Une politique pour la psychanalyse : Forums du site oedipe
Ce forum a pour objet de permettre un débat autour du projet de loi sur le titre de psychothérapeute et, plus largement, d'ouvrir une discussion autour du positionnement de la psychanalyse dans la cité
Un appel de Pierre Delion
Envoyé par: Le Vaguerèse Laurent (Modérateur)
Date: Mon 20 April 2009 11:44:40
LETTRE OUVERTE AUX PARENTS D’ENFANTS D’ADOLESCENTS ET D’ADULTES AUTISTES, A LEURS PROFESSIONNELS EDUCATEURS PEDAGOGUES ET SOIGNANTS
Pierre Delion
Avril 2009
Depuis plusieurs années, quelques rares parents d’enfants autistes règnent dans le monde des associations de parents d’enfants autistes par la terreur, les dénonciations, les calomnies ad hominem et la manipulation médiatique. Jusqu’à présent, nous étions un certain nombre de professionnels de la pédopsychiatrie à y voir le signe d’une souffrance telle qu’en vivent tous les parents dont un enfant est touché par une maladie, un handicap ou une difficulté majeure qui met en jeu son présent et son avenir. Entre-temps, les pratiques et les prises en charge éducatives, pédagogiques et thérapeutiques ont progressé quelquefois de manière notable, notamment en ce qui concerne les neurosciences, mais aussi les techniques éducatives et les psychothérapies intensives. Aujourd’hui, les équipes de pédopsychiatrie françaises se forment activement pour se situer dans cette perspective intégrative, réorganisent leurs dispositifs pour y accueillir les aspects complémentaires nécessaires pour la prise en charge de chaque enfant et engagent des réflexions cliniques, psychopathologiques et thérapeutiques en tenant compte des avancées des neurosciences, notamment dans la pratique des bilans diagnostiques, mais aussi dans l’élaboration d’hypothèses intégrant les différents aspects complémentaires.
Nous arrivons ainsi à ce que d’aucuns appellent une « pédopsychiatrie intégrative » qui conjugue sous l’égide des parents, un développement des aides éducatives pour tous les enfants qui en ont besoin, une approche pédagogique à chaque fois que c’est possible et un soutien thérapeutique quand c’est nécessaire. Cette approche plurielle nécessite de se concerter avec les partenaires autour de l’enfant de façon à lui apporter au plus près de ses besoins définis lors du bilan, du diagnostic et des indications de prises en charge, les différentes aides nécessaires. Dans ces perspectives intégratives, le rôle de l’équipe de pédopsychiatrie est de proposer les soins dont chaque enfant a besoin en fonction de son histoire pathologique, de ses symptômes actuels et d’autres éléments qui sont déterminés par les ressources existant autour de l’enfant et de sa famille. C’est ainsi que certains enfants présentant des symptômes très préoccupants tels que les très graves automutilations, une violence mettant en péril la vie familiale, la poursuite de leurs soins et de leur intégration scolaire et finalement leur développement, peuvent recevoir des soins spécifiques tels que le packing ou enveloppements humides, ou une approche avec la pataugeoire, ou tout autre média qui peut faciliter l’instauration du lien avec l’enfant atteint de Troubles Evolutif du Développement, et qui constituent autant de moyens utilisés par les équipes soignantes et souvent éducatives pour rentrer en contact avec ces enfants. Dans le grand ensemble de ces approches, le packing est une technique de soin qui appartient au groupe des techniques d’enveloppement requises pour rassembler le corps d’un enfant qui manque de contenance du fait de sa pathologie. Elle consiste à envelopper doucement un enfant qui garde ses sous vêtements, dans des serviettes trempées dans l’eau à la température du robinet (autour de dix degrés) jusqu’au cou, puis dans un drap sec, puis dans un tissu imperméable qui permettra un réchauffement rapide et dans deux couvertures chaudes. L’enveloppement dure environ une minute et en quelques minutes (deux à cinq), le corps de l’enfant se réchauffe soudainement produisant chez lui une détente musculaire importante, le surgissement de sourires et éventuellement de sons (et de paroles quand il a accès au langage) et d’échanges par le regard. La séance dure entre quarante cinq et soixante minutes et se termine par le « désenveloppement » de l’enfant, son rhabillage et le partage d’une collation avec les soignants qui sont restés avec lui pendant la séance. En fonction de la pathologie de l’enfant, l’équipe peut lui prodiguer plusieurs séances par semaine quand l’effectif des soignants le permet. Ces traitements peuvent durer plusieurs semaines ou mois en fonction de l’évolution clinique.
Dans tous les cas, les parents donnent leur accord à cette prise en charge pour laquelle ils sont informés loyalement des effets attendus.
Nous voyons désormais un grand nombre de professionnels participant à des équipes d’établissements du médicosocial venir nous demander d’apprendre la technique pour en faire bénéficier les enfants et les adolescents qu’ils accueillent. Quand c’est possible, la prise en charge par packing commence en milieu hospitalier et se poursuit dans l’établissement médicosocial avec des réunions de supervision communes aux équipes thérapeutiques et médicosociales dans le cadre d’une pratique de psychiatrie de secteur. La pratique de cette technique permet de ne pas utiliser les médicaments psychotropes de façon excessive et facilite la restauration des échanges entre l’enfant et ceux qui le prennent en charge, et donc avec ses parents et sa fratrie.
Les reproches qui sont faits aux praticiens du packing au sujet du fait qu’ils ne demandent pas leur avis aux enfants ne sont pas recevables puisque dans les cas de la plupart de ces enfants, leur avis ne serait pas suffisant du fait de l’importance de leur retard de langage voire de leur déficience co-morbide, ce qui vaut pour tous les soins qui sont indiqués pour les enfants en question, et que ce sont les parents qui doivent donner un accord éclairé pour les soins proposés à leur enfant. Dans certains cas d’enfants qui parlent, nous leur présentons la technique et demandons aux parents d’en parler avec eux de leur côté. Et il n’est pas rare de voir un enfant sans langage nous prendre par la main lors des jours qui suivent les premières séances pour nous conduire dans la salle dans laquelle son enveloppement est réalisé. Ces reproches montrent à quel point un malentendu existe puisque nous ne parlons manifestement pas des mêmes enfants autistes : les uns ont un pronostic relativement favorable et peuvent bénéficier pleinement des approches éducatives si les parents le souhaitent, tandis que d’autres ont absolument besoin d’approches thérapeutiques du fait de la gravité de leur tableau clinique. Les praticiens sont dans l’obligation de tenir compte de tous les cas et ne peuvent s’en tenir à généraliser à partir d’un seul exemple. Et les parents le comprennent habituellement sans difficulté.
Enfin, cette technique fait l’objet de l’expérience de très nombreuses équipes, et depuis plus de dix ans, des demandes ont été faites pour obtenir la possibilité d’en évaluer les effets thérapeutiques en référence aux critères habituellement reconnus en médecine et en psychiatrie sous la forme de dossiers de Programme Hospitalier de Recherche Clinique. Après plusieurs demandes déposées auprès des commissions ad hoc, un Programme Hospitalier de Recherche Clinique National a été obtenu en 2007, suivi d’un avis favorable du Comité de Protection des Personnes du CHRU de Lille ( à l’unanimité et à bulletin secret) fin 2008. Nous venons donc de rassembler tous les éléments qui nous permettent de lancer cette recherche pour démontrer les effets de cette méthode et en évaluer l’efficacité. Je rappelle qu’une telle évaluation ne peut être entreprise que si la technique est réalisée en fonction de critères éthiques admis par la communauté scientifique médicale. Ce qui est le cas pour notre recherche.
Nous voici donc dans la position paradoxale d’avoir enfin réuni les éléments permettant d’évaluer clairement et rigoureusement ce que l’expérience nous montre depuis longtemps. Et c’est précisément à ce moment-là que des voix s’élèvent pour demander un arrêt de ces pratiques, sans avoir pris la précaution de se renseigner suffisamment sur elles ni auprès de ceux qui la proposent. Et loin de le faire dans un esprit consistant à s’informer à partir des expériences de ceux qui en expriment le besoin, à savoir des professionnels posant les indications de soins par packing pour les raisons déjà évoquées, mais aussi plus fréquemment que ces détracteurs ne veulent le reconnaître, par des parents qui y trouvent une réponse aux symptômes épouvantables que sont, entre autres, les automutilations graves.
APPEL POUR LA DEFENSE DES SOINS PEDOPSYCHIATRIQUES INTéGRéS
AUX PERSONNES AUTISTES
Je demande à tous les parents qui bénéficient pour leurs enfants de prises en charge dans les secteurs de pédopsychiatrie de France de nous aider à aider leurs enfants dans la poursuite de la mise en œuvre de telles prises en charge avec tous les partenaires nécessaires, étant entendu que ces équipes qui les accueillent sont dans un processus de formation à l’intégration des différents aspects complémentaires : l’éducatif, la pédagogie et les soins psychiques.
Je demande à tous les professionnels des équipes de pédopsychiatrie française de se ressaisir, et de ne pas continuer à accepter les calomnies dont nous sommes aujourd’hui pratiquement tous victimes de façon scandaleuse et injustifiée, et de développer avec les parents des enfants qu’ils accueillent dans le cadre d’une politique de secteur bien comprise, des actions qui visent à montrer que les agresseurs ne sont pas les seuls à pouvoir parler de l’autisme de façon autorisée, et notamment de ce qu’ils ne connaissent pas personnellement, ce que leurs calomnies montre de façon éclatante ; j’en profite pour dire qu’il ne suffit pas de lire des informations sur internet pour devenir compétent de ce seul fait. Si je répugne à demander aux parents de nous aider, je crois qu’aujourd’hui, après avoir observé en silence les dégâts réalisés par notre attitude antérieure de neutralité bienveillante, il n’est plus possible de laisser se répandre de telles manifestations de haine sans que cela ait des conséquences sur le travail que nous menons.
Je demande aux scientifiques de faire l’effort conceptuel d’avancer sur les chemins des neurosciences autant que faire se peut, mais sans réduire les pratiques admises aux seuls résultats validés. Par définition, avant d’être validés toutes les hypothèses doivent pouvoir être envisagées, posées, travaillées, sans courir le risque d’être disqualifiées pour des raisons idéologiques, si les conditions éthiques dans lesquelles ces soins se délivrent font l’objet d’un consensus accepté par les instances concernées. Je ne parle pas là des caricatures toujours faciles à faire pour dénigrer celui qu’on veut déstabiliser sous le couvert de la science. J’ai trop de respect pour la démarche scientifique pour accepter qu’elle soit dénaturée au service d’idéologies douteuses.
Je demande aux politiques de ne pas tomber dans la posture démagogique qui consisterait à tenir compte de ceux qui font le plus de bruits sans tenir compte des différents points de vue concernés. Bien au contraire, nous avons vu que c’est de la mobilisation des parents d’enfants autistes qu’est venue la possibilité de faire remonter auprès des décideurs les manques insondables en matière de prises en charge sur tout le territoire national. Ils doivent tenir compte de l’ensemble de la problématique présentée, et aussi prendre en considération les avis exprimés par les professionnels et leurs représentants. C’est de cette articulation fondamentale que leur rôle pourra produire les meilleurs effets de déblocage des crispations insupportables auxquelles nous sommes arrivés.
Je demande aux administrations nationales, régionales et locales de nous aider à mettre autour de la table de discussion, quitte à se faire aider d’un médiateur, tous les partenaires qui gravitent autour de la question de l’autisme pour que le dialogue qui est le seul ressort sur lequel nous pourrons avancer puisse devenir le scénario le plus fréquent, à défaut d’être le plus facile à réaliser.
Je demande aux médias dont le rôle de quatrième pouvoir se vérifie de plus en plus, de continuer à tenir bon sur leur rôle qui consiste à informer le citoyen de la façon la plus objective possible en donnant la parole aux différentes parties en présence, et de ne pas tomber dans une utilisation pervertie de leur outil, qui accentuerait, déformerait et conflictualiserait les souffrances des uns contre les autres dans une visée médiamétrique aux effets ravageurs sur les personnes directement concernées, alors que cet outil recèle des possibilités pédagogiques énormes quand il est justement utilisé. La psychiatrie est aujourd’hui un bouc émissaire trop facile à désigner. Les professionnels qui y travaillent font dans la plupart des cas tout ce qui est dans leurs capacités pour rester humains dans la relation qu’ils instaurent avec les patients qui leur sont confiés. A trop leur faire porter l’ensemble des malheurs qui touchent la population des personnes autistes, on risque d’aboutir à un « burn out » généralisé qui aurait des conséquences désastreuses en matière de psychiatrie, et in fine, sur le plan sociétal ; à ce titre, les médias peuvent nous aider puissamment à un véritable débat démocratique.
Je demande enfin à tous les citoyens de ce pays de ne pas oublier que nous sommes des corps et des esprits humains, dont les deux aspects sont inséparables. Une maladie, même d’origine génétique ou neurologique, connaît toujours des développements qui englobent le psychisme du malade, et contribuer à une meilleure santé nécessite d’associer des approches physiques et psychiques pour y parvenir. Les soins psychiques proposés par les équipes de psychiatrie de secteur ont aujourd’hui pour objectif d’aider à cette démarche dans un climat pacifié. Toute polémique haineuse ne peut qu’en minimiser les effets bénéfiques attendus.
Pierre Delion
Avril 2009
Depuis plusieurs années, quelques rares parents d’enfants autistes règnent dans le monde des associations de parents d’enfants autistes par la terreur, les dénonciations, les calomnies ad hominem et la manipulation médiatique. Jusqu’à présent, nous étions un certain nombre de professionnels de la pédopsychiatrie à y voir le signe d’une souffrance telle qu’en vivent tous les parents dont un enfant est touché par une maladie, un handicap ou une difficulté majeure qui met en jeu son présent et son avenir. Entre-temps, les pratiques et les prises en charge éducatives, pédagogiques et thérapeutiques ont progressé quelquefois de manière notable, notamment en ce qui concerne les neurosciences, mais aussi les techniques éducatives et les psychothérapies intensives. Aujourd’hui, les équipes de pédopsychiatrie françaises se forment activement pour se situer dans cette perspective intégrative, réorganisent leurs dispositifs pour y accueillir les aspects complémentaires nécessaires pour la prise en charge de chaque enfant et engagent des réflexions cliniques, psychopathologiques et thérapeutiques en tenant compte des avancées des neurosciences, notamment dans la pratique des bilans diagnostiques, mais aussi dans l’élaboration d’hypothèses intégrant les différents aspects complémentaires.
Nous arrivons ainsi à ce que d’aucuns appellent une « pédopsychiatrie intégrative » qui conjugue sous l’égide des parents, un développement des aides éducatives pour tous les enfants qui en ont besoin, une approche pédagogique à chaque fois que c’est possible et un soutien thérapeutique quand c’est nécessaire. Cette approche plurielle nécessite de se concerter avec les partenaires autour de l’enfant de façon à lui apporter au plus près de ses besoins définis lors du bilan, du diagnostic et des indications de prises en charge, les différentes aides nécessaires. Dans ces perspectives intégratives, le rôle de l’équipe de pédopsychiatrie est de proposer les soins dont chaque enfant a besoin en fonction de son histoire pathologique, de ses symptômes actuels et d’autres éléments qui sont déterminés par les ressources existant autour de l’enfant et de sa famille. C’est ainsi que certains enfants présentant des symptômes très préoccupants tels que les très graves automutilations, une violence mettant en péril la vie familiale, la poursuite de leurs soins et de leur intégration scolaire et finalement leur développement, peuvent recevoir des soins spécifiques tels que le packing ou enveloppements humides, ou une approche avec la pataugeoire, ou tout autre média qui peut faciliter l’instauration du lien avec l’enfant atteint de Troubles Evolutif du Développement, et qui constituent autant de moyens utilisés par les équipes soignantes et souvent éducatives pour rentrer en contact avec ces enfants. Dans le grand ensemble de ces approches, le packing est une technique de soin qui appartient au groupe des techniques d’enveloppement requises pour rassembler le corps d’un enfant qui manque de contenance du fait de sa pathologie. Elle consiste à envelopper doucement un enfant qui garde ses sous vêtements, dans des serviettes trempées dans l’eau à la température du robinet (autour de dix degrés) jusqu’au cou, puis dans un drap sec, puis dans un tissu imperméable qui permettra un réchauffement rapide et dans deux couvertures chaudes. L’enveloppement dure environ une minute et en quelques minutes (deux à cinq), le corps de l’enfant se réchauffe soudainement produisant chez lui une détente musculaire importante, le surgissement de sourires et éventuellement de sons (et de paroles quand il a accès au langage) et d’échanges par le regard. La séance dure entre quarante cinq et soixante minutes et se termine par le « désenveloppement » de l’enfant, son rhabillage et le partage d’une collation avec les soignants qui sont restés avec lui pendant la séance. En fonction de la pathologie de l’enfant, l’équipe peut lui prodiguer plusieurs séances par semaine quand l’effectif des soignants le permet. Ces traitements peuvent durer plusieurs semaines ou mois en fonction de l’évolution clinique.
Dans tous les cas, les parents donnent leur accord à cette prise en charge pour laquelle ils sont informés loyalement des effets attendus.
Nous voyons désormais un grand nombre de professionnels participant à des équipes d’établissements du médicosocial venir nous demander d’apprendre la technique pour en faire bénéficier les enfants et les adolescents qu’ils accueillent. Quand c’est possible, la prise en charge par packing commence en milieu hospitalier et se poursuit dans l’établissement médicosocial avec des réunions de supervision communes aux équipes thérapeutiques et médicosociales dans le cadre d’une pratique de psychiatrie de secteur. La pratique de cette technique permet de ne pas utiliser les médicaments psychotropes de façon excessive et facilite la restauration des échanges entre l’enfant et ceux qui le prennent en charge, et donc avec ses parents et sa fratrie.
Les reproches qui sont faits aux praticiens du packing au sujet du fait qu’ils ne demandent pas leur avis aux enfants ne sont pas recevables puisque dans les cas de la plupart de ces enfants, leur avis ne serait pas suffisant du fait de l’importance de leur retard de langage voire de leur déficience co-morbide, ce qui vaut pour tous les soins qui sont indiqués pour les enfants en question, et que ce sont les parents qui doivent donner un accord éclairé pour les soins proposés à leur enfant. Dans certains cas d’enfants qui parlent, nous leur présentons la technique et demandons aux parents d’en parler avec eux de leur côté. Et il n’est pas rare de voir un enfant sans langage nous prendre par la main lors des jours qui suivent les premières séances pour nous conduire dans la salle dans laquelle son enveloppement est réalisé. Ces reproches montrent à quel point un malentendu existe puisque nous ne parlons manifestement pas des mêmes enfants autistes : les uns ont un pronostic relativement favorable et peuvent bénéficier pleinement des approches éducatives si les parents le souhaitent, tandis que d’autres ont absolument besoin d’approches thérapeutiques du fait de la gravité de leur tableau clinique. Les praticiens sont dans l’obligation de tenir compte de tous les cas et ne peuvent s’en tenir à généraliser à partir d’un seul exemple. Et les parents le comprennent habituellement sans difficulté.
Enfin, cette technique fait l’objet de l’expérience de très nombreuses équipes, et depuis plus de dix ans, des demandes ont été faites pour obtenir la possibilité d’en évaluer les effets thérapeutiques en référence aux critères habituellement reconnus en médecine et en psychiatrie sous la forme de dossiers de Programme Hospitalier de Recherche Clinique. Après plusieurs demandes déposées auprès des commissions ad hoc, un Programme Hospitalier de Recherche Clinique National a été obtenu en 2007, suivi d’un avis favorable du Comité de Protection des Personnes du CHRU de Lille ( à l’unanimité et à bulletin secret) fin 2008. Nous venons donc de rassembler tous les éléments qui nous permettent de lancer cette recherche pour démontrer les effets de cette méthode et en évaluer l’efficacité. Je rappelle qu’une telle évaluation ne peut être entreprise que si la technique est réalisée en fonction de critères éthiques admis par la communauté scientifique médicale. Ce qui est le cas pour notre recherche.
Nous voici donc dans la position paradoxale d’avoir enfin réuni les éléments permettant d’évaluer clairement et rigoureusement ce que l’expérience nous montre depuis longtemps. Et c’est précisément à ce moment-là que des voix s’élèvent pour demander un arrêt de ces pratiques, sans avoir pris la précaution de se renseigner suffisamment sur elles ni auprès de ceux qui la proposent. Et loin de le faire dans un esprit consistant à s’informer à partir des expériences de ceux qui en expriment le besoin, à savoir des professionnels posant les indications de soins par packing pour les raisons déjà évoquées, mais aussi plus fréquemment que ces détracteurs ne veulent le reconnaître, par des parents qui y trouvent une réponse aux symptômes épouvantables que sont, entre autres, les automutilations graves.
APPEL POUR LA DEFENSE DES SOINS PEDOPSYCHIATRIQUES INTéGRéS
AUX PERSONNES AUTISTES
Je demande à tous les parents qui bénéficient pour leurs enfants de prises en charge dans les secteurs de pédopsychiatrie de France de nous aider à aider leurs enfants dans la poursuite de la mise en œuvre de telles prises en charge avec tous les partenaires nécessaires, étant entendu que ces équipes qui les accueillent sont dans un processus de formation à l’intégration des différents aspects complémentaires : l’éducatif, la pédagogie et les soins psychiques.
Je demande à tous les professionnels des équipes de pédopsychiatrie française de se ressaisir, et de ne pas continuer à accepter les calomnies dont nous sommes aujourd’hui pratiquement tous victimes de façon scandaleuse et injustifiée, et de développer avec les parents des enfants qu’ils accueillent dans le cadre d’une politique de secteur bien comprise, des actions qui visent à montrer que les agresseurs ne sont pas les seuls à pouvoir parler de l’autisme de façon autorisée, et notamment de ce qu’ils ne connaissent pas personnellement, ce que leurs calomnies montre de façon éclatante ; j’en profite pour dire qu’il ne suffit pas de lire des informations sur internet pour devenir compétent de ce seul fait. Si je répugne à demander aux parents de nous aider, je crois qu’aujourd’hui, après avoir observé en silence les dégâts réalisés par notre attitude antérieure de neutralité bienveillante, il n’est plus possible de laisser se répandre de telles manifestations de haine sans que cela ait des conséquences sur le travail que nous menons.
Je demande aux scientifiques de faire l’effort conceptuel d’avancer sur les chemins des neurosciences autant que faire se peut, mais sans réduire les pratiques admises aux seuls résultats validés. Par définition, avant d’être validés toutes les hypothèses doivent pouvoir être envisagées, posées, travaillées, sans courir le risque d’être disqualifiées pour des raisons idéologiques, si les conditions éthiques dans lesquelles ces soins se délivrent font l’objet d’un consensus accepté par les instances concernées. Je ne parle pas là des caricatures toujours faciles à faire pour dénigrer celui qu’on veut déstabiliser sous le couvert de la science. J’ai trop de respect pour la démarche scientifique pour accepter qu’elle soit dénaturée au service d’idéologies douteuses.
Je demande aux politiques de ne pas tomber dans la posture démagogique qui consisterait à tenir compte de ceux qui font le plus de bruits sans tenir compte des différents points de vue concernés. Bien au contraire, nous avons vu que c’est de la mobilisation des parents d’enfants autistes qu’est venue la possibilité de faire remonter auprès des décideurs les manques insondables en matière de prises en charge sur tout le territoire national. Ils doivent tenir compte de l’ensemble de la problématique présentée, et aussi prendre en considération les avis exprimés par les professionnels et leurs représentants. C’est de cette articulation fondamentale que leur rôle pourra produire les meilleurs effets de déblocage des crispations insupportables auxquelles nous sommes arrivés.
Je demande aux administrations nationales, régionales et locales de nous aider à mettre autour de la table de discussion, quitte à se faire aider d’un médiateur, tous les partenaires qui gravitent autour de la question de l’autisme pour que le dialogue qui est le seul ressort sur lequel nous pourrons avancer puisse devenir le scénario le plus fréquent, à défaut d’être le plus facile à réaliser.
Je demande aux médias dont le rôle de quatrième pouvoir se vérifie de plus en plus, de continuer à tenir bon sur leur rôle qui consiste à informer le citoyen de la façon la plus objective possible en donnant la parole aux différentes parties en présence, et de ne pas tomber dans une utilisation pervertie de leur outil, qui accentuerait, déformerait et conflictualiserait les souffrances des uns contre les autres dans une visée médiamétrique aux effets ravageurs sur les personnes directement concernées, alors que cet outil recèle des possibilités pédagogiques énormes quand il est justement utilisé. La psychiatrie est aujourd’hui un bouc émissaire trop facile à désigner. Les professionnels qui y travaillent font dans la plupart des cas tout ce qui est dans leurs capacités pour rester humains dans la relation qu’ils instaurent avec les patients qui leur sont confiés. A trop leur faire porter l’ensemble des malheurs qui touchent la population des personnes autistes, on risque d’aboutir à un « burn out » généralisé qui aurait des conséquences désastreuses en matière de psychiatrie, et in fine, sur le plan sociétal ; à ce titre, les médias peuvent nous aider puissamment à un véritable débat démocratique.
Je demande enfin à tous les citoyens de ce pays de ne pas oublier que nous sommes des corps et des esprits humains, dont les deux aspects sont inséparables. Une maladie, même d’origine génétique ou neurologique, connaît toujours des développements qui englobent le psychisme du malade, et contribuer à une meilleure santé nécessite d’associer des approches physiques et psychiques pour y parvenir. Les soins psychiques proposés par les équipes de psychiatrie de secteur ont aujourd’hui pour objectif d’aider à cette démarche dans un climat pacifié. Toute polémique haineuse ne peut qu’en minimiser les effets bénéfiques attendus.
Re: Un appel de Pierre Delion
Envoyé par: Kamil (---.adsl.xs4all.nl)
Date: Mon 20 April 2009 16:34:14
Cher Mr Le Vaguerèse,
Avec tout le respect que je vous porte, au vu de votre grande expérience et de votre opinion qui m'a semblé plus d'une fois avertie au sujet de la psychiatrie Française, son histoire et ses erreurs, je suis très étonné de voir ici relayé un article qui prend la défense de cette méthode barbare qu'est le Packing. Elle doit être interdite. La lobotomie a aussi été interdite, MALGRÉ l’avis des parents qui la désiraient pour leurs enfants. Une torture qui de plus est inefficace reste une torture. L'arrêt d'une séance de torture peux en effet arracher un sourire à sa victime, cela ne légitimise pas cette méthode.
On veux ici défendre cette méthode justement car elle est décriée par une association de parents d'autistes qui critiquent l'approche psychanalytique pour l'autisme, ce n'est pas suffisant, je rejoins donc Mr Délion sur ce point: il faut un débat. Mai par pitié SVP, loin de ces futiles querelles de clochers.
Je remarque au passage le contraste que cet appel a comparé au ton concerné de l'interview de Mr Bokobza, qui lui se soucie des patients, pas de la défense de ses dadas méthodologiques!
Cordialement, mais cependant étonné,
Kamil
Modifié 1 fois. Dernière modification le 21/04/09 17:58 par Kamil .
Avec tout le respect que je vous porte, au vu de votre grande expérience et de votre opinion qui m'a semblé plus d'une fois avertie au sujet de la psychiatrie Française, son histoire et ses erreurs, je suis très étonné de voir ici relayé un article qui prend la défense de cette méthode barbare qu'est le Packing. Elle doit être interdite. La lobotomie a aussi été interdite, MALGRÉ l’avis des parents qui la désiraient pour leurs enfants. Une torture qui de plus est inefficace reste une torture. L'arrêt d'une séance de torture peux en effet arracher un sourire à sa victime, cela ne légitimise pas cette méthode.
On veux ici défendre cette méthode justement car elle est décriée par une association de parents d'autistes qui critiquent l'approche psychanalytique pour l'autisme, ce n'est pas suffisant, je rejoins donc Mr Délion sur ce point: il faut un débat. Mai par pitié SVP, loin de ces futiles querelles de clochers.
Je remarque au passage le contraste que cet appel a comparé au ton concerné de l'interview de Mr Bokobza, qui lui se soucie des patients, pas de la défense de ses dadas méthodologiques!
Cordialement, mais cependant étonné,
Kamil
Modifié 1 fois. Dernière modification le 21/04/09 17:58 par Kamil .
Re: Un appel de Pierre Delion
Envoyé par: Le Vaguerèse Laurent (Modérateur)
Date: Tue 21 April 2009 14:31:43
Complément d’information concernant le soutien au professeur Pierre Delion Pédopsychiatre à Lille.
Nous vous avons fait parvenir hier un courrier concernant la défense de la pratique du Packing pour les enfants autistes. Cette information nécessite un complément d’information indispensable pour en comprendre la portée.
Le Pr Pierre Delion, Pédopsychiatre à Lille est connu pour être l’un des meilleurs spécialistes en France des pathologies autistiques. Il a formé de nombreuses équipes et son travail est reconnu au niveau international. Il est également psychanalyste. Depuis de nombreuses années les parents d’enfants autistes ont pris pour cible la psychanalyse et par extension la psychiatrie considérant que seule une approche éducative comportementaliste peut apporter une aide à leur enfant. (Méthode ABA) Ils mettent en place des actions spectaculaires et parfois violentes qui s’apparentent à celles des mouvements prolife aux USA.
Lors de la journée sur l’autisme du 2 avril 2009 une manifestation a rassemblé une centaine de parents sur le pont des arts à Paris. Les parents de l’association Léa pour Samy (http://www.leapoursamy.com/index.asp) emmaillotés dans des linges et figurant ce qu’ils pensent être la pratique du packing, ont dénoncé cette pratique supposée barbare. Ce n’est visiblement pas seulement le packing qui est visé mais toute pratique psychiatrique. Le Pr Delion est ainsi attaqué par ces associations de parents. Après la mise en cause de Geneviève Haag c’est lui qui fait figure de représentant des tenants d’une approche pluridisciplinaire des pathologies autistiques. Des menaces de mort auraient même été proférées à son encontre en public.
À la suite de la manifestation une délégation de parents a été reçue au ministère qui a promis une réponse dans le courant du mois de mai.
Nous avons fait préciser au Pr Delion le cadre d’application du packing aux enfants autistes. Il s’agit d’enfants ayant fait plusieurs tentatives d’automutilations (énucléation, projection contre les murs etc.) ou d’enfants ayant agressé les autres enfants dans les services ou ils sont soignés ce qui rend impossible la poursuite de la prise en charge. Une évaluation des résultats est en cours ; (programme Hospitalier de recherche clinique). Le packing permet selon le Pr Delion d’aborder certains enfants impossible à soigner et de permet une approche thérapeutique.
Il apparaît clairement que c’est moins la technique du packing proprement dite qui est visée que toute approche soignante. Un dossier a été constitué sur oedipe afin de faire le point des recherches en cours, qui contient notamment une interview de Marie-Christine Laznik. (http://www.oedipe.org/fr/interview/autisme.). Si l’approche de l’autisme (des autistes devrait-on plutôt dire) par les psychanalystes dans les années 70 n’est pas exempte de reproches, on ne saurait pour autant balayer d’un revers de main l’ensemble des recherches pluridisciplinaires en cours au nom d’une vérité proclamée tout aussi contestable. C’est la raison pour laquelle nous apportons notre soutien au Pr Delion ainsi qu’aux multiples équipes qui soignent ces enfants. Nous vous informerons des actions entreprises afin de leur apporter notre soutien
L.Le Vaguerèse
Nous vous avons fait parvenir hier un courrier concernant la défense de la pratique du Packing pour les enfants autistes. Cette information nécessite un complément d’information indispensable pour en comprendre la portée.
Le Pr Pierre Delion, Pédopsychiatre à Lille est connu pour être l’un des meilleurs spécialistes en France des pathologies autistiques. Il a formé de nombreuses équipes et son travail est reconnu au niveau international. Il est également psychanalyste. Depuis de nombreuses années les parents d’enfants autistes ont pris pour cible la psychanalyse et par extension la psychiatrie considérant que seule une approche éducative comportementaliste peut apporter une aide à leur enfant. (Méthode ABA) Ils mettent en place des actions spectaculaires et parfois violentes qui s’apparentent à celles des mouvements prolife aux USA.
Lors de la journée sur l’autisme du 2 avril 2009 une manifestation a rassemblé une centaine de parents sur le pont des arts à Paris. Les parents de l’association Léa pour Samy (http://www.leapoursamy.com/index.asp) emmaillotés dans des linges et figurant ce qu’ils pensent être la pratique du packing, ont dénoncé cette pratique supposée barbare. Ce n’est visiblement pas seulement le packing qui est visé mais toute pratique psychiatrique. Le Pr Delion est ainsi attaqué par ces associations de parents. Après la mise en cause de Geneviève Haag c’est lui qui fait figure de représentant des tenants d’une approche pluridisciplinaire des pathologies autistiques. Des menaces de mort auraient même été proférées à son encontre en public.
À la suite de la manifestation une délégation de parents a été reçue au ministère qui a promis une réponse dans le courant du mois de mai.
Nous avons fait préciser au Pr Delion le cadre d’application du packing aux enfants autistes. Il s’agit d’enfants ayant fait plusieurs tentatives d’automutilations (énucléation, projection contre les murs etc.) ou d’enfants ayant agressé les autres enfants dans les services ou ils sont soignés ce qui rend impossible la poursuite de la prise en charge. Une évaluation des résultats est en cours ; (programme Hospitalier de recherche clinique). Le packing permet selon le Pr Delion d’aborder certains enfants impossible à soigner et de permet une approche thérapeutique.
Il apparaît clairement que c’est moins la technique du packing proprement dite qui est visée que toute approche soignante. Un dossier a été constitué sur oedipe afin de faire le point des recherches en cours, qui contient notamment une interview de Marie-Christine Laznik. (http://www.oedipe.org/fr/interview/autisme.). Si l’approche de l’autisme (des autistes devrait-on plutôt dire) par les psychanalystes dans les années 70 n’est pas exempte de reproches, on ne saurait pour autant balayer d’un revers de main l’ensemble des recherches pluridisciplinaires en cours au nom d’une vérité proclamée tout aussi contestable. C’est la raison pour laquelle nous apportons notre soutien au Pr Delion ainsi qu’aux multiples équipes qui soignent ces enfants. Nous vous informerons des actions entreprises afin de leur apporter notre soutien
L.Le Vaguerèse
Re: Un appel de Pierre Delion
Envoyé par: So Sophie (---.fbx.proxad.net)
Date: Tue 21 April 2009 18:22:07
Bonjour
Peut-on savoir ce que les parents d'enfants autistes reprochent exactement au packing? Je ne connais pas cette méthode, mais sa résonance américaine évoque aussitôt les thérapies comportementales.
Il doit y avoir une raison qui ne soit pas associée à la psychanalyse pour faire le choix de cet enveloppement par des linges, tout comme on propose aussi des thérapies médiatisées par l'animal, ce qui peut se comprendre, la relation fruste avec l'animal (chaleur, soins, caresses) pouvant convenir, alors que la relation à autrui peut être insupportable et intrusive, dans le cadre des troubles que connaissent les personnes dites autistes, sans langage ou ne parlant qu'à peine.
La psychanalyse, qui elle, travaille sur la parole, sur le langage, sur la relation aussi mais médiatisée par les mots, ne peut être dans le packaging donc confondue avec le packing, et je suppose que ce n'est pas non plus une thérapie corporelle que pratiquent les soignants, ou M Delion, lui même.
J'ai eu l'occasion de travailler avec des jeunes autistes (12/20 ans) avec une approche dite de musicothérapie active, et les instruments, le son lui même pouvaient représenter une telle intrusion qu'il fallait user et abuser de délicatesse, lors de la rencontre, de la relation avec "la musique" et donc dans le travail avec le symbolique... L'enveloppement du corps pour recréer une sensation qui détende, qui sécurise, pourquoi pas, je ne connais pas, mais ça doit représenter pour les parents, une telle emprise sur le corps d e leur enfant qu'ils ne peuvent qu'à peine toucher, que ça doit être insupportable pour eux, intenable (les parents).
Ca serait intéressant que l'on discute là-dessus, que l'on sache ce que pensent ceux des parents qui sont pour et ce que ça a changé pour eux, cette sécurisation devenue protocole de soins pour leur enfant, dans le cadre du packing
Donc qu'on explique peut-être, par d'autres articles "pour" ou contre, ce que ça peut être.
Personnellement je ne sais pas, mais sachant comme la relation est vécue parfois de façon insupportable, et connaissant aussi les méthodes dites de balneotherapie, de thérapie "par le cheval", d'art therapie, dans cette approche des troubles autistiques, qui sont à l'oeuvre depuis longtemps, je crois qu'il serait bien de les distinguer, comme de distinguer l'approche comportementaliste des autres, mêmes si celles-ci utilisent la médiatisation par "quelque chose: boue, eau, cheval, instruments de musique, pour favoriser la relation et tenter de remédier à la souffrance autistique.
Je suppose que d'autres personnes ont une pratique ou ont eu une pratique avec des enfants , adolescents ou adultes autistes..Souhaite -t-on comme le souhaitait Bettelheim permettre d'entendre les cris, permettre les bris de vitres, et améliorer l'environnement pour atténuer cette souffrance insupportable que sont les automutilations, les cris, les stéréotypies, les signes visibles de peur ou sommes nous passé à complètement autre chose (un patchwork, une superposition d'approches?) aujourd'hui.
Qu'est ce qui a changé...Veut-on que les autistes acquièrent des apprentissages à tout prix et que certains aillent même à l'école? De quel autisme s'agit il? ...
Oui, où en est-on, comment fait on alors que les parents sont administrateurs eux mêmes de structures pour enfants autistes, soit juges et parties prenantes du "traitement"...Et en quoi refuse-t-on l'approche psychanalytique, et de quelle approche psychanalytique s' agit-il?
Il parait, je ne l'ai pas vu que le film qu'a fait sandrine Bonnaire au sujet de sa soeur qui est autiste, montre que la situation de sa soeur s'est dégradée (sous entendu, les parents sont démunis) en institution. Peut-on en débattre ici? Et "apporter" d'autres articles aussi, sur le packing, et les autres approches (des témoinages?) aussi.
Cordialement
sophie
Peut-on savoir ce que les parents d'enfants autistes reprochent exactement au packing? Je ne connais pas cette méthode, mais sa résonance américaine évoque aussitôt les thérapies comportementales.
Il doit y avoir une raison qui ne soit pas associée à la psychanalyse pour faire le choix de cet enveloppement par des linges, tout comme on propose aussi des thérapies médiatisées par l'animal, ce qui peut se comprendre, la relation fruste avec l'animal (chaleur, soins, caresses) pouvant convenir, alors que la relation à autrui peut être insupportable et intrusive, dans le cadre des troubles que connaissent les personnes dites autistes, sans langage ou ne parlant qu'à peine.
La psychanalyse, qui elle, travaille sur la parole, sur le langage, sur la relation aussi mais médiatisée par les mots, ne peut être dans le packaging donc confondue avec le packing, et je suppose que ce n'est pas non plus une thérapie corporelle que pratiquent les soignants, ou M Delion, lui même.
J'ai eu l'occasion de travailler avec des jeunes autistes (12/20 ans) avec une approche dite de musicothérapie active, et les instruments, le son lui même pouvaient représenter une telle intrusion qu'il fallait user et abuser de délicatesse, lors de la rencontre, de la relation avec "la musique" et donc dans le travail avec le symbolique... L'enveloppement du corps pour recréer une sensation qui détende, qui sécurise, pourquoi pas, je ne connais pas, mais ça doit représenter pour les parents, une telle emprise sur le corps d e leur enfant qu'ils ne peuvent qu'à peine toucher, que ça doit être insupportable pour eux, intenable (les parents).
Ca serait intéressant que l'on discute là-dessus, que l'on sache ce que pensent ceux des parents qui sont pour et ce que ça a changé pour eux, cette sécurisation devenue protocole de soins pour leur enfant, dans le cadre du packing
Donc qu'on explique peut-être, par d'autres articles "pour" ou contre, ce que ça peut être.
Personnellement je ne sais pas, mais sachant comme la relation est vécue parfois de façon insupportable, et connaissant aussi les méthodes dites de balneotherapie, de thérapie "par le cheval", d'art therapie, dans cette approche des troubles autistiques, qui sont à l'oeuvre depuis longtemps, je crois qu'il serait bien de les distinguer, comme de distinguer l'approche comportementaliste des autres, mêmes si celles-ci utilisent la médiatisation par "quelque chose: boue, eau, cheval, instruments de musique, pour favoriser la relation et tenter de remédier à la souffrance autistique.
Je suppose que d'autres personnes ont une pratique ou ont eu une pratique avec des enfants , adolescents ou adultes autistes..Souhaite -t-on comme le souhaitait Bettelheim permettre d'entendre les cris, permettre les bris de vitres, et améliorer l'environnement pour atténuer cette souffrance insupportable que sont les automutilations, les cris, les stéréotypies, les signes visibles de peur ou sommes nous passé à complètement autre chose (un patchwork, une superposition d'approches?) aujourd'hui.
Qu'est ce qui a changé...Veut-on que les autistes acquièrent des apprentissages à tout prix et que certains aillent même à l'école? De quel autisme s'agit il? ...
Oui, où en est-on, comment fait on alors que les parents sont administrateurs eux mêmes de structures pour enfants autistes, soit juges et parties prenantes du "traitement"...Et en quoi refuse-t-on l'approche psychanalytique, et de quelle approche psychanalytique s' agit-il?
Il parait, je ne l'ai pas vu que le film qu'a fait sandrine Bonnaire au sujet de sa soeur qui est autiste, montre que la situation de sa soeur s'est dégradée (sous entendu, les parents sont démunis) en institution. Peut-on en débattre ici? Et "apporter" d'autres articles aussi, sur le packing, et les autres approches (des témoinages?) aussi.
Cordialement
sophie
Re: Un appel de Pierre Delion
Envoyé par: Lecman Teodoro Pablo (---.mrse.com.ar)
Date: Wed 22 April 2009 03:48:36
mais, enfin, je suis tout à fait en désaccord de répondre à des actions par des contre-actions au sein même de la politique du système. on va donc accoucher des enfants du même, de par ces contre-actions que ce soient supposées de parole, telle une lettre ouverte que je trouve de contrefaçon et je ne suis pas ébloui par aucun prestige pedopsychiatrique (?) ni par les agencements de parents idiotisés en masse.
pas des draps: c'est la mort de la parole, du corps et du symbolique. je reproduis ci-bas partiellement la lettre envoyé à m. laurent le Vaguerèse:
"mais qu'est-ce que c'est que ça? nous sommes tous chavirés? je ne veux pas recevoir de telles sotisses en échange de paroles bâillonnées. en tout cas, je préfère une bonne femme ou un bon homme qui embrassent ces pauvres enfants, et si ça ne se peut pas, une baignoire d'eau tiède, ou chaude, pas des draps à 10 º! mais c'est la folie: voilà la guenon de fil de fer de Harlow et celle de drap. qu'est-ce que vous êtes en train de véhiculiser dans ce monde barbare, cher laurent?"
je renvoie à l'article sur l'hystérie collective aux ee.uu en archives.
sophie a bien raison.
nous avons perdu la boussole et le systéme en tire profit.
salut, teo
teodoro lecman
info@leerypsicoanalizar.com.ar
pas des draps: c'est la mort de la parole, du corps et du symbolique. je reproduis ci-bas partiellement la lettre envoyé à m. laurent le Vaguerèse:
"mais qu'est-ce que c'est que ça? nous sommes tous chavirés? je ne veux pas recevoir de telles sotisses en échange de paroles bâillonnées. en tout cas, je préfère une bonne femme ou un bon homme qui embrassent ces pauvres enfants, et si ça ne se peut pas, une baignoire d'eau tiède, ou chaude, pas des draps à 10 º! mais c'est la folie: voilà la guenon de fil de fer de Harlow et celle de drap. qu'est-ce que vous êtes en train de véhiculiser dans ce monde barbare, cher laurent?"
je renvoie à l'article sur l'hystérie collective aux ee.uu en archives.
sophie a bien raison.
nous avons perdu la boussole et le systéme en tire profit.
salut, teo
teodoro lecman
info@leerypsicoanalizar.com.ar
Re: Un appel de Pierre Delion
Envoyé par: Lawny Thibault (89.170.184.---)
Date: Wed 22 April 2009 16:16:38
Personnellement, je suis étonné de la totale disparition, dans les discussions sur l'autisme (y compris dans l'interview de MC Laznik sur le site Oedipe), du facteur environne-mental et systémique... C'est le refoulement ?
Re: Un appel de Pierre Delion
Envoyé par: Kamil (---.adsl.xs4all.nl)
Date: Wed 22 April 2009 19:51:49
Mr Delion et ses amis de Lille ne doivent pas penser que c'est la psychiatrie et la psychanalyse qui sont attaquées avec cette campagne anti-packing. C'est juste un juste retour de bâton pour certaines personnes qui se sont égarées du chemin de la psychanalyse. Le Packing, on dirait presque du dressage!
Kamil
Kamil
Re: Un appel de Pierre Delion
Envoyé par: Cappe Nathalie (---.w83-199.abo.wanadoo.fr)
Date: Wed 22 April 2009 20:34:47
Pourquoi Mr Delion dit-il : "répugner" à demander aux parents de l'aider ? Au contraire, ne faut-il pas le leur demander davantage, notamment en les impliquant eux aussi dans un processus analytique ?
N'est-il pas acquis depuis longtemps (merci Dolto) qu'il faut prendre en charge les parents des enfants qui présentent des souffrances psychiques ?
Allez, soyons fous : Emmailloter les parents dans des linges humides, voilà une idée qu'elle est bonne...
Cordialement. Nathalie.
N'est-il pas acquis depuis longtemps (merci Dolto) qu'il faut prendre en charge les parents des enfants qui présentent des souffrances psychiques ?
Allez, soyons fous : Emmailloter les parents dans des linges humides, voilà une idée qu'elle est bonne...
Cordialement. Nathalie.
Re: Un appel de Pierre Delion
Envoyé par: Kamil (---.adsl.xs4all.nl)
Date: Thu 23 April 2009 18:26:47
Pour le bien de l'image de la psychanalyse Française, le Packing ne devrait pas y être associé, il est temps qu'un contre-appel soit lancé afin de mettre les points sur les i. Oui à la complémentarité des approches, adaptée à chaque patient, non à l'amalgame. Mr. Délion défend une méthode barbare en se servant de la guerre des psys comme support, ses arguments de validité scientifique sont douteux: l'étude qu'il cite provient d'un groupe de travail proche, à Lille, (1er biais) de plus il n'y a pas utilisé de groupe témoin (2nd biais), finalement cette équipe a utilisé des neuroleptiques sur ses patients (3eme biais), ce qui fausse les résultats. Cette étude ne répond pas aux critères les plus élémentaires de méthodologie en recherche scientifique. Comment un homme érudit et bien intentionné peux faire une si grossière erreur et une si flagrante manipulation de l'opinion de ses pairs n'est pas nouveau et assez commun dans le monde de la recherche et du soin, attention aux dommages collatéraux, c'est l'image de la psychanalystes et donc de votre profession qu'il risque d'entacher auprès des parents d'autistes, de l'opinion et des autres professionnels du soin.
Je suis néanmoins heureux de lire les réactions ci-dessus, comme je le sais depuis plusieurs années et malgré cette futile "guerre des psys", l'on voit qu'il y a un espoir pour la psychanalyse Française!
Je dirais même plus, c'est avec cette lucidité et ce discernement qu'elle fait la différence avec les pays d'où elle a pratiquement disparu.
Chaleureusement,
Kamil
Je suis néanmoins heureux de lire les réactions ci-dessus, comme je le sais depuis plusieurs années et malgré cette futile "guerre des psys", l'on voit qu'il y a un espoir pour la psychanalyse Française!
Je dirais même plus, c'est avec cette lucidité et ce discernement qu'elle fait la différence avec les pays d'où elle a pratiquement disparu.
Chaleureusement,
Kamil
Re: Un appel de Pierre Delion
Envoyé par: Le Vaguerèse Laurent (Modérateur)
Date: Fri 24 April 2009 08:40:54
La question ne se pose pas dans les termes pour ou contre la psychanalyse et c'est tomber précisément dans le piège que l'on nous tend que de le poser de cette façon. La parole est première dans la psychanalyse or ces enfants dans la plupart des cas n'ont pas accès au langage. Dans le cas des adultes l'usage de médicaments neuroleptiques ne peut être opposé à l'approche psychanalytique et peut au contraire s'averer indispensable précisément pour permettre un début de travail thérapeutique via l'entrée en relation avec le patient .
La question se résume donc à celle-ci : peut-on soigner des enfants qui sont gravement atteint et par quelle méthode le faire? . Il est assez angélique de penser que l'on puisse aborder certaines formes de pathologie mentale par les méthodes utilisées dans des situations moins graves. Un enfant qui ne parle pas et qui ne fait que s'auto détruire désespère le personnel soignant et aboutit à l'utilisation d'une camisole chimique permanente qui équivaut à une mort rapide mais silencieuse et dont on ne fera pas la une des médias. je n'ai aucune pratique du packing tout simplement parce que je ne pratique pas en milieu hospitalier et que je ne m'occuppe pas d'enfants autistes qui ne parlent pas et qui s'automutilent. Je ne crois pas que ceux qui sont intervenus ici ont une quelqconque expérience ou autorité pour le faire davantage que moi.La différence c'est que je connais pierre Delion et que je sais que si son expérience lui fait pratiquer cette méthode jugée barbare par certains c'est qu'il pense que celle-ci est à tout prendre beaucoup moins barbare que de tuer un enfant à coup de médicaments ou de le laisser se détruire lui-même sous les yeux des soignants et des parents.
Oui, il faut associer les parents lorsqu'ils ont la possibilité psychique de le faire mais là encore un peu de réflexion et de pratique vous feront saisir la douleur des parents et la difficulté qu'ils ont à penser le soin de leurs enfants. Notre société a la facheuse tendance de dénigrer ceux qui assument des responsabilités et particulièrement aujourd'hui il est de bon ton de dénigrer les médecins.ils ne sont pas exempts de critique certes mais tout les pousse aujourd'hui dans le sens d'une déresponsabilisation.Savoir c'est asssumer les risques liés à son savoir pas s'en décharger sur les autres sauf à seulement adopter une attitude de Ponce Pilate et les résultats sont et seront de plus en plus délétères.
LLV
La question se résume donc à celle-ci : peut-on soigner des enfants qui sont gravement atteint et par quelle méthode le faire? . Il est assez angélique de penser que l'on puisse aborder certaines formes de pathologie mentale par les méthodes utilisées dans des situations moins graves. Un enfant qui ne parle pas et qui ne fait que s'auto détruire désespère le personnel soignant et aboutit à l'utilisation d'une camisole chimique permanente qui équivaut à une mort rapide mais silencieuse et dont on ne fera pas la une des médias. je n'ai aucune pratique du packing tout simplement parce que je ne pratique pas en milieu hospitalier et que je ne m'occuppe pas d'enfants autistes qui ne parlent pas et qui s'automutilent. Je ne crois pas que ceux qui sont intervenus ici ont une quelqconque expérience ou autorité pour le faire davantage que moi.La différence c'est que je connais pierre Delion et que je sais que si son expérience lui fait pratiquer cette méthode jugée barbare par certains c'est qu'il pense que celle-ci est à tout prendre beaucoup moins barbare que de tuer un enfant à coup de médicaments ou de le laisser se détruire lui-même sous les yeux des soignants et des parents.
Oui, il faut associer les parents lorsqu'ils ont la possibilité psychique de le faire mais là encore un peu de réflexion et de pratique vous feront saisir la douleur des parents et la difficulté qu'ils ont à penser le soin de leurs enfants. Notre société a la facheuse tendance de dénigrer ceux qui assument des responsabilités et particulièrement aujourd'hui il est de bon ton de dénigrer les médecins.ils ne sont pas exempts de critique certes mais tout les pousse aujourd'hui dans le sens d'une déresponsabilisation.Savoir c'est asssumer les risques liés à son savoir pas s'en décharger sur les autres sauf à seulement adopter une attitude de Ponce Pilate et les résultats sont et seront de plus en plus délétères.
LLV
Re: Un appel de Pierre Delion
Envoyé par: Cappe Nathalie (---.w81-249.abo.wanadoo.fr)
Date: Fri 24 April 2009 09:24:04
Bien lu, Mr Le Vaguerèse,
Mais cet appel est sur ce site, donc à priori, il s'expose aux avis et de savants, mais aussi d'ignorants, c'est inévitable.
Ou alors il faut publier ce genre d'appel, et préciser : "aucun commentaire ne sera publié". Ou alors il faut qu'il publie son appel uniquement dans des cercles professionnels. Etc...
Les "candides" et ignorants posent parfois des questions pas inutiles ni idiotes, au regard de leur savoir partiel ou de leurs intutions.
Mr Delion les lit-il d'ailleurs, nos questions et reflexions ignardes ? J'en doute. A l'inverse, nous l'avons lu, son appel. Qu'attend-t-il de ses lecteurs, Mr Delion ? Un soutien inconditionnel sur une question aussi délicate, éthique ? Un silence poli ? De l'échange ?
Que dit le Comité d'éthique de ce genre de pratique de "packing" ? A-t-il été sollicité ?
Cordialement. Nathalie.
Mais cet appel est sur ce site, donc à priori, il s'expose aux avis et de savants, mais aussi d'ignorants, c'est inévitable.
Ou alors il faut publier ce genre d'appel, et préciser : "aucun commentaire ne sera publié". Ou alors il faut qu'il publie son appel uniquement dans des cercles professionnels. Etc...
Les "candides" et ignorants posent parfois des questions pas inutiles ni idiotes, au regard de leur savoir partiel ou de leurs intutions.
Mr Delion les lit-il d'ailleurs, nos questions et reflexions ignardes ? J'en doute. A l'inverse, nous l'avons lu, son appel. Qu'attend-t-il de ses lecteurs, Mr Delion ? Un soutien inconditionnel sur une question aussi délicate, éthique ? Un silence poli ? De l'échange ?
Que dit le Comité d'éthique de ce genre de pratique de "packing" ? A-t-il été sollicité ?
Cordialement. Nathalie.
Re: Un appel de Pierre Delion
Envoyé par: Kamil (---.adsl.xs4all.nl)
Date: Fri 24 April 2009 14:39:10
Mr Le Vaguerèse, merci de tempérer mon enthousiasme, j'étais visiblement trop optimiste.
Kamil
Kamil
Re: Un appel de Pierre Delion
Envoyé par: Le Vaguerèse Laurent (Modérateur)
Date: Fri 24 April 2009 15:27:06
je pense contrairement à vous, chère nathalie Cappe que cet appel pose beaucoup de questions très importantes y compris précisément à ceux qui ne sont pas confrontés directement aux situations évoquées par Pierre Delion. Elles sont clairement énoncées dans le corps du message.
L'une des questions à se poser est bien de savoir si l'on peut décider et juger de la pertinence d'un soin en fonction d'un rapport de force politique. Cette idée est absurde à mes yeux et pourtant d'une certaine façon les moyens employés par les détracteurs de Pierre Delion nous y conduisent apparemment sans échappatoire possible. or c'est précisément ce qu'il s'agit d'éviter.
Cela devrait nous conduire à penser, comme nous y invite Pierre delion le rapport de la médecine et des citoyens et ce que l'histoire récente nous en enseigne (voir par exemple le travail fait par Act up notamment à propos de la recherche sur le SIDA ou la prise en la décision de faire des iVG par les femmes elle-mêmes au moment ou cela était interdit . Quelles réflexions peut-on en tirer qu'elles avancées mais aussi quelles impasses?)
Combattre aussi au passage quelques idées reçues :
- la psychanalyse peut tout en toute circonstance
- la psychanalyse est une méthode qui est du côté des gentils , la psychiatrie est du côté des méchants qui utilisent de méthodes barbares
ou l'inverse
- la psychanalyse ne soigne que les bobos de l'âme.
on peut aussi préférer se poser des questions comme :
Pourquoi l'autisme provoque-t-il de telles violences de réaction?
En quoi la psychanalyse nous aide-t-elle a affronter l'autre y compris dans des situations extrèmes ?
Qu'en est-il des territoires du psychisme où nous sommes confrontés à notre ignorance ? que sommes-nous capables d'en accepter? lorsque nous affrontons la violence destructrice du patient ou sa violence auto destructrice jusqu'où pouvons nous aller pour faire violence à cette violence ?
Bien sûr ce ne sont que des pistes et que le texte de Pierre Delion nous en ouvre encore bien d'autres..
LLV
Modifié 1 fois. Dernière modification le 24/04/09 15:37 par Le Vaguerèse Laurent.
L'une des questions à se poser est bien de savoir si l'on peut décider et juger de la pertinence d'un soin en fonction d'un rapport de force politique. Cette idée est absurde à mes yeux et pourtant d'une certaine façon les moyens employés par les détracteurs de Pierre Delion nous y conduisent apparemment sans échappatoire possible. or c'est précisément ce qu'il s'agit d'éviter.
Cela devrait nous conduire à penser, comme nous y invite Pierre delion le rapport de la médecine et des citoyens et ce que l'histoire récente nous en enseigne (voir par exemple le travail fait par Act up notamment à propos de la recherche sur le SIDA ou la prise en la décision de faire des iVG par les femmes elle-mêmes au moment ou cela était interdit . Quelles réflexions peut-on en tirer qu'elles avancées mais aussi quelles impasses?)
Combattre aussi au passage quelques idées reçues :
- la psychanalyse peut tout en toute circonstance
- la psychanalyse est une méthode qui est du côté des gentils , la psychiatrie est du côté des méchants qui utilisent de méthodes barbares
ou l'inverse
- la psychanalyse ne soigne que les bobos de l'âme.
on peut aussi préférer se poser des questions comme :
Pourquoi l'autisme provoque-t-il de telles violences de réaction?
En quoi la psychanalyse nous aide-t-elle a affronter l'autre y compris dans des situations extrèmes ?
Qu'en est-il des territoires du psychisme où nous sommes confrontés à notre ignorance ? que sommes-nous capables d'en accepter? lorsque nous affrontons la violence destructrice du patient ou sa violence auto destructrice jusqu'où pouvons nous aller pour faire violence à cette violence ?
Bien sûr ce ne sont que des pistes et que le texte de Pierre Delion nous en ouvre encore bien d'autres..
LLV
Modifié 1 fois. Dernière modification le 24/04/09 15:37 par Le Vaguerèse Laurent.
Re: Un appel de Pierre Delion
Envoyé par: Kamil (---.adsl.xs4all.nl)
Date: Fri 24 April 2009 15:55:05
Cher Mr. Le Vaguerèse,
Vos propos m'interpellent et sont évidemment pertinents dans les dimensions qu'ils abordent, cependant je remarque un glissement du réel objet de cette trame de discussion, le Packing, vers des sujets qui bien que passionnants ne m'empêcheront pas de penser qu'on essaye de noyer le poisson.
C'est un sujet trop important pour oublier la réalité de la majorité de ces enfants qui subissent ce traitement, traitement dont vous reconnaissez en ignorer les tenants, mais ne nous mettez pas tous dans le même panier tout de même.
De plus, penser que cette méthode est efficace/bonne/humaine car vous éprouvez du respect, de la sympathie pour la personne qui essaye de la défendre, est ce vraiment objectif?
Je vous invite donc à un petit jeu intellectuel qui consiste à se mettre à la place des détracteurs de Mr Delion: pourquoi voudrait-on interdire cette méthode? N'est-ce que pour nuire à la psychanalyse, ou serait-ce justifié?
Finalement, ne croyez-vous pas que la psychanalyse y perd en se rangeant aux cotés des défenseurs du Packing? Est-ce donc le futur de la psychanalyse Française, à l'image d'une vieille dame réactionnaire et inflexible?
Toujours étonné et de moins en moins optimiste, cordialement,
Kamil
Vos propos m'interpellent et sont évidemment pertinents dans les dimensions qu'ils abordent, cependant je remarque un glissement du réel objet de cette trame de discussion, le Packing, vers des sujets qui bien que passionnants ne m'empêcheront pas de penser qu'on essaye de noyer le poisson.
C'est un sujet trop important pour oublier la réalité de la majorité de ces enfants qui subissent ce traitement, traitement dont vous reconnaissez en ignorer les tenants, mais ne nous mettez pas tous dans le même panier tout de même.
De plus, penser que cette méthode est efficace/bonne/humaine car vous éprouvez du respect, de la sympathie pour la personne qui essaye de la défendre, est ce vraiment objectif?
Je vous invite donc à un petit jeu intellectuel qui consiste à se mettre à la place des détracteurs de Mr Delion: pourquoi voudrait-on interdire cette méthode? N'est-ce que pour nuire à la psychanalyse, ou serait-ce justifié?
Finalement, ne croyez-vous pas que la psychanalyse y perd en se rangeant aux cotés des défenseurs du Packing? Est-ce donc le futur de la psychanalyse Française, à l'image d'une vieille dame réactionnaire et inflexible?
Toujours étonné et de moins en moins optimiste, cordialement,
Kamil
Re: Un appel de Pierre Delion
Envoyé par: Cappe Nathalie (---.w81-249.abo.wanadoo.fr)
Date: Fri 24 April 2009 17:38:13
Mr Le vaguerèse,
Vous écrivez : "je pense contrairement à vous, chère nathalie Cappe que cet appel pose beaucoup de questions très importantes y compris précisément à ceux qui ne sont pas confrontés directement aux situations évoquées par Pierre Delion. Elles sont clairement énoncées dans le corps du message".
Je ne comprends pas votre phrase à mon intention, vraiment non, car je n'ai écrit ni suggéré à aucun moment, ni pensé d'ailleurs que cet appel ne posait pas des "questions importantes". Mais sans être confronté au drame de l'autisme, sans être psychiatre ni psy, je crois que c'est difficile de tenir des propos très impliqués et précis.
Je me suis juste étonnée que vous vous étonniez de nos réactions, relativement variées.
Pour ma part, (relisez-moi) je n'ai rien dit quand au Packing, pour la bonne et simple raison que je découvre ici même l'existence de cette technique de soins.
Le texte de Mr Delion affiche beaucoup de "bonnes intentions", énonce des "demandes". Je trouvais qu'il y avait quelque chose d'un peu bizarre dans la façon qu'à Mr Delion d'évoquer les parents, sa "répugnance" à leur demander de l'aide, etc...Je veux dire : ça épingle beaucoup l'enfant dit "autiste" dans sa maladie, mais cet enfant n'est pas seul, tout de même.
Il y a un je ne sais quoi de gênant dans tout ça, si on ne peut poser ici nos questions librement.
Donc, je n'interviendrai pas plus. Le sujet "autisme" impose peut-être le silence ? Nathalie.
Vous écrivez : "je pense contrairement à vous, chère nathalie Cappe que cet appel pose beaucoup de questions très importantes y compris précisément à ceux qui ne sont pas confrontés directement aux situations évoquées par Pierre Delion. Elles sont clairement énoncées dans le corps du message".
Je ne comprends pas votre phrase à mon intention, vraiment non, car je n'ai écrit ni suggéré à aucun moment, ni pensé d'ailleurs que cet appel ne posait pas des "questions importantes". Mais sans être confronté au drame de l'autisme, sans être psychiatre ni psy, je crois que c'est difficile de tenir des propos très impliqués et précis.
Je me suis juste étonnée que vous vous étonniez de nos réactions, relativement variées.
Pour ma part, (relisez-moi) je n'ai rien dit quand au Packing, pour la bonne et simple raison que je découvre ici même l'existence de cette technique de soins.
Le texte de Mr Delion affiche beaucoup de "bonnes intentions", énonce des "demandes". Je trouvais qu'il y avait quelque chose d'un peu bizarre dans la façon qu'à Mr Delion d'évoquer les parents, sa "répugnance" à leur demander de l'aide, etc...Je veux dire : ça épingle beaucoup l'enfant dit "autiste" dans sa maladie, mais cet enfant n'est pas seul, tout de même.
Il y a un je ne sais quoi de gênant dans tout ça, si on ne peut poser ici nos questions librement.
Donc, je n'interviendrai pas plus. Le sujet "autisme" impose peut-être le silence ? Nathalie.
Re: Un appel de Pierre Delion
Envoyé par: Cappe Nathalie (---.w83-204.abo.wanadoo.fr)
Date: Sat 25 April 2009 07:16:47
Ah si, quelque chose à rajouter : Mr le Vaguerèse, vous indifférenciez nos interventions en les résumant bien rapidement, et toutes (en "pack" ?), à une "attaque contre la psychiatrie".
Je pense vraiment qu'il y a méprise, et mélange des genres.
C'est une bien prompte manière de fabriquer de l'ennemi là où il n'existe même pas. En l'occurence, pour ma part, je me fichais de savoir si il s'agit de psychiatrie ou de psychanalyse dans cette technique du "packing".
Je me doute bien que l'écoute des enfants autistes ne peut se passer (ou pas uniquement...) dans les bureaux feutrés des psychanalystes en libéral...
Ce qui m'intéressais, c'était le sens de cette démarche, c'est les arguments de Mr Delion, c'est les attaques et critiques qu'elle suscite, c'est la question de son éthique (par rapport au corps, aux familles, etc...). Ce qui aurait été intéressant, c'est par exemple de savoir ce qu'en pense vos collègues qui travaillent selon les principes de la psychothérapie institutionnelle, etc...
Nathalie Cappe.
Je pense vraiment qu'il y a méprise, et mélange des genres.
C'est une bien prompte manière de fabriquer de l'ennemi là où il n'existe même pas. En l'occurence, pour ma part, je me fichais de savoir si il s'agit de psychiatrie ou de psychanalyse dans cette technique du "packing".
Je me doute bien que l'écoute des enfants autistes ne peut se passer (ou pas uniquement...) dans les bureaux feutrés des psychanalystes en libéral...
Ce qui m'intéressais, c'était le sens de cette démarche, c'est les arguments de Mr Delion, c'est les attaques et critiques qu'elle suscite, c'est la question de son éthique (par rapport au corps, aux familles, etc...). Ce qui aurait été intéressant, c'est par exemple de savoir ce qu'en pense vos collègues qui travaillent selon les principes de la psychothérapie institutionnelle, etc...
Nathalie Cappe.
Re: Un appel de Pierre Delion
Envoyé par: So Sophie (---.fbx.proxad.net)
Date: Sat 25 April 2009 13:15:35
Pardonnez-moi mais ce qui m'étonne, c'est que cette méthode prenne appui sur le Moi-peau de Didier Anzieu...Quand on sait ce qu'il a écrit sur le manque de stimulations maternelles précoces, ou l'excès de simulations, je me demande ce que viennent faire de tels "enveloppements "du corps.
Je ne comprends pas que cet ouvrage puisse être une référence, pour appliquer ces méthodes : je ne me représente pas le lien entre maintenir (holding) et recréer artificiellement la température d'un environnement maternel sécurisant. Je comprends qu'un bébé prématuré soit dans une couveuse à la température du ventre maternel, ça oui, je comprends, mais je ne comprends pas cette succession de manipulations du corps (le drap enveloppant , les mains qui tiennent, les variations de température...)
Pouvez vous nous dire ce qui se passe : au moment de proposer cela, comment réagit l'enfant? Que montre t-il, lui..?
Ca m'intéresse plus que de savoir que le personnel hospitalier est rassuré et travaille dans de meilleures conditions.
Qu'est ce qui nous permet de dire que c'est intéressant comme approche. Et pourquoi des
psychanalystes comme Eliacheff qui travaille avec des nourrissons, sans langage donc, des psychanalystes comme Dolto qui faisait de la psychanalyse, même avec des psychotiques sans langage, ou avec des patients présentant des troubles autistiques?
Pourquoi ose-t-on toucher, lorsqu'on est psychanalyste et pas thérapeute corporel "à la base"?
Nos questions ne sont pas savantes, mais pourriez vous les adresser à M Deillon et qu'il nous dise ce qu'il en perçoit, au delà de l'apaisement, du calme, qu'en perçoit -il, plus en profondeur?
Je ne dis pas guérir, mais en quoi un jeune autiste s'y retrouve-t-il, comme Sujet?
Cordialement
sophie
Je ne comprends pas que cet ouvrage puisse être une référence, pour appliquer ces méthodes : je ne me représente pas le lien entre maintenir (holding) et recréer artificiellement la température d'un environnement maternel sécurisant. Je comprends qu'un bébé prématuré soit dans une couveuse à la température du ventre maternel, ça oui, je comprends, mais je ne comprends pas cette succession de manipulations du corps (le drap enveloppant , les mains qui tiennent, les variations de température...)
Pouvez vous nous dire ce qui se passe : au moment de proposer cela, comment réagit l'enfant? Que montre t-il, lui..?
Ca m'intéresse plus que de savoir que le personnel hospitalier est rassuré et travaille dans de meilleures conditions.
Qu'est ce qui nous permet de dire que c'est intéressant comme approche. Et pourquoi des
psychanalystes comme Eliacheff qui travaille avec des nourrissons, sans langage donc, des psychanalystes comme Dolto qui faisait de la psychanalyse, même avec des psychotiques sans langage, ou avec des patients présentant des troubles autistiques?
Pourquoi ose-t-on toucher, lorsqu'on est psychanalyste et pas thérapeute corporel "à la base"?
Nos questions ne sont pas savantes, mais pourriez vous les adresser à M Deillon et qu'il nous dise ce qu'il en perçoit, au delà de l'apaisement, du calme, qu'en perçoit -il, plus en profondeur?
Je ne dis pas guérir, mais en quoi un jeune autiste s'y retrouve-t-il, comme Sujet?
Cordialement
sophie
Re: Un appel de Pierre Delion
Envoyé par: Le Vaguerèse Laurent (Modérateur)
Date: Sat 25 April 2009 14:21:27
oui, toutes ces questions sont pertinentes et j'espère vraiment que Pierre Delion et son équipe voudront bien y répondre comme je les ai sollicité pour le faire.Comment ça marche? je n'en sais rien et c'est bien sans doute une enigme de plus! Ce que je sais c'est que cette technique est précisément issue de son utilisation chez les "grands" psychotiques adultes et est notamment utilisée par les tenants de la psychothérapie institutionnelle (Oury etc..) que j'ai du mal à identifier comme des sadiques barbares! Qu'est-ce qui peut bien se passer dans la tête d e cet enfant pour que ça puisse l'apaiser? je ne suis pas sûr que quiconque le sache en fait. Mais là j'arrive à ma limite personnelle en ce domaine.
Enfin, que le texte de Pierre delion laisse des zones de flou, c'est possible mais là encore je ne peux répondre à sa place.
LLV
Enfin, que le texte de Pierre delion laisse des zones de flou, c'est possible mais là encore je ne peux répondre à sa place.
LLV
Re: Un appel de Pierre Delion
Envoyé par: Pendanx Daniel (---.rev.libertysurf.net)
Date: Sat 25 April 2009 20:53:00
L’orientation générale qui ressort de ce texte-appel de Pierre Delion me paraît passer bien vite, bien trop vite, sur la dimension symbolique environnementale, institutionnelle, soit sur la question je crois nodale (pour quelque clinique que ce soit) de l’articulation des pratiques avec la problématique institutionnelle (juridique) de la Loi.
La cruauté de l’autisme n’est me semble-t-il pas sans rapport, même si bien sûr les voies en restent mystérieuses (bien que je crois appréhendées par les plus sensibles et les plus subtils des cliniciens en la matière, par-delà quelque duel sur les "techniques"), avec les conditions inaugurales de l’accès (de l'accès tant de l’espèce que du sujet) au langage, avec donc, face au "meurtre primordial", les conditions structurales (scène originaire, images fondatrices) de l’institution du sujet.
Je reste toutefois très circonspect quant à tout ce qui va dans le sens d'une défense ou d'une généralisation/formalisation de cette «technique» (comme de toute autre), à son extension sous le règne des experts et des superviseurs, quelque bien ceux-là nous veuillent et veuillent aux autistes. Je suis surtout particulièrement réticent à un certain type d'absence de délimitation, tant par rapport au médico-social qu'à l’éducatif… Je ne dis pas que les uns ou les autres ne peuvent s'associer, mais je dis qu'il y a derrière tout cela des enjeux de pouvoir et de rivalité – l’enjeu de meurtre lui-même (cf. ci-dessous la citation de Legendre) – que ce texte, qui ne manifeste aucune référence au droit, aucun souci du cadre de légalité de la clinique, fait bien vite passer à l’as…
Mon sentiment, sans être "spécialiste", pas directement impliqué dans la clinique de l'autisme profond, mais réfléchissant à partir de certains cas que j’ai eu à connaître (venus dans la sphère de la Justice des mineurs pour raison de conflit entre le « médico-social » et des familles), et à partir de bien des choses qui m'en reviennent par quelques proches qui sont en première ligne, je crois que le plus essentiel est le climat institutionnel, environnemental : la qualité d'enveloppement par les liens, liens de parole (sexués donc), soit aussi la façon (nouée ou pas à la problématique de la Loi!) dont les "régressions" (nécessaires) sont offertes à ces enfants...
Le terme de "soignant", aujourd’hui si encagé dans le positivisme thérapeutique, me paraît bien trop inscrit dans l'idéologie sanitaire, le "médico-social"… C’est pourquoi je ne suis pas pour laisser entraîner tous les intervenants institutionnels, tous les protagonistes des cas, sous ce vocable… Cela me paraît de salubrité publique et clinique ! Le risque, que je ne cesse d’observer, c’est que les uns et les autres, au prétexte habituel de la lutte contre le "morcellement", se laissent enferrés dans "l'équipe médico-sociale", soit dans un mode de lien qui verrouille les transferts au pouvoir médico-psy, ou à la figure idéalisée du "psychanalyste" ou du "superviseur".. Comment ces transferts, dits de travail, mais en vérité éternisés comme transferts de séduction, pourraient-ils alors trouver, dans les institutions, les conditions (de cadre, de dette, de rigueur) de leur élaboration? Voilà qui pousse, au nom du traitement, au nom du dit «intérêt de l’enfant» (défini par qui ?), à des régimes institutionnels qui ne sont qu’un versus de la techno-gestion scientiste…
Dans ma pratique d’éducateur d’AEMO je m'emploie toujours, par rapport à la façon dont les « bons docteurs » se portent si facilement dans les "cas" (y compris sous l'emblématique de la "psychanalyse") au lieu de l'Autre, de la Référence, à faire vivre l'écart entre les fonctions, entre la fonction et la Référence, soit pour ce qui me concerne à tenir d’abord le propre espace tiers de l'AEMO. Cette mise en jeu de l'écart engage, pour chacun, dans une dialectique infinie, toute la mise en jeu d'une parole juste dans la fonction… Parole : la sienne, pas celle, standardisée, des pouvoirs institutionnels technocratisées, et pourtant une parole référée... Soutenir le transfert, mais de manière référée, c'est à mon sens, en toute clinique, la condition de l'efficace du symbolique, la condition de l’élaboration d'un « climat » favorable, où l’expérimentation reste elle-même contenue… La clé, qui a à voir avec le ternaire du Miroir, c’est ce qu’on appelait autrefois "triangulation"… As-tu lecteur observé comment ce terme a peu à peu semble-t-il disparu des discours professionnels, des formations?
C’est à partir de là que je crois on peut parler d’effet thérapeutique institutionnel, quand donc l'institution vaut de manière "tierce", ouvre des espaces tiers, potentiels, tant pour les praticiens que pour les sujets traités… Mais voilà qui suppose aussi que l'Equipe ou le Superviseur ne se posent pas comme référence, dans cette espèce de surplomb habituel par rapport aux parents et autres intervenants dans le cas… Alors des pratiques comme ce "packing" (si des praticiens s'y investissent de manière assez libre, pas trop "religieuse", avec plaisir et distance,) sont peut-être préférables à des violences d'apparence plus soft... Cela je ne peux pas dire. Ce que je peux dire c’est qu’il ne faut pas laisser le pouvoir juridique aux médecins et aux "notoriétés" ; surtout si on pense comme moi que la dignité de la psychiatrie tient à sa capacité d’être et de valoir comme « la science des limites de la science »…
Daniel Pendanx
bordeaux, le 25 avril
_______________________________________
Ce post, peut-être le dernier sur ce site, est l’occasion d’offrir aux lecteurs courageux, soucieux d’une clinique digne de ce nom, cette réflexion (1985) de Legendre :
« Passons maintenant à la technique la plus active de dénégation du sacrifice humain, celle qui mobilise la recherche scientifique sur le terrain stratégique de la reproduction, c’est-à-dire là où se joue le principe de raison et de folie. Je vais poser une question : pourquoi l’Etat français, suivant en cela la politique pratiquée dans les sociétés soumises aux impératifs de la gestion industrielle, choisit-il de financer sur fonds publics les recherches bio-chimiques et bio-médicales sur la psychose, y compris – notons ce point capital – la recherche concernant le problème du langage dans la psychose ? Si l’Etat français, à travers le dispositif budgétaire et les arbitrages administratifs, a choisi l’investissement bio-chimique ou bio-médical, c’est que la poussée sociale, canalisée par les syndicats de soignants, par le milieu universitaire, puis par la classe politique, va dans un certain sens. Nous voulons tous nous entraider afin de faire taire ce qui, en chacun de nous, aspire à la mort des autres et veut tuer.Il s’agit, avec l’aide des grands moyens sociaux et grâce aux gymnastiques idéologiques nécessaires, de nous démarquer de la folie et d’apaiser la culpabilité. Actuellement cet investissement à la cote, mais il pourrait être retiré et placé ailleurs. Nous sommes si retors que l’antimédicalisation, à condition d’être à son tour comptabilisé dans un discours idéal, pourrait tout aussi bien faire l’affaire, l’essentiel étant de dénier à la psychose ce que je dois appeler ici son statut juridique, c’est-à-dire d’être prise dans un système de reproduction institutionnelle.
Autrement dit, la folie n’est pas perdue pour tout le monde. Du côté des institutions, c’est une prise, et même une bonne prise. La psychose fonctionne aussi comme prise d’otage.
Cette formule, ne l’entendez pas selon l’effrayante naïveté colportée par certains marchands de l’anti-psychiatrie, mais par rapport à la problématique du sacrifice, problématique qui concerne chaque sujet dans l’espace dogmatique des institutions. Je dis que le système industriel, où qu’il soit amené à fonctionner dans le monde sur la base de nos idéaux gestionnaires, renouvelle cette problématique par le détour d’une dénégation, et que le produit fini du nouveau commerce avec la vérité trouve dans le psychotique des temps modernes, sa perfection achevée. Toutes les sociétés modernes sont en train de miser sur la folie, à des titres idéologiques divers et selon les variantes les plus diverses, adaptées à leur cas. Miser sur la folie signifie qu’il faut sauver quelque chose et que l’ordre est en péril. J’aurai à revenir sur cette question considérable : en quoi la psychose devient-elle un atout des sociétés industrielles et comment, par quel mécanisme repérable, la psychose peut-elle être politiquement programmée, Autrement dit, en dehors des guerres, quelle est la voie sociale d’accès au meurtre, non pas à n’importe quel meurtre, mais au meurtre du sujet de la parole comme tel ?
Ces remarques valent une maxime : le psychotique vient au monde pour être sacrifié.
Mais cette notation se perdrait dans le magma des doctrines sociales de la bienfaisance, dont je me tiens éloigné, si elle n’était rapportée à notre interrogation sur le sacrifice humain. Qu’est-ce que l’institution du meurtre ? »
(Dans L'empire de la vérité, Introduction aux espaces dogmatiques industriels, FAYARD, 1983, nouvelle édition, 2001, p.67)
La cruauté de l’autisme n’est me semble-t-il pas sans rapport, même si bien sûr les voies en restent mystérieuses (bien que je crois appréhendées par les plus sensibles et les plus subtils des cliniciens en la matière, par-delà quelque duel sur les "techniques"), avec les conditions inaugurales de l’accès (de l'accès tant de l’espèce que du sujet) au langage, avec donc, face au "meurtre primordial", les conditions structurales (scène originaire, images fondatrices) de l’institution du sujet.
Je reste toutefois très circonspect quant à tout ce qui va dans le sens d'une défense ou d'une généralisation/formalisation de cette «technique» (comme de toute autre), à son extension sous le règne des experts et des superviseurs, quelque bien ceux-là nous veuillent et veuillent aux autistes. Je suis surtout particulièrement réticent à un certain type d'absence de délimitation, tant par rapport au médico-social qu'à l’éducatif… Je ne dis pas que les uns ou les autres ne peuvent s'associer, mais je dis qu'il y a derrière tout cela des enjeux de pouvoir et de rivalité – l’enjeu de meurtre lui-même (cf. ci-dessous la citation de Legendre) – que ce texte, qui ne manifeste aucune référence au droit, aucun souci du cadre de légalité de la clinique, fait bien vite passer à l’as…
Mon sentiment, sans être "spécialiste", pas directement impliqué dans la clinique de l'autisme profond, mais réfléchissant à partir de certains cas que j’ai eu à connaître (venus dans la sphère de la Justice des mineurs pour raison de conflit entre le « médico-social » et des familles), et à partir de bien des choses qui m'en reviennent par quelques proches qui sont en première ligne, je crois que le plus essentiel est le climat institutionnel, environnemental : la qualité d'enveloppement par les liens, liens de parole (sexués donc), soit aussi la façon (nouée ou pas à la problématique de la Loi!) dont les "régressions" (nécessaires) sont offertes à ces enfants...
Le terme de "soignant", aujourd’hui si encagé dans le positivisme thérapeutique, me paraît bien trop inscrit dans l'idéologie sanitaire, le "médico-social"… C’est pourquoi je ne suis pas pour laisser entraîner tous les intervenants institutionnels, tous les protagonistes des cas, sous ce vocable… Cela me paraît de salubrité publique et clinique ! Le risque, que je ne cesse d’observer, c’est que les uns et les autres, au prétexte habituel de la lutte contre le "morcellement", se laissent enferrés dans "l'équipe médico-sociale", soit dans un mode de lien qui verrouille les transferts au pouvoir médico-psy, ou à la figure idéalisée du "psychanalyste" ou du "superviseur".. Comment ces transferts, dits de travail, mais en vérité éternisés comme transferts de séduction, pourraient-ils alors trouver, dans les institutions, les conditions (de cadre, de dette, de rigueur) de leur élaboration? Voilà qui pousse, au nom du traitement, au nom du dit «intérêt de l’enfant» (défini par qui ?), à des régimes institutionnels qui ne sont qu’un versus de la techno-gestion scientiste…
Dans ma pratique d’éducateur d’AEMO je m'emploie toujours, par rapport à la façon dont les « bons docteurs » se portent si facilement dans les "cas" (y compris sous l'emblématique de la "psychanalyse") au lieu de l'Autre, de la Référence, à faire vivre l'écart entre les fonctions, entre la fonction et la Référence, soit pour ce qui me concerne à tenir d’abord le propre espace tiers de l'AEMO. Cette mise en jeu de l'écart engage, pour chacun, dans une dialectique infinie, toute la mise en jeu d'une parole juste dans la fonction… Parole : la sienne, pas celle, standardisée, des pouvoirs institutionnels technocratisées, et pourtant une parole référée... Soutenir le transfert, mais de manière référée, c'est à mon sens, en toute clinique, la condition de l'efficace du symbolique, la condition de l’élaboration d'un « climat » favorable, où l’expérimentation reste elle-même contenue… La clé, qui a à voir avec le ternaire du Miroir, c’est ce qu’on appelait autrefois "triangulation"… As-tu lecteur observé comment ce terme a peu à peu semble-t-il disparu des discours professionnels, des formations?
C’est à partir de là que je crois on peut parler d’effet thérapeutique institutionnel, quand donc l'institution vaut de manière "tierce", ouvre des espaces tiers, potentiels, tant pour les praticiens que pour les sujets traités… Mais voilà qui suppose aussi que l'Equipe ou le Superviseur ne se posent pas comme référence, dans cette espèce de surplomb habituel par rapport aux parents et autres intervenants dans le cas… Alors des pratiques comme ce "packing" (si des praticiens s'y investissent de manière assez libre, pas trop "religieuse", avec plaisir et distance,) sont peut-être préférables à des violences d'apparence plus soft... Cela je ne peux pas dire. Ce que je peux dire c’est qu’il ne faut pas laisser le pouvoir juridique aux médecins et aux "notoriétés" ; surtout si on pense comme moi que la dignité de la psychiatrie tient à sa capacité d’être et de valoir comme « la science des limites de la science »…
Daniel Pendanx
bordeaux, le 25 avril
_______________________________________
Ce post, peut-être le dernier sur ce site, est l’occasion d’offrir aux lecteurs courageux, soucieux d’une clinique digne de ce nom, cette réflexion (1985) de Legendre :
« Passons maintenant à la technique la plus active de dénégation du sacrifice humain, celle qui mobilise la recherche scientifique sur le terrain stratégique de la reproduction, c’est-à-dire là où se joue le principe de raison et de folie. Je vais poser une question : pourquoi l’Etat français, suivant en cela la politique pratiquée dans les sociétés soumises aux impératifs de la gestion industrielle, choisit-il de financer sur fonds publics les recherches bio-chimiques et bio-médicales sur la psychose, y compris – notons ce point capital – la recherche concernant le problème du langage dans la psychose ? Si l’Etat français, à travers le dispositif budgétaire et les arbitrages administratifs, a choisi l’investissement bio-chimique ou bio-médical, c’est que la poussée sociale, canalisée par les syndicats de soignants, par le milieu universitaire, puis par la classe politique, va dans un certain sens. Nous voulons tous nous entraider afin de faire taire ce qui, en chacun de nous, aspire à la mort des autres et veut tuer.Il s’agit, avec l’aide des grands moyens sociaux et grâce aux gymnastiques idéologiques nécessaires, de nous démarquer de la folie et d’apaiser la culpabilité. Actuellement cet investissement à la cote, mais il pourrait être retiré et placé ailleurs. Nous sommes si retors que l’antimédicalisation, à condition d’être à son tour comptabilisé dans un discours idéal, pourrait tout aussi bien faire l’affaire, l’essentiel étant de dénier à la psychose ce que je dois appeler ici son statut juridique, c’est-à-dire d’être prise dans un système de reproduction institutionnelle.
Autrement dit, la folie n’est pas perdue pour tout le monde. Du côté des institutions, c’est une prise, et même une bonne prise. La psychose fonctionne aussi comme prise d’otage.
Cette formule, ne l’entendez pas selon l’effrayante naïveté colportée par certains marchands de l’anti-psychiatrie, mais par rapport à la problématique du sacrifice, problématique qui concerne chaque sujet dans l’espace dogmatique des institutions. Je dis que le système industriel, où qu’il soit amené à fonctionner dans le monde sur la base de nos idéaux gestionnaires, renouvelle cette problématique par le détour d’une dénégation, et que le produit fini du nouveau commerce avec la vérité trouve dans le psychotique des temps modernes, sa perfection achevée. Toutes les sociétés modernes sont en train de miser sur la folie, à des titres idéologiques divers et selon les variantes les plus diverses, adaptées à leur cas. Miser sur la folie signifie qu’il faut sauver quelque chose et que l’ordre est en péril. J’aurai à revenir sur cette question considérable : en quoi la psychose devient-elle un atout des sociétés industrielles et comment, par quel mécanisme repérable, la psychose peut-elle être politiquement programmée, Autrement dit, en dehors des guerres, quelle est la voie sociale d’accès au meurtre, non pas à n’importe quel meurtre, mais au meurtre du sujet de la parole comme tel ?
Ces remarques valent une maxime : le psychotique vient au monde pour être sacrifié.
Mais cette notation se perdrait dans le magma des doctrines sociales de la bienfaisance, dont je me tiens éloigné, si elle n’était rapportée à notre interrogation sur le sacrifice humain. Qu’est-ce que l’institution du meurtre ? »
(Dans L'empire de la vérité, Introduction aux espaces dogmatiques industriels, FAYARD, 1983, nouvelle édition, 2001, p.67)
Re: Un appel de Pierre Delion
Envoyé par: Le Vaguerèse Laurent (Modérateur)
Date: Sun 26 April 2009 08:55:52
Piere Delion ayant eu quelques difficultés à entrer dans le forum pour répondre directement je le cite dans un courrier qu'il m'a adressé. Je pense maintenant que lui ou des membres de son équipe le feront à leur tour sans passer par mon intermédiaire:
"Quand jennifer qui s'était automutilé l'oeil droit depuis des mois dans son IME et qu'elle est arrivée au chu pour être vue en urgence par l'ophtalmo de garde parce que son cristallin pendait, nous lui avons fait un packing dans les heures qui ont suivi, puis un par jour pendant deux semaines et en quinze jours elle avait cessé de le faire; nous avons continué pendant plusieurs semaines à raison de trois packs par semaine, puis diminué progressivement sans que ses automutilations reviennent. Elle a pu retourner dans son IME et dans sa famille.
Quand Yoann s'automutilait la tête contre les radateurs de la chambre de chez lui puis dans le service qui l'accueillait, nous lui avons fait deux packs par semaines pour observer assez rapidement qu'il diminuait puis arrêtait en qqs mois de la faire;
quand nous avons reçu Nicolas qui était à quatre ans dans un état de violence tel qu'il avait découragé plusieurs thérapeutes qui avaient arrêté de le recevoir et quqe nous lui avons proposé des packings pour aménager le cadre psychothérapique avec lui en qqs mois il est devenu plus cool et nous avons pu faire autrement, etc... j'en ai bcp de cas de cette nature à raconter.
J'ai appris la technique de woodbury, psychanalyste américain et français revenu dans le XIII arrondissement de Paris en 1965 et qui traitait ainsi les décompensations dissociatives des patients schizophrènes. Lorsque j'ai été chargé de soigner jennifer, yoann, nicolas et les autres chez qui rien n'avait marché jusqu'alors, j'ai pensé qu'on pouvait essayer cett technique qui avait donné de bons résultats chez les patients schizophrènes que j'avais soigné antérieurement. Et j'ai constaté que ça soignait non pas l'autisme, mais certains symptômes très graves comme l'automutilation dans un certain nombre de cas.
Il est arrivé que cela ne donne pas d'effets positifs et dans ces cas nous avons évidemment arrêté. Dans tous les cas cela s'est fait avec l'accord des parents. J'ai essayé de comprendre avec mes collègues comment on pouvait comprendre ces améliorations en travaillant sur les textes de anzieu, winnicott, schilder, pankow, dolto...et nous avons trouvé que le packing avait sans doute un rôle de fonction contenante puisqu'à chaque fois nous étions là avec l'enfant à le contenir dans le packing en notre présence, contrairement aux contentions qui laissent le patient dans la solitude.
Et en travaillant avec geneviève Haag, nous avons aussi pensé que les enveloppes corporelles et psychiques étaient souvent retrouvées par cette technique. Sinon vous avez vu aussi les hypothèses physiologiques proposées par certains. Voilà, ce sosnt des hypothèses comme pour toutes les techniques employées en médecine qui demandent à être poursuivies, validées, comprises etc et c'est pourquoi nous avons par ailleurs entrepris une étude autorisée par le ministère et le comité d'éthique.
Le ministère et la commission de protection des personnes a donné son avis favorable. Si jamais le ministère interdisait maintenant cette pratique, il se déjugerait et décrédibiliserait les experts scientifiques et éthiques qui ont donné un avis favorable. Donc vous voyez, je ne comprends pas tout en psychiatrie ni en psychopathologie, il s'agit là d'une prise en charge thérapeutique qui donne qqs résultats et peut être utilisée dans des cas graves. Nous ne faisons en aucun cas de packs à tous les enfants autistes, nous essayons seulement de retenir qqs uns d'entre des horribles blessures qu'ils s'infligent.. Pierre Delion
"Quand jennifer qui s'était automutilé l'oeil droit depuis des mois dans son IME et qu'elle est arrivée au chu pour être vue en urgence par l'ophtalmo de garde parce que son cristallin pendait, nous lui avons fait un packing dans les heures qui ont suivi, puis un par jour pendant deux semaines et en quinze jours elle avait cessé de le faire; nous avons continué pendant plusieurs semaines à raison de trois packs par semaine, puis diminué progressivement sans que ses automutilations reviennent. Elle a pu retourner dans son IME et dans sa famille.
Quand Yoann s'automutilait la tête contre les radateurs de la chambre de chez lui puis dans le service qui l'accueillait, nous lui avons fait deux packs par semaines pour observer assez rapidement qu'il diminuait puis arrêtait en qqs mois de la faire;
quand nous avons reçu Nicolas qui était à quatre ans dans un état de violence tel qu'il avait découragé plusieurs thérapeutes qui avaient arrêté de le recevoir et quqe nous lui avons proposé des packings pour aménager le cadre psychothérapique avec lui en qqs mois il est devenu plus cool et nous avons pu faire autrement, etc... j'en ai bcp de cas de cette nature à raconter.
J'ai appris la technique de woodbury, psychanalyste américain et français revenu dans le XIII arrondissement de Paris en 1965 et qui traitait ainsi les décompensations dissociatives des patients schizophrènes. Lorsque j'ai été chargé de soigner jennifer, yoann, nicolas et les autres chez qui rien n'avait marché jusqu'alors, j'ai pensé qu'on pouvait essayer cett technique qui avait donné de bons résultats chez les patients schizophrènes que j'avais soigné antérieurement. Et j'ai constaté que ça soignait non pas l'autisme, mais certains symptômes très graves comme l'automutilation dans un certain nombre de cas.
Il est arrivé que cela ne donne pas d'effets positifs et dans ces cas nous avons évidemment arrêté. Dans tous les cas cela s'est fait avec l'accord des parents. J'ai essayé de comprendre avec mes collègues comment on pouvait comprendre ces améliorations en travaillant sur les textes de anzieu, winnicott, schilder, pankow, dolto...et nous avons trouvé que le packing avait sans doute un rôle de fonction contenante puisqu'à chaque fois nous étions là avec l'enfant à le contenir dans le packing en notre présence, contrairement aux contentions qui laissent le patient dans la solitude.
Et en travaillant avec geneviève Haag, nous avons aussi pensé que les enveloppes corporelles et psychiques étaient souvent retrouvées par cette technique. Sinon vous avez vu aussi les hypothèses physiologiques proposées par certains. Voilà, ce sosnt des hypothèses comme pour toutes les techniques employées en médecine qui demandent à être poursuivies, validées, comprises etc et c'est pourquoi nous avons par ailleurs entrepris une étude autorisée par le ministère et le comité d'éthique.
Le ministère et la commission de protection des personnes a donné son avis favorable. Si jamais le ministère interdisait maintenant cette pratique, il se déjugerait et décrédibiliserait les experts scientifiques et éthiques qui ont donné un avis favorable. Donc vous voyez, je ne comprends pas tout en psychiatrie ni en psychopathologie, il s'agit là d'une prise en charge thérapeutique qui donne qqs résultats et peut être utilisée dans des cas graves. Nous ne faisons en aucun cas de packs à tous les enfants autistes, nous essayons seulement de retenir qqs uns d'entre des horribles blessures qu'ils s'infligent.. Pierre Delion
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