèlent (et essayer de mettre à jour quelques conjonctions constantes, quelques modèles, avant de se lancer dans de vastes construction théoriques).
J'ai laissé de côté la question "technique" de savoir ce qu'il devrait en être du rapport de l'analyste au silence. Ma position là dessus, n'est pas favorable à ce que j'ai entendu parfois : des analystes qui se taisent "a priori", parce que c'est la règle. C'est idiot. Se taire en vertu d'une règle donnée a priori, c'est idiot. C'est peut-être rassurant de s'appuyer sur des règles, multiplier les règles comme on le voit parfois, mais on perd en souplesse assurément.
Mais : préférer "hic et nunc" choisir de ne pas parler, pour favoriser l'attention flottante (et l'association libre), ou "s'abstenir" de proférer une interprétation, je ne crois pas que ça doive être posé comme une règle a priori, mais que ça relève plutôt de l'intuition en séance, ou de l'expérience de chaque analyste.
N'hésitez pas à préciser votre demande en tous cas.


VS


Re: Le silence en psychanalyse
Envoyé par: Gellert Michèle (---.89-224-89.dsl.completel.net)
Date: Wed 4 November 2009 14:42:42

Bonjour, il existe un article déjà ancien d'André GREEN, "le silence du psychanalyste", in topique, n°23, 1979, EPI. Vous trouverez aussi quelques notes sur le silence dans ; "Psychanalyse et langage", collection inconscient et culture, aux éditions Dunod. Le livre que je possède est vieux aussi ; 1977. J'ignore s'il a été réédité. La 4ème page de couverture donne le ton (si je peux m'exprimer ainsi puisque l'on parle du silence) mais... "Le domaine de la psychanalyse est celui de la parole - et du silence : il s'agit de redonner vie à ce qui est mort dans le psychisme, de rendre le pouvoir de communiquer à ce qui n'a pas trouvé sens, d'inventer les mots pour le dire (..)".
Concrètement, désolée de ne pas avoir, là tout de suite, d'autres idées mais je pense qu'il sera difficile de trouver quelque texte où il n'est question que du silence. Sans doute faudra-t-il plutôt aller chercher dans tout texte psychanalytique où il est question du langage, de la parole ou de l'acte de parole. Vous trouverez alors sûrement des passages où l'on parle du silence.

Bien à vous. Michèle GELLERT.


Re: Le silence en psychanalyse
Envoyé par: Chia Laurent (Modérateur)
Date: Thu 5 November 2009 00:58:23

Quel plaisir que ce fil sur le silence après un long silence donne à entendre des mots aussi justes, aussi clairs et aussi éclairants tout en donnant aussi à entendre ce que la pratique analytique apporte à cet entendement. Entendement des silences qui portent chacun leur singularité. Qu’est ce que ça dit un silence? Merci de nous avoir donner quelques tuyaux pour mieux les écouter et aussi pour nous avoir conseillé de ne pas faire ce qui nous paraît idiot.
Nous nous sommes demandés (oui je n’étais pas seul) si il n’y aurait pas quelque chose dans le silence qui pourrait évoquer la solitude, telle que Winnicott l’entend. Cette solitude (tout à fait différente de l’isolement) dont l’enfant fait l’apprentissage en jouant au pied de sa mère silencieuse, et que Winnicott retrouve aussi dans ce qui se passe autour de deux amants après une relation sexuelle qu’il qualifie de satisfaisante.
Le silence de la solitude qui des fois peut s’entendre dans la séance comme une bienfaitrice plongée en soi protégée par la bienveillance de l’autre et ce, je crois quelque soit l’un et quelque soit l’autre.



Re: Le silence en psychanalyse
Envoyé par: Cappe Nathalie (---.w82-124.abo.wanadoo.fr)
Date: Thu 5 November 2009 07:31:52

Bonjour,
J'ai lu il ya quelques années un bouquin sur ce thème, mais je dois faire une recherche avant de vous communiquer le titre.
Sinon, voici quelque chose glané sur le site de l'Ali (Assoc. de C. Melman). On retrouve la légende juive du palimpseste (le bébé dans le ventre de sa mère, le livre plié, etc...).


"À propos de "Silences, paroles de psychanalystes" par S.Periac-Daoud et D.Platier-Zeitoun
Thierry Florentin - 12/01/2005

Un midrash ancien, sorte de conte talmudique, enseigne que l'enfant dans le ventre de sa mère est pareil à deux tablettes d'écriture rabattues l'une sur l'autre, sur lesquelles sont gravées tout le savoir du monde.
Quand l'enfant sort à l'air du jour, tout ce qui était ouvert devient fermé, et tout ce qui était fermé devient ouvert: le nombril, les yeux, le nez, la bouche...
Un ange descend alors, et, lui posant le doigt sur la bouche, lui intime d'oublier tout ce qu'il sait.
La fossette sous le nez est la marque, la trace qui reste du passage de cet ange.

Dominique Platier-Zeitoun est allé interviewer une vingtaine de psychanalystes, au sujet du silence. C'est leur témoignage, toujours très engagé et authentique, que l'on lira ici, et que Sophie Periac-Daoud a mis en valeur en y adjoignant de très belles photographies et portraits en noir et blanc réalisés durant l'interview.

Il s'agit là donc d'un beau livre, sur un sujet relativement délaissé par les psychanalystes, et sur lequel on dispose de peu d'écrits de qualité.
Le qui semble plutôt paradoxal, en effet, puisque le silence est le dispositif quotidien, ordinaire, du psychanalyste en séance.
Il y a à cela une raison fondamentale, c'est à dire de fondement, et qui marque ici les limites, finalement, de ce genre d'entreprise.
Pour d'aucuns en effet, l'acte de naissance de la psychanalyse repose sur le silence imposé par Emmy N. à Freud en mai 1889: "Par un détour quelconque, j'arrivais à lui demander comment les douleurs gastriques étaient survenues, et d'où elles provenaient.. Avec assez de réticence, elle me répond qu'elle n'en sait rien. Je lui donne jusqu'à demain pour s'en souvenir. Elle me dit alors, d'un ton très bourru, qu'il ne faut pas lui demander toujours d'où provient ceci ou cela, mais la laisser raconter ce qu'elle a à dire. J'y consens et elle poursuit..." (1)
De cette datation originelle découle une fâcheuse tendance à sacraliser le silence, et à laisser se dérouler les dits du patient, de préférence sur une durée fixe et définie à l'avance, afin de faire "émerger des profondeurs" souvenirs et émotions refoulées.

"Mise en suspens de l'activité fébrile de recherche des causes, de l'interrogation volontariste", écrit par exemple un psychanalyste aussi érudit que François Gantheret : "Ne plus chercher, laisser la place, l'espace libre, écouter ce qui peut alors se chuchoter, poindre, et surprendre, l'inattendu, l'incongru " (2).
Pour Lacan, la psychanalyse ne se fonde et ne s'autorise que des accidents de la parole, des lapsus, des actes manqués, ainsi que des rébus, constructions métaphoriques et métonymiques du rêve.

Dans ces trébuchements là se tapit la Vérité.

Si l'analyste garde le silence, c'est afin de faire toute sa place à l'Autre de l'analysant, lieu de recel et trésor de ses signifiants, de creuser ce lit de l'Autre, afin que se déploie dans la parole de l'analysant sa demande à l'Autre, la réponse à ce qu'il supposera être la demande de l'Autre, son désir, son message, dont l'analyste ne se prend pas pour le destinataire direct.

"C'est à cet Autre au delà de l'autre que l'analyste laisse la place par la neutralité dont il se fait n'être "ne-uter", ni l'un, ni l'autre des deux qui sont là, et s'il se tait, c'est pour lui laisser la parole" (3)
A la sacralisation et la sécularisation du silence d'un côté, accordant consistance imaginaire à la parole, figeant le cheminement du désir, à la conduite de cures interminables de métronome et d'ennui, s'oppose une conception où le silence, dispositif technique certes nécessaire, est un objet a (4) qui permettra la circulation des places, ainsi que des discours.

Ces positions antagonistes n'ont à-priori guère de points communs, et font de cette entreprise, qui souhaiterait rassembler des témoignages d'analystes de pensée radicalement différente sur un thème aussi rebattu que le silence en psychanalyse, une gageure.

Tout ouvrage sur la psychanalyse qui ne ramènerait pas, directement ou indirectement, à l'étude des Textes (à lire avec une majuscule, comme les Écrits) est de la littérature, se confirmera-t-on.

Et pourtant, ce livre est une réussite.

Cela tient, on l'a dit, à la qualité et à la présence des analystes interviewés: Charles Melman, Marcel Czermak, Gabriel Balbo, Moustafa Safouan, Philippe Julien, Jean-Pierre Winter, Jacques Nassif, Jean-Jacques Moscowitz, Gérard Haddad, Catherine Mathelin, et d'autres, Joyce Mc Dougall, etc, etc...

Et c'est au plus vif de leur être, de leur expérience, de ce que fut leur transfert à Lacan, de l'évocation de souvenirs personnels et familiaux parfois difficiles, ou encore en prenant l'exemple de moments de cure avec leurs patients, qu'ils saisissent cette occasion de parler, parler encore, pour nous transmettre et nous enseigner.

Ce n'est donc pas l'énigme du silence qui est là révélée, mais bien l'énigme de la psychanalyse, et du Sujet, qui sont une fois encore, interrogées.

On lira cependant la brillante et poétique étude différentielle "des silences" à laquelle se livre Fethi Benslama.

Mais le mot de la fin appartient sans doute à Charles Melman, qui nous dit que le seul vrai silence, finalement, le plus douloureux, est celui du Père, prix pourtant de notre Parole...

(*) Sophie Periac-Daoud et Dominique Platier-Zeitoun, Silences, paroles de psychanalystes, Érès, Paris, 2004

(1) S.Freud et J. Breuer Etudes sur l'Hystérie, P.U.F, p. 48

(2) F.Gantheret Moi, Monde, Mots, p.8, NRF, 1996

(3) J. Lacan, "La psychanalyse et son enseignement", in Écrits, Seuil, 1966, p. 439

(4) "Le silence correspond au semblant de déchet", in "Impromptu sur le discours analytique", Scilicet 6/7, Paris, Seuil, pp. 62-63"

Nath.Cappe.




Re: Le silence en psychanalyse
Envoyé par: Rapczyk (---.158.91-79.rev.gaoland.net)
Date: Thu 5 November 2009 08:57:10

Merci encore pour toutes ces références supplémentaires, et merci à Vincent Seguret pour ces très belles notes sur "les "silences" plutôt que sur "le" silence". Je ferai remarquer aussi que la musique de John Cage fait entendre tout ce qu'il a de bruit sous le silence.

Je me permets d'indiquer moi-même une réf. bibliographique, découverte après avoir posé cette question, et qui est en plein dans le thème: Le silence en psychanalyse, recueil collectif sous la direction de Nasio.

Très cordialement



Re: Le silence en psychanalyse
Envoyé par: Marie-noëlle h Marie-noelle (---.w86-216.abo.wanadoo)
Date: Thu 5 November 2009 11:23:29

C'est très beau Laurent ce que vous écrivez sur le silence, le silence et la solitude, mais aussi le silence à deux..

Je pense que le silence est souvent mieux compris que la parole... quand on l'entend...

On parle souvent de communion dans le silence... Il n'y a pas de communion dans la parole...
Bien sûr, en analyse on demande à mettre des mots sur le silence, ce qui ne veut pas dire que l'analyste et l'analysant ne savent pas, ne comprennent pas le silence...

et quand l'analysant parle enfin, il n'est pas certain que l'analyste comprenne alors exactement le sens des mots de l'analysant...

"Tant de choses ne valent pas d'être dites. Et tant de gens ne valent pas que les autres choses leur soient dites. Cela fait beaucoup de silence." Montherlant


Re: Le silence en psychanalyse
Envoyé par: Cappe Nathalie (---.edu.nerim.net)
Date: Thu 5 November 2009 13:38:22

Mon post du 5 Novembre 7h31... :
Comme je le précise en intro., il s'agit bien d'un texte de T. Florentin que j'ai copié-collé sur le site de l'Ali. Texte qui commente un bouquin d'entretiens avec des psys sur le thème du silence.

Nath.Cappe.





Re: Le silence en psychanalyse
Envoyé par: Gellert Michèle (---.u-paris10.fr)
Date: Thu 5 November 2009 13:55:42

En écho avec ce message de Nathalie Cappe, vous pourrez lire en effet certain travail de l'ALI : "le silence en psychanalyse", in la revue lacanienne ed : Association lacanienne internationale, Paris, février 2009.
cordialement.


Re: Le silence en psychanalyse
Envoyé par: Ingrid (---.net-132.static.magiconline.fr)
Date: Thu 5 November 2009 14:51:03

Bonjour à toutes et tous

Ce que vous dites Vincent du silence de l'analyste me rassure.

Je voudrai aussi dire que même si le silence de l'analyste laisse pour des analysant(e)s la place à leur parole, pour d'autres ça peut la leur bloquer.

Amitiés, Ingrid




Re: Le silence en psychanalyse
Envoyé par: Cappe Nathalie (---.w82-124.abo.wanadoo.fr)
Date: Thu 5 November 2009 18:18:50

Re...
"Chose promise, chose dûe" :
Alors oui, voilà l'info. que j'annonçais. Donc, j'ai bien lu un livre sur le silence...euh, croyais-je.
Mais ma "mémoire manquée" est signifiante :
ce livre cause évidemment du silence, au moins de de façon indirecte :

De Erich Fromm, "L'art d'écouter".


Nath.Cappe.








Re: Le silence en psychanalyse
Envoyé par: Bonnet Marc (---.fbx.proxad.net)
Date: Thu 5 November 2009 19:12:52

(Attention saltimbanque)
Je viens ici pour avoir la paix. Ne plus entendre d'interprétations. Juste éprouver qu'il n'y a plus rien à dire comme lorsqu'on arrive au bout d'une jetée. Il n'y a plus qu'à regarder. Mais ce regard là est un regard sans fin comme si tout ce qu'il n'y avait plus qu'à contempler, devant la mort n'était qu'amour.


Re: Le silence en psychanalyse
Envoyé par: Enid (---.rev.libertysurf.net)
Date: Thu 5 November 2009 20:45:01

... lorsque d'une... lorsque du vent, dunant, divan, je m'y suis trouvée, comme une première fois; ------------ la première fois dans le silence sable me reposant, disant pour silence : Après m’être allongée sur le divan j’ai pensé que j’ai un sentiment d’affection pour ce geste; ------------
----------- C’est ambivalent; ----------- Mon sentiment d’affection c’est plus précisément un sentiment de tendresse.







Re: Le silence en psychanalyse
Envoyé par: Caicedo Henri (---.fbx.proxad.net)
Date: Thu 5 November 2009 23:00:15

Vincent écrivait :
« J'ai laissé de côté la question "technique" de savoir ce qu'il devrait en être du rapport de l'analyste au silence. Ma position là dessus, n'est pas favorable à ce que j'ai entendu parfois : des analystes qui se taisent "a priori", parce que c'est la règle. C'est idiot. Se taire en vertu d'une règle donnée a priori, c'est idiot. C'est peut-être rassurant de s'appuyer sur des règles, multiplier les règles comme on le voit parfois, mais on perd en souplesse assurément.
Mais : préférer "hic et nunc" choisir de ne pas parler, pour favoriser l'attention flottante (et l'association libre), ou "s'abstenir" de proférer une interprétation, je ne crois pas que ça doive être posé comme une règle a priori, mais que ça relève plutôt de l'intuition en séance, ou de l'expérience de chaque analyste. »

Le silence a priori comme une règle : voilà tout est dit car c’est cela même qui fait fuir celui qui cherche à moins souffrir, à l’idée de se confronter à la séance au silence étourdissant.

La « règle » est plutôt celle de l’association libre : ce n’est pas celle de l’alternance du silence et de la parole mais celle de la mise en place d’une dialectique qui prend la forme d’un transfert.

Par contre, l’issue du silence ne saurait pas produire nécessairement une interprétation de bon aloi, traduisant une intuition que l’expérience de l’analyste autoriserait.

Le silence n’est pas l’antichambre du sens, c’est peut être davantage un entre deux ou une entité de l’être à part entière.
Une façon d’être au monde, d’être à soi où les dires sont inutiles.

Un mauvais silence est si anxiogène.
C’est aussi pour cela que certains patients souffrant de pathologies cardiaques ont tellement du mal à se relaxer : se taire devient insupportable, une figure de la pulsion de mort.

Henri


Re: Le silence en psychanalyse
Envoyé par: Cappe Nathalie (---.w82-124.abo.wanadoo.fr)
Date: Sun 8 November 2009 17:27:26

Sur le site de F.C., émission de R.Enthoven ("Les chemins de la connaissance") le 30 Octobre, J.B.Pontalis parle du silence.

[sites.radiofrance.fr]


Re: Le silence en psychanalyse
Envoyé par: D Jean (---.w82-120.abo.wanadoo.fr)
Date: Mon 9 November 2009 10:07:46

je legere ce petit lien en attendant de retrouver mes lunettes...


[www.epel-edition.com]

page 104

L'oeil du silence

Eloge de la lecture
Jean Allouch


Re: Le silence en psychanalyse
Envoyé par: D Jean (---.w82-120.abo.wanadoo.fr)
Date: Mon 9 November 2009 12:10:35

cf émission radio france indiquée par Nath.Cappe

Merci Nathalie pour cet entretien avec Pontalis qui explique comment "ses patients" sont considérés comme "ses maîtres" qui le trouble -lui- le psychanalyste qui écoute avec son silence.

Et comment, aussi, il s'est détaché de Lacan et a écrit ses livres, et comment il s'est séparé de Sartre dont il a suivi la pensée.

La notion de maître prenant là deux chemins différents il me semble.



Re: Le silence en psychanalyse
Envoyé par: Cappe Nathalie (---.w81-249.abo.wanadoo.fr)
Date: Mon 9 November 2009 17:27:12

Oui, Jean, je trouve que JB.P. nous donne là un beau moment d'enseignement.

Tout est dit ou presque, de l'analyse.

Ce que j'ai trouvé de plus "puissant" : le silence qui ne doit pas être un "silence de mort" (enfin ça, je le savais...).
Même si, à sa manière, l'analyste "fait le mort".
le "silence oui, le mutisme non".
J'ajoute ma touche perso. : le silence de l'analyste doit être "habité". Habité, c'est à dire avec la possibilité de laisser vivre des paroles, des soupirs, de la vie quoi.
Il n'y a qu'ainsi je suppose qu'il peut être "contenant" (pour l'analysant) et non anxiogène.

Comme vous aussi, j'ai aimé ceci : Peut être analyste celui qui peut encaisser le transfert, c'est à dire d'être malmené par son patient. C'est bien qu'il dise cela, ça casse un peu le lieu commun habituel qu'anonne parfois l'aspirant psy:
Oui, les aspirant analystes se perdent le plus souvent souvent en conjecture du type "bonne conscience" :
"Oh là là, j'espère que je ne leur ferais pas de mal avec mes vieux trucs mal liquidés, à mes pauvres petits analysants...".
Alors qu'en fait, le futur analyste, il ferait mieux de se faire du souci pour...lui-même.

J'ai aimé l'histoire du récit ennuyeux qu'il faut savoir écouter quand même.
Soit : Ténacité de l'analyste entendre la vérité, "malgrè tout" :
Tenir bon le désir d'analyste. Soit ici : s'intéresser à l'obsessionnel qui fait pourtant tout pour "raser" son auditoire...(l'analyste).
J'ai aimé aussi qu'il critique le côté "Maître" de Lacan, avec l'Ecole et tout ça. Mais là, prudence : il faudrait relire toute l'histoire de cette période. Et entendre des témoignages contradictoires. Il y avait des jalousies féroces envers le créatif Lacan, l'ambiance était très passionnelle. Donc restons prudents sur les "belles" déclarations "anti-Maîtres" en référence à cette époque.

Ceci étant, JBPontalis dégage vraiment quelque chose d'authentique, de profond, et de très analytique. Merci à lui.

Nat. Cappe.


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