Une politique pour la psychanalyse : Forums du site oedipe
Ce forum a pour objet de permettre un débat autour du projet de loi sur le titre de psychothérapeute et, plus largement, d'ouvrir une discussion autour du positionnement de la psychanalyse dans la cité
Des appels à la pelle
Envoyé par: Le Vaguerèse Laurent (Modérateur)
Date: Sat 10 January 2009 07:16:59
Oedipe info : Des appels à la pelle !
Cela fait maintenant quelques années que la logique du chiffrage contre la parole, de l’évaluation contre l’interrogation, du contrôle contre l’intime a montré l’étendue des dégâts qu’elle pouvait provoquer dans une société de plus en plus inquiète d’elle-même et des principes démocratiques qui la fondent.
S’appuyant sur la perception d’un immobilisme social perçu comme intenable, la « nouvelle société » est en marche proposant de mauvaise réponses mais des réponses simples à des questions justes mais tissées de complexité.
Les psychanalystes en font chaque jour l’expérience par l’écho qu’ils en reçoivent des analysants, par les attaques contre ce qui fonde leur pratique, par les tous les lieux où, depuis toujours, elle se trouve en extension qu’il s’agisse des soins, de l’enseignement, de la recherche, de la culture ou de la justice pour n’en citer que quelques-uns.
Face à cette situation, le corps social rugit mais mord rarement laissant la logique orwellienne se développer sans cesse. Récemment ce sont les psychiatres et en particulier ceux qui travaillent dans les hôpitaux qui ont été en première ligne. En faisant du fou non pas celui qui interroge notre propre folie, mais celui qui fait peur et que l’on doit écarter, enfermer, c’est une part de notre humanité qui est vendue à l’encan.
Parmi les moyens qui furent opposés à cette logique mortifère, la pétition lancée sur Internet par le groupe à l’origine du texte « pas de zéro de conduite pour les enfants de moins de trois ans » a ouvert une brèche dans laquelle chacun a cru pouvoir s’engouffrer alors qu’elle a rapidement montré à la fois ses atouts mais aussi ses limites. Opposer un comptage à un autre, et par ce biais une légitimité à une autre accentue les clivages mais n’ouvre pas sans un effort supplémentaire de champ à la parole. Cette parole cherche pourtant de plus en plus à s’exprimer par le biais des forums notamment. La presse et les journalistes qui voient également leur liberté de plus en plus menacée y sont de plus en plus sensibles et en rendent compte.
Les psychiatres réunis dans l’ appel des 39 dit de « La nuit sécuritaire « continuent de travailler pour que cette parole émerge et soit entendue par le plus grand nombre. Elle doit donner lieu avant les vacances de février à une rencontre ouverte à tous où chacun pourra s’exprimer et faire des propositions. Nous l’annoncerons évidemment sur le site oedipe. Patrick Chemla est, à Reims dès le 26 janvier, le premier à ouvrir publiquement le débat. Une partie importante des initiateurs de l’appel des 39 s’y retrouvera. [www.collectifpsychiatrie.fr]
Cependant la question s’est posée de savoir s’il ne serait pas possible au-delà des corporatismes toujours prêts à reprendre la main, de faire en sorte qu’au-delà des clivages et des mouvements dont chacun possède une vraie légitimité, il n’était pas possible de lancer un mouvement plus général. Une logique commune y est à l’œuvre, il s’agit de la mettre en évidence, non pas pour défendre un certain immobilisme mais pour faire face différemment aux questions qui se posent à nous aujourd’hui.
Ce mouvement prend en ce moment même la forme de « l’appel des appels » lancé par Roland Gori et Stefan Chedri et que pour ma part j’approuve et soutien. Cet appel est avant tout à mes yeux un appel à se rencontrer et à se parler. Un premier rendez-vous est fixé pour le 31 janvier. À cette date se tiendra une rencontre ouverte à tous de 10H à 18H au 104 rue d'Aubervilliers à Paris où Robert Cantarella acteur et metteur en scène anime avec Robert Fishbach également comédien ce lieu nouveau de la culture ouverte à Paris.
[www.appeldesappels.org]
"Chers collègues et amis,
-Alors que nos métiers respectifs, qu’il s’agisse de la santé, du soin, du travail social, de l’éducation, de la recherche, de la justice, de l’information et de la culture, subissent une attaque sans précédent de la part du gouvernement
-alors que des appels de réaction et de protestations sont lancés par dizaines dans le pays
-le temps est venu, nous semble-t-il, de coordonner ces différents mouvements et d’en tirer tout le sens politique
Si cette initiative rencontre votre adhésion, nous vous proposons :
-de signer cet appel en vous rendant sur le site [www.appeldesappels.org]
-de le faire signer en le relayant dans tous les cercles et réseaux auxquels vous avez accès.
Mais aussi et afin "d'étendre le domaine de la lutte :
- de participer à la réunion de coordination du 31 janvier, qui aura lieu, de 10 h à 18 h, au "104 rue d'Aubervilliers", à Paris, au cours de laquelle le pays réel se fera entendre à travers les témoignages des professionnels en lutte et devrait faire émerger des propositions d’actions transversales pour l’avenir
« Appel des appels
« Nous, professionnels du soin, du travail social, de l'éducation, de la justice, de l’information et de la culture, attirons l'attention des Pouvoirs Publics et de l'opinion sur les conséquences sociales désastreuses des Réformes hâtivement mises en place ces derniers temps.
A l'Université, à l'École, dans les services de soins et de travail social, dans les milieux de la justice, de l’information et de la culture, la souffrance sociale ne cesse de s'accroître. Elle compromet nos métiers et nos missions.
Au nom d'une idéologie de "l'homme économique", le Pouvoir défait et recompose nos métiers et nos missions en exposant toujours plus les professionnels et les usagers aux lois "naturelles" du Marché. Cette idéologie s'est révélée catastrophique dans le milieu même des affaires dont elle est issue.
Nous, professionnels du soin, du travail social, de l'éducation, de la justice, de l'information et de la culture, refusons qu'une telle idéologie mette maintenant en "faillite" le soin, le travail social, l'éducation, la justice, l’information et la culture.
Nous appelons à une Coordination Nationale de tous ceux qui refusent cette fatalité à se retrouver le 31 janvier 2009 à Paris. »
Le 22 décembre 2008,
Roland Gori et Stefan Chedri
167 premiers signataires ont soutenu cet Appel des appels le 9 janvier 2009
Alain Abelhauser, Professeur à l’Université de Rennes, Psychanalyste
Alain Abrieu, psychiatre de secteur, Marseille
Anne Alix, Cinéaste
Isabelle Alix, cadre action sociale et socio-culturelle
Gilles Amado, Professeur de Psychosociologie des organisations au Groupe HEC, co-rédacteur en chef de la Nouvelle Revue de Psychosociologie.
Paul Arnault, psychologue clinicien et doctorant en sociologie (EHESS).
Olivier Apprill, Journaliste Arte
Michel Arrivé, écrivain, professeur émérite de linguistique à l'Université de Paris 10 Nanterre
Christine Attali Marot, médecin, membre de l'association Enfance et Musique et présidente de la commission petite enfance de l'UNIOPSS
Patricia Attigui, Professeur des Universités, Paris 10 Nanterre, Psychanalyste
Marie-Frédérique Bacqué, Professeur de psychopathologie à l’Université de Strasbourg, psychanalyste.
Clémentine Baert, comédienne
René Barbier, Professeur émérite de Sciences de l'éducation, Université Paris 8, éditeur du "journal des chercheurs"
Christine Bellascabane, Pédiatre, anthropologue, Vice-Présidente du SNPMI
Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste
Fethi Benslama, Professeur Université de Paris 7 , Psychanalyste
Patrick Bensoussan, Pédopsychiatre
Claire Bernadac Rigal, Pédopsychiatre PH temps plein en disponibilité Hôpital Erasme
Elie JF Bernard Psychanalyste
Michèle Bertrand, Professeur émérite des Universités, Psychanalyste
Dominique Besnard, psychologue, directeur du département des Politiques Sociales aux CEMEA
Sophie Bialek, Psychiatre, psychanalyste, membre de la Société pour l'Action et la Recherche en Psychiatrie
Josiane Bigot, Magistrat, Présidente de l’Association Thémis
Philippe Bigot, consultant, intervenant sur les risques psychosociaux et la souffrance au travail
Claudine Blanchard-Laville, professeure de sciences de l'éducation à l'université Paris Ouest Nanterre la Défense
Valérie Blum, psychologue clinicienne, présidente du CV CMPP sud-est, Marseille
Sandra Boehringer, MC histoire grecque, Université de Strasbourg
Matthieu Bonduelle, magistrat, juge d’instruction à Bobigny
Christian Bonnet, Psychologue clinicien
Jean-Luc Bonniol, Professeur d’anthropologie à l’Université d’Aix-Marseille
Danièle Brun, Professeur émérite Université de Paris 7, Psychanalyste
Christian Cabane, militant des Droits de l'Homme
Marie-Laure Cadart, Médecin, Anthropologue
Yannick Cann, Psychiatre,
Robert Cantarella, Metteur en scène et directeur du 104
Danielle Capgras Baberon, Sage femme formatrice/consultante
Paola Casagrande; psychologue, psychanalyste, à Metz
Barbara Cassin, Philosophe, Directeur de recherche CNRS
Guy Chapouillié, professeur des universités, directeur de l'Ecole Supérieure de l'Audiovisuel (ESAV) de Toulouse
Christophe Chassaigne, Journaliste (France 3)
Michel Chauvière, directeur de recherche au CNRS (sciences politiques)
Stefan Chedri, Psychanalyste, Enseignant chargé des cours de psychologie générale et de psychopathologie clinique au Collège spécialisé de l'Université de Paris IV , IUFM de Paris
Yvonne Coinçon, Pédopsychiatre
Patrick Conrath, Psychologue, rédacteur en chef du “journal des psychologues”
Patrick Coupechoux, Journaliste
Laurence Croix, Maître de Conférences à l'université Paris X, membre active RESF Paris
Corinne Daubigny, Psychanalyste, formatrice en travail social
Christine Davoudian, Médecin de PMI (Conseil Général)
Bernard Debail, Librairie Lipsy
Angélique Del Rey, philosophe et enseignante
Marie-José Del Volgo, MCU-PH et Directeur de recherche à l’université d’Aix-Marseille
Pierre Delion, Professeur de Pédopsychiatrie, Chef de service Université de Lille
Catherine Dolto, haptopsychothérapeute et écrivain
Jean-Pierre Drapier, Medecin-directeur du CMPP d'Orly Président de l'ANCMPPT
Vice-président de la FAN des CMPP
Didier Dreyfuss, Professeur de Réanimation Médicale, Chef de Service, Université Paris-Diderot
Marie-Françoise Dubois-Sacrispeyre, éditrice, éditions érès
Dany-Robert Dufour, professeur à l'Université de Paris 8 en philosophie de l'éducation, directeur de programme au Collège International de Philosophie
Michel Dugnat, pédopsychiatre
Joël Dutertre, médecin (Mission Locale Clichy sous Bois / Montfermeil)
Philippe Duval, Directeur de Psychomedia
Claude Egullion, Gynécologue-Obstétricienne, Médecin coordinateur-Présidente de la CME Maternité des Bluets-Hôpital P Rouquès
Vincent Estellon, MCU Université de Paris 5
Roger Favre, Professeur d’Oncologie médicale à l’université d’Aix-Marseille 2
Anne-Marie Fernez, orthophoniste et psychanalyste
FNAREN Bureau national de la Fédération nationale des associations des rééducateurs de l'Education nationale,Un pays, une école, notre avenir, Sauvons les RASED
Jean Fourton, artiste plasticien et psychanalyste
Jean Furtos, Psychiatre des hopitaux
Ingrid France, Maître de Conférences en Economie Politique - Université Grenoble II
Jean Claude Fritz, Université de Dijon Politologue
Marie Thérèse Fritz, Pediatre -Medecin PMI
Ignacio Garaté, Psychanalyste à Bordeaux et à Paris
Tristan Garcia-Fons, pédopsychiatre, psychanalyste, responsable de la commission scientifique de la FAN.CMPP
Patrick Geffard, Enseignant et rééducateur
Sophie Genin, formatrice en français à l'IUFM de Lyon, site de l'Ain
Nathalie Georges-Lambrichs, Psychanalyste, Présidente des psychologues freudiens
Sylviane Giampino, psychanalyste, psychologue petite enfance
Yves Gigou, formateur Ceméa Infirmier de secteur psychiatrique
François Giordani, Conseiller à la Cour d'Appel de Nancy
Pascale Giravalli, Citoyenne et Psychiatre
Bernard Golse, Professeur de Pédopsychiatrie à l’Université de Paris 5 et Chef de service à Necker
Roland Gori, Professeur de Psychopathologie à l’Université d’Aix-Marseille, Psychanalyste
Anne Gorouben, Artiste peintre
Geneviève Guicheney, Conseil en développement durable
Philippe Guillou, Médecin généraliste, président de la société médicale Balint. Strasbourg
Alain Hahn, Magistrat
Mohammed Ham, Professeur à l’université de Nice
Marc Hayat, Psychiatre,psychanalyste, Vice-Président de la Conférence des Présidents de CME du secteur Privé Non Lucratif
Benoit Helme, journaliste
Catherine Herszberg, Journaliste et écrivain
Richard Horowitz, Pédopsychiatre, Président de la Fédération nationale des CMPP
Benjamin Jacobi, professeur à l’Université d’Aix-Marseille, psychanalyste
Saul Karsz, philosophe, sociologue, consultant
Pascal-Henri Keller, Professeur à l’Université de Poitiers, Psychanalyste
Louise L. Lambrichs, Ecrivain, philosophe, critique littéraire, chercheur indépendant
Laurie Laufer, MCU à l’Université de Paris 7, Psychanalyste
Camille Laurens, écrivain
Christian Laval, sociologue, Paris X Nanterre
Philippe Lavergne, Psychiatre des Hôpitaux Chef de Service psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent 5e Intersecteur des Hauts-de-Seine
Véronique Le Berre , Magistrat
Laurent Le Vaguerèse, Psychiatre, psychanalyste responsable du site oedipe.org
Joëlle Léandre, Artiste-contrebassiste
Jean-Pierre Lebrun, Psychanalyste
Philippe Lecorps, Psychologue en santé publique
Fabrice Leroy, Psychologue, Maître de conférences en psychopathologie (université de Lille 3)
Serge Lesourd, Professeur à l’Université de Strasbourg, Psychanalyste
Daniel Liotta, Philosophe
Samuel Luret, Journaliste Canal Plus
Gérard Macé, Poète
Jean-Claude Maleval, Professeur à Rennes 2
Catherine Mandouze, Psychologue scolaire, présidente de l'Association Départementale des, Psychologues de l'Education Nationale de Gironde
Christine Massac, psychiatre
Catherine Mathelin-Vanier , Psychanalyste Hôpitaux de Saint-Denis
Marc Maximin, Psychiatre, Président de l’ACLIMSS
Philippe Meirieu, Professeur de Sciences de l’Education à Lyon 2
Ginette Michaud, psychiatre, psychanalyste, ex-maître de conférences à l’Université de Paris 7
Sylvain Missonnier, Professeur à l’Université de Paris 5
Marie-José Mondzain, Directeur de recherche au CNRS
Hubert Montagner, Dr d’état en Psychophysiologie Professeur des Universités en retraite, ancien Directeur de Recherche de l’INSERM dans les domaines de la Psychophysiologie, du développement normal et pathologique de l’enfant et de la chronobiologie
Joseph Mornet, psychologue au Centre psychothérapique Saint Martin de Vignogoul, administrateur de la fédération d'aide à la santé mentale Croix Marine
Liane Mozère, Sociologue, Professeure des Universités émérite
Laurent Mucchielli, Directeur de recherches au CNRS (Sociologie)
Claude Nachin, psychiatre psychanalyste retraité, ancien chargé de cours de psychopathologie à l’Université de Picardie Jules verne- Amiens
Françoise Neau, psychologue clinicienne, MCU à l’Université de Paris 7
Pascal Ourghanlian, Enseignant spécialisé Référent pour la scolarisation des élèves handicapés, Membre du collectif Pasde0deconduite, Co-administrateur du Forum des enseignements spécialisés
Jean Oury, Médecin directeur de la clinique de la borde, cour cheverny
Jacques Pain, Professeur des Universités émérite
Brigitte Patzold, Journaliste
Eliane Perasso
Philippe Petit, Journaliste à France Culture et à Marianne
François Pommier, Professeur à l’Université de Nanterre
Serge Portelli, magistrat, Vice président du tribunal de grande instance de Paris, Membre du Syndicat de la Magistrature
Rémy Potier, MCF Psychologie Clinique, Université Lumière Lyon 2
Jeanny PRAT, enseignante en Clg et formatrice IUFM (PE, PCL)
Alain Rabatel, Professeur des Universités en Sciences du Langage Université Claude Bernard-Lyon 1 (Iufm)
Etienne Rabouin, Psychologue « Comité de Vigilance des CMPP de l’Ouest »
Henri Raczymow, écrivain
Clémentine Rappaport, pédo-psychiatre, responsable unité d'hospitalisation pour adolescents, Hôpital Robert Ballanger, Aulnay-sous-Bois.
Patrick Rayou, professeur de sciences de l'éducation, Université de Paris 8
Alain Refalo, professeur des écoles
Danielle Rodot, Médecin de PMI responsable de la circonscription d’Uzès, Conseil Général du Gard
Jacob Rogozinski, Philosophe
Jean-Claude Rouchy, Psychanalyste, Rédacteur en chef de Connexions et de la Revue de Psychothérapie Psychanalytique de Groupe
Pierre Sadoul, Psychiatre
Guy Sapriel, Psychiatre, Psychanalyste
Karim Sarroub, psychanalyste et écrivain
Marie-Jean Sauret, Professeur Toulouse Le Mirail, Psychanalyste
Claude Schauder, Psychologue, psychanalyste, Professeur associé de psychopathologie à l'Université de Strasbourg
Nicole Schauder, médecin de santé publique, Directrice du Collège Régional d'éducation à la santé d'Alsace et directrice adj. de l’Observatoire Régional de la santé d’Alsace
Pierre Sidon, Psychiatre, psychanalyste, membre de la Société pour l'Action et la Recherche en Psychiatrie
Bernard Sigg, psychanalyste retraité
Evelyne Sire-Marin, magistrat, membre de la fondation Copernic
Françoise Sironi, MCU à l’Université de Paris 8, Psychologue clinicienne, Expert près la Cour d'Appel de Paris
André Sirota, Professeur émérite, psychopathologie sociale et anthropologie psychanalytique, Université Paris Ouest Nanterre La Défense, psychanalyste
Monique Soula Desroche, Psychanalyste, Analyste de Groupe et d’Institution
Bernard Stiegler, philosophe, président d’Ars Industrialis
Rajaa Stitou, MCU à l’Université de Montpellier 3, Psychanalyste
Pierre Suesser, pédiatre en protection maternelle et infantile
Philippe Tabarly, Cinéaste
Dominique Terres-Graille, Psychiatre, Fédération des CMPP
Bernard Toboul, psychanalyste
Alain Trognon, Professeur des Universités Université Nancy2, Psychologie Sociale
Hélène Vaillé, Pharmacienne et journaliste
Alain Vanier, Professeur à l’Université de Paris 7, Psychiatre-Psychanalyste
Christian Volckman, cinéaste
Elisabeth Weissman, Journaliste et essayiste
Anne Zeller-Masson, orthophoniste, vice-présidente du CV CMPP sud-est Marseille
Jean-Michel Zucker, Pédiatre
Les signataires de cet appel des appels se sont activement engagés dans :
Appel des enseignants en résistance
AUSPAN
La nuit sécuritaire
La prévention prise en otage, la répression à tous les étages
Les droits des étrangers ne peuvent se réduire à un marché
Les élèves en difficulté à l'école ne sont pas tous des enfants handicapés!
Manifeste de la désobéissance
Manifeste des innombrables
Manifeste des menteuses
Manifeste pour des Etats généraux des droits et des libertés
Mobilisation pour la libération de la recherche
Mouvement pour une parole politique des professionnels du champ social MP4
Non à EDVIGE
Non à la destruction de la psychiatrie publique et de secteur
Non à la perpétuité sur ordonnance !
Non au contrôle génétique de l’immigration
Nous refusons la politique de la peur
Pas de 0 de conduite pour les enfants de trois ans
Pour le retrait de Base-élèves
Publier ou périr
Réseau education sans frontières
Sauver l'hôpital public
Sauvons l'université
Sauvons la clinique
Sauvons la recherche
Sauvons les rased
Se moquerait-on du livre et de la lecture ?
Un pays, une école, notre avenir
Universitaires contre une immigration jetable »
Modifié 2 fois. Dernière modification le 11/01/09 20:16 par Le Vaguerèse Laurent.
Cela fait maintenant quelques années que la logique du chiffrage contre la parole, de l’évaluation contre l’interrogation, du contrôle contre l’intime a montré l’étendue des dégâts qu’elle pouvait provoquer dans une société de plus en plus inquiète d’elle-même et des principes démocratiques qui la fondent.
S’appuyant sur la perception d’un immobilisme social perçu comme intenable, la « nouvelle société » est en marche proposant de mauvaise réponses mais des réponses simples à des questions justes mais tissées de complexité.
Les psychanalystes en font chaque jour l’expérience par l’écho qu’ils en reçoivent des analysants, par les attaques contre ce qui fonde leur pratique, par les tous les lieux où, depuis toujours, elle se trouve en extension qu’il s’agisse des soins, de l’enseignement, de la recherche, de la culture ou de la justice pour n’en citer que quelques-uns.
Face à cette situation, le corps social rugit mais mord rarement laissant la logique orwellienne se développer sans cesse. Récemment ce sont les psychiatres et en particulier ceux qui travaillent dans les hôpitaux qui ont été en première ligne. En faisant du fou non pas celui qui interroge notre propre folie, mais celui qui fait peur et que l’on doit écarter, enfermer, c’est une part de notre humanité qui est vendue à l’encan.
Parmi les moyens qui furent opposés à cette logique mortifère, la pétition lancée sur Internet par le groupe à l’origine du texte « pas de zéro de conduite pour les enfants de moins de trois ans » a ouvert une brèche dans laquelle chacun a cru pouvoir s’engouffrer alors qu’elle a rapidement montré à la fois ses atouts mais aussi ses limites. Opposer un comptage à un autre, et par ce biais une légitimité à une autre accentue les clivages mais n’ouvre pas sans un effort supplémentaire de champ à la parole. Cette parole cherche pourtant de plus en plus à s’exprimer par le biais des forums notamment. La presse et les journalistes qui voient également leur liberté de plus en plus menacée y sont de plus en plus sensibles et en rendent compte.
Les psychiatres réunis dans l’ appel des 39 dit de « La nuit sécuritaire « continuent de travailler pour que cette parole émerge et soit entendue par le plus grand nombre. Elle doit donner lieu avant les vacances de février à une rencontre ouverte à tous où chacun pourra s’exprimer et faire des propositions. Nous l’annoncerons évidemment sur le site oedipe. Patrick Chemla est, à Reims dès le 26 janvier, le premier à ouvrir publiquement le débat. Une partie importante des initiateurs de l’appel des 39 s’y retrouvera. [www.collectifpsychiatrie.fr]
Cependant la question s’est posée de savoir s’il ne serait pas possible au-delà des corporatismes toujours prêts à reprendre la main, de faire en sorte qu’au-delà des clivages et des mouvements dont chacun possède une vraie légitimité, il n’était pas possible de lancer un mouvement plus général. Une logique commune y est à l’œuvre, il s’agit de la mettre en évidence, non pas pour défendre un certain immobilisme mais pour faire face différemment aux questions qui se posent à nous aujourd’hui.
Ce mouvement prend en ce moment même la forme de « l’appel des appels » lancé par Roland Gori et Stefan Chedri et que pour ma part j’approuve et soutien. Cet appel est avant tout à mes yeux un appel à se rencontrer et à se parler. Un premier rendez-vous est fixé pour le 31 janvier. À cette date se tiendra une rencontre ouverte à tous de 10H à 18H au 104 rue d'Aubervilliers à Paris où Robert Cantarella acteur et metteur en scène anime avec Robert Fishbach également comédien ce lieu nouveau de la culture ouverte à Paris.
[www.appeldesappels.org]
"Chers collègues et amis,
-Alors que nos métiers respectifs, qu’il s’agisse de la santé, du soin, du travail social, de l’éducation, de la recherche, de la justice, de l’information et de la culture, subissent une attaque sans précédent de la part du gouvernement
-alors que des appels de réaction et de protestations sont lancés par dizaines dans le pays
-le temps est venu, nous semble-t-il, de coordonner ces différents mouvements et d’en tirer tout le sens politique
Si cette initiative rencontre votre adhésion, nous vous proposons :
-de signer cet appel en vous rendant sur le site [www.appeldesappels.org]
-de le faire signer en le relayant dans tous les cercles et réseaux auxquels vous avez accès.
Mais aussi et afin "d'étendre le domaine de la lutte :
- de participer à la réunion de coordination du 31 janvier, qui aura lieu, de 10 h à 18 h, au "104 rue d'Aubervilliers", à Paris, au cours de laquelle le pays réel se fera entendre à travers les témoignages des professionnels en lutte et devrait faire émerger des propositions d’actions transversales pour l’avenir
« Appel des appels
« Nous, professionnels du soin, du travail social, de l'éducation, de la justice, de l’information et de la culture, attirons l'attention des Pouvoirs Publics et de l'opinion sur les conséquences sociales désastreuses des Réformes hâtivement mises en place ces derniers temps.
A l'Université, à l'École, dans les services de soins et de travail social, dans les milieux de la justice, de l’information et de la culture, la souffrance sociale ne cesse de s'accroître. Elle compromet nos métiers et nos missions.
Au nom d'une idéologie de "l'homme économique", le Pouvoir défait et recompose nos métiers et nos missions en exposant toujours plus les professionnels et les usagers aux lois "naturelles" du Marché. Cette idéologie s'est révélée catastrophique dans le milieu même des affaires dont elle est issue.
Nous, professionnels du soin, du travail social, de l'éducation, de la justice, de l'information et de la culture, refusons qu'une telle idéologie mette maintenant en "faillite" le soin, le travail social, l'éducation, la justice, l’information et la culture.
Nous appelons à une Coordination Nationale de tous ceux qui refusent cette fatalité à se retrouver le 31 janvier 2009 à Paris. »
Le 22 décembre 2008,
Roland Gori et Stefan Chedri
167 premiers signataires ont soutenu cet Appel des appels le 9 janvier 2009
Alain Abelhauser, Professeur à l’Université de Rennes, Psychanalyste
Alain Abrieu, psychiatre de secteur, Marseille
Anne Alix, Cinéaste
Isabelle Alix, cadre action sociale et socio-culturelle
Gilles Amado, Professeur de Psychosociologie des organisations au Groupe HEC, co-rédacteur en chef de la Nouvelle Revue de Psychosociologie.
Paul Arnault, psychologue clinicien et doctorant en sociologie (EHESS).
Olivier Apprill, Journaliste Arte
Michel Arrivé, écrivain, professeur émérite de linguistique à l'Université de Paris 10 Nanterre
Christine Attali Marot, médecin, membre de l'association Enfance et Musique et présidente de la commission petite enfance de l'UNIOPSS
Patricia Attigui, Professeur des Universités, Paris 10 Nanterre, Psychanalyste
Marie-Frédérique Bacqué, Professeur de psychopathologie à l’Université de Strasbourg, psychanalyste.
Clémentine Baert, comédienne
René Barbier, Professeur émérite de Sciences de l'éducation, Université Paris 8, éditeur du "journal des chercheurs"
Christine Bellascabane, Pédiatre, anthropologue, Vice-Présidente du SNPMI
Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste
Fethi Benslama, Professeur Université de Paris 7 , Psychanalyste
Patrick Bensoussan, Pédopsychiatre
Claire Bernadac Rigal, Pédopsychiatre PH temps plein en disponibilité Hôpital Erasme
Elie JF Bernard Psychanalyste
Michèle Bertrand, Professeur émérite des Universités, Psychanalyste
Dominique Besnard, psychologue, directeur du département des Politiques Sociales aux CEMEA
Sophie Bialek, Psychiatre, psychanalyste, membre de la Société pour l'Action et la Recherche en Psychiatrie
Josiane Bigot, Magistrat, Présidente de l’Association Thémis
Philippe Bigot, consultant, intervenant sur les risques psychosociaux et la souffrance au travail
Claudine Blanchard-Laville, professeure de sciences de l'éducation à l'université Paris Ouest Nanterre la Défense
Valérie Blum, psychologue clinicienne, présidente du CV CMPP sud-est, Marseille
Sandra Boehringer, MC histoire grecque, Université de Strasbourg
Matthieu Bonduelle, magistrat, juge d’instruction à Bobigny
Christian Bonnet, Psychologue clinicien
Jean-Luc Bonniol, Professeur d’anthropologie à l’Université d’Aix-Marseille
Danièle Brun, Professeur émérite Université de Paris 7, Psychanalyste
Christian Cabane, militant des Droits de l'Homme
Marie-Laure Cadart, Médecin, Anthropologue
Yannick Cann, Psychiatre,
Robert Cantarella, Metteur en scène et directeur du 104
Danielle Capgras Baberon, Sage femme formatrice/consultante
Paola Casagrande; psychologue, psychanalyste, à Metz
Barbara Cassin, Philosophe, Directeur de recherche CNRS
Guy Chapouillié, professeur des universités, directeur de l'Ecole Supérieure de l'Audiovisuel (ESAV) de Toulouse
Christophe Chassaigne, Journaliste (France 3)
Michel Chauvière, directeur de recherche au CNRS (sciences politiques)
Stefan Chedri, Psychanalyste, Enseignant chargé des cours de psychologie générale et de psychopathologie clinique au Collège spécialisé de l'Université de Paris IV , IUFM de Paris
Yvonne Coinçon, Pédopsychiatre
Patrick Conrath, Psychologue, rédacteur en chef du “journal des psychologues”
Patrick Coupechoux, Journaliste
Laurence Croix, Maître de Conférences à l'université Paris X, membre active RESF Paris
Corinne Daubigny, Psychanalyste, formatrice en travail social
Christine Davoudian, Médecin de PMI (Conseil Général)
Bernard Debail, Librairie Lipsy
Angélique Del Rey, philosophe et enseignante
Marie-José Del Volgo, MCU-PH et Directeur de recherche à l’université d’Aix-Marseille
Pierre Delion, Professeur de Pédopsychiatrie, Chef de service Université de Lille
Catherine Dolto, haptopsychothérapeute et écrivain
Jean-Pierre Drapier, Medecin-directeur du CMPP d'Orly Président de l'ANCMPPT
Vice-président de la FAN des CMPP
Didier Dreyfuss, Professeur de Réanimation Médicale, Chef de Service, Université Paris-Diderot
Marie-Françoise Dubois-Sacrispeyre, éditrice, éditions érès
Dany-Robert Dufour, professeur à l'Université de Paris 8 en philosophie de l'éducation, directeur de programme au Collège International de Philosophie
Michel Dugnat, pédopsychiatre
Joël Dutertre, médecin (Mission Locale Clichy sous Bois / Montfermeil)
Philippe Duval, Directeur de Psychomedia
Claude Egullion, Gynécologue-Obstétricienne, Médecin coordinateur-Présidente de la CME Maternité des Bluets-Hôpital P Rouquès
Vincent Estellon, MCU Université de Paris 5
Roger Favre, Professeur d’Oncologie médicale à l’université d’Aix-Marseille 2
Anne-Marie Fernez, orthophoniste et psychanalyste
FNAREN Bureau national de la Fédération nationale des associations des rééducateurs de l'Education nationale,Un pays, une école, notre avenir, Sauvons les RASED
Jean Fourton, artiste plasticien et psychanalyste
Jean Furtos, Psychiatre des hopitaux
Ingrid France, Maître de Conférences en Economie Politique - Université Grenoble II
Jean Claude Fritz, Université de Dijon Politologue
Marie Thérèse Fritz, Pediatre -Medecin PMI
Ignacio Garaté, Psychanalyste à Bordeaux et à Paris
Tristan Garcia-Fons, pédopsychiatre, psychanalyste, responsable de la commission scientifique de la FAN.CMPP
Patrick Geffard, Enseignant et rééducateur
Sophie Genin, formatrice en français à l'IUFM de Lyon, site de l'Ain
Nathalie Georges-Lambrichs, Psychanalyste, Présidente des psychologues freudiens
Sylviane Giampino, psychanalyste, psychologue petite enfance
Yves Gigou, formateur Ceméa Infirmier de secteur psychiatrique
François Giordani, Conseiller à la Cour d'Appel de Nancy
Pascale Giravalli, Citoyenne et Psychiatre
Bernard Golse, Professeur de Pédopsychiatrie à l’Université de Paris 5 et Chef de service à Necker
Roland Gori, Professeur de Psychopathologie à l’Université d’Aix-Marseille, Psychanalyste
Anne Gorouben, Artiste peintre
Geneviève Guicheney, Conseil en développement durable
Philippe Guillou, Médecin généraliste, président de la société médicale Balint. Strasbourg
Alain Hahn, Magistrat
Mohammed Ham, Professeur à l’université de Nice
Marc Hayat, Psychiatre,psychanalyste, Vice-Président de la Conférence des Présidents de CME du secteur Privé Non Lucratif
Benoit Helme, journaliste
Catherine Herszberg, Journaliste et écrivain
Richard Horowitz, Pédopsychiatre, Président de la Fédération nationale des CMPP
Benjamin Jacobi, professeur à l’Université d’Aix-Marseille, psychanalyste
Saul Karsz, philosophe, sociologue, consultant
Pascal-Henri Keller, Professeur à l’Université de Poitiers, Psychanalyste
Louise L. Lambrichs, Ecrivain, philosophe, critique littéraire, chercheur indépendant
Laurie Laufer, MCU à l’Université de Paris 7, Psychanalyste
Camille Laurens, écrivain
Christian Laval, sociologue, Paris X Nanterre
Philippe Lavergne, Psychiatre des Hôpitaux Chef de Service psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent 5e Intersecteur des Hauts-de-Seine
Véronique Le Berre , Magistrat
Laurent Le Vaguerèse, Psychiatre, psychanalyste responsable du site oedipe.org
Joëlle Léandre, Artiste-contrebassiste
Jean-Pierre Lebrun, Psychanalyste
Philippe Lecorps, Psychologue en santé publique
Fabrice Leroy, Psychologue, Maître de conférences en psychopathologie (université de Lille 3)
Serge Lesourd, Professeur à l’Université de Strasbourg, Psychanalyste
Daniel Liotta, Philosophe
Samuel Luret, Journaliste Canal Plus
Gérard Macé, Poète
Jean-Claude Maleval, Professeur à Rennes 2
Catherine Mandouze, Psychologue scolaire, présidente de l'Association Départementale des, Psychologues de l'Education Nationale de Gironde
Christine Massac, psychiatre
Catherine Mathelin-Vanier , Psychanalyste Hôpitaux de Saint-Denis
Marc Maximin, Psychiatre, Président de l’ACLIMSS
Philippe Meirieu, Professeur de Sciences de l’Education à Lyon 2
Ginette Michaud, psychiatre, psychanalyste, ex-maître de conférences à l’Université de Paris 7
Sylvain Missonnier, Professeur à l’Université de Paris 5
Marie-José Mondzain, Directeur de recherche au CNRS
Hubert Montagner, Dr d’état en Psychophysiologie Professeur des Universités en retraite, ancien Directeur de Recherche de l’INSERM dans les domaines de la Psychophysiologie, du développement normal et pathologique de l’enfant et de la chronobiologie
Joseph Mornet, psychologue au Centre psychothérapique Saint Martin de Vignogoul, administrateur de la fédération d'aide à la santé mentale Croix Marine
Liane Mozère, Sociologue, Professeure des Universités émérite
Laurent Mucchielli, Directeur de recherches au CNRS (Sociologie)
Claude Nachin, psychiatre psychanalyste retraité, ancien chargé de cours de psychopathologie à l’Université de Picardie Jules verne- Amiens
Françoise Neau, psychologue clinicienne, MCU à l’Université de Paris 7
Pascal Ourghanlian, Enseignant spécialisé Référent pour la scolarisation des élèves handicapés, Membre du collectif Pasde0deconduite, Co-administrateur du Forum des enseignements spécialisés
Jean Oury, Médecin directeur de la clinique de la borde, cour cheverny
Jacques Pain, Professeur des Universités émérite
Brigitte Patzold, Journaliste
Eliane Perasso
Philippe Petit, Journaliste à France Culture et à Marianne
François Pommier, Professeur à l’Université de Nanterre
Serge Portelli, magistrat, Vice président du tribunal de grande instance de Paris, Membre du Syndicat de la Magistrature
Rémy Potier, MCF Psychologie Clinique, Université Lumière Lyon 2
Jeanny PRAT, enseignante en Clg et formatrice IUFM (PE, PCL)
Alain Rabatel, Professeur des Universités en Sciences du Langage Université Claude Bernard-Lyon 1 (Iufm)
Etienne Rabouin, Psychologue « Comité de Vigilance des CMPP de l’Ouest »
Henri Raczymow, écrivain
Clémentine Rappaport, pédo-psychiatre, responsable unité d'hospitalisation pour adolescents, Hôpital Robert Ballanger, Aulnay-sous-Bois.
Patrick Rayou, professeur de sciences de l'éducation, Université de Paris 8
Alain Refalo, professeur des écoles
Danielle Rodot, Médecin de PMI responsable de la circonscription d’Uzès, Conseil Général du Gard
Jacob Rogozinski, Philosophe
Jean-Claude Rouchy, Psychanalyste, Rédacteur en chef de Connexions et de la Revue de Psychothérapie Psychanalytique de Groupe
Pierre Sadoul, Psychiatre
Guy Sapriel, Psychiatre, Psychanalyste
Karim Sarroub, psychanalyste et écrivain
Marie-Jean Sauret, Professeur Toulouse Le Mirail, Psychanalyste
Claude Schauder, Psychologue, psychanalyste, Professeur associé de psychopathologie à l'Université de Strasbourg
Nicole Schauder, médecin de santé publique, Directrice du Collège Régional d'éducation à la santé d'Alsace et directrice adj. de l’Observatoire Régional de la santé d’Alsace
Pierre Sidon, Psychiatre, psychanalyste, membre de la Société pour l'Action et la Recherche en Psychiatrie
Bernard Sigg, psychanalyste retraité
Evelyne Sire-Marin, magistrat, membre de la fondation Copernic
Françoise Sironi, MCU à l’Université de Paris 8, Psychologue clinicienne, Expert près la Cour d'Appel de Paris
André Sirota, Professeur émérite, psychopathologie sociale et anthropologie psychanalytique, Université Paris Ouest Nanterre La Défense, psychanalyste
Monique Soula Desroche, Psychanalyste, Analyste de Groupe et d’Institution
Bernard Stiegler, philosophe, président d’Ars Industrialis
Rajaa Stitou, MCU à l’Université de Montpellier 3, Psychanalyste
Pierre Suesser, pédiatre en protection maternelle et infantile
Philippe Tabarly, Cinéaste
Dominique Terres-Graille, Psychiatre, Fédération des CMPP
Bernard Toboul, psychanalyste
Alain Trognon, Professeur des Universités Université Nancy2, Psychologie Sociale
Hélène Vaillé, Pharmacienne et journaliste
Alain Vanier, Professeur à l’Université de Paris 7, Psychiatre-Psychanalyste
Christian Volckman, cinéaste
Elisabeth Weissman, Journaliste et essayiste
Anne Zeller-Masson, orthophoniste, vice-présidente du CV CMPP sud-est Marseille
Jean-Michel Zucker, Pédiatre
Les signataires de cet appel des appels se sont activement engagés dans :
Appel des enseignants en résistance
AUSPAN
La nuit sécuritaire
La prévention prise en otage, la répression à tous les étages
Les droits des étrangers ne peuvent se réduire à un marché
Les élèves en difficulté à l'école ne sont pas tous des enfants handicapés!
Manifeste de la désobéissance
Manifeste des innombrables
Manifeste des menteuses
Manifeste pour des Etats généraux des droits et des libertés
Mobilisation pour la libération de la recherche
Mouvement pour une parole politique des professionnels du champ social MP4
Non à EDVIGE
Non à la destruction de la psychiatrie publique et de secteur
Non à la perpétuité sur ordonnance !
Non au contrôle génétique de l’immigration
Nous refusons la politique de la peur
Pas de 0 de conduite pour les enfants de trois ans
Pour le retrait de Base-élèves
Publier ou périr
Réseau education sans frontières
Sauver l'hôpital public
Sauvons l'université
Sauvons la clinique
Sauvons la recherche
Sauvons les rased
Se moquerait-on du livre et de la lecture ?
Un pays, une école, notre avenir
Universitaires contre une immigration jetable »
Modifié 2 fois. Dernière modification le 11/01/09 20:16 par Le Vaguerèse Laurent.
Re: Des appels à la pelle
Envoyé par: Lecman Teodoro Pablo (---.mrse.com.ar)
Date: Sun 11 January 2009 01:28:38
mais puisque cette souffrance est globale, atroce, Gaza incluse, vous avez l'appui lointain d'un Argentin oecumenique.
teodoro pablo lecman.
psychanalyste, écrivain, ancien professeur chassé de l'Université de Buenos Aires, par ce même "principe" de l'homo economicus bushien contre tous les principes de la glorieuse Reforma Universitaria de 1918, à Córdoba, étincelle de liberté répandue à toute l'Amérique Latine, bien avant mai 1968, assassinée mars 1976, aujourd'hui dans l'agonie du mensonge institutionnalisé néocolonial des K, qui partagent la lettre avec Sarkozy. Aucun hasard.
teodoro lecman
info@leerypsicoanalizar.com.ar
teodoro pablo lecman.
psychanalyste, écrivain, ancien professeur chassé de l'Université de Buenos Aires, par ce même "principe" de l'homo economicus bushien contre tous les principes de la glorieuse Reforma Universitaria de 1918, à Córdoba, étincelle de liberté répandue à toute l'Amérique Latine, bien avant mai 1968, assassinée mars 1976, aujourd'hui dans l'agonie du mensonge institutionnalisé néocolonial des K, qui partagent la lettre avec Sarkozy. Aucun hasard.
teodoro lecman
info@leerypsicoanalizar.com.ar
Re: Des appels à la pelle
Envoyé par: Marie-noëlle h Marie-noelle (---.w92-133.abo.wanadoo.)
Date: Sun 11 January 2009 11:54:33
Je crois que ce qui manque dans cette liste, ce sont de simples citoyens...
Seuls les professionnels auraient droit à la parole ???
L'appel des appels à mon avis n'est pas la bonne parole
La bonne parole serait la parole de chacun et non de tous...
Tous pour une parole et non une parole pour tous...
De quel droit les professionnels parleraient-ils à ma place, en mon nom ???
Seuls les professionnels auraient droit à la parole ???
L'appel des appels à mon avis n'est pas la bonne parole
La bonne parole serait la parole de chacun et non de tous...
Tous pour une parole et non une parole pour tous...
De quel droit les professionnels parleraient-ils à ma place, en mon nom ???
Re: Des appels à la pelle
Envoyé par: Le Vaguerèse Laurent (Modérateur)
Date: Sun 11 January 2009 13:06:38
je reçois en réponse à mon texte ce mot de Joseph Gazengel qu'il m'autorise à publier et je l'en remercie vivement
LLV
COLÈRE
Il me semble que le problème central est la façon dont nous tolérons tous que des hommes soient emprisonnés avec leur famille et leurs enfants dans des prisons dont le nom : "centre de rétention" est incapable de masquer le caractère carcéral.
En d'autre temps, on appelait bien "camp de concentration" des lieux de terreur et de mort. Les euphémismes prolifèrent dans notre monde (par exemple le mot euthanasie qui vise à nous faire croire qu'il y a une belle façon de mourir alors que la mort est toujours une affaire scandaleuse et dégueulasse) Malheureusement nous n'avons plus parmi nous Victor Klemperer, le linguiste de Dresde qui de la fin des années trente jusqu'en 1945 a noté au jour le jour la pétrification progressive de la langue allemande sous le rouleau du nazisme.
Il arrive donc qu'une partie des gens qui habitent notre pays sont traités comme des choses. Dans les discours politiques on en entend parler du seul point de vue de leur inutilité ou de leur utilité (comme on pourrait parler de flux de gaz dans les tuyaux de Gazprom).
C'est la rencontre avec d'autres hommes qui nous fonde comme humains. C'est dans la rencontre que les paroles échangées peuvent seules fonder notre propre humanité en reconnaissant celle de l'autre. Il est vrai me direz-vous qu'on n'a pas encore construit de chambres à gaz. Il n'empêche. Les gesticulations de nos plus grands politiques me font irrésistiblement penser aux images de Charlot dans "Le Dictateur" (1939). On y voit aussi des gesticulations et un discours réducteur. Mais ce n'est pas le point central de l'affaire.
L'événement majeur de notre monde d'aujourd'hui se cristallise dans le rejet de l'étranger et sa chosification (je ne sais plus quel comique juif entre en scène avec une savonnette dans chaque main en disant : je vous présente mes grand-parents).
Une complicité obtuse et silencieuse, la nôtre, a commencé de miner notre propre humanité. Et cela se lit en filigrane dans les discours, dans les journaux. C'est nous qui perdons notre humanité comme se perd dans notre regard de mépris celle de l'autre qui a une autre couleur de peau et qui se réfugie chez nous pour fuir l'oppression et la misère. Et nous voilà prêts, nous aussi, les "blancs de peau" à accepter d'être traités comme des fluides élastiques. (Allez donc faire un tour dans un supermarché ultra-moderne sans caissière, avec paiement automatisé sous l'oeil menaçant de quelques vigiles avec chiens ou sans chien, j'ai oublié)
Joseph Gazengel 10 01 2009
Modifié 1 fois. Dernière modification le 13/01/09 08:20 par Le Vaguerèse Laurent.
LLV
COLÈRE
Il me semble que le problème central est la façon dont nous tolérons tous que des hommes soient emprisonnés avec leur famille et leurs enfants dans des prisons dont le nom : "centre de rétention" est incapable de masquer le caractère carcéral.
En d'autre temps, on appelait bien "camp de concentration" des lieux de terreur et de mort. Les euphémismes prolifèrent dans notre monde (par exemple le mot euthanasie qui vise à nous faire croire qu'il y a une belle façon de mourir alors que la mort est toujours une affaire scandaleuse et dégueulasse) Malheureusement nous n'avons plus parmi nous Victor Klemperer, le linguiste de Dresde qui de la fin des années trente jusqu'en 1945 a noté au jour le jour la pétrification progressive de la langue allemande sous le rouleau du nazisme.
Il arrive donc qu'une partie des gens qui habitent notre pays sont traités comme des choses. Dans les discours politiques on en entend parler du seul point de vue de leur inutilité ou de leur utilité (comme on pourrait parler de flux de gaz dans les tuyaux de Gazprom).
C'est la rencontre avec d'autres hommes qui nous fonde comme humains. C'est dans la rencontre que les paroles échangées peuvent seules fonder notre propre humanité en reconnaissant celle de l'autre. Il est vrai me direz-vous qu'on n'a pas encore construit de chambres à gaz. Il n'empêche. Les gesticulations de nos plus grands politiques me font irrésistiblement penser aux images de Charlot dans "Le Dictateur" (1939). On y voit aussi des gesticulations et un discours réducteur. Mais ce n'est pas le point central de l'affaire.
L'événement majeur de notre monde d'aujourd'hui se cristallise dans le rejet de l'étranger et sa chosification (je ne sais plus quel comique juif entre en scène avec une savonnette dans chaque main en disant : je vous présente mes grand-parents).
Une complicité obtuse et silencieuse, la nôtre, a commencé de miner notre propre humanité. Et cela se lit en filigrane dans les discours, dans les journaux. C'est nous qui perdons notre humanité comme se perd dans notre regard de mépris celle de l'autre qui a une autre couleur de peau et qui se réfugie chez nous pour fuir l'oppression et la misère. Et nous voilà prêts, nous aussi, les "blancs de peau" à accepter d'être traités comme des fluides élastiques. (Allez donc faire un tour dans un supermarché ultra-moderne sans caissière, avec paiement automatisé sous l'oeil menaçant de quelques vigiles avec chiens ou sans chien, j'ai oublié)
Joseph Gazengel 10 01 2009
Modifié 1 fois. Dernière modification le 13/01/09 08:20 par Le Vaguerèse Laurent.
Re: Des appels à la pelle
Envoyé par: Le Vaguerèse Laurent (Modérateur)
Date: Mon 12 January 2009 18:57:02
Chère marie-noelle,
regardez mieux c'est la société civile qui se mobilise. Vous en sentiriez-vous exclue?
LLV
regardez mieux c'est la société civile qui se mobilise. Vous en sentiriez-vous exclue?
LLV
Re: Des appels à la pelle
Envoyé par: Boissel Pascal (---.w90-55.abo.wanadoo.fr)
Date: Wed 14 January 2009 10:05:12
"C'est la société civile qui se mobilise" dites-vous. Une société civile où les psychanalystes côtoient universitaires journalistes, médecins et magistrats, à lire la liste des premiers signataires, c'est un peu réducteur comme civilité.Mais je signe parce que c'est le minimum àfaire dans la situation actuelle.
Les mouvements de contestation qui émergent dans la jeunesse, la journée de grève du 29 janvier ne sont ils pas à même de permettre de nouveaux débats tels que ceux qui ont été énoncés par tous ces appels antérieurs, et d'autres?
Les mouvements de contestation qui émergent dans la jeunesse, la journée de grève du 29 janvier ne sont ils pas à même de permettre de nouveaux débats tels que ceux qui ont été énoncés par tous ces appels antérieurs, et d'autres?
Re: Des appels à la pelle
Envoyé par: Marie-noëlle h Marie-noelle (---.w86-211.abo.wanadoo)
Date: Thu 15 January 2009 20:03:23
Cher Laurent,
Certes il s'agit sans doute de la société civile qui se mobilise, mais j'aurais préférée que ce soit les citoyens qui se mobilisent..
Je remarque que dans la liste des signataires chacun se définit par sa profession, son activité, seule une femme Pascale Giravalli, a marqué citoyenne avant de mettre psychiatre.. Ensuite il y a les associations diverses. Le titre de citoyen me paraît le plus important car il représente non pas une institution mais un individu, un parent, un enfant, un conjoint, un grand-parent . Vous parler de corporatisme, mais associer des corporatismes, c'est encore du corporatisme. d'où sont exclus ceux qui n'appartiennent à rien...... Je préfèrerais qu'il n'y ait qu'un corporatisme : la citoyenneté.
Par ailleurs, je pense que si chacun écrivait cette pétition et l'envoyait, cela aurait plus de poids (en papier aussi) qu'une seule lettre signée par 1000 personnes.. C'est comme cela que procède Amnesty International, l'envoi de milliers de lettres et non une seule... et cela engagerait vraiment, personnellement, chaque individu... alors qu'une pétition.....votre nom est noyé dans la masse quand vous êtes simple citoyen, et non Monsieur le Professeur Tartanpion...
Et en cela, oui, je me sens exclue, autant que les personnes qui sont incarcérées, enfermées dans les hôpitaux psychiatriques, les mères, les pères, ... Je pense qu'il faut faire parler la masse silencieuse... c'est elle qui est concernée en premier lieu... Ceci n'empêchant pas la coordination du mouvement...
Les titres ont-ils leur place ??? je ne pense pas...
Marie-Noelle
Certes il s'agit sans doute de la société civile qui se mobilise, mais j'aurais préférée que ce soit les citoyens qui se mobilisent..
Je remarque que dans la liste des signataires chacun se définit par sa profession, son activité, seule une femme Pascale Giravalli, a marqué citoyenne avant de mettre psychiatre.. Ensuite il y a les associations diverses. Le titre de citoyen me paraît le plus important car il représente non pas une institution mais un individu, un parent, un enfant, un conjoint, un grand-parent . Vous parler de corporatisme, mais associer des corporatismes, c'est encore du corporatisme. d'où sont exclus ceux qui n'appartiennent à rien...... Je préfèrerais qu'il n'y ait qu'un corporatisme : la citoyenneté.
Par ailleurs, je pense que si chacun écrivait cette pétition et l'envoyait, cela aurait plus de poids (en papier aussi) qu'une seule lettre signée par 1000 personnes.. C'est comme cela que procède Amnesty International, l'envoi de milliers de lettres et non une seule... et cela engagerait vraiment, personnellement, chaque individu... alors qu'une pétition.....votre nom est noyé dans la masse quand vous êtes simple citoyen, et non Monsieur le Professeur Tartanpion...
Et en cela, oui, je me sens exclue, autant que les personnes qui sont incarcérées, enfermées dans les hôpitaux psychiatriques, les mères, les pères, ... Je pense qu'il faut faire parler la masse silencieuse... c'est elle qui est concernée en premier lieu... Ceci n'empêchant pas la coordination du mouvement...
Les titres ont-ils leur place ??? je ne pense pas...
Marie-Noelle
Re: Des appels à la pelle
Envoyé par: Le Vaguerèse Laurent (Modérateur)
Date: Thu 15 January 2009 23:12:00
Regardez plutôt ceux qui ont signés (plus de 10 000 en une semaine) ils viennent de toutes les couches de la société.Mais l'important n'est pas de signer même s'il faut quad même mieux le faire. Comme je l'ai écrit le temps des pétitions est loin derrière nous. Ce que nous mettons en place avec Roland Gori c'est un échange entre des personnes confrontées quelle que soit leur situation à des questions semblables et parfois transposables d'un champ à l'autre révélant une logique. Donc il est urgent de se rencontrer pour se parler. C'est là le premier objectif. Tant que nous serons sur cette proposition je soutiendrai cette initiative.
L'idée de lettres multiples est une bonne proposition , je la soumettrai lors de la réunion de préparation. Si vous avez d'autres suggestions n'hésitez pas à me les transmettre,
Quant à la journée du 29/1 c'est une journée de protestation d'origine syndicale et pour ma part il ne me semble pas que je doive prendre publiquement position à ce sujet à chacun de se déterminer.
LLV
L'idée de lettres multiples est une bonne proposition , je la soumettrai lors de la réunion de préparation. Si vous avez d'autres suggestions n'hésitez pas à me les transmettre,
Quant à la journée du 29/1 c'est une journée de protestation d'origine syndicale et pour ma part il ne me semble pas que je doive prendre publiquement position à ce sujet à chacun de se déterminer.
LLV
Re: Des appels à la pelle
Envoyé par: Bonnet Marc (---.fbx.proxad.net)
Date: Thu 15 January 2009 23:25:42
Un peu d'histoire ? Par le petit bout pas si petit de la lorgnette?
Je vous parle d'un temps où il n'y avait pas internet, de satellites, de puces électroniques, de caméras miniatures, de bracelets électroniques, de capteurs de mouvements, de passport biométrique… etc… etc…
Un bon livre: histoire de la carte nationale d'identité de Pierre Piazza
" À partir de l’exploitation de très nombreuses archives publiques souvent inédites, l’auteur cerne, dans une perspective historique accordant une large place au régime de Vichy, les enjeux politiques et identitaires qui ont accompagné la mise en œuvre en France d’une nouvelle procédure d'encartement généralisé des citoyens au travers de la diffusion de la carte nationale d’identité. Retraçant le long processus d’institutionnalisation de ce document, il décrit avec précision le rôle déterminant joué par certains acteurs dans la rationalisation des techniques et des dispositifs d’identification mobilisés par les pouvoirs publics. Il analyse minutieusement le mode de fonctionnement interne de l’État en révélant les conflits, les contradictions et les connivences qui structurent les rapports entre ses différents services. L’accent est encore mis sur les réactions, les débats et les multiples formes de résistances qu’ont suscité les différentes entreprises étatiques d’encartement des nationaux. Consacré à un objet original, complexe et fascinant n’ayant jamais été systématiquement étudié, cet ouvrage contribue à éclairer une des facettes significatives du processus d’étatisation et de nationalisation de la société.
Cette présentation du livre de Pierre Piazza, qui constitue le quatrième de couverture de l'ouvrage, reprend parfaitement les grands traits et les ambitions de l'auteur. Maitre de conférence en science politique à l'université de Cergy, Pierre Piazza, qui a fait sa thèse à Paris I sous la direction de Philippe Braud, se distingue de ses co-doctorants par son objet de recherche comme par la méthodologie utilisée. Très éloigné de la sociologie de l'action collective ou de l'analyse de la violence - terrain de prédilection des élèves de Braud - Piazza nous propose à partir de cet ouvrage une fascinante et érudite plongée dans la sociologie de l'Etat à travers une perspective historique forte et un objet d'étude en apparence fort anodin : la carte d'identité. C'est donc une double approche qui est celle de l'auteur : une sociologie de l'Etat et de la nation à travers un regard socio-historique.
Le livre nous entraine tout d'abord aux origines de la troisiéme République où l'auteur constate une érosion progressive de la société communautaire sous la poussée d'un individualisme montant et du progrès continu de l'urbanisation et des moyens de transport. Ces évolutions technologiques et philosophiques aboutissent à restreindre la capacité de surveillance de la communauté. L'individu rencontre l'anonymat et sort progressivement du regard des siens. Cette anonymat croissant serti de migrations urbaines de plus en plus importantes fait craindre aux autorités publiques un moindre contrôle des populations. Piazza montre avec conviction le long travail d'identification qui sera alors celui de l'Etat (surtout de la police) pour répondre à cette nouvelle donne identitaire. C'est l'invention du bertillonage et des diverses techniques policières d'identification des récidivistes et des populations déviantes qui va faire évoluer le fichage policier en France. En 1921, une première carte d'identité obligatoire dans la préfecture de la Seine marque une rupture importante. Ce n'est plus dés lors les marginaux et les prostitués qui font l'objet de l'attention des services de police mais tous les citoyens qui sont mis en carte. Cette évolution sera d'ailleurs fort mal accueillie et les manifestations de "bons bourgeois" refusant la carte seront légion. On ne peut qu'être surpris au moment où dans le même pays, soixante-dix ans plus tard, beaucoup manifestent au contraire pour obtenir ce sésame identitaire !
La deuxième grande et vraie rupture intervient avec Vichy. C'est là un des aspects les plus passionnants du livre de Piazza. En rendant obligatoire pour tous une carte d'identité de français aux connotations très idéologiques, Vichy trahit le message de la troisiéme. L'outil administratif permettra en effet le fichage des juifs et facilitera la politique de collaboration avec l'occupant. Dès lors la question se pose et apparaît en filigramme dans le livre de Piazza : la démocratie a-t-elle préparée les moyens techniques de la dictature vichyste ? Autre question tout aussi dérangeante : quid des racines vichyssoises de la IVéme et Véme République ? Piazza le montre : l'INSEE et les concepteurs de la carte d'identé de Vichy survivront sous les républiques qui suivent et péréniseront une pratique d'encartement tout aussi radicale même si nettement moins orientée vers un seul objectif de sélection nationale.
Une lecture riche et audacieuse donc, que l'austérité du titre ne doit pas décourager. Bien sûr on pourra regretter, pour qui s'intéresse au nationalisme, une insuffisante prise en compte de la carte comme outil de nationalisation des consciences. Les apports théoriques des théoriciens du nationalisme ne sont pas légion. Si Piazza est assurément un grand socio-historien de l'Etat, son intérêt a encore peu prise sur la nation. Mais quelle belle recherche pour qui souhaiterait relier, à travers cet objet si familier, sociologie de l'Etat et consolidation nationale. Un modèle à suivre et étudier..."
[xaviercrettiez.typepad.fr]
Quelqu'un par ailleurs pourra-t-il m'expliquer les méandres, passés ou oubliés (dont j'ai vécu le cynisme de façon consternante et très directe avec l'un des défenseurs… et croyez-moi j'aurais beaucoup de choses à dire) et actuel, de certains soutiens à cette vision de l'homme dont Mr Gazengel, que je salue, nous évoque avec une intense raison les monstruosités…
[www.dailymotion.com]
ou
[fr.news.yahoo.com]
mais il y a des choses tellement plus tristes encore en ce moment… Tristes pour tout le monde.
"Lorsque l'homme s'habitue à voir les autres porter les chaînes de l'esclavage, c'est qu'il accepte lui-même un jour de les porter." Abraham Lincoln
cordialement,
mb
Je vous parle d'un temps où il n'y avait pas internet, de satellites, de puces électroniques, de caméras miniatures, de bracelets électroniques, de capteurs de mouvements, de passport biométrique… etc… etc…
Un bon livre: histoire de la carte nationale d'identité de Pierre Piazza
" À partir de l’exploitation de très nombreuses archives publiques souvent inédites, l’auteur cerne, dans une perspective historique accordant une large place au régime de Vichy, les enjeux politiques et identitaires qui ont accompagné la mise en œuvre en France d’une nouvelle procédure d'encartement généralisé des citoyens au travers de la diffusion de la carte nationale d’identité. Retraçant le long processus d’institutionnalisation de ce document, il décrit avec précision le rôle déterminant joué par certains acteurs dans la rationalisation des techniques et des dispositifs d’identification mobilisés par les pouvoirs publics. Il analyse minutieusement le mode de fonctionnement interne de l’État en révélant les conflits, les contradictions et les connivences qui structurent les rapports entre ses différents services. L’accent est encore mis sur les réactions, les débats et les multiples formes de résistances qu’ont suscité les différentes entreprises étatiques d’encartement des nationaux. Consacré à un objet original, complexe et fascinant n’ayant jamais été systématiquement étudié, cet ouvrage contribue à éclairer une des facettes significatives du processus d’étatisation et de nationalisation de la société.
Cette présentation du livre de Pierre Piazza, qui constitue le quatrième de couverture de l'ouvrage, reprend parfaitement les grands traits et les ambitions de l'auteur. Maitre de conférence en science politique à l'université de Cergy, Pierre Piazza, qui a fait sa thèse à Paris I sous la direction de Philippe Braud, se distingue de ses co-doctorants par son objet de recherche comme par la méthodologie utilisée. Très éloigné de la sociologie de l'action collective ou de l'analyse de la violence - terrain de prédilection des élèves de Braud - Piazza nous propose à partir de cet ouvrage une fascinante et érudite plongée dans la sociologie de l'Etat à travers une perspective historique forte et un objet d'étude en apparence fort anodin : la carte d'identité. C'est donc une double approche qui est celle de l'auteur : une sociologie de l'Etat et de la nation à travers un regard socio-historique.
Le livre nous entraine tout d'abord aux origines de la troisiéme République où l'auteur constate une érosion progressive de la société communautaire sous la poussée d'un individualisme montant et du progrès continu de l'urbanisation et des moyens de transport. Ces évolutions technologiques et philosophiques aboutissent à restreindre la capacité de surveillance de la communauté. L'individu rencontre l'anonymat et sort progressivement du regard des siens. Cette anonymat croissant serti de migrations urbaines de plus en plus importantes fait craindre aux autorités publiques un moindre contrôle des populations. Piazza montre avec conviction le long travail d'identification qui sera alors celui de l'Etat (surtout de la police) pour répondre à cette nouvelle donne identitaire. C'est l'invention du bertillonage et des diverses techniques policières d'identification des récidivistes et des populations déviantes qui va faire évoluer le fichage policier en France. En 1921, une première carte d'identité obligatoire dans la préfecture de la Seine marque une rupture importante. Ce n'est plus dés lors les marginaux et les prostitués qui font l'objet de l'attention des services de police mais tous les citoyens qui sont mis en carte. Cette évolution sera d'ailleurs fort mal accueillie et les manifestations de "bons bourgeois" refusant la carte seront légion. On ne peut qu'être surpris au moment où dans le même pays, soixante-dix ans plus tard, beaucoup manifestent au contraire pour obtenir ce sésame identitaire !
La deuxième grande et vraie rupture intervient avec Vichy. C'est là un des aspects les plus passionnants du livre de Piazza. En rendant obligatoire pour tous une carte d'identité de français aux connotations très idéologiques, Vichy trahit le message de la troisiéme. L'outil administratif permettra en effet le fichage des juifs et facilitera la politique de collaboration avec l'occupant. Dès lors la question se pose et apparaît en filigramme dans le livre de Piazza : la démocratie a-t-elle préparée les moyens techniques de la dictature vichyste ? Autre question tout aussi dérangeante : quid des racines vichyssoises de la IVéme et Véme République ? Piazza le montre : l'INSEE et les concepteurs de la carte d'identé de Vichy survivront sous les républiques qui suivent et péréniseront une pratique d'encartement tout aussi radicale même si nettement moins orientée vers un seul objectif de sélection nationale.
Une lecture riche et audacieuse donc, que l'austérité du titre ne doit pas décourager. Bien sûr on pourra regretter, pour qui s'intéresse au nationalisme, une insuffisante prise en compte de la carte comme outil de nationalisation des consciences. Les apports théoriques des théoriciens du nationalisme ne sont pas légion. Si Piazza est assurément un grand socio-historien de l'Etat, son intérêt a encore peu prise sur la nation. Mais quelle belle recherche pour qui souhaiterait relier, à travers cet objet si familier, sociologie de l'Etat et consolidation nationale. Un modèle à suivre et étudier..."
[xaviercrettiez.typepad.fr]
Quelqu'un par ailleurs pourra-t-il m'expliquer les méandres, passés ou oubliés (dont j'ai vécu le cynisme de façon consternante et très directe avec l'un des défenseurs… et croyez-moi j'aurais beaucoup de choses à dire) et actuel, de certains soutiens à cette vision de l'homme dont Mr Gazengel, que je salue, nous évoque avec une intense raison les monstruosités…
[www.dailymotion.com]
ou
[fr.news.yahoo.com]
mais il y a des choses tellement plus tristes encore en ce moment… Tristes pour tout le monde.
"Lorsque l'homme s'habitue à voir les autres porter les chaînes de l'esclavage, c'est qu'il accepte lui-même un jour de les porter." Abraham Lincoln
cordialement,
mb
Re: Des appels à la pelle
Envoyé par: Cappe Nathalie (---.w81-249.abo.wanadoo.fr)
Date: Fri 16 January 2009 09:15:13
Je suis partagée quand à cette histoire de "déclaration" de profession.
Citoyens, oui, mais quand même, dire en plus la place "sociale" que l'on occupe, ou que l'on cherche à occuper (pour les demandeurs d'emploi), ça parle aussi de la sublimation, de notre désir...à un moment donné.
Cependant, certains n'aiment pas leur activité professionnelle ou "place sociale", ou n'en sont pas fières. Et n'ont pas forcément la possibilité d'en changer, ou pas immédiatement.
Donc, la déclarer dans une pétition peut avoir un effet depressiogène : le déclarant est renvoyé à son insatisfaction, ou son sentiment d'impuissance.
Moi, c'est surtout l'aspect reducteur du "marquage" professionnel dans la pétition qui m'attriste un peu, car on peut exercer un métier tout en ayant d'autres activités et préoccupations assez différentes, d'autres aspirations professionnelles. Sans compter le poids de la sphère intime (vie affective, enfants éventuels, santé, fric, etc...), qui, heureusement, ne se déclare pas, mais compte tout autant, sinon plus...
Cordialement. Nathalie.
Citoyens, oui, mais quand même, dire en plus la place "sociale" que l'on occupe, ou que l'on cherche à occuper (pour les demandeurs d'emploi), ça parle aussi de la sublimation, de notre désir...à un moment donné.
Cependant, certains n'aiment pas leur activité professionnelle ou "place sociale", ou n'en sont pas fières. Et n'ont pas forcément la possibilité d'en changer, ou pas immédiatement.
Donc, la déclarer dans une pétition peut avoir un effet depressiogène : le déclarant est renvoyé à son insatisfaction, ou son sentiment d'impuissance.
Moi, c'est surtout l'aspect reducteur du "marquage" professionnel dans la pétition qui m'attriste un peu, car on peut exercer un métier tout en ayant d'autres activités et préoccupations assez différentes, d'autres aspirations professionnelles. Sans compter le poids de la sphère intime (vie affective, enfants éventuels, santé, fric, etc...), qui, heureusement, ne se déclare pas, mais compte tout autant, sinon plus...
Cordialement. Nathalie.
Re: Des appels à la pelle
Envoyé par: Bonnet Marc (---.fbx.proxad.net)
Date: Fri 16 January 2009 09:23:05
Toute la question, la question du fonctionnement, est celle terrifiante du Triage.
mb
mb
Re: Des appels à la pelle
Envoyé par: Marie-noëlle h Marie-noelle (---.w86-211.abo.wanadoo)
Date: Sat 17 January 2009 10:04:18
Effarant la vidéo de yahoo !!! ...Merci Marc... je n'avais pas vu cette émission...
Le racisme engendre le racisme....semble-t'il ....alors je me repose la question du devoir de mémoire....
comment peut-on défendre une immigration massive avec création d'un nouvel état et attaquer une autre immigration massive qui "détruirait" tout ?????
Marie-Noelle
Le racisme engendre le racisme....semble-t'il ....alors je me repose la question du devoir de mémoire....
comment peut-on défendre une immigration massive avec création d'un nouvel état et attaquer une autre immigration massive qui "détruirait" tout ?????
Marie-Noelle
Re: Des appels à la pelle
Envoyé par: Le Vaguerèse Laurent (Modérateur)
Date: Sat 17 January 2009 13:02:46
Pour revenir à cette question de la profession, c'est vrai que ce n'est pas évident, mais encore une fois l'essentiel ce sera la rencontre du 31/1 et ce qui en sortira ou non....
LLV
LLV
Re: Des appels à la pelle
Envoyé par: Houbron jean-luc (---.rev.numericable.fr)
Date: Fri 23 January 2009 13:41:39
Le front des refus s’organise/ Libération
Par LAURENT JOFFRIN
Nicolas Sarkozy le sait : même s’il est froid ou humide, l’air sent la poudre. En principe, les temps de crise ne sont guère propices aux mouvements sociaux. La peur, l’angoisse de l’avenir, la menace qui pèse sur les conditions matérielles de vie incitent au repli et à la prudence. Mais nous sommes en France. L’individualisme du tempérament national se double d’un goût pour l’action collective soudaine qui prolonge, même sur le mode symbolique, la longue chaîne des émotions populaires commencée en 1789. Les manuels d’histoire ont plus d’influence qu’on ne le pense…
Révolte. Ainsi «l’Appel des appels» que nous publions aujourd’hui est-il un événement qui dépasse de loin le jeu du mécontentement catégoriel. Depuis de longs mois, nombre de professions, souvent vouées au service public, manifestent leur opposition. Elles usent de protestations classiques, mais aussi d’un langage et de méthodes dont la radicalité doit être méditée, alors même que leurs porte-parole ne sont pas forcément des militants organisés. Les psychiatres, les professeurs, les magistrats, les créateurs on tous un motif d’exprimer leur refus et leur revendication, quand ce n’est pas leur révolte. Il y a là un phénomène politique qui n’émane pas du monde des élus, des responsables de partis ou de syndicats. Il vient de la société.
Que veulent-ils, non pas pour leur compte, mais pour la collectivité ? D’abord un respect des libertés publiques que le gouvernement, à leurs yeux, tend à écorner dans beaucoup de domaines. Les psychiatres s’inquiètent d’une vision par trop naturaliste et carcérale du trouble mental, qui va à rebours d’une très longue tradition progressiste en ce domaine. Les magistrats s’émeuvent des tentations de contrôle qui percent dans certains gestes et surtout dans un projet de réforme de l’instruction qui mettait les enquêtes judiciaires à la merci de l’exécutif. Les professeurs ont été heurtés par l’extension à l’école du champ de recherche des familles de sans-papiers, déjà source d’indignation et de résistance dans l’ensemble du corps social.
Droit et solidarité. Ils veulent ensuite que les principes d’équité sociale et d’engagement de puissance publique ne soient pas constamment détournés ou amoindris. Ils notent que les fonds débloqués à juste titre pour lutter contre l’aggravation brutale de la situation économique vont plus aux uns qu’aux autres. Ils sont outrés de voir que souvent la classe dirigeante financière ou économique, après avoir conduit, en France et ailleurs, la planète à l’effondrement financier et à la récession subséquente, refuse au fond de changer réellement les règles. Qui dira la rébellion morale suscitée par le maintien imperturbable de nombre de gratifications exorbitantes décidées hors de tout souci collectif par les plus hauts dirigeants ? Le président de la République lui-même a dû taper du poing sur la table pour obtenir un geste. C’est dire…
Voilà pourquoi «l’Appel des appels» doit retenir l’attention. On peut discuter tel ou tel aspect des demandes ou des réquisitoires. Le sens général de l’initiative n’est pas douteux. Il s’agit de mettre en cause l’orientation générale d’une politique. Il s’agit surtout de porter haut les valeurs de droit et de solidarité qui font l’honneur de la culture politique française, dans ses meilleurs jours. Ces valeurs sont aussi celles de Libération. Voilà pourquoi nous publions cet appel.
Par LAURENT JOFFRIN
Nicolas Sarkozy le sait : même s’il est froid ou humide, l’air sent la poudre. En principe, les temps de crise ne sont guère propices aux mouvements sociaux. La peur, l’angoisse de l’avenir, la menace qui pèse sur les conditions matérielles de vie incitent au repli et à la prudence. Mais nous sommes en France. L’individualisme du tempérament national se double d’un goût pour l’action collective soudaine qui prolonge, même sur le mode symbolique, la longue chaîne des émotions populaires commencée en 1789. Les manuels d’histoire ont plus d’influence qu’on ne le pense…
Révolte. Ainsi «l’Appel des appels» que nous publions aujourd’hui est-il un événement qui dépasse de loin le jeu du mécontentement catégoriel. Depuis de longs mois, nombre de professions, souvent vouées au service public, manifestent leur opposition. Elles usent de protestations classiques, mais aussi d’un langage et de méthodes dont la radicalité doit être méditée, alors même que leurs porte-parole ne sont pas forcément des militants organisés. Les psychiatres, les professeurs, les magistrats, les créateurs on tous un motif d’exprimer leur refus et leur revendication, quand ce n’est pas leur révolte. Il y a là un phénomène politique qui n’émane pas du monde des élus, des responsables de partis ou de syndicats. Il vient de la société.
Que veulent-ils, non pas pour leur compte, mais pour la collectivité ? D’abord un respect des libertés publiques que le gouvernement, à leurs yeux, tend à écorner dans beaucoup de domaines. Les psychiatres s’inquiètent d’une vision par trop naturaliste et carcérale du trouble mental, qui va à rebours d’une très longue tradition progressiste en ce domaine. Les magistrats s’émeuvent des tentations de contrôle qui percent dans certains gestes et surtout dans un projet de réforme de l’instruction qui mettait les enquêtes judiciaires à la merci de l’exécutif. Les professeurs ont été heurtés par l’extension à l’école du champ de recherche des familles de sans-papiers, déjà source d’indignation et de résistance dans l’ensemble du corps social.
Droit et solidarité. Ils veulent ensuite que les principes d’équité sociale et d’engagement de puissance publique ne soient pas constamment détournés ou amoindris. Ils notent que les fonds débloqués à juste titre pour lutter contre l’aggravation brutale de la situation économique vont plus aux uns qu’aux autres. Ils sont outrés de voir que souvent la classe dirigeante financière ou économique, après avoir conduit, en France et ailleurs, la planète à l’effondrement financier et à la récession subséquente, refuse au fond de changer réellement les règles. Qui dira la rébellion morale suscitée par le maintien imperturbable de nombre de gratifications exorbitantes décidées hors de tout souci collectif par les plus hauts dirigeants ? Le président de la République lui-même a dû taper du poing sur la table pour obtenir un geste. C’est dire…
Voilà pourquoi «l’Appel des appels» doit retenir l’attention. On peut discuter tel ou tel aspect des demandes ou des réquisitoires. Le sens général de l’initiative n’est pas douteux. Il s’agit de mettre en cause l’orientation générale d’une politique. Il s’agit surtout de porter haut les valeurs de droit et de solidarité qui font l’honneur de la culture politique française, dans ses meilleurs jours. Ces valeurs sont aussi celles de Libération. Voilà pourquoi nous publions cet appel.
Re: Des appels à la pelle
Envoyé par: Marie-noëlle h Marie-noelle (---.w92-133.abo.wanadoo.f)
Date: Fri 23 January 2009 17:44:09
Cher Jean-Luc Houbron,
Si le sujet n'était pas si grave je sourirais de ce que vous écrivez :
"Ainsi «l’Appel des appels» que nous publions aujourd’hui est-il un événement qui dépasse de loin le jeu du mécontentement catégoriel. Depuis de longs mois, nombre de professions, souvent vouées au service public, manifestent leur opposition. Elles usent de protestations classiques, mais aussi d’un langage et de méthodes dont la radicalité doit être méditée, alors même que leurs porte-parole ne sont pas forcément des militants organisés. Les psychiatres, les professeurs, les magistrats, les créateurs on tous un motif d’exprimer leur refus et leur revendication, quand ce n’est pas leur révolte. Il y a là un phénomène politique qui n’émane pas du monde des élus, des responsables de partis ou de syndicats. Il vient de la société. "
Les psychiatres, les magistrats, les professeurs, les créateurs ne sont pas des catégories ???
Les psychiatres, les magistrats, les professeurs n'ont pas de syndicats ???
J'aurais préféré que ce soit des chômeurs, des SDF, des femmes au foyer qui signent cet appel...Là au moins j'aurais cru au "pas de syndicat"...
Cordialement
Marie Noelle
Si le sujet n'était pas si grave je sourirais de ce que vous écrivez :
"Ainsi «l’Appel des appels» que nous publions aujourd’hui est-il un événement qui dépasse de loin le jeu du mécontentement catégoriel. Depuis de longs mois, nombre de professions, souvent vouées au service public, manifestent leur opposition. Elles usent de protestations classiques, mais aussi d’un langage et de méthodes dont la radicalité doit être méditée, alors même que leurs porte-parole ne sont pas forcément des militants organisés. Les psychiatres, les professeurs, les magistrats, les créateurs on tous un motif d’exprimer leur refus et leur revendication, quand ce n’est pas leur révolte. Il y a là un phénomène politique qui n’émane pas du monde des élus, des responsables de partis ou de syndicats. Il vient de la société. "
Les psychiatres, les magistrats, les professeurs, les créateurs ne sont pas des catégories ???
Les psychiatres, les magistrats, les professeurs n'ont pas de syndicats ???
J'aurais préféré que ce soit des chômeurs, des SDF, des femmes au foyer qui signent cet appel...Là au moins j'aurais cru au "pas de syndicat"...
Cordialement
Marie Noelle
Re: Des appels à la pelle
Envoyé par: Petitot Françoise (---.fbx.proxad.net)
Date: Sat 24 January 2009 08:46:44
Qui a dit que les citoyens ne peuvent pas signer ces pétitions? Si vous regardez la liste des pétitions qui s'y sont ralliées nombreux sont ceux qui se sont mobilisés comme citoyens, à commencer par exemple par "Pas de zéro de conduite".Que certains éprouvent le besoin de dire en quoi ils sont concernés pourquoi pas. On pourrait signer en tant que parent inquiet pour le monde que nous laissons à nos descendants, et même si nous n'avons pas d'enfants de notre chair en tant qu'adultes inquiets pour ceux qui prendront notre suite dans le souci de ce monde. On pourrait aussi signer en tant qu'"usagers" très usagés par ce à quoi nous avons affaire sans cesse dans notre vie sociale...
Quant à savoir ce que donneront ces appels..il faut se préparer à durer et à penser à ce qu'est cette lame de fond qui nous renverse, qui infiltre nos pensées et à la soumission (par lassitude peut-être) qui nous traverse. Ce n'est pas parce que Sarkozy a été élu que ça arrive mais parce que c'est arrivé que Sarkozy a été élu.
Françoise Petitot, citoyenne, parent,militante non encartée, psychanalyste, formatrice, etc..
Quant à savoir ce que donneront ces appels..il faut se préparer à durer et à penser à ce qu'est cette lame de fond qui nous renverse, qui infiltre nos pensées et à la soumission (par lassitude peut-être) qui nous traverse. Ce n'est pas parce que Sarkozy a été élu que ça arrive mais parce que c'est arrivé que Sarkozy a été élu.
Françoise Petitot, citoyenne, parent,militante non encartée, psychanalyste, formatrice, etc..
Re: Des appels à la pelle
Envoyé par: Houbron jean-luc (---.rev.numericable.fr)
Date: Mon 2 February 2009 11:51:59
«Une nouvelle façon de penser le politique»
Interview Roland Gori, professeur à l’origine de l’Appel des appels :
Recueilli par ÉRIC FAVEREAU / LIBERATION
C’est ce samedi, au «104», le nouveau lieu culturel de la ville de Paris, rue d’Aubervilliers, que se tient la réunion de l’Appel des appels. Ce texte, publié par Libération le 23 janvier, se voulait un point d’ancrage du malaise de tous les professionnels de l’éducation, de la recherche, de la santé, de l’information, de la culture. Tous s’inquiétant de la dérive de rentabilité et de la performance que l’on impose à leurs métiers. Roland Gori, professeur de psychopathologie et psychanalyste, qui est à l’origine de l’appel, fait le point.
Comment expliquez-vous votre succès ?
On est un peu dépassé par notre succès. Le texte a été signé par près de 50 000 personnes, et notre journée, qui devait rassembler au départ 200 personnes, a plus de 1 000 inscrits. Il se passe quelque chose. C’est tout un réseau qui se met en place, sur l’Internet d’ailleurs, avec des juristes, des psychiatres, des analystes, des enseignants, des chercheurs, des journalistes, des hommes de culture. Comme une sorte d’autorité morale qui émerge alors que la voix des politiques est en difficulté.
Qu’allez-vous faire de cette mobilisation ?
Ce samedi se veut d’abord une rencontre pour partager des expériences diverses. Pour nous, c’est une première étape : montrer une nouvelle façon de penser le politique. Donner la parole reste le point de départ de la démocratie. Et c’est ce que nous allons faire.
Un mouvement de désobéissance civile est-il en train de naître ?
Il est curieux que l’on nous renvoie toujours cela, montrant bien une confusion entre la loi et la norme. Je ne me mets pas dans cette logique, je ne suis pas désobéissant, je me sens plutôt dans l’inservitude. Et ce qui se passe là avec notre appel relève d’avantage de la critique des organisations sociales qu’une désobéissance par rapport à la loi. Nous critiquons des dispositifs de servitude, de normalisation sociale et de conformisation des comportements. C’est cela notre angle d’attaque : il est aberrant de nous faire ingurgiter dans nos métiers des logiques de marché, de rentabilité et de performance.
Pour autant, il y a parmi les gens qui ont rejoint notre appel des composantes qui vont jusqu’à appeler à la désobéissance, comme des psychiatres qui refusent de participer aux expertises pour les mesures de rétention et de sûreté.
Et ensuite ?
Comment savoir ? Nous sommes sortis de nos petits rendez-vous entre nous, une autre dimension collective est apparue. A l’image de ces centaines de professionnels qui veulent témoigner, dire pourquoi ils ne peuvent plus pratiquer. Nous verrons ensuite. Mais d’abord parler plus fort et crier contre l’asservissement que l’on cherche à nous imposer.
Interview Roland Gori, professeur à l’origine de l’Appel des appels :
Recueilli par ÉRIC FAVEREAU / LIBERATION
C’est ce samedi, au «104», le nouveau lieu culturel de la ville de Paris, rue d’Aubervilliers, que se tient la réunion de l’Appel des appels. Ce texte, publié par Libération le 23 janvier, se voulait un point d’ancrage du malaise de tous les professionnels de l’éducation, de la recherche, de la santé, de l’information, de la culture. Tous s’inquiétant de la dérive de rentabilité et de la performance que l’on impose à leurs métiers. Roland Gori, professeur de psychopathologie et psychanalyste, qui est à l’origine de l’appel, fait le point.
Comment expliquez-vous votre succès ?
On est un peu dépassé par notre succès. Le texte a été signé par près de 50 000 personnes, et notre journée, qui devait rassembler au départ 200 personnes, a plus de 1 000 inscrits. Il se passe quelque chose. C’est tout un réseau qui se met en place, sur l’Internet d’ailleurs, avec des juristes, des psychiatres, des analystes, des enseignants, des chercheurs, des journalistes, des hommes de culture. Comme une sorte d’autorité morale qui émerge alors que la voix des politiques est en difficulté.
Qu’allez-vous faire de cette mobilisation ?
Ce samedi se veut d’abord une rencontre pour partager des expériences diverses. Pour nous, c’est une première étape : montrer une nouvelle façon de penser le politique. Donner la parole reste le point de départ de la démocratie. Et c’est ce que nous allons faire.
Un mouvement de désobéissance civile est-il en train de naître ?
Il est curieux que l’on nous renvoie toujours cela, montrant bien une confusion entre la loi et la norme. Je ne me mets pas dans cette logique, je ne suis pas désobéissant, je me sens plutôt dans l’inservitude. Et ce qui se passe là avec notre appel relève d’avantage de la critique des organisations sociales qu’une désobéissance par rapport à la loi. Nous critiquons des dispositifs de servitude, de normalisation sociale et de conformisation des comportements. C’est cela notre angle d’attaque : il est aberrant de nous faire ingurgiter dans nos métiers des logiques de marché, de rentabilité et de performance.
Pour autant, il y a parmi les gens qui ont rejoint notre appel des composantes qui vont jusqu’à appeler à la désobéissance, comme des psychiatres qui refusent de participer aux expertises pour les mesures de rétention et de sûreté.
Et ensuite ?
Comment savoir ? Nous sommes sortis de nos petits rendez-vous entre nous, une autre dimension collective est apparue. A l’image de ces centaines de professionnels qui veulent témoigner, dire pourquoi ils ne peuvent plus pratiquer. Nous verrons ensuite. Mais d’abord parler plus fort et crier contre l’asservissement que l’on cherche à nous imposer.
Re: Des appels à la pelle
Envoyé par: Cappe Nathalie (---.w81-249.abo.wanadoo.fr)
Date: Tue 3 February 2009 19:18:06
Je cite Marie-Noëlle :
"Les psychiatres, les magistrats, les professeurs, les créateurs ne sont pas des catégories ???
Les psychiatres, les magistrats, les professeurs n'ont pas de syndicats ???
J'aurais préféré que ce soit des chômeurs, des SDF, des femmes au foyer qui signent cet appel...Là au moins j'aurais cru au "pas de syndicat"..."
D'abord, tous les salariés, loin de là, ne sont pas syndiqués.
Ensuite, et si tant est que des syndicats aient signé cet appel (je n'ai par exemple pas vu la FSU, l'un des deux plus gros syndicat enseignant, comme signataire de l'appel), pourquoi n'auraient-ils pas droit de citer ? Ces collectifs "contre-pouvoir" sont indispensables au monde du travail.
Comme nombreux syndicats n'ont pas signé l'appel, les gens ont donc bien fait de signer en leur nom propre...et de leur volonté.
Ces professions dont vous regrettez les nominations claires (psychiatres, professeurs, etc...) sont pourtant représentatives de gens qui sont formés et rémunérés pour s'occuper des autres. Par exemple, si vous voulez, s'occuper oui des SDF, oui des chômeurs, oui des femmes isolés, des enfants, des jeunes, des personnes âgées, mais aussi tous les autres citoyens, dont vous, et nous tous ici.
La société est multiple, ces professions la rencontre dans son entièreté.
Il est donc normal que ces professionnels se manifestent quand leur conditions de travail deviennent invivables, quand l'éthique de soin et de qualité est mise à mal quotidiennement. Je pense que nous avons tous à y gagner, SDF, créateurs, ou psychiatres...
Nathalie.
"Les psychiatres, les magistrats, les professeurs, les créateurs ne sont pas des catégories ???
Les psychiatres, les magistrats, les professeurs n'ont pas de syndicats ???
J'aurais préféré que ce soit des chômeurs, des SDF, des femmes au foyer qui signent cet appel...Là au moins j'aurais cru au "pas de syndicat"..."
D'abord, tous les salariés, loin de là, ne sont pas syndiqués.
Ensuite, et si tant est que des syndicats aient signé cet appel (je n'ai par exemple pas vu la FSU, l'un des deux plus gros syndicat enseignant, comme signataire de l'appel), pourquoi n'auraient-ils pas droit de citer ? Ces collectifs "contre-pouvoir" sont indispensables au monde du travail.
Comme nombreux syndicats n'ont pas signé l'appel, les gens ont donc bien fait de signer en leur nom propre...et de leur volonté.
Ces professions dont vous regrettez les nominations claires (psychiatres, professeurs, etc...) sont pourtant représentatives de gens qui sont formés et rémunérés pour s'occuper des autres. Par exemple, si vous voulez, s'occuper oui des SDF, oui des chômeurs, oui des femmes isolés, des enfants, des jeunes, des personnes âgées, mais aussi tous les autres citoyens, dont vous, et nous tous ici.
La société est multiple, ces professions la rencontre dans son entièreté.
Il est donc normal que ces professionnels se manifestent quand leur conditions de travail deviennent invivables, quand l'éthique de soin et de qualité est mise à mal quotidiennement. Je pense que nous avons tous à y gagner, SDF, créateurs, ou psychiatres...
Nathalie.
Re: Des appels à la pelle
Envoyé par: So Sophie (---.fbx.proxad.net)
Date: Tue 3 February 2009 20:29:38
Ne pas prendre le mot au pied de la lettre !
Ca c'est un exercice difficile, pour tous, toutes activités, passades, loisirs, attentes, espoirs et professions confondus.
Parce qu'il y a de la passion.
Amicalement
sophie
Ca c'est un exercice difficile, pour tous, toutes activités, passades, loisirs, attentes, espoirs et professions confondus.
Parce qu'il y a de la passion.
Amicalement
sophie
Re: Des appels à la pelle
Envoyé par: Marie-noëlle h Marie-noelle (---.w86-216.abo.wanadoo.)
Date: Tue 3 February 2009 22:30:00
Chère Nathalie,
En tant que simple citoyenne, sans profession depuis 10 ans, je n'ai jamais vu de pétition pour les chômeurs, des syndicats manifester avec des chômeurs... et c'est là que j'ai des doutes quant au véritable but de cet appel.
Est-ce un appel contre le tout sécuritaire et pour le bien de tous, ou est-ce un appel contre les réformes et pour le bien de certaines catégories professionnelles..??
A lire le deuxième post de Monsieur Houbron, mes doutes semblent fort justifiés. Roland Gori ne parle que de professionnels... pas de citoyens...
Peut être ai-je mal interprêté dès le départ cet appel...Je croyais qu'il s'agissait de manifester son mécontentement et son désaccord sur un ensemble de mesures prises par le gouvernement allant contre le bien des patients, ou contre celui de tout un chacun...
Je ne vois aucun mot au sujet du simple citoyen, du patient, du délinquant, de l'enfant,... et ça, ça me gêne beaucoup.. Je ne m'y retrouve pas....
Quand les psys, les journalistes, les magistrats, les enseignants et tous leurs syndicats manifesteront au côté des chômeurs, des mères de famille, des sans-abris.... alors là je me reposerai la question de savoir si je dois me battre à leur côté... mais aujourd'hui....
Marie-Noelle
En tant que simple citoyenne, sans profession depuis 10 ans, je n'ai jamais vu de pétition pour les chômeurs, des syndicats manifester avec des chômeurs... et c'est là que j'ai des doutes quant au véritable but de cet appel.
Est-ce un appel contre le tout sécuritaire et pour le bien de tous, ou est-ce un appel contre les réformes et pour le bien de certaines catégories professionnelles..??
A lire le deuxième post de Monsieur Houbron, mes doutes semblent fort justifiés. Roland Gori ne parle que de professionnels... pas de citoyens...
Peut être ai-je mal interprêté dès le départ cet appel...Je croyais qu'il s'agissait de manifester son mécontentement et son désaccord sur un ensemble de mesures prises par le gouvernement allant contre le bien des patients, ou contre celui de tout un chacun...
Je ne vois aucun mot au sujet du simple citoyen, du patient, du délinquant, de l'enfant,... et ça, ça me gêne beaucoup.. Je ne m'y retrouve pas....
Quand les psys, les journalistes, les magistrats, les enseignants et tous leurs syndicats manifesteront au côté des chômeurs, des mères de famille, des sans-abris.... alors là je me reposerai la question de savoir si je dois me battre à leur côté... mais aujourd'hui....
Marie-Noelle
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