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Ce forum a pour objet de permettre un débat autour du projet de loi sur le titre de psychothérapeute et, plus largement, d'ouvrir une discussion autour du positionnement de la psychanalyse dans la cité
la rémunération des stages en psychologie : comment traiter cette impasse
Envoyé par: Georges Nathalie (---.w92-128.abo.wanadoo.fr)
Date: Wed 12 November 2008 17:09:16

Depuis l’amendement Accoyer, nous avons aperçu l’ampleur de la reconfiguration du Champ psy. L’association des Psychologues freudiens s’est créée au moment où Jacques-Alain Miller lançait le Forum des Psys (2004).
En quatre ans, les lignes de force des politiques nouvelles se sont précisées. La psychanalyse n’a certes, jamais eu vocation à être enseignée à l’Université. Il n’empêche que de nombreux enseignants de Psychologie ont eu à cœur pendant des décennies de sensibiliser leurs auditoires au corpus freudien, et de veiller à sélectionner pour leurs étudiants des lieux de stages où chacun pourrait vérifier l’authenticité de son implication dans la pratique clinique. Non pas en pratiquant, mais en assistant à des consultations, en participant à des accueils avec leurs aînés, en réfléchissant avec eux au diagnostic d’un cas, au traitement d’un patient, aux relations à créer avec l’environnement familial et social etc etc.
Aujourd’hui ces stages vont devenir illégaux, puisque non rémunérés. On peut le déplorer, mais on ne déplorera pas que les étudiants de M1 ou de M2 en Psychologie clinique ne soient pas rémunérés autrement qu’en... formation, c’est-à-dire en échanges avec leurs aînés, qui leur consacrent le meilleur de leur temps et sollicitent leurs questions, suivent leurs balbutiements dans la théorie et leur permettent d’éprouver ne serait-ce que le poids de leur présence dans les entretiens auxquels ils assistent. Je dirais que les rémunérer pour cette activité, c'est se moquer d'eux, et de cette formation même.
Il va leur falloir désormais, cette formation, la payer. Ils payaient déjà leur analyse, ils payaient déjà leur formation post-doc. Demain ils vont devoir payer avant même d'avoir leur diplôme, s'ils ne sont pas en accord avec le virage cognitivo-somportementaliste, que les institutions publiques prennent déjà dans le recrutement de leurs psychologues ou psychothérapeutes. Un peu plus tôt que leur aînés... ils paieront donc de leurs deniers avant de payer de leur personne, et de leurs élaborations personnelles, fruits de leur cure et de leurs lectures notamment. Ils apprendront plus tôt que nous, à l’heure de l’évaluation généralisée, à évaluer le prix de leur formation personnelle, c’est-à-dire de leur désir, c’est-à-dire de ce qui n’a pas de prix. Est-ce un mal ? je ne le crois pas.
Où sinon dans les écoles de psychanalyse, les sections cliniques et autres instituts privés iront se former les étudiants qui ne renoncent pas à la psychanalyse ? Nous les y accueillerons, un par un.

Nathalie Georges, présidente de l’association des Psychologues freudiens.



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Re: la rémunération des stages en psychologie : comment traiter cette impasse
Envoyé par: gerin yves (---.epsmd-aisne.fr)
Date: Mon 30 April 2012 15:04:00

Pourissement de la question.Mais beaucoup d 'universitaires se sont lavés les mains


Re: la rémunération des stages en psychologie : comment traiter cette impasse
Envoyé par: Cappe Nathalie (---.w92-151.abo.wanadoo.fr)
Date: Fri 11 May 2012 07:45:51

"se sont lavés les mains..." oui, mais encore ?

Ce serait intéressant qu'on ait connaissance de la suite, car ce post donne l'impression d'être inachevé, même si on en comprend vaguement l'argument de base.


Nathalie Cappe.


Re: la rémunération des stages en psychologie : comment traiter cette impasse
Envoyé par: gerin yves (---.w90-7.abo.wanadoo.fr)
Date: Tue 18 September 2012 19:42:27

Il est trés délicat de parler de la conjonction psychologie,psychanalyse, stages.L 'essentiel étant que ces trois entités recouvrant l 'actuelle formation des psychologues cliniciens nous apportent un résultat décevant entretenant l'actualité la grande misére des psychos cliniciens français;J 'en reste pour ma part à ce que Lacan disait de la psychologie a l université en gros miroir aux alouettes impostures voire pire.Ou les stages sont souvent devenus une imposture


Re: la rémunération des stages en psychologie : comment traiter cette impasse
Envoyé par: Cappe Nathalie (---.edu.nerim.net)
Date: Mon 24 September 2012 15:27:20

Les étudiants semblent avoir beaucoup de difficulté en tout cas.

Difficultés à trouver des stages, relations parfois tortueuses avec les tuteurs, difficulté à assister aux entretiens et pas seulement aux synthèses, etc......
Bref, ça a l'air très démotivant pour nombreux d'entre eux. Comme si devenir psy devait relever d'un chemin de croix.
Et le chômage durant de longs mois pour un grand nombre d'entre eux.

On peut se demander : Mais alors, pourquoi ne pas faire démarrer ces cursus si particuliers au niveau Master, quand les gens ont plus de maturité et d'expérience de la vie, voire même démarré une analyse ?
Bien à tous,
N.C.


Re: la rémunération des stages en psychologie : comment traiter cette impasse
Envoyé par: Lawny Thibault (---.10.101.84.rev.sfr.net)
Date: Sat 29 September 2012 15:07:13

Les psychologues cliniciens sont, malheureusement, recrutés sans réel idéal institutionnel, parce que l'on ne sait pas ce que l'on peut attendre d'eux. Il y a encore peu, je me suis rendu compte qu'il n'y avait même pas de psychologue dans le service de neurologie de l'hôpital de ma ville... L'autre aspect, pour le moins bizarre, est que la psychanalyse a réussi à réussi à se faire passer pour une idéologie, c'est à dire, déconnectée de la clinique... Rappelons que Freud était neurologue au départ... La connexion sexe/symptôme/trouble neurologique, il l'a apprise à l'hôpital de la Salpetrière...
Il y a d'ailleurs quelques points intéressants qui, normalement, devraient amener tout service de neurologie à embaucher un psychologue. Prenez par exemple, le "trou de mémoire". Le trou de mémoire n'a aucune existence en soi, strictement aucune. Il est obligatoirement une reconstruction, une reconstitution... Autrement dit, ce que je cherche à dire, c'est que la psychologie peut avoir les mêmes difficultés objectives qu'une science mais, quand j'ai demandé pourquoi est-ce qu'il n'y avait pas de psychologue, dans ce service, on m'a répondu "pourquoi faire ?".
Les Universités ont aussi leur responsabilité dans cet état très dégradé de l'emploi et des stages. Les cursus de psychologie, même si cela n'est pas dit, sont souvent en fait des cursus qui prépare les psychologues à travailler dans l'entreprise. On sent bien qu'un grand nombre de cours, de math, de technique d'enquête, sont faite pour approcher "le client". En tout cas, pour ma part, un grand nombre de fois, je me suis demandé si les cursus de psycho ne servaient pas à concurrencer les écoles de commerce. De toute façon, les Universités ont manifestement un problème avec l'histoire de la psychologie française... Il y a eu quand même un temps, où Lacan répondait à Foucault... C'était il y a 40 ans... Aujourd'hui, c'est incroyable, ni Lacan, ni Foucault, ne sont enseignés, dans le cursus classique du clinicien...
On ne sait pas tout sur l'homme, loin de là. La folie nous démontre clairement qu'il y a un "programme" qui n'est ni inné, ni acquis, une sorte d'hérédité psychologique, que Lacan nommait "le symbolique"... Ce champ de recherche là, est complètement tombée en désuétude... Même en psychiatrie... Le fait, par exemple, que les psychiatres soient parvenus à établir des catégories de folies signifient qu'il y a une organisation de la subjectivité, y compris chez ceux qui sont le plus désorganisés... Cela, manifestement, devrait faire partie des recherches prioritaires chez un grand nombre de savant, parce que ça signifie que l'homme n'a pas fini de dévoiler ses secrets.... Et, je tiens à le dire, les psychanalystes, y compris les plus avancés, ne sont pas indemnes de réticences dans ce type de recherche. Le problème étant : est-ce qu'il est possible d'être un maître-savant tout en ayant des questions ?
Evidemment, quand on embauche un clinicien, on recrute plus de questions que de solutions, mais la faiblesse de l'emploi démontre que des questions, finalement, personne n'en veut... Des questions, pourquoi faire ?


Re: la rémunération des stages en psychologie : comment traiter cette impasse
Envoyé par: Cappe Nathalie (---.edu.nerim.net)
Date: Tue 2 October 2012 15:18:39

Bonjour,
Merci Thibault,

juste rajouter que j'ai eu le témoignage de plusieurs jeunes psychologues diplômés qui, découragés de la difficulté de recherche d'emploi, cèdent aux sirènes cognitivistes.
Ainsi le témoignage de jeunes psycho-cliniciens diplômés de Paris 7 (orientation psychanalyse), qui s'orientent maintenant vers ABA et Teach pour les autistes, ou regardent vers la psychologie scientifique à Paris 5, en espérant pouvoir trouver plus facilement du boulot ensuite

Bon, alors après, il y a aussi un contexte intime : comme par "hasard", ce ne sont pas des gens en analyse.
Donc on peut se demander si ceci n'explique pas cela ? C'est-à-dire qu'on peut faire l'hypothèse qu'ils auraient moins "vulnérables" - cad : accepter de travailler dans une orientation avec laquelle ils ne sont pas d'accord au départ vu leur choix de formation "freudien" - si ils étaient déjà engagés dans un travail analytique ?

On peut aussi y entendre que ce n'est pas nécessairement évident pour tous les "psychologues" d'avoir l'humilité de s'engager dans un processus analytique, où il va falloir accepter de lâcher prise sur le "savoir" et l'illusion de maîtrise, et faire face à ses propres problématiques.



Nathalie Cappe.


Re: la rémunération des stages en psychologie : comment traiter cette impasse
Envoyé par: Lawny Thibault (---.216.71.86.rev.sfr.net)
Date: Sat 6 October 2012 16:24:35

Chère Nathalie,
Je ne sais pas si votre message est bienveillant à l'égard des psychologues, mais, je décide d'y répondre quand même, de la façon la plus intelligente qu'il soit possible. Tout d'abord, vous pointez un conflit qui existe, entre la psychologie et la psychanalyse... Ce conflit existe mais, Freud, n'hésitait pas à employer, à bon escient, le terme de psychologie. Ce n'est donc pas, véritablement, un conflit freudien...
Toutefois, je trouve très intéressant votre façon de décrire un idéal, idéal d'ailleurs très féminin, souvent opposé à la logique obsessionnelle...
Les psychologues font parti des très rares professions à considérer que le savoir sur l'homme ne se suppose pas, il s'apprend. Cela dit, là où les psychologues ont besoin de la psychanalyse, c'est que curieusement, plus il y a apprentissage, plus il y a reconnaissance, ce qui induit alors un nouveau problème : peut-il exister un savoir nouveau, sans reconnaissance ? Ainsi, l'on peut considérer qu'il existe une jalousie à l'égard de l'élite intellectuelle mais, on peut aussi considérer que l'existence d'une élite intellectuelle est un terrible échec dans l'existence d'un savoir nouveau... L'existence d'une élite intellectuelle signifie qu'il ne peut y avoir de savoir sur l'homme qui soit nouveau, c'est à dire, sans reconnaissance... Autrement dit, qu'est-ce que vaut une élite qui a pour but, la répétition ?
Si, beaucoup, considèrent que notre époque est une époque de décadence, car, sans élite, l'on peut aussi considérer qu'il s'agit d'une époque qui est en train de dégager un savoir nouveau car sans reconnaissance... Pour Lacan, ce savoir nouveau sans reconnaissance, donc, cette connaissance, c'est la paranoïa, mais, pour ma part, je pense que la paranoïa n'existe pas vraiment, du fait du langage. Cela dit, le langage existe-t-il ? La folie n'est-elle pas celle de croire que le langage existe ?

Voilà chère Nathalie, ce que je peux vous dire sur le rapport des psychologues à la psychanalyse. Je crois que les psychologues n'ont pas à avoir de la culpabilité à étudier les méthodes cognitives. Tout savoir est bon à prendre, tant que c'est possible...


Re: la rémunération des stages en psychologie : comment traiter cette impasse
Envoyé par: Cappe Nathalie (---.w92-151.abo.wanadoo.fr)
Date: Wed 10 October 2012 09:13:03

Thibault, vous écrivez :
"Je crois que les psychologues n'ont pas à avoir de la culpabilité à étudier les méthodes cognitives. Tout savoir est bon à prendre, tant que c'est possible... ".

De la "culpabilité", certes non, mais tout de même il n'est pas superflu qu'ils se posent la question de ce qu'ils veulent à l"l'autre" qu'ils prétendre vouloir écouter, voire même "guérir", "autre" à propos duquel souvent ils vont devoir faire des "diagnostics" à partir d'un "savoir", et dans certaines institutions ces mêmes psychologues auront à rédiger des "rapports" et des bilans, etc...
Et, sans aucune "malveillance" (votre terme ci-dessus), il n'est cependant pas inintéressant de constater qu'une étudiante en analyse va s'orienter plutôt vers une pratique à orientation analytique, et une autre qui a renoncé à entrer dans ce travail sur son "savoir ics" s'oriente vers le béhaviorisme.

Tout "savoir est bon à prendre, bien sur. Tous savoirs dirais-je même, donc le "savoir inconscient" itou.

Oedipe, tout savant qu'il était - au point de répondre au Sphinx sans hésitation - était aussi le champion de la "déconnaissance", totalement ignorant des enjeux ics qui le structuraient. Cf le texte de J.L. Sous sur ce site à ce sujet d'ailleurs.

Bonne journée,


Nathalie Cappe.


Re: la rémunération des stages en psychologie : comment traiter cette impasse
Envoyé par: Courbin Alexandre (---.w90-16.abo.wanadoo.fr)
Date: Fri 4 January 2013 19:51:27

Lawny Thibault Ecrivait:
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> Les cursus de psychologie, même si cela n'est pas
> dit, sont souvent en fait des cursus qui prépare
> les psychologues à travailler dans l'entreprise.
> On sent bien qu'un grand nombre de cours, de math,
> de technique d'enquête, sont faite pour approcher
> "le client". En tout cas, pour ma part, un grand
> nombre de fois, je me suis demandé si les cursus
> de psycho ne servaient pas à concurrencer les
> écoles de commerce.
Aujourd'hui,
> c'est incroyable, ni Lacan, ni Foucault, ne sont
> enseignés, dans le cursus classique du
> clinicien...


Bonjour, j'entends ce que vous dites sur la formation universitaire mais je me permets d'intervenir pour nuancer vos propos qui ne sont pas, me semble-t-il, généralisables. Je précise pour commencer que je suis étudiant en M2 de psychologie clinique et psychopathologie, donc encore en plein dans la machine universitaire. Il y a deux choses dans ce que vous dites qui m'interpellent.

D'abord, cette impression que la formation psycho tend vers le domaine du commerce ou bien une logique d'entreprise. Des cours de psychométrie nous en avons, c'est vrai, ainsi que des cours de stats qui seront utiles pour ceux qui voudront faire de la recherche. Pour autant nos enseignements ne sauraient se résumer à ceux-ci. J'ajouterais qu'il ne tient qu'à nous d'être critique envers notre formation et d'en dégager ses limites sans se faire formater. Je ne suis donc pas d'accord lorsque vous dites ironiquement que le cursus de psycho sert à concurrencer les écoles de commerce.

Le deuxième point sur lequel j'émets des réserves, c'est lorsque vous généralisez l'enseignement clinique appauvri, où l'on ne parle ni de Lacan ni de Foucault. C'est bel et bien une réalité (hélas) mais qui est loin de toucher toutes les universités françaises, contrairement à ce que vous sous-entendez. J'irais même jusqu'à dire que l'extrême inverse est vrai ; dans certaines universités: on parle en grande partie de Lacan et de... Lacan.

Le modèle universitaire n'est pas sans failles mais je crois que chaque université a les siennes propres. On peut peut-être généraliser sur certaines de ces failles mais je ne pense pas sur les points que vous avez soulevé, c'est à dire sur le contenu des enseignements, chaque université étant autonome et relativement libre de ce qu'elle veut transmettre.

Je vous souhaite à vous et à tous une bonne année.

A.C


Re: la rémunération des stages en psychologie : comment traiter cette impasse
Envoyé par: Lawny Thibault (---.216.71.86.rev.sfr.net)
Date: Fri 11 January 2013 17:37:37

Cgher Monsieur Courbin,
Je vous remercie de réagir à mon propos, même si c'est pour le nuancer. Il est vrai que les Universités ont leur orientation, et les grandes universités en ont plusieurs. Il s'agit toutefois, comme vous le savez, d'orientation dans les deux dernières années, avec peut-être une option en licence.
Je vous conseille de regarder sur le web, les discours qui circulent sur la professionalisation des psychologues et vous serez très surpris de l'étroitesse d'esprit des cliniciens, quand on lit ces discours... Cela dit, il y a toujours des gens qui sont là pour vous rappeler votre étroitesse d'esprit, parce qu'ils ne sont pas limités par un sujet... Avec cette difficulté quand même pour eux, que rien ne vienne arrêter le sens sur un signifiant sexuel...
Je me questionne simplement, sur le fait qu'il n'y ait pas de reconnaissance dans le cursus de psycho, de la "freench théory" qui nous revient des US... Par exemple, sur le sujet actuel de l'homosexualité, dont il faut bien rappeler que Freud en a fait, une des étapes du devloppement normal du psychisme (ce qui remet en cause la soit-disant étroitesse de Freud) que Lacan a lui-même défantasmisé, par le biais de la connaissance qui n'est plus du tout orienté sexuellement, mais seulement narcissiquement.
Pour répondre Nathalie, oui, hélas, vous avez raison Nathalie, l'orientation d'un psychologue dépend de l'amour qu'il a pour un enseignant... C'est le transfert. L'on peut dire, qu'en général, on attend du transfert, ce qu'on a soi-même connu... Ce qui interroge, vous avez tout à fait raison, le narcissisme du psy : pourquoi vouloir cette répétition ? C'est ce que Lacan encourageait : la jouissance, qui n'a rien à voir avec le plaisir. Ce que l'on peut dire, c'est qu'il y a dans la psychanalyse, contrairement à toutes les autres thérapies, un vrai questionnement sur la répétition, il y a dans la psychanalyse, un vrai questionnement, sur ce qui se répète et sur ce qui ne se répète pas. Pour ma part, je dirai que c'est ce questionnement là, qui fonde la psychanalyse et c'est à mener ce questionnement à son terme (car il existe un terme à la psychanalyse), que l'on peut sortir de cette symétrie que vous interrogez Nathalie, symétrie qui cède dès lors que l'on sort du oui oui non non, c'est à dire qui cède dès lors que l'on est plus dans le tri, mais dans l'acte impliqué, à ses risques et périls...


Re: la rémunération des stages en psychologie : comment traiter cette impasse
Envoyé par: Lawny Thibault (---.187.103.84.rev.sfr.net)
Date: Wed 16 January 2013 17:07:21

Pour accentuer encore mon discours, et pour montrer le réel problème qu'il y a en France, entre la psychanalyse, la psychologie et la tentative, pour les cliniciens, de fonder un savoir qui soit cohérent, je vous ferais part d'une expérience très intéressante qui démontre que ce n'est pas le savoir qui prime dans les Universités françaises...
Après mon analyse, alors que je travaillais à temps partiel dans une institution, j'ai été amené à me dire que ma découverte était trop géniale, pour que je n'en fasse rien... Déçu par l'accueil qui me fut fait dans les associations de psychanalyse, auxquellles je participais depuis plusieurs années et, remarquant que ce sont toujours les mêmes qui écrivent et qui parlent, j'ai eu l'idée de vouloir faire une thèse... Je voulais partir en thèse, avec, comme support, une lecture de Freud, de Lacan, un cursus complet de psychologue clinicien, quelques années de travail derrière moi, mais surtout, une grande envie de reprendre théoriquement ce qu'il s'était passé dans les années 60, sous Lacan... Je pensais qu'il n'y avait pas mieux que ce type de profil, pour faire une thèse...
Je vais donc à Paris 8, rencontrer des enseignants... Pas de chance, ascensceur en panne (et je suis en fauteuil roulant), alors, pour que je m'explique sur mon idée, deux femmes me reçoivent, dans un couloir au rez de chaussée de cette université qui ressemble à une gare et où les escalators sont arrêtés pour faire des économies d'énergie. Elles avaient un dossier complet... Durée de l'entretien : 25 mn, On m'explique qu'il faut que je retourne en licence, parce que mes 8 années associatives, mes 6 années universitaires et mes 3 années professionnelles, mon analyse lacanienne, ne signifient rien... Je ne sais pas, ce que penserait le ministère de l'éducation nationale, si il savait qu'en France, un grand pays démocratique qui accorde une valeur importante au savoir, on empêche des gens qui se sont donnés de gros moyens pour tenter de comprendre quelque chose, de faire une thèse, parce que l'association à laquelle j'ai édhéré, n'est pas la bonne... Qui pourrait croire qu'en France, le système associatif pouvait être un obstacle au système universitaire ? Je me suis cru en Ethiopie. Cette association a reçu par ailleurs les autorisations ministérielles pour formés des psychothérapeutes...
Bref, j'ai rarement eu honte d'être français, mais, ce jour-là, oui, j'ai eu honte...
Depuis, j'ai compris que le mieux était encore de travailler avec quelques collègues à qui je vais réserver ce que j'ai appris... Et je pense que le savoir de Lacan se perdra... mais ce n'est plus mon problème...




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