Une politique pour la psychanalyse : Forums du site oedipe
Ce forum a pour objet de permettre un débat autour du projet de loi sur le titre de psychothérapeute et, plus largement, d'ouvrir une discussion autour du positionnement de la psychanalyse dans la cité
la presse médicale sur internet en parle
Envoyé par: laurent le vaguerese (---.noos.net)
Date: Wed 5 November 2003 22:35:55
voici l'article que j'ai reçu du "journal International de médecine" lettre quotidienne envoyée aux médecins sur internet :
Quand une plaque ne suffit plus pour devenir psychanalyste ou psychothérapeute !
Date de création : 05 novembre 2003
Paris, le mercredi 5 novembre 2003 – Depuis le 14 octobre dernier, il n’est désormais plus possible de s’improviser psychanalyste ou psychothérapeute en apposant simplement une jolie plaque dorée sur un immeuble en pierre de taille. Avec l’amendement dit Accoyer à la loi de santé publique (article 18), adopté rapidement par l’Assemblée nationale le 14 octobre, ces professions, sont en effet désormais solidement encadrées par la loi. Cette disposition prévoit que pour écouter les souffrances des patients souhaitant faire une analyse complète de leurs vies et de leurs complexes, il faut être titulaire d’un diplôme reconnu de la faculté de médecine ou de psychologie.
Ce sont tout d’abord les leaders de ces deux professions qui sont montés au créneau pour dénoncer l’amendement. Jacques-Alain Miller, directeur du département de psychanalyse de Paris VIII, qui n’est autre que le gendre du célèbre Jacques Lacan ne décolérait plus à l’heure où il était interrogé le 25 octobre dernier par le quotidien Libération. Pour lui, il ne fait aucun doute que l’on est en présence de «l’application d’une conception néomondialiste de réforme universelle des pratiques sociales et gouvernementales, mise au point peu après la chute du mur de Berlin sous le nom de l’‘Etat Stratège’ ». La thèse d’un complot n’est pas loin quand Jacques Alain Miller affirme en outre que l’une des motivations de l’amendement Accoyer est de : «faire passer sous la toise les analystes, rabattre son caquet à la psychanalyse, dont les ‘sociomanes’ (…) pensent qu’elle a pris trop de place en France et que son influence (…) est nuisible à leur dessein d’asservissement général au supposé ‘bien commun’ ». Sans aller jusqu’à une dénonciation aussi véhémente et sans incriminer quelque «conception néomondialiste », Jacques Sédat, fondateur de l’Association pour une instance tierce des psychanalystes ne cachait pas cependant son insatisfaction et soulignait que l’amendement avait été rédigé et adopté dans une «méconnaissance de la souffrance psychique ». Seul Alain Fine, président de la Société psychanalytique de Paris freudienne orthodoxe a su trouver quelque grâce à cette nouvelle disposition. C’est sans détour qu’il déclare en effet que «l’amendement Accoyer n’est pas notre ennemi » et qu’il se félicite de l’adoption d’une mesure qui permettra enfin de faire la différence entre les psychanalystes diplômés et «ces psychothérapeutes de bazar que l’on voit un peu partout ». Il met cependant en garde contre une dérive «universitaliste » et souhaite que les commissions paritaires «qui auront à juger des expériences des uns et des autres ne soient pas composées uniquement d’universitaires mais aussi de membres des sociétés savantes ».
Puis, ce fut au tour de l’ensemble des psychothérapeutes de s’élever contre cette disposition, lors d’un colloque extraordinaire ce week-end de l’Association fédérative française des organismes de psychothérapie (Affop). Plusieurs offensives ont été lancées pour protester contre une «médicalisation » selon eux excessive de la psychothérapie. L’Affop a ainsi annoncé la rédaction prochaine d’un petit livre blanc qui aura pour vocation de révéler les pratiques actuelles des psychothérapeutes. Elle a également présenté les grands axes d’une campagne publique qui devrait bientôt s’afficher sur tous les murs de France et qui s’intitule sobrement «Touche pas à mon psy ». L’objectif est de mobiliser, notamment par le biais de pétition, l’opinion publique.
L’idée de réglementer leur profession n’est cependant pas totalement étrangère à ces psychothérapeutes fédérés. Aussi ont-ils présenté à l’occasion de ce colloque le projet d’un «contre amendement » qui laisse ouverte aux personnes ayant subi une analyse d’exercer à leur tour. Elles devront néanmoins subir un contrôle et suivre une formation dont la modalité pourrait être fixée par décret. L’Affop propose en outre la création d’un annuaire des psychothérapeutes, sur lequel devront être obligatoire inscrits tous les professionnels. © Copyright 2003 [www.jim.fr]
L.C.
Quand une plaque ne suffit plus pour devenir psychanalyste ou psychothérapeute !
Date de création : 05 novembre 2003
Paris, le mercredi 5 novembre 2003 – Depuis le 14 octobre dernier, il n’est désormais plus possible de s’improviser psychanalyste ou psychothérapeute en apposant simplement une jolie plaque dorée sur un immeuble en pierre de taille. Avec l’amendement dit Accoyer à la loi de santé publique (article 18), adopté rapidement par l’Assemblée nationale le 14 octobre, ces professions, sont en effet désormais solidement encadrées par la loi. Cette disposition prévoit que pour écouter les souffrances des patients souhaitant faire une analyse complète de leurs vies et de leurs complexes, il faut être titulaire d’un diplôme reconnu de la faculté de médecine ou de psychologie.
Ce sont tout d’abord les leaders de ces deux professions qui sont montés au créneau pour dénoncer l’amendement. Jacques-Alain Miller, directeur du département de psychanalyse de Paris VIII, qui n’est autre que le gendre du célèbre Jacques Lacan ne décolérait plus à l’heure où il était interrogé le 25 octobre dernier par le quotidien Libération. Pour lui, il ne fait aucun doute que l’on est en présence de «l’application d’une conception néomondialiste de réforme universelle des pratiques sociales et gouvernementales, mise au point peu après la chute du mur de Berlin sous le nom de l’‘Etat Stratège’ ». La thèse d’un complot n’est pas loin quand Jacques Alain Miller affirme en outre que l’une des motivations de l’amendement Accoyer est de : «faire passer sous la toise les analystes, rabattre son caquet à la psychanalyse, dont les ‘sociomanes’ (…) pensent qu’elle a pris trop de place en France et que son influence (…) est nuisible à leur dessein d’asservissement général au supposé ‘bien commun’ ». Sans aller jusqu’à une dénonciation aussi véhémente et sans incriminer quelque «conception néomondialiste », Jacques Sédat, fondateur de l’Association pour une instance tierce des psychanalystes ne cachait pas cependant son insatisfaction et soulignait que l’amendement avait été rédigé et adopté dans une «méconnaissance de la souffrance psychique ». Seul Alain Fine, président de la Société psychanalytique de Paris freudienne orthodoxe a su trouver quelque grâce à cette nouvelle disposition. C’est sans détour qu’il déclare en effet que «l’amendement Accoyer n’est pas notre ennemi » et qu’il se félicite de l’adoption d’une mesure qui permettra enfin de faire la différence entre les psychanalystes diplômés et «ces psychothérapeutes de bazar que l’on voit un peu partout ». Il met cependant en garde contre une dérive «universitaliste » et souhaite que les commissions paritaires «qui auront à juger des expériences des uns et des autres ne soient pas composées uniquement d’universitaires mais aussi de membres des sociétés savantes ».
Puis, ce fut au tour de l’ensemble des psychothérapeutes de s’élever contre cette disposition, lors d’un colloque extraordinaire ce week-end de l’Association fédérative française des organismes de psychothérapie (Affop). Plusieurs offensives ont été lancées pour protester contre une «médicalisation » selon eux excessive de la psychothérapie. L’Affop a ainsi annoncé la rédaction prochaine d’un petit livre blanc qui aura pour vocation de révéler les pratiques actuelles des psychothérapeutes. Elle a également présenté les grands axes d’une campagne publique qui devrait bientôt s’afficher sur tous les murs de France et qui s’intitule sobrement «Touche pas à mon psy ». L’objectif est de mobiliser, notamment par le biais de pétition, l’opinion publique.
L’idée de réglementer leur profession n’est cependant pas totalement étrangère à ces psychothérapeutes fédérés. Aussi ont-ils présenté à l’occasion de ce colloque le projet d’un «contre amendement » qui laisse ouverte aux personnes ayant subi une analyse d’exercer à leur tour. Elles devront néanmoins subir un contrôle et suivre une formation dont la modalité pourrait être fixée par décret. L’Affop propose en outre la création d’un annuaire des psychothérapeutes, sur lequel devront être obligatoire inscrits tous les professionnels. © Copyright 2003 [www.jim.fr]
L.C.
Re: la presse médicale sur internet en parle
Envoyé par: Ignacio Gárate (---.w81-249.abo.wanadoo.fr)
Date: Thu 6 November 2003 14:56:30
Alors soit la médecine, soit la soumission, soit l'Affop… ?
La médecine : Pourtant, l'un des éléments intéressants de la commission Clery-Melin tient en cette différence qu'elle propose entre « besoin de soin » et « demande de soin ». Le processus de la psychanalyse, les entretiens préliminaires, l'écoute analytique, passe par ce défilé où la demande transforme la réalité du « besoin ». Réglementer le « besoin » risque à son tour de faire taire la demande.
La soumission des psychologues à l'ordre médical : Si Canguilhem avait raison en 1956, et que la psychologie demeure une « philosophie sans rigueur », une « éthique sans exigence », et « une médecine sans contrôle », il peut paraître normal que ceux qui détiennent la rigueur, l'exigence et le contrôle, forcent ceux qui en sont dépourvus, à se soumettre à leurs vues en échange du « permis d'imprimer » la morale sur la souffrance psychique.
Mais, à l'instar de Socrate concluant son Dialogue avec Hippias, le psychanalyste devra dire à sont tour : « Mais, comme je le disais il y a un moment, sur cette matière-là je flotte d’une opinion à l’autre et ne suis jamais fixé, et cette incertitude n’a pas de quoi surprendre chez moi et chez tout autre ignorant ; mais que vous, les savants, vous flottiez tout comme nous, voilà qui est terrible pour nous-mêmes ; car même si nous recourons à vous, nous ne serons pas délivrés de notre incertitude. » Alors, cela devient une question éthique qui ne supporte plus la dimension vulgaire du concept de Santé et devient à nouveau une question essentielle (Canguilhem, Pin-Balma, Sables, 1982) : l'écoute ou le couteau ; soit je me rétracte pour accueillir la parole de l'autre sans la juger, soit je tranche en lui la faille de ma « furor sanandi » pour répondre à ses besoins, sans me rendre compte que, dans cette pratique de collaboration sociale, « je fais mon besoin sur lui ».
Le psychanalyste français le disait déjà en 1974, à celui qui, selon le Journal International de Médecine, « n’est autre que le gendre du célèbre Jacques Lacan », et il le disait à la télévision : « …Il est certain que se coltiner la misère, comme vous dites, c'est entrer dans le discours qui la conditionne, ne serait-ce qu'au titre d'y protester…/… Au reste les psycho —quels qu'ils soient, qui s'emploient à votre supposé coltinage, n'ont pas à protester, mais à collaborer. Qu'ils le sachent ou pas c'est ce qu'ils font. » Heureux les psychanalystes qui, n'étant pas “psycho” …quelque chose… se passent de collaborer au perfectionnement du discours capitaliste. Télévision est à lire ! (Seuil, 1974)
Mais l'Affop ? : Alors retomber dans le bon sens ? Donner des garanties ? Chartes à l'appui ? Je partage, pour une part, l'avis de Jacques Sédat : Répondre au besoin de soins est une « méconnaissance de la souffrance psychique » de sa vérité et, pourtant, c'est le propre du social que de tenter de répondre au besoin ! C'est pourquoi la psychanalyse NE PEUT QUE demeurer dans une position d'extraterritorialité par rapport au social. Ce n'est pas un pouvoir, une prébende ou un avantage, dont le Docteur Vasseur pourrait sourire en se pourléchant les babines (face à l’argument spécieux débusqué dans sa vénalité). C'est quelque chose qui accompagne son immixtion dans l'insensé : la condition de cette entrée implique le manque de quelque chose, une perte, un moins, une position négative introduite dans la positivité du continuum social (appelons-le “-fi”). Se fondre, pour exister, dans le versant des psychothérapies revient à se dénaturer. Je cite encore Lacan dans Télévision : « Dans la mesure où l'inconscient y est intéressé, il y a deux versants que livre la structure, soit le langage.
Le versant du sens, celui dont on croirait que c'est celui de l'analyse qui nous déverse du sens à flot par le bateau du sexuel.
Il est frappant que ce sens se réduise au non-sens du rapport sexuel, lequel est patent depuis toujours dans les dits de l'amour. Patent au point d'être hurlant : ce qui donne une haute idée de l'humaine pensée.
Encore y a-t-il du sens qui se fait prendre pour le bon sens, qui par dessus le marché se tient pour le sens commun. C'est le sommet du comique, à ceci près que le comique ne va pas sans le savoir du non-rapport qui est dans le coup, le coup du sexe. D'où notre dignité prend son relais voire sa relève.
Le bon sens représente la suggestion, la comédie le rire. Est-ce à dire qu'ils suffisent, outre qu'ils soient peu compatibles ? C'est là que la psychothérapie, quelle qu'elle soit tourne court, non qu'elle n'exerce pas quelque bien, mais qui ramène au pire. »
Le pire, le pire comme cette sorte de collusion incestueuse proposée par l'Affop : une pétition ! Demander à ceux qui demandent, qu’ils pétitionnent de la psychothérapie, ils sauront dès lors ce dont ils ont VRAIMENT besoin ?
La psychanalyse écoute les hurlements de l’amour qui font effraction dans la pensée humaine lorsqu’il se cognent à l’insensé du rapport sexuel. Ce n’est pas de l’ordre du besoin !
Rien ne peut donner répit, au non-sens de l'insu, même pas le pire !
La fonction paternelle est bien amère (si je puis dire) qui ne sert plus à offrir d'autre alternative que le Maître ou l'Inceste !
L’amendement Accoyer, comme la Commission Clery-Melin dans leurs bonnes intentions incontestables, introduisent la perversion dans le champ de la psychanalyse ; à terme une alternative : rentrer dans le rang (DEA + parcours analytique labellisé) et devenir plaque dorée sur fronton de pierre avec remboursement en sus, soit demeurer dans la clandestinité d’une autorisation extraterritoriale, ambassade de l’absent dans le grouillement de la cité.
Restons-en donc au dire clandestin du désir, insensé et brutal qui nous inflige, avec la violence de l'interprétation, la création d'un dire qui re-suscite ; Quoi ? Du désir en acte.
La médecine : Pourtant, l'un des éléments intéressants de la commission Clery-Melin tient en cette différence qu'elle propose entre « besoin de soin » et « demande de soin ». Le processus de la psychanalyse, les entretiens préliminaires, l'écoute analytique, passe par ce défilé où la demande transforme la réalité du « besoin ». Réglementer le « besoin » risque à son tour de faire taire la demande.
La soumission des psychologues à l'ordre médical : Si Canguilhem avait raison en 1956, et que la psychologie demeure une « philosophie sans rigueur », une « éthique sans exigence », et « une médecine sans contrôle », il peut paraître normal que ceux qui détiennent la rigueur, l'exigence et le contrôle, forcent ceux qui en sont dépourvus, à se soumettre à leurs vues en échange du « permis d'imprimer » la morale sur la souffrance psychique.
Mais, à l'instar de Socrate concluant son Dialogue avec Hippias, le psychanalyste devra dire à sont tour : « Mais, comme je le disais il y a un moment, sur cette matière-là je flotte d’une opinion à l’autre et ne suis jamais fixé, et cette incertitude n’a pas de quoi surprendre chez moi et chez tout autre ignorant ; mais que vous, les savants, vous flottiez tout comme nous, voilà qui est terrible pour nous-mêmes ; car même si nous recourons à vous, nous ne serons pas délivrés de notre incertitude. » Alors, cela devient une question éthique qui ne supporte plus la dimension vulgaire du concept de Santé et devient à nouveau une question essentielle (Canguilhem, Pin-Balma, Sables, 1982) : l'écoute ou le couteau ; soit je me rétracte pour accueillir la parole de l'autre sans la juger, soit je tranche en lui la faille de ma « furor sanandi » pour répondre à ses besoins, sans me rendre compte que, dans cette pratique de collaboration sociale, « je fais mon besoin sur lui ».
Le psychanalyste français le disait déjà en 1974, à celui qui, selon le Journal International de Médecine, « n’est autre que le gendre du célèbre Jacques Lacan », et il le disait à la télévision : « …Il est certain que se coltiner la misère, comme vous dites, c'est entrer dans le discours qui la conditionne, ne serait-ce qu'au titre d'y protester…/… Au reste les psycho —quels qu'ils soient, qui s'emploient à votre supposé coltinage, n'ont pas à protester, mais à collaborer. Qu'ils le sachent ou pas c'est ce qu'ils font. » Heureux les psychanalystes qui, n'étant pas “psycho” …quelque chose… se passent de collaborer au perfectionnement du discours capitaliste. Télévision est à lire ! (Seuil, 1974)
Mais l'Affop ? : Alors retomber dans le bon sens ? Donner des garanties ? Chartes à l'appui ? Je partage, pour une part, l'avis de Jacques Sédat : Répondre au besoin de soins est une « méconnaissance de la souffrance psychique » de sa vérité et, pourtant, c'est le propre du social que de tenter de répondre au besoin ! C'est pourquoi la psychanalyse NE PEUT QUE demeurer dans une position d'extraterritorialité par rapport au social. Ce n'est pas un pouvoir, une prébende ou un avantage, dont le Docteur Vasseur pourrait sourire en se pourléchant les babines (face à l’argument spécieux débusqué dans sa vénalité). C'est quelque chose qui accompagne son immixtion dans l'insensé : la condition de cette entrée implique le manque de quelque chose, une perte, un moins, une position négative introduite dans la positivité du continuum social (appelons-le “-fi”). Se fondre, pour exister, dans le versant des psychothérapies revient à se dénaturer. Je cite encore Lacan dans Télévision : « Dans la mesure où l'inconscient y est intéressé, il y a deux versants que livre la structure, soit le langage.
Le versant du sens, celui dont on croirait que c'est celui de l'analyse qui nous déverse du sens à flot par le bateau du sexuel.
Il est frappant que ce sens se réduise au non-sens du rapport sexuel, lequel est patent depuis toujours dans les dits de l'amour. Patent au point d'être hurlant : ce qui donne une haute idée de l'humaine pensée.
Encore y a-t-il du sens qui se fait prendre pour le bon sens, qui par dessus le marché se tient pour le sens commun. C'est le sommet du comique, à ceci près que le comique ne va pas sans le savoir du non-rapport qui est dans le coup, le coup du sexe. D'où notre dignité prend son relais voire sa relève.
Le bon sens représente la suggestion, la comédie le rire. Est-ce à dire qu'ils suffisent, outre qu'ils soient peu compatibles ? C'est là que la psychothérapie, quelle qu'elle soit tourne court, non qu'elle n'exerce pas quelque bien, mais qui ramène au pire. »
Le pire, le pire comme cette sorte de collusion incestueuse proposée par l'Affop : une pétition ! Demander à ceux qui demandent, qu’ils pétitionnent de la psychothérapie, ils sauront dès lors ce dont ils ont VRAIMENT besoin ?
La psychanalyse écoute les hurlements de l’amour qui font effraction dans la pensée humaine lorsqu’il se cognent à l’insensé du rapport sexuel. Ce n’est pas de l’ordre du besoin !
Rien ne peut donner répit, au non-sens de l'insu, même pas le pire !
La fonction paternelle est bien amère (si je puis dire) qui ne sert plus à offrir d'autre alternative que le Maître ou l'Inceste !
L’amendement Accoyer, comme la Commission Clery-Melin dans leurs bonnes intentions incontestables, introduisent la perversion dans le champ de la psychanalyse ; à terme une alternative : rentrer dans le rang (DEA + parcours analytique labellisé) et devenir plaque dorée sur fronton de pierre avec remboursement en sus, soit demeurer dans la clandestinité d’une autorisation extraterritoriale, ambassade de l’absent dans le grouillement de la cité.
Restons-en donc au dire clandestin du désir, insensé et brutal qui nous inflige, avec la violence de l'interprétation, la création d'un dire qui re-suscite ; Quoi ? Du désir en acte.
Re: la presse médicale sur internet en parle
Envoyé par: Virginie Megglé (---.club-internet.fr)
Date: Thu 6 November 2003 23:00:32
Qu'entendez-vous par "bonnes intentions incontestables"? Comment pourriez-vous les formuler?
Re: la presse médicale sur internet en parle
Envoyé par: Ignacio Gárate (---.w81-51.abo.wanadoo.fr)
Date: Fri 7 November 2003 01:44:22
Ce sont les "bonnes intentions" dont "l'enfer est pavé", comme on dit. Il y a un véritable problème d'attention primaire dans le champ de la Santé Mentale; dès lors et avec les meilleures intentions du monde, les pouvoirs publiques:
1) gèrent à l'économie les frais des soins psychothérapeutiques (psychiatres + psychologues au moindre coût)
2) organisent la carte géographique d'une sectorisation contrôlée des psychothérapies;
Le problème c'est qu'à vouloir organiser et contrôler, ils cassent ce qui aujourd'hui fonctionne, et ne fonctionne pas si mal.
La psychanalyse se méfie depuis longtemps autant de l'enfer du devoir que de celui des bonnes intentions, mais nous sommes concernés aussi par cette agression qui consiste à vouloir le bien des autres, et tous ceux qui ont accepté de déguiser leur activité sous la protection sociale des feuilles de soin, sont co-responsables du projet de contrôle qui s'organise aujourd'hui.
1) gèrent à l'économie les frais des soins psychothérapeutiques (psychiatres + psychologues au moindre coût)
2) organisent la carte géographique d'une sectorisation contrôlée des psychothérapies;
Le problème c'est qu'à vouloir organiser et contrôler, ils cassent ce qui aujourd'hui fonctionne, et ne fonctionne pas si mal.
La psychanalyse se méfie depuis longtemps autant de l'enfer du devoir que de celui des bonnes intentions, mais nous sommes concernés aussi par cette agression qui consiste à vouloir le bien des autres, et tous ceux qui ont accepté de déguiser leur activité sous la protection sociale des feuilles de soin, sont co-responsables du projet de contrôle qui s'organise aujourd'hui.
Re: la presse médicale sur internet en parle
Envoyé par: Christian Jeanclaude (195.154.39.---)
Date: Fri 7 November 2003 13:40:00
L'impression d'ignorance de la part de la gente médicale se confirme ici.
On peut lire au sujet des intentions de l'AFFOP :
" L’idée de réglementer leur profession n’est cependant pas totalement étrangère à ces psychothérapeutes fédérés. Aussi ont-ils présenté à l’occasion de ce colloque le projet d’un «contre amendement » qui laisse ouverte aux personnes ayant subi une analyse d’exercer à leur tour ".
Personne ayant subi une analyse ? de quelle analyse s'agit-il ici ? l'amalgame est entretenu, cultivé, objet de jouissance ad lib.
J'aime bien aussi le " ayant subi ", comme si un analysant en psychanalyse subissait (passivement je suppose) le diktat de son analyste.
Il est bien difficile d'envisager de débattre avec l'ignorance entretenue, avec une certaine mauvaise foi faussement naïve qui cache en fait une grosse entreprise de démolition.
Bien que le mot psychanalyse ne figure pas dans l'amendement, bien que beaucoup de psychanalystes se cramponnent à la lettre du texte et prétendent que la psychanalyse n'a rien à voir avec la psychothérapie (à mon avis, il s'agit d'une grosse dénégation !), l'amalgame ci-dessus souligné démontre le contraire. Que même en parlant de psychothérapie, les mots choisis font implicitement référence à l'analyse.
C'est quand même incroyable cette histoire que subitement, dans la tête de ceux qui n'aime pas Freud et ses héritiers, tout ce qui est psy devient psychanalyse, y compris je suppose certaines "néo-psychothérapies" new age qui consiste à se bourrer l'encéphale d'informations positives pour détruire les négatives... quand il ne s'agit pas carrément d'ondes.
On sait où les ondes ont mené le pauvre Reich (orgonon).
CJ
On peut lire au sujet des intentions de l'AFFOP :
" L’idée de réglementer leur profession n’est cependant pas totalement étrangère à ces psychothérapeutes fédérés. Aussi ont-ils présenté à l’occasion de ce colloque le projet d’un «contre amendement » qui laisse ouverte aux personnes ayant subi une analyse d’exercer à leur tour ".
Personne ayant subi une analyse ? de quelle analyse s'agit-il ici ? l'amalgame est entretenu, cultivé, objet de jouissance ad lib.
J'aime bien aussi le " ayant subi ", comme si un analysant en psychanalyse subissait (passivement je suppose) le diktat de son analyste.
Il est bien difficile d'envisager de débattre avec l'ignorance entretenue, avec une certaine mauvaise foi faussement naïve qui cache en fait une grosse entreprise de démolition.
Bien que le mot psychanalyse ne figure pas dans l'amendement, bien que beaucoup de psychanalystes se cramponnent à la lettre du texte et prétendent que la psychanalyse n'a rien à voir avec la psychothérapie (à mon avis, il s'agit d'une grosse dénégation !), l'amalgame ci-dessus souligné démontre le contraire. Que même en parlant de psychothérapie, les mots choisis font implicitement référence à l'analyse.
C'est quand même incroyable cette histoire que subitement, dans la tête de ceux qui n'aime pas Freud et ses héritiers, tout ce qui est psy devient psychanalyse, y compris je suppose certaines "néo-psychothérapies" new age qui consiste à se bourrer l'encéphale d'informations positives pour détruire les négatives... quand il ne s'agit pas carrément d'ondes.
On sait où les ondes ont mené le pauvre Reich (orgonon).
CJ
Re: la presse médicale sur internet en parle
Envoyé par: Virginie Megglé (---.club-internet.fr)
Date: Fri 7 November 2003 14:03:29
Merci pour la réponse
Elle va bien dans le sens que je pensais avoir perçu dans vos propos. Je préférais m'en assurer.
Je ne crois pas en effet que la volonté de contrôle et la volonté de faire contrôler par l'état une quelconque activité rémunératrice - et productrice de reconnaissance privée - relève d'une bonne intention telle qu'elle prétend s'afficher au public (et telle que plusieurs médias s'en font le relais), sauf à mettre cette dernière entre guillemets pour en souligner l'emploi péjoratif... au second degré et la valeur polémique.
Le problème est bien là.
Cela n'est pas sans analogie avec le lien de Gide entre la bonne littérature et les bons sentiments...
Santé, liberté, qualité, légitimité, droit, respect, philosophie, déontologie... etc... et bonnes intentions?
Ces dernières avouées en cache le plus souvent d'autres inavouées car inavouables et non recevables au nom des principes flatteurs et pré-texte avancés. En effet, le "bien public" ne s'y retrouverait guère...
Et celles affichées supposent en général en politique en tout cas que celles de l'adversaire sont par définition mauvaises.
Et ainsi ressort l'épouvantail... qu'agite régulièrement celui qui défend son fond de commerce ou celui qui veut détourner l'attention (du bon public) pour s'emparer d'un bien qui ne lui appartient pas. Quand bien même serait-ce au nom de l'état...
Il sera peut-être question dorénavent d'une psychanalyse qui ignorerait ou dénierait l'inconscient parce que c'est comme ça... l'inconscient ça n'existerait... La littérature non plus d'ailleurs... Et Proust et Nathalie Sarraute seraient tout autant que Freud, Winicott, Lacan des fictions de charlatans...
Dans quel État va se retrouver la santé?
Elle va bien dans le sens que je pensais avoir perçu dans vos propos. Je préférais m'en assurer.
Je ne crois pas en effet que la volonté de contrôle et la volonté de faire contrôler par l'état une quelconque activité rémunératrice - et productrice de reconnaissance privée - relève d'une bonne intention telle qu'elle prétend s'afficher au public (et telle que plusieurs médias s'en font le relais), sauf à mettre cette dernière entre guillemets pour en souligner l'emploi péjoratif... au second degré et la valeur polémique.
Le problème est bien là.
Cela n'est pas sans analogie avec le lien de Gide entre la bonne littérature et les bons sentiments...
Santé, liberté, qualité, légitimité, droit, respect, philosophie, déontologie... etc... et bonnes intentions?
Ces dernières avouées en cache le plus souvent d'autres inavouées car inavouables et non recevables au nom des principes flatteurs et pré-texte avancés. En effet, le "bien public" ne s'y retrouverait guère...
Et celles affichées supposent en général en politique en tout cas que celles de l'adversaire sont par définition mauvaises.
Et ainsi ressort l'épouvantail... qu'agite régulièrement celui qui défend son fond de commerce ou celui qui veut détourner l'attention (du bon public) pour s'emparer d'un bien qui ne lui appartient pas. Quand bien même serait-ce au nom de l'état...
Il sera peut-être question dorénavent d'une psychanalyse qui ignorerait ou dénierait l'inconscient parce que c'est comme ça... l'inconscient ça n'existerait... La littérature non plus d'ailleurs... Et Proust et Nathalie Sarraute seraient tout autant que Freud, Winicott, Lacan des fictions de charlatans...
Dans quel État va se retrouver la santé?
vouloir le bien des autres
Envoyé par: Christian Jeanclaude (195.154.39.---)
Date: Fri 7 November 2003 14:33:32
"La psychanalyse se méfie depuis longtemps autant de l'enfer du devoir que de celui des bonnes intentions, mais nous sommes concernés aussi par cette agression qui consiste à vouloir le bien des autres, et tous ceux qui ont accepté de déguiser leur activité sous la protection sociale des feuilles de soin, sont co-responsables du projet de contrôle qui s'organise aujourd'hui."
Ignacio Gárate
Parfaitement juste.
Tout cela commence par les parents qui, sous prétexte de vouloir le bien des enfants, en font les otages de leur névrose, puis par les éducateurs, etc... et tout ceci trempé dans un surmoi collectif inféodé à l'idéologie du moment.
Celui qui y résiste est vite considéré comme souffrant de " troubles mentaux " et on l'envoie chez le "psy" prié qu'il est, celui-ci, de remettre le déviant sur le bon chemin (bon chemin, bonnes intentions devenus pensées positives). Voir par exemple ces pauvres gamins hyperkinésiques qu'on gave de drogues, alors que peut-être ne sont-ils que très très mal dans leurs basketts (par exemple en état d'excitation induit par des parents quelque peu incestuel [Racamier]).
Evidemment, le psychanalyste qui est un "méchant", c'est connu, ne cherchera certainement pas à remettre l'analysant dans le bon chemin, sinon d'espèrer l'amener à réinventer un chemin qui lui permette de respirer, et ceci en dehors de toute référence sociale, sinon l'éthique élémentaire de la Loi.
Le psychanalyste n'est pavé d'aucune intention; il n'accepte pas la mendicité (d'affection par exemple), il saute par dessus la psychopathologie (qu'il connaît par coeur évidement pour mieux l'oublier au moment d'écouter), il est simplement patient, bienveillant (il faut bien s'entendre sur ce terme : le respect de la souffrance d'autrui n'implique pas de s'identifier jusqu'à la noyade) et il écoute pour tenter d'épingler des émergences/fulgurances dans le discours de l'analysant. Bref, il est plein d'amour (déplacement de la libido narcissique vers la libido d'objet : def. de Freud) car il respecte la vérité du sujet.
Il ne veut pas le bien des autres... il veut le bien tout court (il haït, je crois, tout ce qui procède de la pulsion de mort, tous ces diverticules y compris les plus infinitésimaux... c'est souvent ses tripes qui le renseignent initialement, avant la mise en mots, car sa propre analyse lui a mis la tête dans ses propres entités mortifères et il en a conçu un dégoût).
Alors le bien des autres ?
Les autres, ici, ce sont les analysants, et si évaluation d'analyste il devrait y avoir, seuls les analysants devraient avoir ce droit.
Et de ce point de vue, comme je le disais dans une autre intervention sur ce forum, combien de procès y-a-t-il en France de la part d'analysants contre des analystes pour mauvaise pratique ? Combien s'il vous plaît ? C'eût été un critère pertinent pour un amendement type Accoyer si les psychanalystes avaient été responsables de la ruine de la justice pour cause d'engorgement de plaintes pour "malpractice".
Que vont-ils devenir les analysants qui ont choisi en toute conscience d'engager un travail chez des psychanalystes NINI (NI psychiatre, NI psychologue) si ceux-ci sont priés de quitter la scène sociale ?
Je ne suis pas convaincu que ces analysants aient le sentiment que les pouvoirs publics aient oeuvrés pour leur bien.
CJ
Ignacio Gárate
Parfaitement juste.
Tout cela commence par les parents qui, sous prétexte de vouloir le bien des enfants, en font les otages de leur névrose, puis par les éducateurs, etc... et tout ceci trempé dans un surmoi collectif inféodé à l'idéologie du moment.
Celui qui y résiste est vite considéré comme souffrant de " troubles mentaux " et on l'envoie chez le "psy" prié qu'il est, celui-ci, de remettre le déviant sur le bon chemin (bon chemin, bonnes intentions devenus pensées positives). Voir par exemple ces pauvres gamins hyperkinésiques qu'on gave de drogues, alors que peut-être ne sont-ils que très très mal dans leurs basketts (par exemple en état d'excitation induit par des parents quelque peu incestuel [Racamier]).
Evidemment, le psychanalyste qui est un "méchant", c'est connu, ne cherchera certainement pas à remettre l'analysant dans le bon chemin, sinon d'espèrer l'amener à réinventer un chemin qui lui permette de respirer, et ceci en dehors de toute référence sociale, sinon l'éthique élémentaire de la Loi.
Le psychanalyste n'est pavé d'aucune intention; il n'accepte pas la mendicité (d'affection par exemple), il saute par dessus la psychopathologie (qu'il connaît par coeur évidement pour mieux l'oublier au moment d'écouter), il est simplement patient, bienveillant (il faut bien s'entendre sur ce terme : le respect de la souffrance d'autrui n'implique pas de s'identifier jusqu'à la noyade) et il écoute pour tenter d'épingler des émergences/fulgurances dans le discours de l'analysant. Bref, il est plein d'amour (déplacement de la libido narcissique vers la libido d'objet : def. de Freud) car il respecte la vérité du sujet.
Il ne veut pas le bien des autres... il veut le bien tout court (il haït, je crois, tout ce qui procède de la pulsion de mort, tous ces diverticules y compris les plus infinitésimaux... c'est souvent ses tripes qui le renseignent initialement, avant la mise en mots, car sa propre analyse lui a mis la tête dans ses propres entités mortifères et il en a conçu un dégoût).
Alors le bien des autres ?
Les autres, ici, ce sont les analysants, et si évaluation d'analyste il devrait y avoir, seuls les analysants devraient avoir ce droit.
Et de ce point de vue, comme je le disais dans une autre intervention sur ce forum, combien de procès y-a-t-il en France de la part d'analysants contre des analystes pour mauvaise pratique ? Combien s'il vous plaît ? C'eût été un critère pertinent pour un amendement type Accoyer si les psychanalystes avaient été responsables de la ruine de la justice pour cause d'engorgement de plaintes pour "malpractice".
Que vont-ils devenir les analysants qui ont choisi en toute conscience d'engager un travail chez des psychanalystes NINI (NI psychiatre, NI psychologue) si ceux-ci sont priés de quitter la scène sociale ?
Je ne suis pas convaincu que ces analysants aient le sentiment que les pouvoirs publics aient oeuvrés pour leur bien.
CJ
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